David, le faible qui est fort

L’histoire de David: approche pédagogique du courage et de la persévérance – Bible et Pédagogie 3, c’est déjà dimanche prochain, à Nation/Ganénou. Pour les parents et tous ceux qui aiment la pédagogie.

Qu’est-ce que la victoire ? Et de quoi dépend-elle ? Qu’est-ce qui fait que nous triompherons de nos difficultés ? Est-ce notre force physique ? Est-ce notre intelligence ? Est-ce notre capacité à nous soutenir ? Notre force morale ? Notre capacité de remise en question ? Les histoires de Hanouka nous parlent du triomphe du premier humain sur sa peur de la nature, du triomphe des Maccabées contre l’oppression grecque, le triomphe de la continuité identitaire contre l’assimilation la victoire de Judith contre Holopherne, la réussite de l’espoir contre le renoncement, la victoire de la lumière de la petite fiole sur les ténèbres, le succès de la souplesse et de l’imagination sur la crispation.

Et pour nous, qu’est-ce que la victoire et quels sont nos atouts ? Qu’apprenons-nous de l’histoire de David et Goliath ? Que signifient les péripéties de l’histoire sur le plan symbolique ?

Avec les histoires de Hanouka, nous partagerons avec nos enfants nos pensées et sentiments sur notre façon de faire face aux difficultés de la vie.

(Attention, le texte suivant est repris de la traduction en français par le rabbinat. Le texte biblique ne doit pas être statique et les traductions ont tendance à appauvrir. Nous vous invitons à participer à l’étude juive dans le respect de sa nature : en face à face, en Hévrouta, avec la compagnie d’un maître.  Merci.)

Pour étudier avec nous à Ganénou-Nation ce dimanche de 10h (accueil à 9h30) à 11h15, contactez Raffaella ou répondez à cet article en commentaire.

Mes yeux regarderons mes ennemis quand les méchants se lèveront contre moi mon oreille entendra : le juste fleurira comme le palmier, il s’élance comme le cèdre du liban – Tsadik katamar ifraH kéérez balevanon isgué

וַתַּבֵּט עֵינִי בְּשׁוּרָי בַּקָּמִים עָלַי מְרֵעִים תִּשְׁמַעְנָה אָזְנָי. יג צַדִּיק כַּתָּמָר יִפְרָח כְּאֶרֶז בַּלְּבָנוֹן יִשְׂגֶּה (Ps 92)

A propos des miracles et de la délivrance et du courage et des sauvetages et des merveilles et des consolations et des guerres que tu as fait pour nos ancêtres en ces jours en ce temps, quand s’est dressée le royaume des grecs ces méchants contre ton peuple Israël pour leur faire oublier ton enseignement et leur faire quitter ta volonté et toi dans ta grande bienveillance tu t’es dressé pour eux au temps de leur souffrance et tu as livré les forts et mauvais aux mains des faibles, les nombreux aux mains des peu nombreux, les mauvais aux mains des justes, les prétentieux aux mains de ceux qui s’occupent de ta Torah et tu t’es fait un nom grand et spécial dans ton monde…. (Prière de Hanouka/ Amida et Birkat hamazon)

1 Or, les Philistins réunirent leurs armées pour une expédition, se donnèrent rendez-vous à Sokho, ville de Juda, et se campèrent entre Sokho et Azêka, à Efès-Dammim. 2 De son côté, Saül réunit les Israélites, qui se campèrent dans la vallée du Térébinthe, et se rangèrent en bataille vis-à-vis des Philistins. 3 Les Philistins occupaient la montagne d’un côté, les Israélites l’occupaient du côté opposé, la vallée les séparant. 4 Alors un géant sortit des rangs des Philistins, un homme de Gath, nommé Goliath: sa taille était de six coudées et un empan. 5 Il avait sur la tête un casque d’airain et était vêtu d’une cotte de mailles, du poids de cinq mille sicles; 6 il avait des jambières d’airain aux jambes, et un javelot d’airain sur l’épaule; 7 le bois de sa lance ressemblait à une ensouple de tisserand, et elle se terminait par un fer du poids de six cents sicles. Le porteur du bouclier marchait devant lui. 8 S’avançant donc, il cria ces paroles aux lignes d’Israël: « Pourquoi vous disposer à livrer bataille? Ne suis-je pas, moi, le Philistin, et vous les sujets de Saül? Désignez l’un d’entre vous pour qu’il s’avance vers moi. 9 Si, en combattant avec moi, il l’emporte et me tue, nous deviendrons vos sujets; mais si c’est moi qui triomphe et le tue, vous serez nos sujets et nous obéirez. 10 Oui, ajouta le Philistin, je défie en ce jour les rangs des Israélites: donnez-moi un homme, que nous nous battions ensemble! » 11 Saül et tout Israël, en entendant ces paroles du Philistin, furent consternés et eurent grand peur. 12 Or, David était fils de cet Ephratéen, de Bethléem-en-Juda, qui se nommait Jessé et avait huit fils; à l’époque de Saül, c’était un vieillard, comptant parmi les hommes d’âge. 13 Les trois fils aînés de Jessé étaient partis pour suivre Saül dans cette campagne; ces trois hommes partis pour la guerre se nommaient, l’aîné Elïab, son puîné Abinadab, et le troisième Chamma. 14 David était le plus jeune, et les trois aînés seuls avaient suivi Saül. 15 Pour David, il allait et venait, quittant Saül pour garder les brebis de son père à Bethléem. 16 Le Philistin donc s’avançait chaque matin et chaque soir, et se présenta ainsi pendant quarante jours. 17 Cependant Jessé dit à David, son fils: « Prends, je te prie, pour tes frères cet êpha de blé grillé et ces dix pains, et porte-les vite au camp à tes frères. 18 Ces dix fromages, tu les porteras au chef de la division; tu t’informeras du bien-être de tes frères et te muniras d’un gage de leur part. » 19 (Saül, avec eux, ainsi que tous les hommes d’Israël étaient dans la vallée du Térébinthe, rangés en bataille contre les Philistins.) 20 Le lendemain, de bon matin, David laissa le troupeau aux soins d’un gardien, et partit avec sa charge selon la recommandation de Jessé. Il atteignit l’enceinte du camp, comme l’armée débouchait sur le champ de bataille et poussait le cri de guerre. 21 Israélites et Philistins s’alignèrent, ligne contre ligne. 22 David remit les objets qu’il portait aux mains du gardien des bagages, courut vers les rangs et alla s’informer de la santé de ses frères. 23 Tandis qu’il s’entretenait avec eux, voici venir le géant, Goliath le Philistin, de Gath, sortant des rangs des Philistins et tenant le même discours; David l’entendit. 24 Tous les Israélites, en voyant cet homme, lâchèrent pied devant lui, fort effrayés. 25 Et les hommes d’Israël se disaient: « Avez-vous vu cet homme qui s’avance? C’est pour défier Israël qu’il se met en avant. Eh bien! Celui qui le vaincra, le roi le comblera de richesses, lui donnera sa fille, et exemptera la famille de son père de toute charge en Israël. » 26 David, s’adressant à ceux qui étaient près de lui, demanda: « Que fera-t-on à l’homme qui aura vaincu ce Philistin et délivré Israël de l’ignominie? Qu’est donc ce Philistin, cet incirconcis, pour insulter les légions du Dieu vivant! » 27 Le peuple lui répéta la même chose, ajoutant: « Telle sera la récompense de l’homme qui l’aura vaincu. » 28 Elïab, son frère aîné, l’entendant parler à ces hommes, se mit en colère contre David et dit: « Pourquoi es-tu descendu ici, et à qui as-tu confié ces quelques brebis dans le désert? Je connais ton caractère volontaire et vicieux, car c’est pour voir la guerre que tu es venu! 29 Eh! Qu’ai-je donc fait, répondit David? C’était une simple parole. » 30 Le quittant alors, il s’adressa à un autre, à qui il tint le même discours; les gens lui firent la même réponse que précédemment. 31 Les propos de David ayant été propagés, on les répéta devant Saül, qui le fit venir. 32 David dit à Saül: « Que personne ne perde courage à cause de lui! Ton serviteur ira et se battra avec ce Philistin. » 33 Mais Saül dit à David: « Tu ne peux aller te battre avec ce Philistin, car tu n’es qu’un enfant, et lui est un homme de guerre depuis sa jeunesse. » 34 David répondit à Saül: « Ton serviteur faisait paître les brebis de son père; quand survenait le lion ou l’ours et qu’il emportait une bête du troupeau, 35 je le poursuivais, je le terrassais, et la lui arrachais de la gueule; alors il se jetait sur moi, mais je le saisissais par la mâchoire et le frappais à mort. 36 Puisque ton serviteur a eu raison et du lion et de l’ours, cet impur Philistin aura le même sort, lui qui a défié les légions du Dieu vivant. » 37 Et David ajouta: « L’Eternel, qui m’a protégé contre le lion et l’ours, me protégera aussi contre ce Philistin… » Et Saül dit à David: « Va, et que l’Eternel soit avec toi! » 38 Saül revêtit David de son propre costume, lui mit sur la tête un casque d’airain, lui fit endosser une cuirasse; 39 David ceignit l’épée par-dessus ses vêtements et essaya de marcher, n’en ayant pas l’habitude. Alors il dit à Saül: « Je ne puis marcher avec cette armure, car je n’y suis pas accoutumé »; et il s’en débarrassa. 40 Il prit son bâton à la main, choisit dans le torrent cinq cailloux lisses, qu’il mit dans sa panetière de berger, et, muni de sa fronde, s’avança vers le Philistin. 41 Celui-ci s’approcha lentement de David, précédé de l’homme qui portait son bouclier. 42 Le Philistin, considérant David, le regarda avec dédain, parce qu’il était jeune, vermeil et de bonne mine. 43 Et il dit à David: « Suis-je un chien, que tu t’avances contre moi avec des bâtons? » Et il maudissait David en invoquant son dieu. 44 Et le Philistin dit à David: « Viens ici que je donne ta chair aux oiseaux du ciel et aux animaux des champs! » 45 David répondit au Philistin: « Tu viens à moi avec l’épée, la lance et le javelot; et moi je viens au nom de l’Eternel-Cebaot, du Dieu des légions d’Israël que tu insultes. 46 En ce jour, l’Eternel te mettra en mon pouvoir, je t’abattrai et je te couperai la tête et je livrerai les cadavres de l’armée des Philistins, aujourd’hui même, aux oiseaux du ciel et aux animaux des champs, afin que toute la terre sache qu’il y a un Dieu pour Israël! 47 Et toute cette multitude saura que l’Eternel n’a pas besoin d’épée ni de lance pour donner la victoire, car l’Eternel est le maître de la guerre, et il vous livrera en notre pouvoir! » 48 Voyant alors le Philistin se mettre en mouvement et s’avancer à sa rencontre, David s’élança, traversa rapidement le champ de bataille dans la direction du Philistin, 49 mit la main dans sa panetière, en tira une pierre, qu’il lança avec la fronde, et atteignit le Philistin au front; la pierre s’y enfonça et il tomba la face contre terre. 50 Ainsi David vainquit le Philistin avec une fronde et une pierre, et le frappa à mort, sans avoir une épée à la main; 51 puis il fondit sur le Philistin, lui prit son épée qu’il tira du fourreau, et le tua en lui tranchant la tête. Les Philistins, voyant que leur champion était mort, prirent la fuite. 52 Les hommes d’Israël et de Juda se levèrent en poussant le cri de guerre et poursuivirent les Philistins jusqu’aux abords de Gaï et jusqu’aux portes d’Ekron; les cadavres des Philistins jonchèrent la route de Chaaraïm, jusqu’à Gath et jusqu’à Ekron. 53 Au retour de cette poursuite des Philistins, les enfants d’Israël allèrent piller leurs camps. 54 Pour David, il prit la tête du Philistin et la porta à Jérusalem, et ses armes, il les déposa dans sa tente. 55 Or, en voyant David s’avancer au-devant du Philistin, Saül avait dit à Abner, commandant de l’armée: « De qui ce jeune homme est-il fils, Abner? » Et Abner avait répondu: « Par ta vie, ô roi! Je l’ignore. » 56 « Informe-toi, dit le roi, de qui ce garçon est fils… » 57 Et lorsque David revint après avoir tué le Philistin, Abner vint le prendre et le présenta à Saül, tenant à la main la tête du Philistin. 58 Saül lui demanda alors: « De qui es-tu fils, jeune homme? De ton serviteur Jessé le Bethléémite, » répondit David.

(texte tiré de http://sefarim.fr/)

Texte à télécharger en cliquant sur le lien suivant: pedagogie 5777 -3 David Judah Judith

Paracha Vayétsé : comment trouver un sens à sa vie ?

Comment trouver un sens à sa vie ? Cette question est probablement inhérente à l’être humain.

L’expression « sens de la vie » désigne l’interrogation sur l’origine, la nature et la finalité de l’existence. Le troisième point en est l’élément majeur. De nombreux courants intellectuels, philosophiques, religieux, et même scientifiques, se sont emparés du sujet pour le traiter chacun à leur manière.

Le professeur Jean Grondin (1955-), spécialiste du domaine de la pensée, en parle comme du socle de la philosophie.

Jacob, fils d’Isaac, s’est posé cette question dans une situation critique d’isolement moral, spirituel et physique. La paracha Vayétsé aborde sa quête de sens par la parabole de « l’échelle de Jacob ».

Pour approfondir ce thème, une petite vidéo et un article qui la commente, sur la paracha de la semaine !

La paracha Vayétsé du sefer Béréchit (Genèse) 28:10 à 32:3 et l’échelle de Jacob

Dans son milieu familier, Jacob est un homme simple, se contentant de peu, ayant une vision idéaliste du monde et prenant plaisir à rester paisiblement proche des siens. Les relations avec son frère Ésaü sont conflictuelles. À un moment donné, Ésaü prend la décision de le tuer. Alerté par sa mère, Rébecca, et suivant ses vifs conseils, Jacob décide de quitter le foyer.

De la sorte, Jacob voit son univers familier s’écrouler. Il doit partir vivre loin. Sa mère, Rébecca, ne sera plus là pour le protéger. Le sens de sa vie est totalement bouleversé. Jacob quitte Béer-Shéva pour Haran. Il marche et se retrouve dans le désert. Le soir venu, il s’arrête pour dormir à même le sol.

Béréchit 28:10 à 28:11. Jacob sortit de Béer-Shéva et alla vers Haran…Par la suite, il arriva dans un endroit où il se posa pour passer la nuit car le soleil s’était couché. Il prit une des pierres de l’endroit, la mit en support de sa tête, et se coucha en ce lieu.

[A noter, dans le texte hébreu, une succession de lettres « vav » (ו) signifiant « et » en français. Ce qui traduit un enchaînement hâtif d’actions. Vayétsé (וַיֵּצֵא) = il sortit, vayéleH (וַיֵּלֶךְ) = il alla, vayalen (וַיָּלֶן) = il se posa, vayikaH (וַיִּקַּח) = il prit…etc.]

Donc Jacob fait une pause, s’allonge, s’endort et rêve :

Béréchit 28:12 à 28:13. Alors il fit ce rêve: une échelle se trouvait placée sur la terre, son sommet atteignait les cieux, et des anges, messagers de Dieu, montaient et descendaient le long de cette échelle…Et voici que l’Éternel apparut au-dessus d’elle et dit: « Je suis l’Éternel, le Dieu d’Abraham ton père et d’Isaac; cette terre sur laquelle tu es couché, je vais te la donner à toi et à ta postérité. »

Cette échelle ancrée en terre et allant jusqu’aux cieux est l’image de notre capacité à nous élever, étape après étape. En d’autres termes, elle est l’image de la progression de notre conscience, du plus bas au plus haut et du plus près au plus loin.

« L’échelle de Jacob » représente un développement et une montée spirituelle par échelons. Ainsi, une prière s’élève de la terre vers le ciel, sachant que le but à atteindre est Dieu qui se tient au-dessus de l’échelle.

La pause nocturne de Jacob dans son parcours, est considéré comme l’événement fondateur de la prière du soir, la prière d’Arvit.

Par ailleurs, cette échelle inspire le fond et la forme des offices. Prenons l’exemple de celui du matin. Ce sont d’abord les bénédictions, actes de reconnaissance les plus concrets, puis les pesouké dé-zimra (versets du chant) qui sont une reprise de contact avec le monde extérieur, puis le Chema Israël qui nous rappelle notre rôle dans le monde, et ensuite la Amida, la prière la plus proche des cieux, par laquelle le sens de notre vie est abordé.

Le jour venu, Jacob se réveille en ayant encore son rêve en tête. Il est alors saisi de stupeur, d’effroi, et prend conscience de l’objet de son rêve et de la sacralité du lieu. Il demande la protection divine et demande à Dieu de s’inscrire dans l’alliance. Jacob apprivoise une nouvelle façon de donner un sens à sa vie, qui continuera d’évoluer lors des prochaines étapes.

Béréchit 28: 16 à 28: 17. Jacob se réveilla et s’écria: « en vérité, l’Éternel est en ce lieu et moi je l’ignorais »…Et, saisi de crainte, il ajouta: « Que ce lieu est redoutable! Ce n’est rien d’autre que la maison de Dieu et c’est ici la porte des cieux. »

Cela nous fait penser à l’une des bénédictions du matin.  Nous louons l’Éternel car : « il réveille ceux qui sont somnolents ».

Le rêve de Jacob est révélateur de l’importance de l’interprétation des événements, quelquefois mineurs comme de simples rêves, sur le sens de notre vie. Citons le Talmud BraHot, p.45. Rabbi Ben Aha déclare qu’il a fait un rêve et qu’il a consulté 24 interprétes de rêves à Jérusalem. D’après le Talmud, ces derniers lui ont donné 24 interprétations différentes de son rêve qui se sont toutes réalisées. Rabbi Ben Aha en a tiré cette formule proverbiale : « tous les rêves suivent la bouche », c’est à dire qu’ils suivent l’interprétation qu’on leur donne.

Faire une longue pause pour réfléchir au sens de notre vie

L’exemple de Jacob est-il à suivre totalement ? Devons-nous nécessairement changer le cadre de notre existence pour nous interroger sur le sens de notre vie, pour le faire évoluer, ou tout simplement pour le découvrir ? Ce n’est pas certain.

Retenons d’abord que Jacob a découvert le véritable sens de sa vie en interrompant ses activités, en faisant une longue pause. La démarche de Jacob a été involontaire. Elle a abouti au travers d’un rêve nocturne, mais elle a quand même abouti. Trouver le sens de sa vie, c’est d’abord s’interroger à ce sujet et prendre le temps de réfléchir.

Revenons au point de départ. Que signifie vraiment « le sens d’une vie » ? Le sens de notre vie nous est-il imposé, ou est-ce à nous de le concevoir ? Quelle sont nos parts de liberté et de soumission dans la nature du sens de notre vie ? Vaste question psychique.

Les thèses les plus récentes sont orientées vers la prise de responsabilité du sens de la vie. Référons-nous au professeur de neurologie et de psychiatrie Victor Frankl (1905 – 1997), créateur de la logothérapie.

Victor Frankl, rescapé de la shoah, a constaté avec étonnement, lors de son internement à Auschwitz, que les plus robustes, ceux qui étaient le plus dans l’action, étaient les premiers à mourir, tandis que ceux qui paraissaient les plus faibles résistaient beaucoup plus longtemps. Face à l’insensé, les plus fragiles avaient développé une vie intérieure qui laissait une grande place à l’espoir et au sens.

Ce constat a été le point de départ de l’élaboration de la logothérapie. Celle-ci postule que tout être humain est doté d’une motivation primaire, l’orientant d’instinct vers le sens de sa vie. Comme pour d’autres thérapies centrées sur la personne, c’est au patient/client de découvrir le sens de sa vie. Le thérapeute soutient ce processus en lui proposant différents outils.

Que penserait Jacob, aujourd’hui, de la logothérapie ? Nous-même, aujourd’hui, comme Jacob hier, utilisons les événements de nos vies et les outils d’analyse qui sont à notre disposition pour chercher toujours mieux le sens de notre existence.