« Faire bloc »: la manière juive

Depuis vendredi, l’expression « faire bloc » devient récurrente, aux côtés des métaphores militaires qui appellent à la « guerre ».

« Faire bloc » comporte le risque de la triste ambition du mythe de la tour de Babel, née de la pensée totalitarisme.

Depuis 2000 ans, la « guerre » du judaïsme est investie dans l’étude, et notre façon de « faire bloc » se révèle dans la discussion sans autoritarisme.

Cette méthode nous a relativement bien réussi, la culture juive poursuit son développement en dépit de tout. Que ce soit la Torah (Pentateuque) (au milieu de l’image), le Talmud (à gauche), ou les textes juridiques ( en haut à droite ), la mise en page de nos textes exprime clairement notre refus de la pensée unique, et notre ferme croyance dans le caractère essentiel de la pensée, de la culture, de l’éducation, et du respect des opinions de tous. Autour d’un texte central, lui-même souvent auto-critique, des commentaires de toutes époques se répondent, se contestent, s’enrichissent.

A méditer lorsqu’on voit le jeu de surenchère réactionnaire suite à l’assassinat de Samuel Paty.

La « guerre » qui lui a couté la vie était celle de l’éducation à la pensée libre.

Que son souvenir soit une bénédiction pour ses proches.
Que les valeurs pour lesquelles il œuvrait, la culture, l’éducation et le dialogue soient protégés, nourris et florissants.
Que celles et ceux qui y contribuent envers et contre tout, soient renforcés dans leurs entreprises.

Il y a du boulot…