Difficile fraternité –

fraternité dans la torah écrite, document à télécharger.

La fraternité… Quel bel idéal. Et difficile.
Comment encourager l’amour entre des personnes qui n’ont pas choisi d’être ensemble?
Les frères et soeurs doivent de plus partager leurs parents, qui sont pour eux les sources quasi exclusives d’amour inconditionnel et de soins…
Dans ce contexte, la fraternité est une école essentielle, mais difficile.
Que nous apprend la Torah sur la condition des frères et soeurs, sur ses dangers et sur ses trésors?
De quelles façons ces histoires peuvent-elles nous aider à guider nos enfants ou nos proches dans une vision enrichissante de la fraternité?

Les textes qui suivent sont simplement des extraits de la Torah concernant cette question fondamentale. Ils serviront de base à notre exploration.

Dimanche 4 octobre 2015, école Ganénou, 11 rue du sergent Bauchat, 10h.

Caïn et Abel

Gén. 4:1s

1 or, l’homme s’était uni à Ève, sa femme. Elle conçut et enfanta Caïn, en disant: « J’ai fait naître un homme, conjointement avec l’Éternel! » 2 Elle enfanta ensuite son frère, Abel. Abel devint pasteur de menu bétail, et Caïn cultiva la terre. 3 Au bout d’un certain temps, Caïn présenta, du produit de la terre, une offrande au Seigneur; 4 et Abel offrit, de son côté, des premiers-nés de son bétail, de leurs parties grasses. Le Seigneur se montra favorable à Abel et à son offrande, 5 mais à Caïn et à son offrande il ne fut pas favorable; Caïn en conçut un grand chagrin, et son visage fut abattu. 6 Le Seigneur dit à Caïn; « Pourquoi es-tu chagrin, et pourquoi ton visage est-il abattu? 7 Si tu t’améliores, tu pourras te relever, sinon le Péché est tapi à ta porte: il aspire à t’atteindre, mais toi, sache le dominer! » 8 Caïn parla à son frère Abel; mais il advint, comme ils étaient aux champs, que Caïn se jeta sur Abel, son frère, et le tua. 9 L’Éternel dit à Caïn: « Où est Abel ton frère? » Il répondit: « Je ne sais; suis-je le gardien de mon frère? » 10 Dieu dit: « Qu’as-tu fait! Le cri du sang de ton frère s’élève, jusqu’à moi, de la terre. 11 Eh bien! tu es maudit à cause de cette terre, qui a ouvert sa bouche pour recevoir de ta main le sang de ton frère! » 12 Lorsque tu cultiveras la terre, elle cessera de te faire part de sa fécondité; tu seras errant et fugitif par le monde. » 13 Caïn dit à l’Éternel: « Mon crime est trop grand pour qu’on me supporte. 14 Vois, tu me proscris aujourd’hui de dessus la face de la terre; mais puis-je me dérober à ta face? Je vais errer et fuir par le monde, mais le premier qui me trouvera me tuera. » 15 L’Éternel lui dit: « Aussi, quiconque tuera Caïn sera puni au septuple. » Et l’Éternel le marqua d’un signe, pour que personne, le rencontrant, ne le frappât.

25 Adam connut de nouveau sa femme; elle enfanta un fils, et lui donna pour nom Seth: « Parce que Dieu m’a accordé une nouvelle postérité au lieu d’Abel, Caïn l’ayant tué. » 26 A Seth, lui aussi, il naquit un fils; il lui donna pour nom Énos. Alors on commença d’invoquer le nom de l’Éternel.

Chem Ham et Yafet

Gen. 9:10s

18 Les fils de Noé qui sortirent de l’arche furent Sem, Cham et Japhet; Cham était le père de Canaan. 19 Ce sont là les trois fils de Noé par lesquels toute la terre fut peuplée. 20 Noé, d’abord cultivateur planta une vigne. 21 Il but de son vin et s’enivra, et il se mit à nu au milieu de sa tente. 22 Cham, père de Canaan, vit la nudité de son père, et alla dehors l’annoncer à ses deux frères. 23 Sem et Japhet prirent la couverture, la déployèrent sur leurs épaules, et, marchant à reculons, couvrirent la nudité de leur père, mais ne la virent point, leur visage étant retourné. 24 Noé, réveillé de son ivresse, connut ce que lui avait fait son plus jeune fils, 25 et il dit : « Maudit soit Canaan! Qu’il soit l’esclave des esclaves de ses frères! » 26 Il ajouta: « Soit béni l’Éternel, divinité de Sem et que Canaan soit leur esclave, 27 que Dieu agrandisse Japhet! Qu’il réside dans les tentes de Sem et que Canaan soit leur esclave!

Ismaël et Isaac

Gen 16:1s; Gen 17:18s; Gen.21:9s; Gen. 25:9;

1 Saraï, épouse d’Abram, ne lui avait pas donné d’enfant. Elle avait une esclave égyptienne nommée Agar. 2 Saraï dit à Abram: « Hélas! l’Éternel m’a refusé l’enfantement; approche-toi donc de mon esclave: peut-être, par elle, aurai-je un enfant. » Abram obéit à la voix de Saraï. 3 Saraï, épouse d’Abram, prit Agar l’Egyptienne, son esclave, il y avait dix ans qu’Abram demeurait au pays de Canaan; et elle la donna à son époux Abram pour qu’elle lui servît de femme. 4 Il s’approcha d’Agar, et elle conçut. Quand elle vit qu’elle avait conçu, sa maîtresse devint l’objet de son dédain. 5 Saraï dit à Abram : « Mon injure est la tienne. Moi-même, j’ai placé mon esclave dans tes bras; or, elle a vu qu’elle avait conçu, et je suis devenue méprisable à ses yeux. L’Éternel prononcera entre moi et toi. » 6 Abram dit à Sarai: « Voici, ton esclave est dans ta main, fais-lui ce que bon te semble. »
18 Abraham dit au Seigneur: « Puisse Ismaël, à tes yeux, mériter de vivre! » 19 Le Seigneur répondit: « Certes, Sara, ton épouse, te donnera un fils, et tu le nommeras Isaac. Je maintiendrai mon pacte avec lui, comme pacte perpétuel à l’égard de sa descendance. 20 Quant à Ismaël, je t’ai exaucé: oui, je l’ai béni; je le ferai fructifier et multiplier à l’infini; il engendra douze princes, et je le ferai devenir une grande nation. 21 Pour mon alliance, je la confirmerai sur Isaac, que Sara t’enfantera à pareille époque, l’année prochaine. »
9 Sara vit le fils d’Agar l’Egyptienne, que celle-ci avait enfanté à Abraham, se livrer à des railleries; 10 et elle dit à Abraham: « Renvoie cette esclave et son fils; car le fils de cette esclave n’héritera point avec mon fils, avec Isaac. » 11 La chose déplut fort à Abraham, à cause de son fils. 12 Mais Dieu dit à Abraham: « Ne sois pas mécontent au sujet de cet enfant et de ton esclave; pour tout ce que Sara te dit, obéis à sa voix: car c’est la postérité d’Isaac qui portera ton nom. 13 Mais le fils de cette esclave aussi, je le ferai devenir une nation, parce qu’il est ta progéniture. » 14 Abraham se leva de bon matin, prit du pain et une outre pleine d’eau, les remit à Agar en les lui posant sur l’épaule, ainsi que l’enfant et la renvoya.
9 Il fut inhumé par Isaac et Ismaël, ses fils, dans le caveau de Makpéla, dans le domaine d’Efrôn, fils de Çohar, Héthéen, qui est en face de Mamré;
Filles de Loth
Gen 19:30s
30 Loth monta de Çoar et s’établit dans la montagne avec ses deux filles, car il n’osait rester à Çoar; iI demeura dans une caverne, lui et ses deux filles. 31 L’aînée dit à la plus jeune: « Notre père est âgé et il n’y a plus d’homme dans le monde, pour s’unir à nous selon l’usage de toute la terre. 32 Eh bien! enivrons de vin notre père, partageons sa couche et par notre père nous obtiendrons une postérité. » 33 Elles firent boire du vin à leur père cette même nuit; la fille aînée vint partager sa couche et il ne la reconnut point lorsqu’elle se coucha ni lorsqu’elle se leva. 34 Puis, le lendemain, l’aînée dit à la plus jeune: « Voici, j’ai partagé hier la couche de mon père; enivrons-le encore cette nuit, tu iras partager son lit et nous recevrons de notre père une postérité. » 35 Elles firent boire, cette nuit encore du vin à leur père; la cadette se leva, vint à ses côtés et il ne la reconnut point lors de son coucher et de son lever. 36 Les deux filles de Loth conçurent du fait de leur père. 37 La première eut un fils, qu’elle appela Moab; ce fut le père des Moabites qui subsistent aujourd’hui. 38 La seconde, elle aussi, enfanta un fils et le nomma Ben-Ammi; ce fut le père des Ammonites qui subsistent aujourd’hui.
Jacob et Esaü
Gen. 25:26s, 27:1s; 27:35s ; 32:6s; 33:3s ; 35:28
21 Isaac implora l’Éternel au sujet de sa femme parce qu’elle était stérile; l’Éternel accueillit sa prière et Rébecca, sa femme, devint enceinte. 22 Comme les enfants s’entre poussaient dans son sein, elle dit « Si cela est ainsi, à quoi suis-je destinée! » Et elle alla consulter le Seigneur. 23 Le Seigneur lui dit: « Deux nations sont dans ton sein et deux peuples sortiront de tes entrailles; un peuple sera plus puissant que l’autre et l’aîné obéira au plus jeune. » 24 L’époque de sa délivrance arrivée, il se trouva qu’elle portait des jumeaux. 25 Le premier qui sortit était roux et tout son corps pareil à une pelisse; on lui donna le nom d’Ésaü. 26 Ensuite naquit son frère tenant de la main le talon d’Ésaü et on le nomma Jacob. Isaac avait soixante ans lors de leur naissance. 27 Les enfants ayant grandi, Ésaü devint un habile chasseur, un homme des champs, tandis que Jacob, homme inoffensif, vécut sous la tente. 28 lsaac préférait Ésaü parce qu’il mettait du gibier dans sa bouche; mais Rébecca préférait Jacob. 29 Un jour Jacob faisait cuire un potage quand Ésaü revint des champs, fatigué. 30 Ésaü dit à Jacob: « Laisse-moi avaler, je te prie, de ce rouge, de ce mets rouge, car je suis fatigué. » C’est à ce propos qu’on le nomma Édom. 31 Jacob dit: « Vends-moi d’abord ton droit d’aînesse. » 32 Ésaü répondit: « Certes! Je marche à la mort; à quoi me sert donc le droit d’aînesse? » 33 Jacob dit: « Jure le moi dès à présent. » Et il lui fit serment et il vendit son droit d’aînesse à Jacob. 34 Jacob servit à Ésaü du pain et un plat de lentilles; il mangea et but, se leva et ressortit. C’est ainsi qu’Ésaü dédaigna le droit d’aînesse.
1 II arriva, comme Isaac était devenu vieux, que sa vue s’obscurcit. Un jour, il appela Ésaü, son fils aîné et lui dit: « Mon fils! » II répondit: « Me voici. » 2 Isaac reprit « Vois, je suis devenu vieux, je ne connais point l’heure de ma mort. 3 Et maintenant, je te prie, prends tes armes, ton carquois et ton arc; va aux champs et prends du gibier pour moi. 4 Fais m’en un ragoût comme je l’aime, sers-le moi et que j’en mange afin que mon cœur te bénisse avant ma mort. 5 Or Rébecca entendit ce qu’Isaac disait à Ésaü son fils. Ésaü alla aux champs pour chasser du gibier et le rapporter. 6 Cependant Rébecca dit à Jacob, son fils: « Ecoute; j’ai entendu ton père….
32 lsaac, son père, lui demanda: « Qui es-tu? » II répondit: « Je suis ton fils, ton premier-né, Ésaü. » 33 Isaac fut saisi d’une frayeur extrême et il dit: « Quel est donc cet autre, qui avait pris du gibier et me l’avait apporté? J’ai mangé de tout avant ton arrivée et je l’ai béni. Eh bien! Il restera béni! » 34 Ésaü, entendant les paroles de son père, poussa des cris bruyants et douloureux et il dit à son père « Moi aussi bénis-moi, mon père! » 35 II répondit: « Ton frère a usé de ruse et il a enlevé ta bénédiction. » 36 Ésaü dit alors: « Est ce parce qu’on l’a nommé Jacob qu’il m’a supplanté deux fois déjà? II m’a enlevé mon droit d’aînesse et voici que maintenant il m’enlève ma bénédiction! » Et il ajouta: « N’as tu pas réservé une bénédiction pour moi? » 37 Isaac répondit en ces termes à Ésaü: « Certes! je l’ai institué ton supérieur, j’ai fait de tous ses frères ses serviteurs, je lai gratifié de la moisson et de la vendange: pour toi, dès lors, que puis je faire, mon fils? » 38 Ésaü dit à son père: « Ne possèdes tu qu’une seule bénédiction, mon père? Mon père, bénis moi aussi! » Et Esaü éclata en pleurs. 39 Pour réponse, Isaac son père lui dit: « Eh bien! une grasse contrée sera ton domaine et les cieux t’enverront leur rosée. 40 Mais tu ne vivras qu’à la pointe de ton épée; tu seras tributaire de ton frère. Pourtant, après avoir plié sous le joug, ton cou s’en affranchira. » 41 Ésaü prit Jacob en haine à cause de la bénédiction que son père lui avait donnée. Et Ésaü se dit en lui même: « Le temps du deuil de mon père approche; je ferai périr Jacob mon frère. » 42 Et Rébecca fut informée des desseins d’Ésaü son fils aîné. Elle fit appeler Jacob, son plus jeune fils et lui dit « Écoute, Ésaü ton frère veut se venger de toi en te faisant mourir. 43 Et maintenant, mon fils, obéis à ma voix: pars, va te réfugier auprès de Laban, mon frère, à Haràn.
4 Jacob envoya des messagers en avant, vers Ésaü son frère, au pays de Séir, dans la campagne d’Édom. 5 Il leur avait donné cet ordre: « Vous parlerez ainsi à mon seigneur, à Ésaü: ‘Ainsi parle ton serviteur Jacob: 6 J’ai séjourné chez Laban et prolongé mon séjour jusqu’à présent. J’ai acquis boeufs et ânes, menu bétail, esclaves mâles et femelles; je l’envoie annoncer à mon seigneur, pour obtenir faveur à ses yeux.’ «  7 Les messagers revinrent près de Jacob, en disant: « Nous sommes allés trouver ton frère Ésaü; lui même vient à ta rencontre et quatre cents hommes l’accompagnent. » 8 Jacob fut fort effrayé et plein d’anxiété. II distribua son monde, le menu, le gros bétail et les chameaux en deux bandes, 9 se disant: « Si Ésaü attaque l’une des bandes et la met en pièces, la bande restante deviendra une ressource. »
17 Il remit aux mains de ses esclaves chaque troupeau à part et il leur dit: « Marchez en avant et laissez un intervalle entre un troupeau et l’autre. » 18 Il donna au premier l’ordre suivant: « Lorsqu’Ésaü, mon frère, te rencontrera et te demandera: ‘A qui es-tu? où vas tu? et pour qui ce bétail qui te précède?’ 19 Tu répondras: ‘A ton serviteur Jacob; ceci est un hommage adressé à mon seigneur Ésaü; et Jacob lui même nous suit.’ «  20 II ordonna de même au second, de même au troisième, de même à tous ceux qui conduisaient les troupeaux, en disant: « C’est ainsi que vous parlerez à Ésaü quand vous le rencontrerez. 21 Et vous direz: ‘Voici que lui même, ton serviteur Jacob nous suit » car il disait: « Je veux rasséréner son visage par le présent qui me devance et puis je regarderai son visage, peut être deviendra t il bienveillant pour moi. » 22 Le présent défila devant lui et lui, demeura cette nuit dans le camp. 23 Il se leva, quant à lui, pendant la nuit; il prit ses deux femmes, ses deux servantes et ses onze enfants et passa le gué de Jaboc. 24 Puis il les aida à traverser le torrent et fit passer ce qui lui appartenait. 25 Jacob étant resté seul, un homme lutta avec lui, jusqu’au lever de l’aube. 26 Voyant qu’il ne pouvait le vaincre, il lui pressa la cuisse; et la cuisse de Jacob se luxa tandis qu’il luttait avec lui. 27 Il dit: « Laisse moi partir, car l’aube est venue. » II répondit: « Je ne te laisserai point, que tu ne m’aies béni. » 28 Il lui dit alors: « Quel est ton nom? » II répondit: « Jacob. » 29 Il reprit: « Jacob ne sera plus désormais ton nom, mais bien Israël; car tu as jouté contre des puissances célestes et humaines et tu es resté fort. » 30 Jacob l’interrogea en disant: « Apprends-moi, je te prie, ton nom. » II répondit: « Pourquoi t’enquérir de mon nom? » Et il le bénit alors.

1 Jacob, levant les yeux, aperçut Ésaü qui venait, accompagné de quatre cents hommes. II répartit les enfants entre Léa, Rachel et les deux servantes. 2 Il plaça les servantes avec leurs enfants au premier rang, Léa et ses enfants derrière, Rachel et Joseph les derniers. 3 Pour lui, il prit les devants et se prosterna contre terre, sept fois, avant d’aborder son frère. 4 Ésaü courut à sa rencontre, l’embrassa, se jeta à son cou et le baisa; et ils pleurèrent. 5 En levant les yeux, il vit les femmes et les enfants et dit: « Que te sont ceux là? » II répondit: « Ce sont les enfants dont Dieu a gratifié ton serviteur. » 6 Les servantes s’approchèrent ainsi que leurs enfants et se prosternèrent. 7 Léa aussi s’approcha avec ses enfants et ils se prosternèrent; puis, Joseph s’approcha avec Rachel et ils seprosternèrent. 8 II reprit: « Qu’est ce que toute cette troupe, venant de ta part, que j’ai rencontrée? » II répondit: « Pour obtenir la bienveillance de mon seigneur. » 9 Ésaü dit: « J’en ai amplement; mon frère, garde ce que tu as. » 10 Jacob répondit: « Oh non! Si toutefois j’ai trouvé grâce à tes yeux, tu accepteras cet hommage de ma main; puisque aussi bien j’ai regardé ta face comme on regarde la face d’un puissant et que tu m’as agréé. 11 Reçois donc le présent que de ma part on t’a offert, puisque Dieu m’a favorisé et que je possède suffisamment. » Sur ses instances Ésaü accepta. 12 Il dit: « Partons et marchons ensemble; je me conformerai à ton pas. » 13 Il lui répondit: « Mon seigneur sait que ces enfants sont délicats, que ce menu et ce gros bétail qui allaitent exigent mes soins; si on les surmène un seul jour, tout le jeune bétail périra. 14 Que mon seigneur veuille passer devant son serviteur; moi, je cheminerai à ma commodité, selon le pas de la suite qui m’accompagne et selon le pas des enfants, jusqu’à ce que je rejoigne mon seigneur à Séir. » 15 Ésaü dit: « Je veux alors te faire escorter par une partie de mes hommes. » II répondit: « A quoi bon? Je voudrais trouver grâce aux yeux de mon seigneur! » 16 Ce jour même, Ésaü reprit le chemin de Séir. 17 Quant à Jacob, il se dirigea vers Soukkoth; il s’y bâtit une demeure et pour son bétail il fit des enclos: c’est pourquoi l’on appela cet endroit Soukkoth.

28 Les jours d’Isaac ayant été de cent quatre vingts ans, 29 il défaillit et mourut et rejoignit ses pères, âgé et rassasié de jours. Ésaü et Jacob, ses fils, l’ensevelirent.
Rachel et Léa
29:18s ; 29:30s ; 30:1;
18 Jacob avait conçu de l’amour pour Rachel. II dit: « Je te servirai sept ans pour Rachel, ta plus jeune fille. » 19 Laban répondit: « J’aime mieux te la donner que de la donner à un autre époux: demeure avec moi. » 20 Jacob servit, pour obtenir Rachel, sept années et elles furent à ses yeux comme quelques jours, tant il l’aimait. 21 Jacob dit à Laban: « Donne-moi ma femme, car mon temps est accompli et je veux m’unir à elle. » 22 Laban réunit tous les habitants du lieu et donna un festin. 23 Mais, le soir venu, il prit Léa sa fille et la lui amena et Jacob s’unit à elle. 24 Laban avait aussi donné Zilpa, son esclave, à Léa, sa fille, comme esclave. 25 Or, le matin, il se trouva que c’était Léa;
30 Jacob s’unit pareillement à Rachel et persista à aimer Rachel plus que Léa; et il servit encore chez Laban sept autres années. 31 Le Seigneur considéra que Léa était dédaignée et il rendit son sein fécond, tandis que Rachel fut stérile.
1 Rachel, voyant qu’elle ne donnait pas d’enfants à Jacob, conçut de l’envie contre sa sœur et elle dit à Jacob. » Rends moi mère, autrement j’en mourrai! » 2 Jacob se fâcha contre Rachel et dit: « Suis je à la place de Dieu, qui t’a refusé la fécondité? » 3 Elle dit alors: « Voici ma servante Bilha, approche toi d’elle; elle enfantera dans mes bras, et, par elle, moi aussi je serai mère. » 4 Elle lui donna Bilha, son esclave, comme épouse et Jacob s’approcha d’elle. 5 Bilha conçut et enfanta un fils à Jacob.
14 Or, Ruben étant allé aux champs à l’époque de la récolte du froment, y trouva des mandragores et les apporta à Léa sa mère. Rachel dit à Léa; « Donne-moi, je te prie, des mandragores de ton fils. » 15 Elle lui répondit: « N’est ce pas assez que tu te sois emparée de mon époux, sans prendre encore les mandragores de mon fils? » Rachel reprit: « Eh bien! Il reposera cette nuit avec toi en échange des mandragores de ton fils. » 16 Jacob revenant des champs, le soir, Léa sortit à sa rencontre et dit: « C’est à mes côtés que tu viendras, car je t’ai retenu pour les mandragores de mon fils. » Et il reposa près d’elle cette nuit là.
Joseph et ses frères
35:22s ; 37 ; 42 ; 43 ; 44 ; 45:1s
Or, les fils de Jacob furent douze. 23 Fils de Léa: le premier né de Jacob, Ruben; puis Siméon, Lévi, Juda, Issachar et Zabulon. 24 Fils de Rachel: Joseph et Benjamin. 25 Fils de Bilha, l’esclave de Rachel: Dan et Nephtali; 26 et fils de Zilpa, l’esclave de Léa: Gad et Aser. Tels sont les fils de Jacob, qui lui naquirent dans le territoire d’Aram.
1 Jacob demeura dans le pays des pérégrinations de son père, dans le pays de Canaan. 2 Voici l’histoire de la descendance de Jacob. Joseph, âgé de dix sept ans, menait paître les brebis avec ses frères. Passant son enfance avec les fils de Bilha et ceux de Zilpa, épouses de son père, Joseph débitait sur leur compte des médisances à leur père. 3 Or Israël préférait Joseph à ses autres enfants parce qu’il était le fils de sa vieillesse; et il lui avait fait une tunique à rayures. 4 Ses frères, voyant que leur père l’aimait de préférence à eux tous, le prirent en haine et ne purent se résoudre à lui parler amicalement. 5 Joseph, ayant eu un songe, le conta à ses frères et leur haine pour lui s’en accrut encore. 6 II leur dit: « Écoutez, je vous prie, ce songe que j’ai eu. 7 Nous composions des gerbes dans le champ, soudain ma gerbe se dressa; elle resta debout et les vôtres se rangèrent à l’entour et s’inclinèrent devant la mienne. » 8 Ses frères lui dirent: « Quoi! Régnerais-tu sur nous? Deviendrais-tu notre maître? » Et ils le haïrent plus encore, pour ses songes et pour ses propos. 9 Il eut encore un autre songe et le raconta à ses frères en disant: « J’ai fait encore un songe où j’ai vu le soleil, la lune et onze étoiles se prosterner devant moi. » 10 II le répéta à son père et à ses frères. Son père le blâma et lui dit: « Qu’est ce qu’un pareil songe? Eh quoi! Nous viendrions, moi et ta mère et tes frères, nous prosterner à terre à tes pieds! » 11 Les frères de Joseph le jalousèrent; mais son père retint l’affaire. 12 Un jour ses frères étaient allés conduire les troupeaux de leur père à Sichem. 13 Israël dit à Joseph: « Tes frères font paître les troupeaux à Sichem. Viens donc, je veux t’envoyer auprès d’eux. » II lui répondit: « Je suis prêt. » 14 Il reprit: « Va voir, je te prie, comment se portent tes frères, comment se porte le bétail et rapporte m’en des nouvelles. » II l’envoya ainsi de la vallée d’Hébron et Joseph se rendit à Sichem. 15 Un homme le rencontra errant dans la campagne; cet homme lui demanda: « Que cherches-tu? » 16 II répondit: « Ce sont mes frères que je cherche. Veuille me dire où ils font paître leur bétail. » 17 L’homme dit: « Ils sont partis d’ici, car je les ai entendus dire: ‘Allons à Dothan’. » Joseph s’en alla sur les pas de ses frères et il les trouva à Dothan. 18 Ils l’aperçurent de loin; et, avant qu’il fût près d’eux, ils complotèrent de le faire mourir. 19 Ils se dirent l’un à l’autre: « Voici venir l’homme aux songes. 20 Or çà, venez, tuons le, jetons le dans quelque citerne, puis nous dirons qu’une bête féroce l’a dévoré. Nous verrons alors ce qui adviendra de ses rêves! » 21 Ruben l’entendit et voulut le sauver de leurs mains; il se dit: « N’attentons point à sa vie. » 22 Ruben leur dit donc: « Ne versez point le sang! Jetez le dans cette citerne qui est dans le désert, mais ne portez point la main sur lui. » C’était pour le sauver de leurs mains et le ramener à son père. 23 En effet, lorsque Joseph fut arrivé près de ses frères ils le dépouillèrent de sa robe, de la tunique à rayures dont il était vêtu; 24 et ils le saisirent et ils le jetèrent dans la citerne. Cette citerne était vide et sans eau. 25 Comme ils étaient assis pour prendre leur repas, ils levèrent les yeux et virent une caravane d’Ismaélites, laquelle venait de Galaad; leurs chameaux étaient chargés d’aromates, de baume et de lotus qu’ils allaient transporter en Égypte. 26 Juda dit à ses frères: « Quel avantage, si nous tuons notre frère et si nous scellons sa mort? 27 Venez, vendons le aux Ismaélites et que notre main ne soit pas sur lui, car il est notre frère, notre chair! » Et ses frères consentirent. 28 Or, plusieurs marchands madianites vinrent à passer, qui tirèrent et firent remonter Joseph de la citerne, puis le vendirent aux Ismaélites pour vingt pièces d’argent. Ceux ci emmenèrent Joseph en Égypte. 29 Ruben revint à la citerne et voyant que Joseph n’y était plus, il déchira ses vêtements, 30 retourna vers ses frères et dit: « L’enfant n’y est plus et moi, où irai je? » 31 Ils prirent la robe de Joseph, égorgèrent un chevreau et trempèrent la robe dans son sang; 32 puis ils envoyèrent cette tunique à rayures, qu’on apporta à leur père en disant: « Voici ce que nous avons trouvé; examine si c’est la tunique de ton fils ou non. » 33 II la reconnut et s’écria: « La tunique de mon fils! Une bête féroce l’a dévoré! Joseph, Joseph a été mis en pièces! » 34 Et Jacob déchira ses vêtements et il mit un cilice sur ses reins et il porta longtemps le deuil de son fils. 35 Tous ses fils et toutes ses filles se mirent en devoir de le consoler; mais il refusa toute consolation et dit: « Non! Je rejoindrai, en pleurant, mon fils dans la tombe! » Et son père continua de le pleurer. 36 Quant aux Madianites, ils le vendirent en Égypte à Putiphar, officier de Pharaon, chef des gardes.
1 Jacob, voyant qu’il y avait vente de blé en Égypte, dit à ses fils: « Pourquoi vous entre regarder? » 2 II ajouta « J’ai ouï dire qu’il y avait vente de blé en Égypte. Allez-y, achetez-y du blé pour nous et nous resterons en vie au lieu de mourir. » 3 Les frères de Joseph partirent à dix, pour acheter du grain en Égypte. 4 Quant à Benjamin, frère de Joseph, Jacob ne le laissa pas aller avec ses frères, parce qu’il se disait: « II pourrait lui arriver malheur. » 5 Les fils d’Israël vinrent s’approvisionner avec ceux qui allaient en « gypte, la disette régnant dans le pays de Canaan. 6 Or, Joseph était le gouverneur de la contrée; c’était lui qui faisait distribuer le blé à tout le peuple du pays. Les frères de Joseph à leur arrivée, se prosternèrent devant lui la face contre terre. 7 En voyant ses frères, Joseph les reconnut; mais il dissimula vis à vis d’eux, et, leur parlant rudement, leur dit: « D’où venez vous? » Ils répondirent: « Du pays de Canaan, pour acheter des vivres. 8 Joseph reconnut bien ses frères, mais eux ne le reconnurent point. 9 Joseph se souvint alors des songes qu’il avait eus à leur sujet. II leur dit: « Vous êtes des espions! C’est pour découvrir le côté faible du pays que vous êtes venus! » 10 Ils lui répondirent: « Non, seigneur, mais tes serviteurs sont venus pour acheter des vivres. 11 Tous fils d’un même père, nous sommes d’honnêtes gens; tes serviteurs ne furent jamais des espions. » 12 II leur dit: « Point du tout! Vous êtes venus reconnaître les côtés faibles du territoire. » 13 Ils répondirent: « Nous, tes serviteurs, sommes douze frères, nés d’un même père, habitants du pays de Canaan; le plus jeune est auprès de notre père en ce moment et l’autre n’est plus. » 14 Joseph leur dit: « Ce que je vous ai déclaré subsiste: vous êtes des espions. 15 C’est par là que vous serez jugés: sur la vie de Pharaon, vous ne sortirez pas d’ici que votre plus jeune frère n’y soit venu. 16 Dépêchez l’un de vous pour qu’il aille quérir votre frère et vous, restez prisonniers: on appréciera alors la sincérité de vos paroles. Autrement, par Pharaon! vous êtes des espions. » 17 Et il les garda en prison durant trois jours. 18 Le troisième jour, Joseph leur dit: « Faites ceci et vous vivrez; je crains le Seigneur. 19 Si vous êtes de bonne foi, qu’un seul d’entre vous soit détenu dans votre prison, tandis que vous irez apporter à vos familles de quoi calmer leur faim. 20 Puis amenez moi votre jeune frère et vos paroles seront justifiées et vous ne mourrez point. » Ils acquiescèrent. 21 Et ils se dirent l’un à l’autre: « En vérité nous sommes punis à cause de notre frère; nous avons vu son désespoir lorsqu’il nous criait de grâce et nous sommes demeurés sourds. Voilà pourquoi ce malheur nous est arrivé. » 22 Ruben leur répondit en ces termes: « Est ce que je ne vous disais pas alors: Ne vous rendez point coupables envers cet enfant! Et vous ne m’écoutâtes point. Eh bien! Voilà que son sang nous est redemandé. » 23 Or ils ne savaient pas que Joseph les comprenaient, car il s’était servi d’un interprète. 24 Il s’éloigna d’eux et pleura; puis il revint à eux, leur parla et sépara d’eux Siméon, qu’il fit incarcérer en leur présence. 25 Joseph ordonna qu’on remplit leur bagages de blé; puis qu’on remit l’argent de chacun dans son sac et qu’on leur laissa des provisions de voyage, ce qui fut exécuté. 26 Ils chargèrent leur blé sur leurs ânes et partirent. 27 L’un d’eux, ayant ouvert son sac pour donner du fourrage à son âne, dansune hôtellerie, trouva son argent qui était à l’entrée de son sac. 28 Et il dit à ses frères: « Mon argent a été remis; et de fait, le voici dans mon sac. » Le cœur leur manqua et ils s’entreregardèrent effrayés en disant: « Qu’est ce donc que le Seigneur nous prépare! » 29 Arrivés chez Jacob leur père, au pays de Canaan, ils lui contèrent toute leur aventure en ces termes: 30 « Ce personnage, le maître du pays, nous a parlé durement; il nous a traités comme venant explorer le pays. 31 Nous lui avons dit: « Nous sommes des gens de bien, nous ne fûmes jamais des espions. 32 Nous sommes douze frères, fils du même père: l’un est perdu et le plus jeune est actuellement avec notre père au pays de Canaan. 33 Le personnage, maître du pays, nous a répondu: ‘Voici à quoi je reconnaîtrai que vous êtes sincères: laissez l’un de vous auprès de moi, prenez ce que réclame le besoin de vos familles et partez; 34 puis, amenez-moi votre jeune frère et je saurai que vous n’êtes pas des espions, que vous êtes d’honnêtes gens; je vous rendrai votre frère et vous pourrez circuler dans le pays.’ 35 Or, comme ils vidaient leurs sacs, voici que chacun retrouva son argent serré dans son sac; à la vue de cet argent ainsi enveloppé, eux et leur père frémirent. 36 Jacob, leur père, leur dit: « Vous m’arrachez mes enfants! Joseph a disparu, Siméon a disparu et vous voulez m’ôter Benjamin! C’est sur moi que tout cela tombe. » 37 Ruben dit à son père: « Fais mourir mes deux fils, si je ne te le ramène! Confie le à mes mains et je le ramènerai près de toi. » 38 Il répondit: « Mon fils n’ira point avec vous; car son frère n’est plus et lui seul reste encore. Qu’un malheur lui arrive sur la route où vous irez et vous ferez descendre, sous le poids de la douleur, mes cheveux blancs dans la tombe. »
1 Cependant, la famine pesait sur le pays. 2 Lors donc qu’on eut consommé tout le blé qu’ils avaient apporté d’Égypte, leur père leur dit: « Allez de nouveau nous acheter un peu de nourriture. » 3 Juda lui parla ainsi: « Cet homme nous a formellement avertis en disant: ‘Vous ne paraîtrez point devant moi, si votre frère ne vous accompagne.’ 4 Si tu consens à laisser partir notre frère avec nous, nous irons acheter pour toi des vivres. 5 Mais si tu n’en fais rien, nous ne saurions y aller, puisque cet homme nous a dit: ‘Vous ne paraîtrez devant moi qu’accompagnés de votre frère.’ 6 Israël reprit: « Pourquoi m’avez vous rendu ce mauvais office, d’apprendre à cet homme que vous avez encore un frère? 7 Ils répondirent: « Cet homme nous a questionnés en détail sur nous et sur notre famille, disant: ‘Votre père vit il encore? Avez vous encore un frère?’ Et nous lui avons répondu selon ces questions. Pouvions nous prévoir qu’il dirait: ‘Faites venir votre frère?’ «  8 Juda dit à Israël, son père: « Laisse aller le jeune homme avec moi, que nous puissions nous disposer au départ; et nous vivrons au lieu de mourir, nous et toi et nos familles. 9 C’est moi qui réponds de lui, c’est à moi que tu le redemanderas: si je ne te le ramène et ne le remets en ta présence, je me déclare coupable à jamais envers toi. 10 Certes, sans nos délais, nous serions, à présent, déjà revenus deux fois! » 11 Israël, leur père, leur dit: « Puisqu’il en est ainsi, eh bien! Faites ceci: mettez dans vos bagages des meilleures productions du pays et apportez les en hommage à cet homme: un peu de baume, un peu de miel, des aromates et du lotus, des pistaches et des amandes. 12 Munissez vous d’une somme d’argent double: l’argent qui a été remis à l’entrée de vos sacs, restituez le de votre main, c’est peut être une méprise. 13 Et prenez votre frère et disposez-vous à retourner vers cet homme. 14 Que le Dieu tout puissant vous fasse trouver compassion auprès de cet homme, afin qu’il vous rende votre autre frère et Benjamin. Pour moi, j’ai pleuré mes fils, je vais les pleurer encore. » 15 Ces hommes se chargèrent du présent, se munirent d’une somme double et emmenèrent Benjamin. Ils se mirent en route, arrivèrent en Égypte et parurent devant Joseph. 16 Joseph, apercevant parmi eux Benjamin, dit à l’intendant de sa maison: « Fais entrer ces hommes chez moi; qu’on tue des animaux et qu’on les accommode, car ces hommes dîneront avec moi. » 17 L’homme exécuta l’ordre de Joseph et il introduisit les voyageurs dans la maison de Joseph. 18 Mais ces hommes s’alarmèrent en se voyant introduits dans la maison de Joseph et ils dirent: « C’est à cause de l’argent remis la première fois dans nos sacs, qu’on nous a conduits ici, pour nous accabler et se jeter sur nous, pour nous rendre esclaves, pour s’emparer de nos ânes. » 19 Ils abordèrent l’homme qui gouvernait la maison de Joseph et lui parlèrent au seuil de la maison, 20 disant: « De grâce, seigneur! Nous étions venus une première fois pour acheter des provisions; 21 et il est advenu, quand nous sommes arrivés dans l’hôtellerie et que nous avons ouvert nos sacs, voici que l’argent de chacun était à l’entrée de son sac, notre même poids d’argent nous le rapportons dans nos mains. 22 Et nous avons apporté par de vers nous une autre somme pour acheter des vivres. Nous ne savons qui a replacé notre argent dans nos sacs. » 23 II répondit: « Soyez tranquilles, ne craignez rien. Votre Dieu, le Dieu de votre père, vous a fait trouver un trésor dans vos sacs; votre argent m’était parvenu. » Et il leur amena Siméon. 24 L’intendant fit entrer ces hommes dans la demeure de Joseph; on apporta de l’eau et ils lavèrent leurs pieds et l’on donna du fourrage à leurs ânes. 25 Ils apprêtèrent le présent, Joseph devant venir à midi; car ils avaient appris que c’était là qu’on ferait le repas. 26 Joseph étant rentré à la maison, ils lui apportèrent, dans l’intérieur, le présent dont ils s’étaient munis et s’inclinèrent devant lui jusqu’à terre. 27 Il s’informa de leur bien être, puis il dit: « Comment se porte votre père, ce vieillard dont vous avez parlé? Vit-il encore? » 28 Ilsrépondirent: « Ton serviteur, notre père, vit encore et se porte bien. » Et ils s’inclinèrent et se prosternèrent. 29 En levant les yeux, Joseph aperçut Benjamin, son frère, le fils de sa mère et il dit: « Est ce là votre jeune frère, dont vous m’avez parlé? » Et il ajouta: « Dieu te soit favorable, mon fils! » 30 Joseph se hâta de sortir, car sa tendresse pour son frère s’était émue et il avait besoin de pleurer; il entra dans son cabinet et il y pleura. 31 II se lava le visage et ressortit; puis, se faisant violence, il dit: « Servez le repas. » 32 II fut servi à part et eux à part et à part aussi les égyptiens ses convives; car les égyptiens ne peuvent manger en commun avec les hébreux, cela étant une abomination en Égypte. 33 Ils se mirent à table devant lui, le plus âgé selon son âge, le plus jeune selon le sien; ces hommes se regardaient l’un l’autre avec étonnement. 34 Joseph leur fit porter des présents de sa table; la part de Benjamin était cinq fois supérieure à celle des autres. Ils burent et s’enivrèrent ensemble.
1 Joseph donna cet ordre à l’intendant de sa maison « Remplis de vivres les sacs de ces hommes, autant qu’ils en peuvent contenir et dépose l’argent de chacun à l’entrée de son sac. 2 Et ma coupe, la coupe d’argent, tu la mettras à l’entrée du sac du plus jeune, avec le prix de son blé. » Ce que Joseph avait dit fut exécuté. 3 Le matin venu, on laissa repartir ces hommes, eux et leurs ânes. 4 Or, ils venaient de quitter la ville, ils en étaient à peu de distance, lorsque Joseph dit à l’intendant de sa maison: « Va, cours après ces hommes et, aussitôt atteints, dis leur: « Pourquoi avez-vous rendu le mal pour le bien? 5 N’est ce pas dans cette coupe que boit mon maître et ne lui sert elle pas pour la divination? C’est une mauvaise action que la vôtre! » 6 II les atteignit et leur adressa ces mêmes paroles. 7 Ils lui répondirent: « Pourquoi mon seigneur tient il de pareils discours? Dieu préserve tes serviteurs d’avoir commis une telle action! 8 Quoi! L’argent que nous avons trouvé à l’entrée de nos sacs, nous te l’avons rapporté du pays de Canaan; et nous déroberions, dans la maison de ton maître, de l’argent ou de l’or! 9 Celui de tes serviteurs qui l’aura en sa possession, qu’il meure; et nous-mêmes, nous serons les esclaves de mon seigneur. » 10 Il répliqua: « Oui certes, ce que vous dites est juste. Seulement celui qui en sera trouvé possesseur sera mon esclave et vous serez quittes. » 11 Ils se hâtèrent, chacun, de descendre leurs sacs à terre et chacun ouvrit le sien. 12 L’intendant fouilla, commençant par le plus âgé, finissant par le plus jeune. La coupe fut trouvée dans le sac de Benjamin. 13 Ils déchirèrent leurs vêtements; chacun rechargea son âne et ils retournèrent à la ville. 14 Juda entra avec ses frères dans la demeure de Joseph, lequel s’y trouvait encore; et ils se jetèrent à ses pieds contre terre. 15 Joseph leur dit « Quelle action venez vous de commettre! Ne savez vous pas qu’un homme tel que moi devine les mystères? » 16 Juda répondit: « Que dirons-nous à mon seigneur? Comment parler et comment nous justifier? Le Tout Puissant a su atteindre l’iniquité de tes serviteurs. Nous sommes maintenant les esclaves de mon seigneur et nous et celui aux mains duquel s’est trouvée la coupe. » 17 II répliqua: « Loin de moi d’agir ainsi! L’homme aux mains duquel la coupe s’est trouvée, sera mon esclave; pour vous, retournez en paix auprès de votre père. » 18 Alors Juda s’avança vers lui, en disant: « De grâce, seigneur! que ton serviteur fasse entendre une parole aux oreilles de mon seigneur et que ta colère n’éclate pas contre ton serviteur! Car tu es l’égal de Pharaon. 19 Mon seigneur avait interrogé ses serviteurs, disant: ‘Vous reste-t-il un père, un frère?’ 20 Nous répondîmes à mon seigneur: ‘Nous avons un père âgé et un jeune frère enfant de sa vieillesse: son frère est mort et lui, resté seul des enfants de sa mère, son père le chérit.’ 21 Tu dis alors à tes serviteurs: ‘Amenez-le moi, que je l’examine.’ 22 Et nous répondîmes à mon seigneur: ‘Le jeune homme ne saurait quitter son père; s’il quittait son père, il en mourrait.’ 23 Mais tu dis à tes serviteurs: ‘Si votre jeune frère ne vous accompagne, ne reparaissez point devant moi.’ 24 Or, de retour auprès de ton serviteur, notre père, nous lui rapportâmes les paroles de mon seigneur. 25 Notre père nous dit: ‘Retournez acheter pour nous quelques provisions.’ 26 Nous répondîmes: ‘Nous ne saurions partir. Si notre jeune frère nous accompagne, nous irons; car nous ne pouvons paraître devant ce personnage, notre jeune frère n’étant point avec nous.’ 27 Ton serviteur, notre père, nous dit: ‘Vous savez que ma femme m’a donné deux enfants. 28 L’un a disparu d’auprès de moi et j’ai dit: ‘Assurément il a été dévoré!’ et je ne l’ai point revu jusqu’ici. 29 Que vous m’arrachiez encore celui ci, qu’il lui arrive malheur et vous aurez précipité cruellement ma vieillesse dans la tombe.’ 30 Et maintenant, en retournant chez ton serviteur, mon père, nous ne serions point accompagnés du jeune homme et sa vie est attachée à la sienne! 31 Certes, ne voyant point paraître le jeune homme, il mourra; et tes serviteurs auront fait descendre les cheveux blancs de ton serviteur, notre père, douloureusement dans la tombe. 32 Car ton serviteur a répondu de cet enfant à son père, en disant: ‘Si je ne te le ramène, je serai coupable à jamais envers mon père.’ 33 Donc, de grâce, que ton serviteur, à la place du jeune homme, reste esclave de mon seigneur et que le jeune homme reparte avec ses frères. 34 Car comment retournerais-je près de mon père sans ramener son enfant? Pourrais-je voir la douleur qui accablerait mon père? »
1 Joseph ne put se contenir, malgré tous ceux qui l’entouraient. Il s’écria: « Faites sortir tout le monde d’ici! » Et nul homme ne fut présent lorsque Joseph se fit connaître à ses frères. 2 II éleva la voix en pleurant. Les Égyptiens l’entendirent, la maison de Pharaon l’entendit, 3 et il dit à ses frères: « Je suis Joseph; mon père vit-il encore? » Mais ses frères ne purent lui répondre, car il les avait frappés de stupeur. 4 Joseph dit à ses frères: « Approchez-vous de moi, je vous prie. » Et ils s’approchèrent. II reprit: « Je suis Joseph, votre frère que vous avez vendu pour l’Égypte. 5 Et maintenant, ne vous affligez point, ne soyez pas irrités contre vous-mêmes de m’avoir vendu pour ce pays; car c’est pour le salut que le Seigneur m’y a envoyé avant vous. 6 En effet, voici deux années que la famine règne au sein de la contrée et durant cinq années encore, il n’y aura ni culture ni moisson. 7 Le Seigneur m’a envoyé avant vous pour vous préparer une ressource dans ce pays et pour vous sauver la vie par une conservation merveilleuse. 8 Non, ce n’est pas vous qui m’avez fait venir ici, c’est Dieu; et il m’a fait devenir le père de Pharaon, le maître de toute sa maison et l’arbitre de tout le pays d’Égypte. 9 Hâtez-vous, retournez chez mon père et dites lui: ‘Ainsi parle ton fils Joseph: Dieu m’a fait le maître de toute l’Égypte; viens auprès de moi, ne tarde point! 10 Tu habiteras la terre de Gessen et tu seras rapproché de moi; toi, tes enfants, tes petits-enfants, ton menu et ton gros bétail et tout ce qui t’appartient. 11 Là je te fournirai des vivres car cinq années encore il y aura famine afin que tu ne souffres point, toi, ta famille et tout ce qui est à toi.’ 12 Or, vous voyez de vos yeux, comme aussi mon frère Benjamin, que c’est bien moi qui vous parle. 13 Faites part à mon père des honneurs qui m’entourent en Égypte et de tout ce que vous avez vu et hâtez vous d’amener ici mon père. » 14 Il se jeta au cou de Benjamin son frère et pleura; et Benjamin aussi pleura dans ses bras. 15 Il embrassa tous ses frères et les baigna de ses larmes; alors seulement ses frères lui parlèrent.
Moïse, Myriam et Aharon
Exode 2:7 ; 4:14s et 27s ;  10:1s et 16s ; Nbr 12
7 Sa soeur dit à la fille de Pharaon: « Faut-il t’aller quérir une nourrice parmi les femmes hébreues, qui t’allaitera cet enfant? »
14 Le courroux de l’Éternel s’alluma contre Moïse et il dit: « Eh bien! c’est Aaron ton frère, le Lévite, que je désigne! Oui, c’est lui qui parlera! Déjà même il s’avance à ta rencontre et à ta vue il se réjouira dans son cœur. 15 Tu lui parleras et tu transmettras les paroles à sa bouche; pour moi, j’assisterai ta bouche et la sienne et je vous apprendrai ce que vous aurez à faire. 16 Lui, il parlera pour toi au peuple, de sorte qu’il sera pour toi un organe et que tu seras pour lui un inspirateur. 17 Cette même verge, tu l’auras à la main, car c’est par elle que tu opéreras les miracles. »
27 L’Éternel dit à Aaron: « Va au-devant de Moïse, dans le désert. » Il y alla; il le rencontra sur la montagne et l’embrassa. 28 Moïse fit part à Aaron de toutes les paroles dont l’Éternel l’avait chargé et de tous les prodiges qu’il lui avait donné mission d’accomplir. 29 Alors Moïse et Aaron partirent et assemblèrent tous les anciens des enfants d’Israël. 30 Et Aaron dit toutes les paroles que l’Éternel avait adressées à Moïse et il opéra les prodiges à la vue du peuple.
1 Les fils d’Aaron, Nadab et Abihou, prenant chacun leur encensoir, y mirent du feu, sur lequel ils jetèrent de l’encens, et apportèrent devant le Seigneur un feu profane sans qu’il le leur eût commandé. 2 Et un feu s’élança de devant le Seigneur et les dévora, et ils moururent devant le Seigneur. 3 Moïse dit à Aaron: « C’est là ce qu’avait déclaré l’Éternel en disant: Je veux être sanctifié par ceux qui m’approchent et glorifié à la face de tout le peuple! » Et Aaron garda le silence. 4 Moïse appela Michaël et Elçafan, fils d’Ouzziel, oncle d’Aaron, et leur dit: « Approchez! Emportez vos frères de devant le sanctuaire, hors du camp. » 5 Ils s’avancèrent et les transportèrent dans leurs tuniques hors du camp, selon ce qu’avait dit Moïse. 6 Moïse dit à Aaron, et à Eléazar et Ithamar ses fils: « Ne découvrez point vos têtes et ne déchirez point vos vêtements, si vous ne voulez mourir et attirer la colère divine sur la communauté entière; à vos frères, à toute la maison d’Israël, de pleurer ceux qu’a brûlés le Seigneur. 7 Et ne quittez point le seuil de la Tente d’assignation, de peur que vous ne mouriez; car l’huile d’onction du Seigneur est sur vous. » Ils se conformèrent à la parole de Moïse.
16 Au sujet du bouc expiatoire, Moïse fit des recherches, et il se trouva qu’on l’avait brûlé. Irrité contre Eléazar et Ithamar, les fils d’Aaron demeurés vivants, il dit: 17 « Pourquoi n’avez-vous pas mangé l’expiatoire dans le saint lieu, alors que c’est une sainteté de premier ordre, et qu’on vous l’a donné pour assumer les fautes de la communauté, pour lui obtenir propitiation devant l’Éternel? 18 Puisque le sang de cette victime n’a pas été introduit dans le sanctuaire intérieur, vous deviez la manger dans le sanctuaire, ainsi que je l’ai prescrit! » 19 Aaron répondit à Moïse: « Certes, aujourd’hui même ils ont offert leur expiatoire et leur holocauste devant le Seigneur, et pareille chose m’est advenue; or, si j’eusse mangé un expiatoire aujourd’hui, est-ce là ce qui plairait à l’Éternel? » 20 Moïse entendit, et il approuva.

1 Miryam et Aaron médirent de Moïse, à cause de la femme éthiopienne qu’il avait épousée, car il avait épousé une Ethiopienne, 2 et ils dirent: « Est-ce que l’Éternel n’a parlé qu’à Moïse, uniquement? Ne nous a-t-il pas parlé, à nous aussi? » L’Éternel les entendit. 3 Or, cet homme, Moïse, était fort humble, plus qu’aucun homme qui fût sur la terre. 4 Soudain l’Éternel dit à Moïse, à Aaron et à Miryam: « Rendez-vous tous trois à la tente d’assignation! » Et ils s’y rendirent tous trois. 5 L’Éternel descendit dans une colonne nébuleuse, s’arrêta à l’entrée de la tente, et appela Aaron et Miryam, qui sortirent tous deux; 6 et il dit: « Ecoutez bien mes paroles. S’il n’était que votre prophète, moi, Éternel, je me manifesterais à lui par une vision, c’est en songe que je m’entretiendrais avec lui. 7 Mais non: Moïse est mon serviteur; de toute ma maison c’est le plus dévoué. 8 Je lui parle face à face, dans une claire apparition et sans énigmes; c’est l’image de Dieu même qu’il contemple. Pourquoi donc n’avez-vous pas craint de parler contre mon serviteur, contre Moïse? » 9 La colère de l’Éternel éclata ainsi contre eux, et il se retira. 10 La nuée ayant disparu de dessus la tente, Miryam se trouva couverte de lèpre, blanche comme la neige. Aaron se tourna vers Miryam, et la vit lépreuse. 11 Et Aaron dit à Moïse: « Pitié, mon Seigneur! De grâce, ne nous impute pas à péché notre démence et notre faute! 12 Oh! Qu’elle ne ressemble pas à un mort-né qui, dès sa sortie du sein de sa mère, a une partie de son corps consumée! » 13 Et Moïse implora l’Éternel en disant: « Seigneur, oh! Guéris-la, de grâce! » 14 L’Éternel répondit à Moïse: « Si son père lui eût craché au visage, n’en serait-elle pas mortifiée durant sept jours? Qu’elle soit donc séquestrée sept jours hors du camp, et ensuite elle y sera admise. » 15 Miryam fut séquestrée hors du camp pendant sept jours; et le peuple ne partit que lorsque Miryam eut été réintégrée. 16 Après cela, le peuple partit de Hacêroth, et ils campèrent dans le désert de Pharan.

Sur le pont étroit de la liberté! – 4 – Viktor Frankl: le sens en toutes circonstances (Discours de Kipour 5776)

Voir la partie 3: Au delà de notre confort

Viktor Frankl a une expertise puissante sur la question.

Il a su traverser, changer de ligne au dernier moment dans le cadre de la « sélection » qui menait aux chambres à gaz. Il a su collecter ses observations au sein même de l’enfer des camps en se projetant dans la création de sa propre pensée.

Viktor Frankl dit : « La vie a un sens dans toutes les circonstances, y compris les pires. »

Quand Frankl affirme cela, il l’affirme du fond de sa propre expérience.
Parfois, nous avons besoin de souffrir pour retrouver le sens et l’intensité de notre vie.
Mais franchement, ce n’est pas nécessaire.

Nous pouvons aussi construire le pont AVANT de nous retrouver au-dessus du précipice…

Kipour a sa façon particulière de nous inviter à construire ce pont.

Le dialogue avec nos proches initié en préparation renouvelle notre lien humain.
En jeûnant, nous prenons la mesure de notre fragilité et de celle des autres, nous pousse à la responsabilité
A travers les poèmes liturgiques que nous chantons nous nous laissons porter dans notre volonté de changement.
Le son du chofar nous met dans l’urgence.
Les histoires de la torah nous invitent à penser.
Le fait d’être ensemble nous ouvre aux autres et à nous-mêmes, dans la chaleur du partage.

Ce pont se construit à Kipour et se prolonge dans l’année juive, chaque événement « religieux » ou culturel vient le renforcer, venez traverser ce pont que nous construisons pour vous, venez construire pour vous-même le pont que nous souhaitez traverser ensemble.

Si vous avez des questions, des interrogations, sur l’identité juive, sur nos sources, sur la communauté, partagez-les avec nous, quand vous le souhaiterez, après les fêtes.

La liberté est comme un muscle, c’est en l’utilisant qu’on lui permet de grandir.
La liberté ne s’use que quand on ne s’en sert pas (adaptation de la devise du canard enchaîné).

La joie elle-même est un choix courageux.
Comme Selma Baraz, alors âgée de 91 ans, nous pouvons prendre la responsabilité de notre bonheur et renoncer à la plainte, sans attendre.

En ce jour de Kipour, nous mobilisons notre liberté dans une posture d’humilité face au chemin que nous avons à parcourir.

Dans quelque jours, à soukot, nous mobiliserons notre liberté dans une posture de joie prête à assumer ses choix. Nous danserons avec la Torah le 4 octobre.

Que cette année 5776 se poursuive dans le courage de la joie, du partage, de l’action et du sens.

Sur le pont étroit de la liberté! – 3 – Au delà de notre confort immédiat: l’urgence d’agir (Discours de Kipour 5776)

Voir la deuxième partie: Dépasser nos peurs

L’appel des prophètes nous met en garde. Si nous ne pratiquons pas l’entre aide et la tsédaka, si nous extradons de la réalité, si nous nions la souffrance autour de nous, les catastrophes nous attendent au tournant.

Il n’y a de sécurité que partagée. Il peut y avoir des écarts sociaux, mais pas trop. La terre est restituée aux perdants du jeu économique tous les 50 ans. Les dettes qui vous réduisent à néant sont annulées tous les 7 ans. C’est le yovel, le jubilée, c’est la chemita, l’année chabbatique, que nous avions cette année.

Telle est la condition de la liberté. La liberté des uns COMMENCE là où COMMENCE celle des autres (adaptation personnelle).

Tel était le propos du Pasteur Niemöller. Quand certains s’en prennent aux « communistes, juifs, syndicalistes, catholiques (le protestantisme étant dominant en Allemagne, là où il vivait) », si je ne les défends pas, je risque fort d’être le suivant sur la liste. Cela vaut également aujourd’hui pour les grecs, les syriens, les arabes ou encore, les femmes, les convertis, etc…

Si nous n’écoutons pas cet appel, nous dit la torah, la terre nous vomira. Dans la Torah, il est fait mention de cette responsabilité au niveau du peuple juif et de la terre d’Israel. En ce jour de Kipour, à la veille du cap 21, nous sommes conscients que c’est la planète entière qui est concernée, et qu’elle pourrait finir par détruire cette étrange espèce puissante mais souvent inconsciente, l’espèce humaine.

Nous demandons : « Bénis nous comme un seul par la lumière qui émane de toi » « barHénou KééHad » (fin de la amida, prière « sim chalom »).

Il n’y a pas de bénédiction purement individuelle. Si je souhaite l’emporter sur mon voisin et que lui souhaite l’emporter sur moi, laquelle de nos prières devrait trouver un accomplissement ? Le ‘bon dieu’ devrait- ‘il’ alors mettre en œuvre leur résultante ? L’expression de nos désirs serait annulée, rien ne pourrait se produire. Si au contraire nous formulons des désirs personnels en harmonie avec l’intérêt collectif, ils pourront trouver leur accomplissement. Tel est le sens de la bénédiction. Une fois l’harmonie installée, nos espoirs peuvent devenir des actes constructifs et chaque parcelle de notre énergie trouve sa réalisation. La bénédiction consiste peut-être justement en la capacité de conjuguer harmonieusement nos forces.

Notre liberté évolue donc sur le fil, entre trop d’insatisfactions et trop d’autosuffisance.

Dans ce contexte compliqué, parmi de nombreux penseurs et sages de différentes époques, nous pouvons aujourd’hui mentionner Viktor Frankl.

Lire la suite ici…

Sur le pont étroit de la liberté! – 2 – Dépasser nos peurs (Discours de Kipour 5776)

Voir la première partie: l’étrange épreuve de Selma Baraz

Or, en plus d’être juifs, nous sommes français.

Et je vais parler d’une façon un peu plus sérieuse, et douloureuse même, vous m’en excuserez.
Taux de suicide en France 2e place en Europe, 17e dans le monde (en 2008).
Dans la vision de Jean-Paul Sartre, « l’homme est condamné à être libre… nous sommes seuls, sans excuses ».
C’est une vision lourde à porter.
L’existentialisme a-t-il besoin de la souffrance ? La liberté est-elle forcément liée à la douleur ?

L’insatisfaction a également des vertus.
Un article de The Economist en 2012 faisait le portrait culturel de la France et de sa littérature. La France cultiverait la nostalgie comme une valeur, « bonjour tristesse ! », qui expliquerait le fort taux de suicide en France.
Mais d’après cette article, l’insatisfaction serait également à l’origine d’une créativité et d’une volonté de changement remarquables.

Nous sommes à la fois juifs et français. Est-ce que nous cumulons les risques ?

L’autocritique risque de nous déprimer.
L’autosatisfaction risque de nous endormir.
La liberté est menacée, mise en danger sur ces deux versants.

Elle est menacée par nos peurs, par notre désespoir, par le sentiment d’impuissance qui parfois, s’empare de nous. Lorsque nous observons le monde autour de nous, nos vis, celles de nos proches, les drames qui touchent l’humanité.

Que faire de nos peurs ?

Rabbi NaHman de Bratsalv disait : « Le monde entier est un pont très étroit et le plus important c’est de ne pas avoir peur. » (likouté moharan)

וְדַע, שֶׁהָאָדָם צָרִיךְ לַעֲבר עַל גֶּשֶׁר צַר מְאד מְאד! וְהַכְּלָל וְהָעִקָּר שֶׁלּא יִתְפַּחֵד. כְּלָל

La liberté, c’est de savoir passer d’une rive à l’autre, de ne pas être prisonnier de son territoire géographique.

Abraham est d’abord Ivri, עיברי, celui qui passe, celui qui change de lieu. Au cours de l’histoire, nous avons dû changer de lieu, et nous avons été capable de le faire en gardant notre identité, et en nous adaptant, en renouvelant cette identité en accord avec les cultures environnantes, de Babylone à l’Afrique du nord, d’Erets Israel à la vallée du Rhin.

Changer de rive, c’est prendre un risque. Dieu dit à Avraham, je te grandirai car Abraham court le risque de se perdre (Rachi mentionne trois risques : celui d’avoir moins d’enfants, celui d’avoir moins d’argent et celui de jouir d’une moins bonne réputation).

Mais le jeu en vaut la chandelle car savoir changer de rive, c’est montrer le chemin de la liberté, la possibilité du changement, renforcer ce pouvoir pour nous-mêmes et pour nos proches, et pour tous les autres. L’Eternel ajoute :

« Par toi seront bénies toutes les nations de la terre. » (Gen. 12:1-3)

Sur quelle rive sommes-nous aujourd’hui ? Ce rivage nous convient-il ? Quels précipices physiques ou psychiques voudrions-nous traverser ? Le savons-nous ? Avons-nous même le courage d’y penser ?

Quel soutien pourrions-nous obtenir pour effectuer ces transitions ? Quel est le pont très étroit que nous pourrions traverser ? Qu’est ce qui pourrait nous encourager à ne pas avoir (trop) peur ?

J’interroge ici chacun d’entre nous en tant qu’individu, face à nos défis personnels, mais je nous interroge également en tant que communauté/synagogue en développement, porteuse d’un message particulier. Un message important, profondément ancré dans notre tradition, et qui n’est pas toujours mis en avant comme il le faudrait.

Bienveillance, humanisme, respect de la diversité, engagement juif et engagement citoyen.

Ces valeurs au cœur de notre vision méritent notre investissement, beaucoup de juifs en ont besoin.

Sur quelle rive sommes-nous en tant que communauté ? Quel pont pourrait-il nous permettre de traverser ? Quels ponts construisons-nous ? Quel type d’impact pourrions-nous avoir alors sur les personnes et les groupes et les événements qui nous entourent ? Dans le monde juif et dans le monde civique ?

Enfin, nous souhaitons contribuer également à la liberté de nos proches. Qui dans nos connaissance est en transition autour de nous ? Quel pont pouvons-nous bâtir pour eux ? Parmi nos proches, nos moins proches, ou dans l’actualité du monde ?

Comment renforcer notre conscience ? Par le cri du chofar ? Par l’intensité et la beauté de nos prières ? Est-ce la vision de notre rassemblement de ce soir qui pourra nous encourager à regarder en face le vide de la liberté ?

La liberté est menacée également sur son autre versant.

Elle est menacée par nos satisfactions, l’excès de notre bien-être, notre confort que nous répugnons à quitter. Voire notre inconfort et notre malheur qui nous est devenu confortable.

Lire la suite ici…

Sur le pont étroit de la liberté! – 1 – l’étrange épreuve de Selma Baraz (Discours de Kipour)

A l’approche de Yom Kipour, je commençais à avoir me faire pardonner certaines de mes erreurs et voilà qu’avec cette dracha, tout risque de se compliquer… Je vais parler des mères juives !

Je veux vous parler de Selma Baraz z »l. Selma Baraz était une mère juive, comme vous et moi, comme vous aussi Francis. Nous sommes toutes et tous des mères juives.

Selma Baraz avait un secret. À l’âge 91 ans elle l’a révélé en public, elle a bien dû !

Elle a donné au monde un enfant, un beau garçon, et comme toute mère juive elle s’attendait à ce qu’il devienne médecin. ou à la rigueur dentiste, ou même avocat pourquoi pas… Mais son fils, son gentil James a fait un autre choix.

Il a décidé de devenir prof de méditation. Prof de méditation ! C’est à peine mieux que Rabbin ! Et pour couronner le tout, il a même crée une méthode pour devenir plus heureux « Awakening joy », réveiller la joie. Réveiller la joie !

Quelle mère juive pourrait supporter cela ?

Que pouvait bien faire Selma Baraz dans ces conditions ? Elle a bien dû s’épancher et révéler son secret, en public.

Voici la façon dont elle a ouvert son coeur :

« Mon fils ne vous a pas tout dit de notre relation. Mon fils, a ruiné ma vie. En tant que mère juive, je n’ai jamais pensé que je devrais dévoiler ce secret. Les mères juives sont nées avec certains gènes précieux, qui ne peuvent être acquis, qui peuvent juste être préservés avec beaucoup de précautions, les mères juives sont nées pour se plaindre, on appelle cela kvetching, on trouve toujours une raison de se plaindre, cela aide beaucoup d’avoir un profond soupir, quelques larmes aident également, mais se plaindre, nous devons…

Nous avons une autre qualité, nous nous faisons du mauvais sang pour à peu près tout. Si un enfant ne vient pas, je peux écrire des scénarios sur ce qui a pu lui arriver, des scénarios qu’Hollywood pourrait payer des millions…

Ça a été tellement merveilleux de se plaindre continuellement, d’être inquiète, d’être malheureuse, tout en vivant la vie la plus merveilleuse dont on puisse rêver…

Mais malheureusement avec James, nous avons commencé ce mantra, et chaque fois que je me plaignais, environ toutes les 30 secondes, il m’a dit « pourquoi tu n’ajouterais pas à la fin de chaque phrase « et je sais que je suis absolument heureuse » et nous avons commencé ce jeu et il fonctionne vraiment ! Je le fais ! Je fais cela chaque fois que je me plains et je suis vraiment devenue – oh cela me fait mal de le dire – je suis effectivement devenue une personne plus heureuse ! Je viens de vous délivrer ce terrible secret, mon fils, James, a ruiné toute ma vie. »

Selma est une bonne mère juive. Une très bonne mère juive. A trois niveaux. D’abord, elle respecte la tradition. Elle se plaint, comme elle le doit. Mais ensuite, elle a de l’humour. Elle a du recul vis-à-vis de sa tendance à râler. Et enfin, elle est capable d’évoluer, de faire téchouva.

Mais le discours de Selma Baraz met en lumière un phénomène très important : Le bonheur a un prix.

La liberté a un prix.

Ce prix est un prix élevé.

Devenir plus heureux représente un sacrifice !

La liberté, c’est le choix de traverser, de passer sur l’autre rive, on court le risque du vertige, du vide, en dessous, qui pourrait nous aspirer…

Lire la suite ici

Pour commencer, ouvrir les yeux… Roch hachana 5776

Aujourd’hui, nous faisons le compte de nos réussites de l’année et le compte de nos erreurs.

Nous classons chaque acte, nous le plaçons sur le plateau d’une balance.

L’un des plateaux est celui de la vie, l’autre plateau est celui du malheur.

Cet acte s’inscrit-il du côté du bien ou du côté du mal ? Et celui-ci ?

Si à la fin de ces journées de Roch hachana, la balance penche vers le bien, nous serons inscrits dans le livre de la vie et de la justice. Si la balance penche du côté du mal, nous serons inscrits dans le livre de la mort.

Est-ce aussi simple ?

J’examine mes actions et je m’interroge. Je prends pour exemple un incident récent et je me questionne. Se range-t-il sur le plateau du bien et de la vie ? Se range-t-il sur le plateau de la tristesse et du malheur ?

Je me sens comme un vase brisé. Un vase qui contenait toute la lumière et l’espoir de faire le bien, et je suis maintenant dans la confusion. Quelle est cette fêlure qui laisse échapper ma lumière ?

Et cela me rappelle cette histoire, que m’a racontée mon amie Myriam. Myriam travaille avec des femmes victimes de violences conjugales, et aussi avec des auteurs de violences.

C’est l’histoire d’un porteur d’eau, qui porte sur ses épaules de l’eau pour désaltérer toute sa famille. Un grand bâton posé sur ses épaules retient deux vases, l’un à gauche, l’autre à droite, et chaque jour le porteur d’eau va jusqu’à la rivière, remplit ses vases, ramène l’eau chez lui.

La veille de roch hachana, l’un des vases, celui de droite, décide de partager sa peine avec le porteur d’eau. Le vase engage le dialogue et lui explique qu’il est conscient de son imperfection, il est fêlé et laisse échapper une partie de l’eau précieuse. Une partie des efforts de l’homme semble perdue par sa faute. Quel dommage, que toute cette eau perdue à cause de lui. En cette veille de Roch Hachana, le vase est attristé de poser son imperfection comme une faute dans le plateau de ses erreurs de l’année.

Le porteur d’eau remercie le vase de son souci de bien faire, de sa conscience des enjeux, de son altruisme, et l’invite à observer plus attentivement le chemin de la rivière à la maison.

Le matin suivant, en revenant de la rivière, le vase droit découvre que le bord droit du chemin est couvert de fleurs.

Avez-vous deviné pourquoi ?

Maintenant que le vase brisé comprend les conséquences positives de son imperfection, où va-t-il placer la fuite d’eau ? Cet acte se range-t-il sur le plateau du bien et de la vie ? Se range-t-il sur le plateau de la tristesse et du malheur ?

Comme le vase brisé, nous sommes soucieux des enjeux, nous voulons bien faire, nous aimerions être parfaits. Et nous sommes pétris de croyances : la perfection consiste à ne laisser échapper aucune des gouttes d’eau dont nous avons la charge. A travers cette croyance, c’est notre volonté de bien faire, mais aussi notre ego et notre orgueil qui parlent.

Nous avons beaucoup de croyances et certaines ne nous aident pas.

Lorsque nous nous désespérons d’être des vases fêlés, nous n’avons plus le courage d’ouvrir les yeux pour voir plus loin, pour nous permettre de rêver aux conséquences positives possibles.

Le « gam zou létova » nous échappe.

Nous ne voyons qu’un aspect de la réalité : l’eau qui s’enfuit du vase, s’écoule, elle ne sera pas bue par l’homme. Nous ignorons l’autre aspect : l’eau qui s’enfuit du vase, arrose, elle nourrit la beauté de la nature. Le vase fermé est-il imbu de sa perfection ? Le vase brisé sombre-t-il dans le désespoir ?

Paul Tillich disait qu’il lui semblait que son rôle était de permettre à ceux qui croient de douter et à ceux qui doutent de croire.

Le Talmud nous demande d’avoir dans nos poches deux papiers.

Dans la poche gauche, le verset « je ne suis que cendre et poussière » dans la poche droite la parole « le monde entier a été créé pour moi ».

L’idée est de trouver notre équilibre, de nous inciter à l’humilité lorsque nous sommes remplis d’un sentiment de perfection et de nous encourager lorsque le doute nous envahit.

Nous sommes à la fois des vases brisés et des vases fermés.

Parfois nous sommes le vase brisé qui se désespère parfois nous sommes l’autre vase celui qui se croit parfait, parfois nous sommes le porteur d’eau qui sait tirer parti de la réalité, et parfois nous sommes la rivière prête à abreuver chacun, parfois nous sommes les enfants et nous sommes satisfaits de l’eau reçue ou frustrés de l’eau d’arrosage, et parfois nous sommes les fleurs qui poussent le long du chemin, parfois nous sommes l’eau elle-même, et souvent nous sommes tout cela. Un peu comme le dit Fritz Perls, pour qui chaque personnage du rêve représente le rêveur lui-même.

Parfois, nous sommes simplement des individus qui aiment les histoires qui ouvrent nos horizons.

J’examine mes actions et je m’interroge. Je prends pour exemple un incident récent et je me questionne. Se range-t-il sur le plateau du bien et de la vie ? Se range-t-il sur le plateau de la tristesse et du malheur ?

Peut-être qu’aujourd’hui je vois les conséquences négatives ? Peut-être que demain j’aurai construit d’autres pensées et d’autres actions qui donneront à cet acte un aspect positif ?

A Roch hachana, je ne fais pas que classer les actions du passé, je leur donne des conséquences. Telle erreur peut me permettre une remise en cause qui apportera beaucoup de bien autour de moi, telle souffrance peut me donner une profondeur qui me permettra de mieux me comprendre et de mieux comprendre les autres.

Mais pour que je puisse apprendre, il y a un prérequis : la parole. Si le vase brisé n’était pas sorti de sa culpabilité silencieuse, jamais il n’aurait pu comprendre les bénéfices de son imperfection.

Si nous ne partageons pas le sentiment que nous inspirent nos faiblesses à Roch Hachana, comment saurons-nous ce qu’elles signifient vraiment pour nos compagnons sur le chemin de la vie ?

Partage ton sentiment avec ton prochain et tu ne porteras pas de faute (Lev.19)/ Aime ton prochain comme toi-même.

Ah si seulement nous avions conscience de l’étendue de notre ignorance !

La tradition nous incite à être humbles comme Moïse notre maitre. L’humilité ce n’est pas l’auto-flagellation, dans un sacrifice de souffrance. L’humilité c’est offrir ce que nous sommes, accepter et partager ce que nous sommes pour permettre aux autres d’apprécier simplement ce que nous sommes capables d’offrir.

Trouver une meilleure place à ce que nous sommes. Car il faut de tout pour faire un monde. Personne dans la vie ne choisit sa couleur. Il y a un temps pour tout, un temps pour planter et un temps pour arracher, un temps pour la joie et un temps pour la peine, comme le dit kohelet.

Chacun a sa place dans le monde, et le monde a besoin de toutes nos qualités, qui peuvent sembler contradictoires, juste parce qu’elles sont adaptées à des solutions différentes.

L’influence de nos actes est systémique.

Je choisis ce que je dis ce soir, vous choisissez ce que vous voulez en faire dans vos pensées et dans vos vies, vous pouvez choisir de m’en parler à votre tour, et je peux choisir de m’en inspirer pour aller plus loin encore. Vous pouvez partager ces pensées autour de vous, ou les laisser grandir en vous, vous pouvez les critiquer, vous construire avec elles ou contre elles, vous pouvez les oublier.

Si le porteur d’eau sème des graines du côté où l’eau échappe au vase, le bord de la route sera fleuri.

C’est la nature des vases que d’être brisés, c’est la nature des êtres humains que d’être imparfaits, brisés, réparés, reconstruits, raccommodés.

C’est le but de Roch Hachana de nous inviter à démonter les morceaux et à les recoller.

Démonter et recoller ce qui se trouve en nous, nos émotions, nos aspirations « positives » ou « négatives ». Toutes ont leur rôle. Tu aimeras l’Eternel בכל לבבך, avec toutes les parties de ton cœur.

Roch hachana nous invite à examiner chaque événement de l’année écoulée, à le soupeser, à en examiner la nature, à en évaluer les défauts et le potentiel.

Ce jour nous invite à examiner notre place sociale, celle que nous attribuons à nos proche dans notre vie, pour trouver la meilleure façon de contribuer à leur bonheur et pour les aider à contribuer au nôtre. Pour nos proches et nos moins proche, et aussi pour ce qui est de notre engagement dans la cité.

Que sommes-nous, qu’est-ce que notre vie, notre force, notre sagesse ? Mais nous sommes les enfants de ton alliance (prière du matin).

Nous ne savons pas encore ce qui repose sur lequel des plateaux de la balance de la vie et du bien ou de la détresse et du malheur. Nous avons 9 jours pour en décider. Jusqu’à Kipour.

La tradition nous demande de considérer que notre balance personnelle est équilibré, une seule de nos bonnes actions peut faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre.

Nous considérons que la balance du peuple juif est équilibrée, une seule de nos réévaluations peut faire pencher la balance de tout le peuple vers le bonheur ou le malheur. La balance de la création toute entière est équilibrée, un seul de nos actes peut faire pencher la balance du monde.

Ce même acte nous permet de faire pencher la balance à tous les niveaux, d’être bons à la fois pour nous-mêmes et pour autrui. Tout est systémique.

Que nos efforts permettent à nos proches de tirer le meilleur de l’année à venir.

Puissions-nous nous-mêmes tirer le meilleur des événements de l’année qui s’annonce.

De même que nous avons découvert des pensées qui échappaient totalement à notre conscience par le passé, que nous découvrions cette année tout ce qui peut nous permettre de trouver notre meilleure place dans la société, de trouver la meilleure place intérieure à nos qualités et à nos défauts, à nos plénitudes et à nos brisures, et aux plénitudes et aux brisures de nos proches.

Que, comme dans l’histoire du Maguid de Doubnov, la brisure du diamant soit retravaillée pour devenir une gravure précieuse.

Que nous nous retrouvions, dans un an, le soir de Roch hachana, emplis de la satisfaction de nos réussites et de l’espoir de devenir meilleurs encore.

Chana tova,

Rabbin Floriane Chinsky