PessaH, fondation du peuple juif et questionnement…

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CROIRE OU CHERCHER ?

La croyance n’est pas une spécialité juive.

La croyance est un élément central du christianisme ou de l’islam. Par assimilation, on pourrait penser qu’elle est également un élément central de la troisième religion abrahamique, le judaïsme.

Pourtant, c’est plutôt la contestation qui est fondatrice de la pensée et de la pratique juive. La fête de PessaH qui sera célébrée dans quelques jours est la première des fêtes juives, fondatrice à la fois du calendrier et du peuple.

Le nom de la fête signifie le passage, celui de l’ange de la mort au-dessus des maisons des hébreux, pour leur éviter la dixième plaie, celle de la mortalité des premiers nés. Des hébreux ? Vraiment ? Le fondement serait donc ethnique ? Cette conception commune est fautive. Ce ne sont pas les hébreux qui ont été épargnés, mais les contestataires. Ceux qui étaient prêts à refuser l’idolâtrie génocidaire de la société égyptienne. Ceux qui avaient affichés « mort pour la France » sur les « Affiches Rouges », ceux qui avaient marqué leurs portes avec du sang d’un agneau, sacrifié leur sécurité en niant le caractère sacré une divinité d’Egypte. Tous ceux-là furent épargnés, hébreux ou égyptiens. PessaH est la célébration du « passer outre », dépassement des croyances lorsqu’elles sont mortifères. Du courage de se tourner vers un autre avenir, même s’il nous met dans l’incertitude.

 

DES INTERROGATIONS PLUTÔT QUE DES DÉCLARATIONS DE FOI

 

La fête de PessaH commence par une cérémonie un peu particulière. On y raconte la « hagada », le conte de PessaH. Bien sûr, au fil du temps, ce texte a été mis par écrit, mais uniquement pour soutenir la transmission de son oralité. « Et tu raconteras à ton enfant » est l’injonction centrale mentionnée dans l’Exode (13 :8). Raconter, à titre personnel, et non pas lire. « et tu raconteras à ton enfant ce jour-là, c’est pour tout cela que l’Eternel a agit pour moi lorsque je suis sorti d’Egypte. » Le conte se fait à la première personne, parce qu’il nous implique, parce qu’il nous interroge aujourd’hui. Suis-je vraiment sortie d’Egypte à titre personnel ? Cette affirmation ne renvoit pas à une vérité présupposée en laquelle il faudrait croire, mais en une proposition sur laquelle nous sommes amenés à nos interroger.

 

DES QUESTIONS PLUTÔT QUE DES RÉPONSES

 

Nous voyons que cette affirmation contestable est à l’origine des questionnements pascals. D’autres procédés sont mis en œuvre pour poursuivre ces interrogations.

La hagada parle de quatre enfants différents, posant quatre types de questions. Elle invite ainsi à d’identifier à l’un ou l’autre des enfants, à valider la diversité et la différence, à légitimer toutes sortes de questions. Le sage est légitime, mais le rebelle, le simple, et le silencieux ne le sont pas moins. Nous mentionnons également des sages qui célébraient la fête autour du premier siècle, et passèrent toutes la nuit à étudier le récit. Ainsi, les enfants ne sont pas les seuls à chercher le sens du texte, la question est également la couronne des sages. Le « Ma nichtana », l’un des chants les plus connus de la fête, est récité par le plus jeune enfant. Il signifie : « En quoi cette nuit est-elle différente ? » et les réponses qui y sont citées sont autant de nouvelles interrogations. Les différences, l’absence de pain levé, la consommation d’herbes amères, le trempage de ces herbes dans des liquides, le fait de manger accoudés, nous invitent à chercher des explications, les participants formuleront librement différentes hypothèses. La pratique, ici comme d’une façon générale dans la tradition juive, appelle et accompagne la pensée. Pour garder le dynamisme de cette pensée, de nouveaux gestes ont été introduits, comme l’ajout d’une orange sur le plateau de la fête, ou une coupe d’eau en l’honneur de Myriam la Prophétesse, posée à proximité de la coupe du Prophète Elie. Pourquoi ? Entre autre, pour susciter de nouvelles questions, dont la portée va bien au-delà encore des réponses que nous pourrions évoquer. Plus que la croyance, c’est l’engagement dans la poursuite de notre recherche commune qui cristallise l’identité juive.

 

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