Ouvrez-vous, portes du monde! Séou chéarim à Kipour

Nous aimons joindre le geste à la parole. Lorsque nous ouvrons les portes du Aron hakodech, ארון הקודש, de l’Arche de la Torah, nous joignons à ce geste une parole tonitruante: « Ouvrez-vous, portes du monde! ».

Pendant les seliHot, à Roch hachana, à Yom Kipour, nous concentrons toute notre volonté sur le désir de changement, en nous-mêmes, et pour un monde meilleur. Et nos efforts et nos souhaits se libèrent à quelques moments phares, lorsque nous espérons la réussite de notre travail. Nous souhaitons que  » s’ouvrent les portes ». Le dernier moment concerné est celui de Néila, juste avant que Kipour ne se termine, juste avant que « les portes ne se referment ». Mais tout au long du mois de Eloul et de Tishri, nous chantons avec enthousiasme notre espoir dans le chant « séou chéarim », au moment de la sortie de la Torah, les deux matins de Roch hachana et le matin de Kipour.

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Ecouter sur you tube sur ce lien

Ouvrez-vous, Portes du monde ! Pour que le Roi de Gloire puisse entrer !

On pourrait avancer la théorie que nous sommes tous plus ou moins mégalomanes. Comme le dit l’homme éméché : « Je suis maître de moi comme de l’univers ! ». Nous ne sommes pas maîtres de l’univers, et nous devons même lutter pour être maîtres de nous-mêmes. « Qui est le fort ? -interrogent les chapitres des pères- Celui qui se conquiert lui-même ! ». C’est ce que nous tentons de faire à Kipour : Contenir nos instincts. Le jeûne est l’une des façons de pratiquer cette maitrise et d’affirmer qu’autre chose que notre propre confort peut animer nos actes. Et puisque nous ne sommes pas les maîtres du monde, nous pouvons néanmoins essayer de contribuer à la rendre meilleur. Ainsi, nous clamons : « Qu’entre le Roi de Gloire ! » Pour certains, c’est peut-être Dieu lui-même qui prend sa place parmi nous alors que nous sortons la Torah. Pour d’autres, c’est une invocation à faire entrer en nous-même les plus hautes valeurs, celles qui font notre gloire lorsque nous réussissons à les atteindre. Ouvrez-vous, portes du monde !

Sé’ou Shéarim Rasheikhem

Véhinas’ou Pit-hey Olam

Veyavo Melekh Hakavod

Veyavo Melekh Hakavod

Mi Zé Melekh Hakavod

Mi Zé Melekh Hakavod

Mi Zé Melekh Hakavod

Mi Zé Melekh Hakavod

Mi Zé Melekh Hakavod

Adonay Izouz Veguibor Adonay Guibor

Guibor Milhama

 

Sé’ou Shéarim Rasheikhem

Ousé’ou Pit-hey Olam

Veyavo Melekh Hakavod

Veyavo Melekh Hakavod

Mi Zé Melekh Hakavod

Mi Zé Melekh Hakavod

Mi Zé Melekh Hakavod

Mi Zé Melekh Hakavod

Mi Zé Melekh Hakavod

Mi Hou Zé Melekh Hakavod

AdoNay Tsévaot Hou Mélekh

Hakavod

Hakavod Selah

Hou Mélekh Hakavod

Hou Mélekh Hakavod

Hou Mélekh Hakavod Selah

Hakavod Selah

שְׂאוּ שְׁעָרִים רָאשֵׁיכֶם

וְהִנָּשְׂאוּ, פִּתְחֵי עוֹלָם

וְיָבוֹא מֶלֶךְ הַכָּבוֹד

וְיָבוֹא מֶלֶךְ הַכָּבוֹד

מִי זֶה מֶלֶךְ הַכָּבוֹד

מִי זֶה מֶלֶךְ הַכָּבוֹד

מִי זֶה מֶלֶךְ הַכָּבוֹד

מִי זֶה מֶלֶךְ הַכָּבוֹד

מִי זֶה מֶלֶךְ הַכָּבוֹד

אֲדֹנַי עִזּוּז וְגִבּוֹר אֲדֹנַי

גִּבּוֹר מִלְחָמָה

 

שְׂאוּ שְׁעָרִים רָאשֵׁיכֶם

וּשְׂאוּ, פִּתְחֵי עוֹלָם

וְיָבֹא מֶלֶךְ הַכָּבוֹד

וְיָבֹא מֶלֶךְ הַכָּבוֹד

מִי הוּא זֶה מֶלֶךְ הַכָּבוֹד

מִי הוּא זֶה מֶלֶךְ הַכָּבוֹד

מִי הוּא זֶה מֶלֶךְ הַכָּבוֹד

מִי הוּא זֶה מֶלֶךְ הַכָּבוֹד

מִי הוּא זֶה מֶלֶךְ הַכָּבוֹד

אֲדֹנַי צְבָאוֹת הוּא מֶלֶךְ

הַכָּבוֹד  סֶלָה

הוּא מֶלֶךְ הַכָּבוֹד

הוּא מֶלֶךְ הַכָּבוֹד

הוּא מֶלֶךְ הַכָּבוֹד סֶלָה

הַכָּבוֹד סֶלָה

 

 

Autres liens:

Seu Shearim http://www.zemereshet.co.il/song.asp?id=3704 Séou Shéarim + phonétique

Amida Tishri Amida complète 4p 

Adon Olam http://www.piyut.org.il/tradition/132.html?currPerformance=148 Adon’ Olam, partition originale

El Nora Alila El Nora Alila

Kadich Hassidique 

Fichiers son: cliquez ici Adon Olam: Alto, ténor, basse, soprane et baryton en cliquant sur ce lien

Ainsi que: Amida: Ledor vador, oz béyadéHa, ata véHartanou et sim chalom

 

Qui vivra? – « Who by fire » et ountané tokef

Comment envisager la fragilité de nos vies?  » D’où venons-nous », « où allons-nous », ces questions qui nous dépassent sont détournées dans le judaïsme au profit de questions plus concrètes: entre notre naissance et notre mort, dans le domaine que nous connaissons, que faisons-nous pour vivre vraiment?

Les offices de Roch hachana et de Yom Kipour ainsi que les seliHot nous permettent de donner toute sa puissance à ce questionnement. En ces moments, nous créons un cadre qui nous pousse par tous les moyens à nous confronter à l’essentiel.

La prière « ountané tokef » est un élément important de ce dispositif, en voici le midrach moderne tel qu’il a été écrit et chanté par Léonard Cohen.

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Qui par le feu ? Qui par l’eau ? Qui au grand soleil ? Qui dans la nuit ?
Qui par grand épreuve ? Qui par jugement ? Qui en ton joli, joli mois
de mai ? Qui par lente déchéance ? Et qui appelle, le dirais-je ?

Qui dans sa fuite solitaire ? Qui par les barbituriques ?
Qui dans ces royaumes de l’amour ? Qui par quelque chose d’émoussé ?
Qui par l’avalanche ? Qui par la poudre ? Qui pour son appétit ?
Qui pour sa faim ? Et qui appelle, le dirais-je ?

Qui par courageuse montée ? Qui par accident ? Qui en solitude ?
Qui en ce miroir ? Qui sur l’ordre de son amie ? Qui de sa propre main ?
Qui en des chaînes mortelles ? Qui au pouvoir ? Et qui appelle,
le dirais-je ?

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And who by fire, who by water,
Who in the sunshine, who in the night time,
Who by high ordeal, who by common trial,
Who in your merry merry month of may,
Who by very slow decay,
And who shall I say is calling?And who in her lonely slip, who by barbiturate,
Who in these realms of love, who by something blunt,
And who by avalanche, who by powder,
Who for his greed, who for his hunger,
And who shall I say is calling?And who by brave assent, who by accident,
Who in solitude, who in this mirror,
Who by his lady’s command, who by his own hand,
Who in mortal chains, who in power,
And who shall I say is calling?

Quelques sources pour penser l’amour et la rencontre

Voici quelques sources pour soutenir nos réflexions concernant l’amour…

prénom et une bonne chose (good and new, cocounselling)

1 Bénédiction ahavat olam : rapport de la loi et de l’amour, quelle loi est la plus fondamentale à vos yeux, pour l’humanité ou à titre personnel ? Une loi que vous avez introduite dans votre vie? (en commentaire)

Tu as aimé la maison d’Israël d’un amour éternel, tu nous as enseigné un enseignement (torah) et des commandements, des lois et des jugements.

 אַהֲבַת עוֹלָם בֵּית יִשְׂרָאֵל עַמְּךָ אָהַבְתָּתּוֹרָה וּמִצְוֹת חֻקִּים וּמִשְׁפָּטִים אוֹתָנוּ לִמַּדְתָּ

Un principe fondamental de la rencontre

2 La Torah « sur un pied » (chabbat 31a), enseignement écrit et enseignement oral, faits et interprétations, judo relationnel, l’étranger

« Encore une histoire d’un étranger qui s’est présenté devant Chamaï et lui a dit : « Convertis-moi dans la perspective que tu m’enseignes tout l’enseignement (תורה) dans son entier sur un pied. » Il l’a repoussé avec le niveau de maçon qu’il avait en main.

Il s’est présenté devant Hillel, qui l’a converti. Il lui a dit : « Ce que tu détestes ne le fais pas à ton prochain, voilà, c’est l’enseignement tout entier, le reste c’est un commentaire, lève-toi et va l’apprendre ! »

 שוב מעשה בנכרי אחד שבא לפני שמאי א »ל גיירני ע »מ שתלמדני כל התורה כולה כשאני עומד על רגל אחת דחפו באמת הבנין שבידו בא לפני הלל גייריה אמר לו דעלך סני לחברך לא תעביד זו היא כל התורה כולה ואידך פירושה הוא זיל גמור.

3 Tu aimeras ton prochain comme toi-même (Lévitique 19) http://www.sefarim.fr/

Une chose que j’aime en moi-même

18 Ne te venge ni ne garde rancune aux enfants de ton peuple, mais aime ton prochain comme toi-même: je suis l’Éternel.

ח לֹא-תִקֹּם וְלֹא-תִטֹּר אֶת-בְּנֵי עַמֶּךָ, וְאָהַבְתָּ לְרֵעֲךָ כָּמוֹךָ: אֲנִי, יְהוָה.

contexte:

13 Ne commets point d’extorsion sur ton prochain, point de rapine; que le salaire du journalier ne reste point par devers toi jusqu’au lendemain. 14 N’insulte pas un sourd, et ne place pas d’obstacle sur le chemin d’un aveugle: redoute ton Dieu! Je suis l’Éternel. 15 Ne prévariquez point dans l’exercice de la justice; ne montre ni ménagement au faible, ni faveur au puissant: juge ton semblable avec impartialité. 16 Ne va point colportant le mal parmi les tiens, ne sois pas indifférent au danger de ton prochain: je suis l’Éternel. 17 Ne hais point ton frère en ton cœur: reprends ton prochain, et tu n’assumeras pas de péché à cause de lui. 18 Ne te venge ni ne garde rancune aux enfants de ton peuple, mais aime ton prochain comme toi-même: je suis l’Éternel

33 Si un étranger vient séjourner avec toi, dans votre pays, ne le molestez point. 34 Il sera pour vous comme un de vos compatriotes, l’étranger qui séjourne avec vous, et tu l’aimeras comme toi-même, car vous avez été étrangers dans le pays d’Egypte je suis l’Éternel votre Dieu. 35 Ne commettez pas d’iniquité en fait de jugements, de poids et de mesures.

4 par empathie ou par principe? (Béréchit Rabba 24:7), l’intérêt commun de l’amour de soi-même, d’Autrui, et de « dieu ».

à l’image de l’absolu: voir en l’autre le visage de l’humanité, une minute

Ben Azai dit: «  »voici le livre des engendrements de l’humain » est un grand principe dans l’enseignement. »

Rabbi Akiva dit: «  »Tu aimeras ton prochain comme toi-même », c’est un grand principe dans l’enseignement, pour que tu ne dises pas: « puisque j’ai été méprisé que mon ami soit méprisé comme moi, puisque j’ai été insulté que mon ami soit insulté avec moi. »

Rabbi TanHouma dit:  » Si tu l’as fait, sache qui tu as méprisé, « à l’image de dieu il le créa ».

בן עזאי אומר: זה ספר תולדות אדם, זה כלל גדול בתורה.

ר’ עקיבא אומר: (ויקרא יט) ואהבת לרעך כמוך, זה כלל גדול בתורה, שלא תאמר הואיל ונתבזיתי יתבזה חבירי עמי, הואיל ונתקללתי יתקלל חבירי עמי.

אמר רבי תנחומא: אם עשית כן, דע למי אתה מבזה, בדמות אלהים עשה אותו.

Conclusion:

Une chose que je garde, sur le site

La difficulté d’aimer

Dialogue intérieur: Les personnes que nous avons du mal à aimer les personnes dont les personnages dominants sont les personnages refoulés chez nous : ne pas aimer est un bon indicateur de ce que nous avons à travailler

Co-conseil: Les personnes qui suscitent en nous des sentiments extrêmes sont celles qui nous renvoient à des traumatismes antérieurs sur lesquels nous pouvons travailler en session. Il est important de réindentifier la personne pour ce qu’elle est et de la séparer des sentiments que nous lui apposons, ID check.

L’autre est « une aide face à nous », pour nous soutenir ou pour nous remettre en question.

Aimer l’autre dans son droit à l’altérité

John Heron: Aimer c’est vouloir contribuer à ce que l’autre avance pour devenir ce qu’il veut être

Marshall Rosenberg: Aimer c’est quand donner et recevoir sont équivalent (ce n’est pas une citation, c’est ce que je comprends de son approche et de la chanson de Ruth Bebermeyer)

Bonus: Thérapie radicale de Claude Steiner: dix commandements à méditer:

THE TEN COMMANDMENTS OF EMOTIONAL LITERACY

(http://emotional-literacy-training.com/wp-content/uploads/2015/09/Steiner-Emotional-Literacy.pdf)

Place love at the center of your emotional life. Heart-centered emotional intelligence empowers everyone it touches.
Love yourself, others and truth in equal parts. Never sacrifice one to the other.
Stand up for how you feel and what you want. If you don’t, it is not likely that anyone else will.
Respect the ideas, feelings and wishes of others as much as you do your own.Respecting ideas does not mean that you have to submit to them.
Emotional Literacy requires that you not lie by omission or commission. Except where your safety or the safety of others is concerned, do not lie.
Emotional Literacy requires that you do not power play others. Gently but firmly ask instead for what you want until you are satisfied.
Do not allow yourself to be power played. Gently but firmly refuse to do anything you are not willing to do of your own free will.
Apologize and make amends for your mistakes. Nothing will make you grow faster.
Do not accept false apologies. They are worth less than no apologies at all.
Follow these commandments according to your best judgment. After all, they are not written in stone.

Partizanlied – accompagner les moments difficiles (Hirsch Glick)

Vivre est en soi un héroïsme. Tant de peurs, de difficultés, de préjugés, de nœuds émotionnels et organisationnels à dépasser et à dénouer. Une fois par an, pendant les fêtes de Tichri, à travers les seliHot, Roch hachana, Yom kipour, nous faisons se travail en nous appuyant sur la tradition, sur le collectif, sur tous les éléments qui peuvent nous soutenir. Car si nous n’influons pas le cours de nos vies à Roch hachana, quand le ferons-nous? Quel moment est plus propice?

Pour cela, la courage et l’espoir sont essentiels. Le chant des partisans juifs est une inspiration que je vous invite à partager. La dignité de ceux qui se sont battus nous interpelle et nous donne la force de faire plus que notre mieux, pour nous mêmes, pour nos proches, et pour ceux que nous ne connaissons pas.

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La traduction de Charles Dobzynski, « Le miroir d’un peuple, anthologie de la poésie yiddish »

Nous sommes là, chant du ghetto de Varsovie

Ne dis jamais que tu vas de ton dernier pas,
Quand les jours bleus sont écrasés sous un ciel bas,
L’heure viendra, que nous avons tant espérée,
Frappant le sol, nos pas diront: Nous sommes là!

Des palmiers verts jusqu’aus lointains pays neigeux,
Nous sommes là! Le coeur en peine et douloureux,
Où notre sang, goutte après goutte, fut semé,
Notre courage et notre force vont germer.

Soleil futur tu embellis le jour présent,
Hier est l’ombre où disparaîtront nos tyrans,
Si le soleil se perd avant le jour levant,
Tel un appel d’âge en âge soit notre chant.

Il fut écrit, ce chant, par le sang, par le feu,
Ce n’est pas le chant d’un oiseau dans le ciel bleu,
Quand tout brûlait, parmi les murs qui s’écroulaient,
Fusil en main mon peuple a chanté ces couplets.

Ne dis jamais que tu vas de ton dernier pas,
QUand les jours bleus sont écrasés sous un ciel bas,
L’heure viendra que nous avons tant espérée,
Frappant le sol nos pas diront: Nous sommes là!

(Hirsh Glik: Né à Wilno (Lituanie) en 1922, mort au combat en Estonie pendant l’été 1944. Sous l’influence de son voisin, Leiser Wolf, se mit à écrire en yiddish en 1936. Publia en 1939 la revue éphémère Jeune Forêt, organe du groupe littéraire du même nom. Ses poèmes acquirent une immense popularité dans le ghetto de Wilno et le plus fameux d’entre eux « Ne dis jamais… » devint l’hymne de l’organe de protestation armée de la résistance juive dans les ghettos de Wilno, et de Varsovie. Il fut traduit dans toutes les langues et inspira des oeuvres de Markish et de Sutzkever.) Oeuvres: Chants et Poèmes, New York, 1953)

Lien vers différentes versions musicales bien faites ici.

Zog nit keynmol az du
gayst dem
letzten veg,
Ven himlen blayene farshteln bloye
teg;
Vayl kumen vet noch undzer
oysgebenkte shuh,
Es vet a poyk tun undzer trot – mir
zaynen do!

Fun grinem palmenland biz land fun
vaysen shney,
Mir kumen un mit undzer payn, mit
undzer vey;
Un voo gefalen iz a shpritz fun
undzer blut,
Shpritzen vet dort undzer gvure,
undzer mut.

Es vet di morgenzun bagilden undz
dem haynt,
Un der nechten vet farshvinden mitn
faynt;
Nor oyb farzamen vet di zun in dem
ka-yor,
Vi a parol zol geyn dos leed fun
door tzu door.

Geshriben iz dos leed mit blut
und nit mit bly,
S’iz nit keyn leedl fun a foygel
oyf der fry;
Dos hut a folk tzvishen falendi-ke
vent,
Dos leed gezungen mit naganes in di
hent.

Zog nit keyn mol az du gayst dem
letzten veg,
Ven himlen blayene farshteln bloye
teg;
Kumen vet noch undzer oysgebenkte
shuh,
Es vet a poyk tun undzer trot — mir
zaynen do!

Traduction parfois utilisée en Belgique:

Le chant des partisans juifs, Hirsch Glick et Dmitry Pokrass

Ne dis jamais que c’est ton dernier chemin
Quand les jours bleus sont écrasés sous un ciel bas
L’heure que nous avons tant espérée
Frappant le sol nos pas diront: « Nous sommes là! »

Des palmiers verts jusqu’aux pays blancs neigeux
Nous arrivons avec notre peine et notre douleur
et là où est tombé notre sang
là se manifestera notre courage et notre force

L’aube à venir embellira notre présent
Et nos tyrans disparaîtront dans les ténèbres
Si le soleil se perd avant l’aube
Puisse notre chant tel un appel se transmettre de génération en génération

Ce chant a été écrit avec du sang pas avec du plomb
Ce n’est pas le chant d’un oiseau libre
Il a été écrit par un peuple parmi les murs qui s’écroulaient
Cet appel chanté par mon peuple, le fusil à la main

Ne dis jamais que c’est ton dernier chemin
Quand les jours bleus sont écrasés sous un ciel bas
L’heure que nous avons tant espérée
Frappant le sol nos pas diront: « Nous sommes là! »

http://www.lastfm.fr/music/Cipe+Lincovsky/_/Sog+nit+kejnmol+(Partisaner+Lied)+Partizan+1961

Une version en hébreu, intéressante musicalement: http://www.zemer.co.il/song.asp?id=162

http://www.youtube.com/watch?v=x9UPgdOeBnM&feature=related

http://www.youtube.com/watch?v=-wgYnYSg3Zs&feature=related

Une interview de celle qui a composé la musique du chant des partisans français (le sujet est un peu éloigné, mais cette archive INA est intéressante): http://www.ina.fr/art-et-culture/musique/video/CAC00034282/anna-marly-et-le-chant-des-partisans.fr.html

http://www.ina.fr/video/AFE00001971/le-chant-des-partisans.fr.html

Un site bien fait, avec texte et partitions mais, me dit-on, quelques imprécisions:

http://www.diasporim-zinger.com/index.php?chorale=musiques&musique=Zog+nisht+kein+mol+::+MP3,+partitions+et+paroles&partitions=instrumental/zog/

Strophes pour se souvenir (Aragon)

Lorsque nous faisons le bilan du monde, nous pouvons nous appuyer sur la force de ceux qui l’aiment si fort qu’ils sont prêts à tout pour garder leur dignité.
Au cours des « fêtes solennelles », des yamim noraim, ימים נטוראים, nous faisons le bilan de nos vies et recherchons ce qui fait leur valeur. Sommes-nous au meilleur de nous-mêmes, de notre capacité à augmenter la solidarité et la paix dans le monde, très largement, et plus particulièrement autour de nous?
Raconter les actes d’héroïsme de nos grands maîtres nous encourage au militantisme. Loin dans le passé, mais également à une période récente, il y a eu des justes, des héros, juifs ou non, dont la capacité de ne pas renoncer à leur dignité et à leur amour pour le monde nous inspire.
Parmi les textes non juifs qui nous accompagnent dans cette quête, le texte « Strophes pour se souvenir » d’Aragon, est un incroyable chant d’espoir, que nous lisons à plusieurs moments de la liturgie de Kipour.

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Strophes pour se souvenir
Louis Aragon

Vous n´aviez réclamé la gloire, ni les larmes
Ni l´orgue, ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà, que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servis simplement de vos ames
La mort n´éblouit pas les yeux des Partisans

Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit, hirsutes, menaçants
L´affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu´à prononcer, vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants

Nul ne semblait vous voir Français de préférence
Les gens allaient, sans yeux pour vous, le jour durant
Mais à l´heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents

Tout avait la couleur uniforme du givre
A la fin février pour vos derniers moments
Et c´est alors que l´un de vous dit calmement
Bonheur à tous ! Bonheur à ceux qui vont survivre !
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand !

Adieu la peine et le plaisir, Adieu les roses
Adieu la vie, adieu la lumière et le vent
Marie-toi, sois heureuse, et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erivan

Un grand soleil d´hiver éclaire la colline
Que la nature est belle, et que le cœur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants !
Ma Mélinée, ô mon amour, mon orpheline
Et je te dis de vivre et d´avoir un enfant

Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient le cœur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s´abattant

http://fr.wikipedia.org/wiki/Affiche_rouge

http://www.youtube.com/watch?v=fXLKTjcgJVE – témoignage d’un résitant

http://www.youtube.com/watch?v=6HLB_EVtJK4&feature=related – entendre l’affiche rouge, Léo Ferré

Défendre la liberté de conscience en Israël

Pour ceux qui sont attachés à la liberté religieuse en Israël, je vous invite à lire le texte suivant et à compléter le formulaire accessible sur ce lien , et à partager avec ceux qui défendent ces mêmes valeurs, la liberté religieuse, le respect de chacun indépendamment de sa religion etc…

שבת שלום

Traduction personnelle du texte:

« A chaque mariage juif, sept bénédictions sont récitées souhaitant au couple la réussite dans la construction d’une vie et d’une maison juive ensemble. La dernière de ces bénédictions inclut l’espoir que le couple bénéficie d’une vie d’amour, de compagnonnage, de paix et d’amitié.

« Nous à « Ruach Hiddush », « Esprit de renouveau », une organisation de plus de 350 Rabbins et Hazanim de toute dénominations et ceux qui partagent nos préoccupations, nous nous interrogeons sur le rôle de l’amour, du compagnonnage, de la paix, de l’amitié dans les questions relatives aux mariages dans l’Etat d’Israël qui nous est cher.

« Nous, qui nous tenons avec Ruach Hiddush, ainsi que tous nos membres, nous sommes particulièrement concernés à propos de la récente détention et de l’interrogatoire du Rabbin Dov Haiyun, un rabbin Conservative-Massorti, pour avoir transgressé la loi qui interdit la célébration d’un mariage en dehors de la supervision du Grand Rabbinat.

« Nous sommes choqués que le Rabbin Haiyun ait été pris pour cible pour la violation de cette loi alors qu’il est avéré que de nombreux rabbins orthodoxes israéliens ont célébré des mariages en dehors des cercles du Grand Rabbinat sans que cette loi ne leur soit appliquée.

« La loi elle-même apparaît comme contraire à la Déclaration d’Indépendance de l’Etat d’Israël qui garantit que les citoyens israéliens sont investis d’une « … complète égalité de droits sociaux et politiques pour tout ses habitants indépendamment de leur religion, leur ethnie, leur genre; il garantira la liberté de religion, de conscience, de langage, d’éducation et de culture ». Effectivement, dans un sondage de 2017 de Hiddush, des israéliens juifs et arabes, qui ne peuvent actuellement être mariés que par leurs autorités religieuses respectives, ont été interrogés sur leur accord avec la déclaration: « Tous les résidents d’Israël ont le droit d’être mariés en Israël, avec la personne de leur choix, de la façon qui leur convient et en accord avec ses croyances. » La majorité des israéliens juifs et arabes ont répondu par l’affirmative.

La nouvelle réalité créée par la détention du Rabbin Haiyun et son interrogatoire nous inquiète énormément car nous aimons et soutenons Israël et nous croyons que la détention et l’interrogatoire du Rabbin Haiyun sont contraires à la Déclaration d’Indépendance sur laquelle l’Etat d’Israël moderne a été créé.

Nous sommes également très inquiets de l’effet négatif de l’inégalité et la coercition religieuse, qui éloignent d’Israël de nombreux israéliens et de nombreux juifs de diaspora.

En considération de tout cela, nous signons la protestation ci-dessous contre la façon dont a été traité le Rabbin Haiyun et contre la coercition religieuse en Israël; qu’autorise un Etat qui soutient une vision unique du judaïsme, contrôlée principalement par le Grand Rabbinat et ses soutiens Harédim.

http://rrfei.org/petitions/protest-letter-against-treatment-of-rabbi-haiyun/

Le sens au prix de la souffrance ? (Edmond Fleg)

Edmond Fleg est un grand personnage de la pensée juive. Ses recueils de poèmes, « Ecoute Israël », « L’Eternel est notre Dieu », « L’Eternel est un », sont une interprétation profonde des grands événements de la Bible.
La ligature d’Isaac, son « non-sacrifice », est l’un des épisodes les plus complexes de la Torah, au centre de la fête de Roch Hachaha.
Comment comprendre cette soi-disant « demande » de Dieu, et alors que nous soulignons comme le fait le midrach la leçon de « non-sacrifice », la question de cette demande inacceptable reste puissante.
Chaque année, le deuxième matin de Roch hachana, nous relisons l’histoire et la commentons à nouveau à la synagogue pour en tirer des conclusions qu’il serait difficile de retranscrire ici en quelques mots.
Le courage retracé dans ce poème nous rappelle également ce que les achkénazes appellent « martyrologie », ces passages qui retracent les actes de dignité de nos sages au cours des pogroms, qui sont traditionnellement lus pendant la journée de Kipour.
Il convient néanmoins de partager la « vision d’Isaac », d’Edmond Fleg, la « vision d’Edmond Fleg » concernant cet épisode. Serions-nous prêts à renoncer au confort et à l’innocence au profit de la douleur de la lucidité? Telle est la question que se posent les philosophes, telle est la question que soulève Edmond Fleg à travers ce magnifique – et difficile – poème. Il ne répond pas à toutes les questions, mais il sait les ouvrir, il nous touche.

 

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Isaac bénit Jacob, ses fils et leur semence,
Puis se tourna vers le mur, en silence;
Et faible sur sa couche, aveugle et sourd.
Ayant connu pour Dieu des maux très lourds,
II attendit la mort, rassasié de jours.

Or, l’Ange d’Élohim vint, à l’heure dernière,
Toucher sa tempe et sa paupière,
Et, rendue un instant à ses forces premières,
Son âme retrouva les sons et la lumière.
Et le mur s’entrouvrit, plein d’esprits et de cris ;

Et le Père mourant vit tous ceux de sa race,
Dispersés et meurtris dans le temps et l’espace.
Et sur les bords des mers et sur les fleuves clairs
Sur les monts et les plaines et les villes lointaines,

Et tout le long des ans sur les jours ondoyants,
et tout le long des âges, sur les siècles sauvages
Le Père se penchait, — pour écouter
La plainte qui montait de sa postérité :

« Isaac ! Isaac ! Pourquoi nous as-tu mis au monde ?
Nous allons, sans abri ;
Nous n’avons point de part à la terre féconde,
Et sur le sol natal nous sommes des proscrits.
Le faible nous insulte, le poltron nous brave,
L’enfant siffle contre nous ;
Et nous avons pris des âmes d’esclaves,
à force d’user nos genoux.
Au long des chemins nous cherchons des frères ;
Mais nos cœurs, en lambeaux,
Dans la nuit sans fin n’ont d’autres lumières
Que les bûchers en flamme et l’éclair
des couteaux.
Et nous levons au ciel nos mains épouvantées,
Sans qu’une main d’en haut nous vienne secourir ;
Et sans vivre les joies que d’autres ont chantées,
Nous tombons au sépulcre avant que de mourir. »

Ainsi montait la plainte, sans trêve.
Et le Père gémit dans la voix de son rêve :

« Tu leur avais promis, Seigneur, après ma mort,
Un pays de palmiers où coule l’huile d’or.
L’ont-ils déjà perdu ? Le cherchent-ils encore ?
Comme ils ont dû pécher, pour mériter leur sort.
Lorsqu’au mont Morïah, victime volontaire,
Sous l’angoisse plié,
J’offrais ma gorge au couteau de mon père,
Par ton ange, Élohim, mon corps fut délié;
Mais regarde mes fils ! A quoi bon ta clémence,
S’il faut que mon supplice, après moi, recommence? »

Alors Dieu dit au moribond:

« Isaac, si pour tes fils ta douleur le demande,
Je puis, t’épargnant l’épreuve trop grande,
choisir une autre chair pour y marquer mon Nom,
Et tes enfants seront ce que les heureux sont.
Ils posséderont un coin de la terre,
Et d’autres marcheront exilés du soleil;
Ils se rassasieront au froment salutaire,
Et d’autres souffriront le jeûne sans sommeil.
Ils ne seront point mangés par l’épée,
D’autres nourriront la flamme et le fer ;
Ils auront l’âme claire, au feu d’orgueil trempée,
D’autres paraîtront vils à l’univers.
Ils ne connaîtront rien des tristesses profondes
Qui les pouvaient rendre immortels,
Mais d’autres feront sonner au monde,
La voix de l’Éternel! »

Ainsi tonnait dans l’étendue
La parole du Dieu fort.
Mais, montrant ses fils de sa main tendue,
Isaac supplia dans la mort :

« Élohim! Élohim! ne change pas leur sort!
Qu’ils vivent, s’il le faut, condamnés au servage ;
Qu’ils errent en sanglots par les lieux et les âges,
Mais qu’ils te louent, Dieu juste, et qu’ils voient ton visage! »
Et Dieu ferma les yeux du Père des souffrants,
Et Jacob mit ses os dans la tombe, en pleurant. »