A la mémoire de Danièle…

Rappelez-vous… La semaine dernière, nous étions réunis, présents en réel ou de façon virtuelle, pour rendre hommage à Danièle Hoffman-Rispal. En disant « nous », je souhaite inclure également ceux et celles – et ils sont nombreux – qui n’ont pas pu être présents en raison des mesures de sécurité prescrites en ce temps de confinement. Elle était une femme de rassemblement, une femme sans renoncement, qui tenait également à son identité militante et à son identité juive. L’identité juive était pour elle une identité de la yiddishkeit, de l’amour de la gauche israélienne, de l’attachement aux valeurs du judaïsme. Elle avait trouvé dans notre synagogue un lieu de paix et d’accueil de toutes ces valeurs.

Nous avons commencé la cérémonie par quelques mots, à la porte du cimetière côté Gambetta, quelques mots d’ouverture pour rappeler ce qui nous réunissait : notre conviction qu’il était essentiel de rendre hommage aux valeurs de Danièle, et à l’œuvre qu’a été sa vie. J’ai tenu à souligner, que si « dieu » existe, cela ne regarde que lui – ou elle -, et que si certain.e d’entre-nous croient en « dieu », quoi que cela puisse signifier, cela les regarde personnellement, mais que notre présence ici attestait avant tout de notre respect et de notre amour pour Danièle.

J’ai souligné combien le fait d’enterrer nos proches était significatif de l’humain, d’une façon universelle, et quelles que soient les pratiques adoptées, car cet hommage rend compte de l’évolution de nos esprits et de notre capacité de développer cette culture qui fait de nous des humains libres et non réduits à leur nature.

Le fait de marquer la séparation est universel, toutes les façons de procéder sont légitimes, et pourtant, il faut bien en choisir une. Danièle me présentait dans les réunions comme « son rabbin ». Cela n’avait, évidemment, rien de religieux, mais je crois profondément que cela signifiait qu’elle se sentait accueillie, acceptée pleinement. Sa culture était avant tout en français, ainsi que le soulignait Gérard, mais elle aimait rester à la synagogue et était attachée à l’hébreu comme au yiddish.

Après être remontés dans les voitures, nous avons fait quelques pas derrière le cercueil, marche accompagnée par le chant des partisans en Yiddish, nous nous sommes installés en cercle autour du cercueil. J’ai alors évoqué quelques éléments des textes traditionnels qui faisaient échos aux engagements de Danièle, en particulier dans le psaume 90 sa recherche de « jours de satisfactions aussi longs que les jours de douleurs », dans le psaume 15 son « ardeur à faire le bien » et son engagement permanent à « marcher dans l’intégrité, pratiquer la justice et dire la vérité dans son cœur » ainsi qu’à « honorer son serment » dans sa grande fidélité aux idées qu’elle défendait autant qu’aux personnes qu’elle aimait. Nous avons également évoqué un extrait du chapitre 19 du Lévitique qui met en avant les valeurs de justice, de liberté, de solidarité, et de franchise, ainsi que la défense de l’étranger, et l’importance de l’égalité dans le respect à tous, qui lui tenaient tant à cœur.

Quelques participants ont partagé des éléments importants de sa vie, et j’ai pu rappeler également quelques éléments de son enfance et de son engagement, son idéalisme, son grand militantisme, son espérance sans faille, sa capacité à s’élever aux niveaux politiques les plus hauts pour obtenir les moyens de mener les actions qui lui tenaient à cœur, son approche simple et naturelle de la vie et des personnes, son activité intense, sa grande réactivité, sa proximité avec tous ses amis sincères et nombreux et avec les personnes de sa circonscription qu’elle connaissait comme sa poche, ses luttes pour les droits des femmes et contre l’antisémitisme. Nous avons dit un mot de ce monument de tendresse qu’a été sa rencontre avec son époux et leur vie commune. J’ai pu souligner la cohérence de son engagement, sa recherche de liaison entre les deux axes qui portaient ses valeurs : son engagement politique et son expérience du judaïsme, tous deux en synergie autour des valeurs qui lui tenaient à cœur, rassemblée à travers la création de l’association « socialisme et judaïsme » par exemple, ou encore sa proximité avec Shimon Perez du parti travailliste israélien et sa grande joie d’avoir été Présidente d’honneur de la Maison Rabin.

Le maître de cérémonie a invité ceux qui le désiraient à se recueillir un moment.

Nous avons conclu avec le Kadich, mais une chose encore semblait manquer : le chant des partisans, en français cette fois, que nous avons entonnés en nous soutenant mutuellement, dans une union des voix et des mémoires. Que sa mémoire soit, et surtout reste, une bénédiction présente dans nos vies, et que dans la continuité de son action et de ses valeurs, nous puissions continuer à être pour elle « yad véchem », une main qui agit et une mémoire qui rappelle son nom.

Ce soir, un office de 1er mai avec les Marx Sisters (chants yiddish)…

Ainsi que L’Association des Juifs de Toulouse, nos bné mitsva, des familles, etc…

Passons ensemble ce moment touchant et fort qui conjuguera l’accueil du chabbat, le rassemblement avec des familles, une nomination, des bné mitsva, le yiddish et une réflexion sur le travail et le tikoun olam….

La diffusion s’effectuera également, en live et en simultané, sur notre chaine YouTube et sur notre site internet judaismeenmouvement.org où vous trouverez nos siddourim en téléchargement. 

et la version « Psaume 96 sur la mélodie de Mir Leben Eiwig » sur ce lien

 

et la version « LéHa Dodi sur l’air de tumbalalayka » sur ce lien.

Mir leben Eiwig

Mir leben ewig es brent a velt – die Welt brennt mir lebn eybik, on a groshn gelt – ohne einen Groschen Geld un oyf tzepikenish di ale sonim – und um zu zerpicken = zum Trotz aller Feinde vos viln undz farshvartzn unser ponem – die uns unser Gesicht schwarz machen wollen = die uns uns das Leben unerträglich machen wollen. Mir lebn eybik, mir zeynen do! – wir sind (noch) da! Mir lebn eybik, in yeder sho – zu jeder Stunde. Mir veln lebn un derleben – wir wollen leben und erleben, shlekhte tzaytn iberlebn – schlechte Zeiten überleben, mir lebn eybik, mir zeynen do!

Tumbalalaya

Shteyt a bokher, un er trakht     Il y avait un gars, et il pensait    

Trakht un trakht a gantse nakht                Pensait et pensait toute la nuit,               

Vemen tzu nemen un nisht farshemen Qui choisir sans offenser

Vemen tzu nemen un nisht farshemen Qui choisir sans offenser             

Tumbala, Tumbala, Tumbalalayka            Tumbala, Tumbala, Tumbalalaïka            

Tumbalalayka, shpil balalaika     Tumbalalaïka, joue balalaika

Tumbalalayka, freylekh zol zayn                Tumbalalaïka, soyons heureux!          

Meydl, meydl, kh’vil bay dir fregn,           Jeune fille, jeune fille, je veux te demander        

os ken vaksn, vaksn on regn?     Qu’est-ce qui peut pousser, pousser sans pluie?

Vos ken brenen un nit oyfhern?               Qu’est-ce qui peut brûler sans fin?

Vos ken benken, veynen on trern?          Qu’est-ce qui peut languir, pleurer sans larme?               

 

Narisher bokher, vos darfstu fregn?        Gros bêta, qu’as-tu à demander?            

A shteyn ken vaksn, vaksn on regn.         Une pierre peut pousser, pousser sans pluie,

Libe ken brenen un nit oyfhern.               L’amour peut brûler sans fin      

A harts ken benken, veynen on trern.    Un cœur peut languir, pleurer sans larme

Rappel de noms: Denise Benichou, Hughette Diener, Simone Rein, Yvette Assouline Esther benarock, michel sacksik, henri weber, Alain Cohen Jacqueline Cohen   Litka Fass  Jacques Jerozolimski   Rebecca Rubens     Jean Cohen     Dolly Assouline       Roger Hagiage   Didier SEROR  Madame Suzanne KLETZ-SIMANTOV   Huguette Diener née Benabou     Claude Gérard BLUM   Daniel CLETZ   Naomi GANI   Gilbert GUEZ     Albert HANDSHUH    Laure JABLON   Miriam JUNGFER née OIFFER   Théo KLEIN    Henri. KERSEN   David. KESSLER      Jeanine LÉVY née BUMSEL   Jean MARCOVICI  Jacob NAÏM  Josette SOLAL née LASRY   Vladimir SOSKIN    David  YACOUBOVITCH   nathan spira  edouard taieb  arlette scemama   Esther Benaroq