L’appel: Hanouka – Hareng, Messie et liberté!

Dernier article paru dans le magazine l’Appel, d’actualité en cette période de préparatifs pour la fête! Le cours sur Hanouka de ce dimanche 11h05 à Ganénou est maintenu, il sera suivi d’un allumage des bougies avec les enfants du Talmud Torah. Apportez vos Hanoukiot!

HANOUKA, Rallumer la flamme perpétuelle, Hareng, messies et liberté !

L’humble miracle de l’huile magique

A Hanouka, nous allumons de jolies bougies pendant huit jours, en chantant des chansons, en mangeant des beignets, et nous racontons l’histoire merveilleuse d’une lampe à huile dont la lumière a brillé miraculeusement huit fois plus longtemps que prévu.

La fête des lumières juives coïncide avec la période de Noël et partage avec elle la mise en place de sources lumineuses au plein cœur de l’hiver, ainsi que la thématique de l’espoir.

Le miracle-miraculeux est au cœur des deux fêtes, de façons très différentes. Alors que le christianisme célèbre la naissance merveilleuse d’un Dieu Sauveur, la tradition juive s’émerveille de la survivance d’une petite flamme.

Une blague juive mentionne que, voulant récompenser ses soldats les plus vaillants, Napoléon leur proposa de réaliser l’un de leurs vœux. Le russe demanda un fief, le français demanda de devenir Général, le juif demanda… un hareng ! « Pourquoi un hareng, tu laisses passer ta chance ! », s’écrièrent ses compagnons. « Moi, au moins, j’ai une petite chance que mon vœu se réalise », répondit le soldat juif.

Quel scepticisme ! Le judaïsme est-il donc dépourvu d’ambition, se contentant d’« huile magique » de Hanouka – ou de harengs ?

Un messie-résistant

La petite flamme dont il est question a son importance, puisqu’il s’agit de celle de la Ménorah, symbole du fonctionnement d’un Temple à peine reconquis. Le premier miracle de Hanouka, c’est justement cette reconquête, un miracle humain, celui de la résistance à l’oppression, de la défense des Libertés. Le livre des Maccabées, qui appartient au corpus biblique chrétien, décrit les décrets d’Antiochus : la désacralisation du Temple et l’interdiction d’y porter des offrandes, l’obligation de transgresser le Chabat, les fêtes et les règles d’alimentation cacher, l’interdiction de la circoncision et de l’étude de la Torah.  La victoire de guérilla de Juda Maccabée en -164 a permis d’inaugurer le Deuxième Temple – telle est la raison du nom de la fête, Hanouka signifie « inauguration » – et de mettre fin à ces décrets.

Juda est donc un héros-sauveur, une figure politique de liberté défendant son peuple, comme les rois oints de l’Israël antique. Le mot « messie » en français vient de l’hébreu « machiaH » qui signifie « onction », et renvoie à l’acte accompli par les Prophètes à l’égard des Rois pour les introniser.

Le « messie juif » est en ce sens une figure plutôt concrète, matérielle, politique et militaire, l’image héroïque de Juda s’inscrit bien dans cette veine. Le « messie chrétien » est différent, peut-être plus transcendant, plus poétique ou plus spirituel, il inspirera certains renouveaux messianiques juifs au cours de l’Histoire, jusqu’au messianisme Loubavitch contemporain. Au premier siècle, le miracle de la fiole d’huile raconté par le MasseHet Taanit ajoute une touche symbolique, chaleureuse et pacifique au miracle dramatique de la victoire armée.

De quoi serons-nous partisans ?

La question qui se cache derrière cette « concurrence des miracles » est celle de nos valeurs. Que considérons-nous comme un miracle ? Une flamme qui ne vacille pas ou la résistance aux oppressions ? Les deux peut-être ? L’huile de la ménorah ne s’est pas tarie. Le buisson ardent de Moïse brûlait sans se consumer. Les bougies fixées dans nos Hanoukiot domestiques ne s’éteignent jamais vraiment, renaissant plus nombreuses chaque soir, ressuscitant d’année en année. Les générations s’écoulent, mais l’étude juive ne s’épuise jamais. « Si [un ami] tombe, un ami sort de l’ombre à [s]a place » (Chant des Partisans), « Ne dis pas que tu marches sur ton dernier chemin, même lorsque les nuages noirs cachent le soleil, car l’heure que nous attendons viendra, et le rythme de nos pas dit  » Nous sommes là ! » » (Chant des Partisans Juifs). L’allumage des bougies de Hanouka au cœur de l’hiver nous dit : « Allume toi-même la lumière que tu veux voir surgir » et le récit de l’histoire de la fête nous dit : « Lève-toi pour protéger ta liberté ! ». Le temps passé à déguster les beignets traditionnels (ou des harengs), éclairés par ces petites flammes, nous encourage à réfléchir au sens ce ces mots pour nous aujourd’hui, en pensée, et en actes.

Floriane CHINSKY, Docteure en Sociologie du Droit, Rabbin du Judaïsme En Mouvement

 

L’office du samedi matin est-il vraiment religieux ? Retour vers le futur dimanche matin 11h à Nation

Ce livre s’intitule: « Le « dieu » auquel je crois », on pourrait ajouter « ou pas ».

L’office du samedi matin nous réunit autour de chants et de lectures, de chorégraphies et de réflexions. Que nos enfants préparent leur Bar ou Bat Mitsva, que nous soyons fidèles d’une synagogue ou passants occasionnels, croyants ou non, nous pouvons nous interroger sur la nature de ce moment de rassemblement.

Que signifie-t-il? Est-il « religieux »? Que serait-il d’autre? S’il n’est pas religieux, quel est le sens des « prières que nous adressons au créateur »? Quel serait sa signification sociale, familiale ou psychologique?

Pour étudier ces questions, nous évoquerons les éléments principaux de l’office, leur histoire, leur contenu, et leur chorégraphie.

Nous évoquerons entre autre les diverses définitions de la prière données par Wikipédia disponibles ici ainsi que la vision de Yeshayahou Leibowitz, à méditer:

Yeshayahou Leibowitz in « The God I believe in »
J : Avodat hachem est-il dirigé vers un être spécifique ? Ou est-il dirigé vers une idée ? Ou avodat hachem est-il un symbole de révérence envers la vie comme le dit Schweitzer ?
L : Non, c’est une partie du kabalat ol malchout chamaim veol hamitsvot.
J : Il s’agit d’une soumission ou non ?
L : C’est de l’acceptation. C’est également une décision libre.
J : La décision de la pensée d’accepter ol mitsvot ne se rattache-t-elle pas d’une certaine façon à un être suprême, Dieu, auquel on se soumet ?
L : Tel est le sens de la croyance en Dieu ! Ou bien alors croyez-vous en un genre de vieux bonhomme dans les cieux qui tire les ficelles du monde ?
J : Pour beaucoup de gens c’est exactement ce qu’est leur croyance en Dieu, un pouvoir supérieur là-haut dans le ciel qui agit comme un tyran. Non, je ne peux pas croire cela.
L : Ce n’est pas du tout une croyance religieuse !
J : C’est de la mythologie, du paganisme.
L : Oui, c’est cela le paganisme, avoda zara. La croyance, c’est une obligation.
J : Comment est-elle inspirée ?
L : Il n’y a pas d’inspiration. La révélation du Sinaï a été un échec total…
L : Je n’ai jamais eu une autre perception de Dieu que l’acceptation de ol malHout chamaim veol mitsvot. Je n’ai jamais considéré Dieu comme un manager du monde. Dieu n’est pas un instrument pour le monde ou pour l’humanité… Dieu n’a pas de fonction. Dieu n’a pas de « office ».

Pour les non hébraïsants qui veulent chanter à l’office: vidéo disponible sur ce lien

pour les hébraïsants ou les personnes motivées par l’hébreu: Une feuille chants office chabbat matin 1 —— Vidéo disponible sur ce lien

Chabbat: retour vers le futur ce matin 11h à Nation

Bonjour à toutes et à tous!

Les cours adultes « Retour vers le futur » du dimanche matin ont repris. Ce dimanche: Le chabbat: quel est son sens historique? Quel est son sens pour nous aujourd’hui? Comment le célébrer? Comment en faire un temps de construction familiale et sociale? Nous travaillerons de façon active, autour de ces questions et des documents suivants. Ces petites feuilles à imprimer chez vous vous permettront de distinguer l’essentiel de l’accessoire, et de trouver ou d’affiner votre façon personnelle d’intégrer ce merveilleux temps du chabbat à votre quotidien.

Téléchargez ici le document à imprimer: chabbat et havdala en word // chabbat rdj en PDF

Bénédictions pour le vendredi soir

Traduction et abrégés libres et fidèles par le Rabbin Floriane Chinsky pour Surmelin

1 – hadlaka – accueillir le chabbat

Tu es une bénédiction Eternel notre dieu roi du monde, qui nous a rendus spéciaux par le mode de vie qu’il nous enseigne et nous a ordonné d’allumer les bougies du chabbat.

BarouH ata adonaï élohénou mélèH haolam acher kidéchanou bémitsvotav vétsivanou léhadlik ner chel chabbat

בָּרוּךְ אַתָּה ה’ אֱלֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם, אֲשֶׁר קִדְּשָׁנוּ בְּמִצְוֹתָיו וְצִוָּנוּ לְהַדְלִיק נֵר שֶׁל שַׁבָּת

2 – Kidouch – rendre ce moment spécial

Sixième jour. Ils furent terminés les cieux et la terre et tout ce qui allait avec. Il termina, dieu, le septième jour, son travail qu’il avait fait, il s’arrêta, pendant le septième jour, de tout son travail qu’il avait fait, il bénit, dieu, le septième jour, il le rendit spécial, car en ce jour il s’est arrêté de tout son travail qu’il avait créé, dieu, pour le faire. (Gen. 2)

Allez mes amis ! Pour la vie !

Tu es une bénédiction Eternel nos Forces roi du monde qui crée le fruit de la vigne.

Tu es une bénédiction Eternel notre dieu roi du monde qui nous a rendu spéciaux par le mode de vie qu’il nous enseigne et il a une volonté pour nous, et son chabat spécial, dans l’amour et la volonté, il l’a posé sur nous en souvenir de l’acte de création, car il est un jour de début des rendez-vous spéciaux en souvenir de la sortie d’Egypte car il nous a choisi et il nous a rendu spéciaux parmi tous les peuples et ton chabbat spécial dans l’amour et dans la volonté tu l’as posé sur nous.

Tu es une bénédiction Eternel qui rend spécial le chabbat

Yom hachichi vayéHoulou hachamaim véaharetz véHol tsévaam vayéHal élohim bayom hachévii melaHto acher assa vayichbot bayom hachévii mikol mélaHto acher assa vayévareH élohim et yom hachévii vayékadech oto ki vo chavat mikol mélaHto acher bara élohim laassot

Savré Havéraï « LéHaim »

BarouH ata adonaï élohénou méleH haolam boré péri hagafen

BarouH ata adonaï élohénou méleH haolam acher kidéchanou bémitsvotav vératsa vanou véchabat kodcho béahava ouvératson inHilanou zikaron lémaassé véréchit ki hou yom téHila lémikraé kodech zéHer liyetsiat mitsraïm ki vanou vaHarta véotanou kidachta mikol haamim véchabat kodchéHa béahava ouvratson inHaltanou.

BarouH ata adonaï mékadech hachabat

יום הַשִּׁשִּׁי. וַיְכֻלּוּ הַשָּׁמַיִם וְהָאָרֶץ וְכָל צְבָאָם: וַיְכַל אֱלהִים בַּיּום הַשְּׁבִיעִי מְלַאכְתּו אֲשֶׁר עָשָׂה. וַיִּשְׁבּת בַּיּום הַשְּׁבִיעִי מִכָּל מְלַאכְתּו אֲשֶׁר עָשָׂה:  וַיְבָרֶךְ אֱלהִים אֶת יום הַשְּׁבִיעִי וַיְקַדֵּשׁ אתו. כִּי בו שָׁבַת מִכָּל מְלַאכְתּו אֲשֶׁר בָּרָא אֱלהִים לַעֲשׂות:

סַבְרִי חברי              לְחַיִּים

בָּרוּךְ אַתָּה ה’, אֱלהֵינוּ מֶלֶךְ הָעולָם, בּורֵא פְּרִי הַגֶּפֶן:

בָּרוּךְ אַתָּה ה’, אֱלהֵינוּ מֶלֶךְ הָעולָם, אֲשֶׁר קִדְּשָׁנוּ בְּמִצְותָיו וְרָצָה בָנוּ, וְשַׁבַּת קָדְשׁו בְּאַהֲבָה וּבְרָצון הִנְחִילָנוּ, זִכָּרון לְמַעֲשֵׂה בְרֵאשִׁית, כי הוא יום תְּחִלָּה לְמִקְרָאֵי קדֶשׁ, זֵכֶר לִיצִיאַת מִצְרַיִם. כי בנו בחרת ואותנו קידשת מכל העמים, וְשַׁבַּת קָדְשְׁךָ בְּאַהֲבָה וּבְרָצון הִנְחַלְתָּנוּ:

בָּרוּךְ אַתָּה ה’, מְקַדֵּשׁ הַשַּׁבָּת:

3 – Nétilat/Motsi – commencer le repas

Tu es une bénédiction Eternel notre dieu roi du monde, qui nous a rendus spéciaux par le mode de vie qu’il nous enseigne et nous a ordonné de nous élever les mains.

Tu es une bénédiction Eternel notre dieu roi du monde, qui fait sortir le pain de la terre.

BarouH ata adonaï élohénou méleH haolam acher kidéchanou bémitsvotav vétsivanou al nétilat yadaïm

BarouH ata adonaï élohénou méleH haolam hamotsi léHem min haaretz

בָּרוּך אָתָּה ה’ אֱלֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם, אֲשֶר קִדְשָנוּ בְּמִצְוֹתָיו וצִונוּ עַל נטִילַת ידַים

בָּרוּך אָתָּה ה’ אֱלֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם, הַמוֹצִיא לֶחֶם מִן הָאָרֶץ

4 – birkat hamazon – conclure le repas (Très abrégé)

Tu es une bénédiction Eternel qui nourrit tout. Tu es une bénédiction Eternel pour la terre et pour la nourriture. Tu es une bénédiction Eternel, qui crée dans ta bonté Jérusalem.

Tu es une bénédiction Eternel, dieu qui est notre père, notre roi, notre puissant, notre créateur, notre sauveur, notre façonneur, spécial pour nous, spécial pour Jacob, il a été bon il est bon il sera bon pour nous, il nous a donné, nous donne et nous donnera pour toujours ce dont nous avons besoin.

Celui qui fait la paix dans ses hauteurs, il fera la paix pour nous et pour tout Israël et pour tous les habitants de la planète

BarouH ata adonaï hazan et hakol /BarouH ata adonaï al haaretz veal hamazon /BarouH ata adonaï boné béraHamav yérouchalaïm

BarouH ata adonaï élohénou méleH haolam hael avinou malkénou adirénou borénou goalénou yotsrénou kédochénou lédoch yaacov, hou étiv hou métiv hou yétiv lanou, hou gmalanou hou gomlénou hou igmelnou laad.

Ossé chalom bimromav hou yaassé chalom alénou veal kol Israel véimérou amen

בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ הַזָּן אֶת הַכֹּל ; בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ, עַל הָאָרֶץ וְעַל הַמָּזוֹן ;בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ, בּוֹנֵה בְרַחֲמָיו יְרוּשָׁלַיִם

בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ אֱלֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם, הָאֵל, אָבִינוּ, מַלְכֵּנוּ, אַדִירֵנוּ, בּוֹרְאֵנוּ, גֹּאֲלֵנוּ, יוֹצְרֵנוּ, קְדוֹשֵׁנוּ קְדוֹשׁ יַעֲקֹב…הוּא הֵיטִיב, הוּא מֵיטִיב, הוּא יֵיטִיב לָנוּ, הוּא גְמָלָנוּ, הוּא גוֹמְלֵנוּ, הוּא יִגְמְלֵנוּ לָעַד

עֹשֶׂה שָׁלוֹם בִּמְרוֹמָיו הוּא יַעֲשֶׂה שָׁלוֹם עָלֵינוּ וְעַל כָּל יִשְׂרָאַל, ועל כל יושבי תבל וְאִמְרוּ אָמֵן.

4 – birkat yeladim – bénir ses enfants

Que l’Eternel te bénisse et te protège !

Que l’Eternel t’illumine de sa splendeur et tourne sa face vers toi !

Que l’Eternel t’apporte la paix !

yassimHa élohim kéephraïm véHiménaché, YassimeH élohim késsara rivka raHel véléa

YévaréHéHa adonaï véyichméréHa / Yaèr adonaï panav éléHa viHounéka / Issa adonaï panav éléHa véyassem léHa chalom

יְשִׂמְךָ אֱלֹהִים כְּאֶפְרַיִם וְכִמְנַשֶּׁה

ישימך אלהים כשרה, רבקה, רחל ולאה

יְבָרֶכְךָ ה’ וְיִשְׁמֶרְךָ.

יָאֵר ה’ פָּנָיו אֵלֶיךָ וִיחֻנֵּךָּ.

יִשָּׂא ה’ פָּנָיו אֵלֶיךָ וְיַשֵּׂם לְךָ שָׁלוֹם.

 

5 – Kidouch du Samedi midi –

Les enfants d’Israël garderont le chabbat pour faire le chabbat, pour leurs générations, en alliance éternelle. Entre moi et les enfants d’Israël, elle est un signe éternel, car en six jours l’Eternel a fait les cieux et la terre et pendant le 7e jour, il s’est arrêté et s’est « reposé » (Ex. 31 :16-17)

Souviens-toi du jour du chabbat pour le rendre spécial, pendant six jour tu travailleras et tu feras toutes tes oeuvres et le septième jour est un arrêt pour l’Eternel tes forces, tu n’y feras aucune œuvre, toi, ton fils, ta fille, ton serviteur, ta servante, ton bétail, ton résidant qui est dans tes portes, car en six jours l’Eternel a fait les cieux et la terre, la mer et tout ce qu’ils contiennent, et il s’est posé le septième jour, pour cette raison l’Eternel a béni le jour du chabbat et l’a rendu spécial. (Ex. 20 :7-10)

Allez mes amis ! Pour la vie !

Tu es une bénédiction Eternel notre dieu roi du monde qui crée le fruit de la vigne.

Véchamérou béné israel et hachabat laassot et hachabat lédorotam bérit olam, beini ouvein béné israel ot hi léolam ki chéchet yamim assa adonaï et hachamaïm véèt haaretz ouvayom hachévii chabat vayinafach…

Al kén béraH adonaï et yom hachabat vayékadchéhou

Savré Havéraï « LéHaim »

BarouH ata adonaï élohénou méleH haolam boré péri hagafen

וְשָׁמְרוּ בְנֵי-יִשְׂרָאֵל, אֶת-הַשַּׁבָּת, לַעֲשׂוֹת אֶת-הַשַּׁבָּת לְדֹרֹתָם, בְּרִית עוֹלָם. בֵּינִי, וּבֵין בְּנֵי יִשְׂרָאֵל—אוֹת הִיא, לְעֹלָם: כִּי-שֵׁשֶׁת יָמִים, עָשָׂה יְהוָה אֶת-הַשָּׁמַיִם וְאֶת-הָאָרֶץ, וּבַיּוֹם הַשְּׁבִיעִי, שָׁבַת וַיִּנָּפַשׁ.

זָכוֹר אֶת-יוֹם הַשַּׁבָּת, לְקַדְּשׁוֹ. שֵׁשֶׁת יָמִים תַּעֲבֹד, וְעָשִׂיתָ כָּל-מְלַאכְתֶּךָ. וְיוֹם, הַשְּׁבִיעִי—שַׁבָּת, לַיהוָה אֱלֹהֶיךָ: לֹא-תַעֲשֶׂה כָל-מְלָאכָה אַתָּה וּבִנְךָ וּבִתֶּךָ, עַבְדְּךָ וַאֲמָתְךָ וּבְהֶמְתֶּךָ, וְגֵרְךָ, אֲשֶׁר בִּשְׁעָרֶיךָ. כִּי שֵׁשֶׁת-יָמִים עָשָׂה יְהוָה אֶת-הַשָּׁמַיִם וְאֶת-הָאָרֶץ, אֶת-הַיָּם וְאֶת-כָּל-אֲשֶׁר-בָּם, וַיָּנַח, בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי; עַל-כֵּן, בֵּרַךְ יְהוָה אֶת-יוֹם הַשַּׁבָּת—וַיְקַדְּשֵׁהוּ. סברי חברי  לְחַיִּים

בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ אֱלֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם בּוֹרֵא פְּרִי הַגָּפֶן

6 – une étude – béréchit rabba 11:4

“bénissez avec des délices”, Rabbi Yéhouda hanassi fit un repas pour Antoninous le chabbat, il lui a amené des mets froids, il es a mangés et les a aimé. Il lui a fait un repas en semaine, il lui a amené des mets fumants, il lui a dit: “les autres me plaisaient davantage que ceux-ci”, il lui a dit: “il leur manque une épice”, il lui a dit: “ Est-ce que le trésor royal manque de quoi que ce soit?” Il lui dit “c’est du chabbat qui manque, as-tu du chabbat?”

בראשית רבה י״א:ד׳ (ד) ברכו במטעמים, רבינו עשה סעודה לאנטונינוס בשבת, הביא לפניו תבשילין של צונן אכל מהם וערב לו, עשה לו סעודה בחול הביא לפניו תבשילין רותחין, א »ל אותן ערבו לי יותר מאלו, א »ל תבל אחד הן חסרין, א »ל וכי יש קלרין של מלך חסר כלום אתמהא, אמר לו שבת הן חסרין אית לך שבת אתמהא

8 – la havdala – revenir au temps de l’action

Voilà, force de ma libération, j’aurai confiance et je n’aurai pas peur, car l’Eternel est ma force et mon chant, l’Eternel ! et il y aura pour moi une libération. Et vous puiserez de l’eau dans la joie aux sources de la libération. (Isaïe 12 :2) La libération et pour l’Eternel, que ta bénédiction soit sur ton peuple, séla (Ps.3 :9) L’Eternel des unités est avec nous, il est un abris pour nous, les force de Jacob, séla (Ps. 46 :12) Eternel des unités, heureux celui qui te fait confiance (Ps.84 :13) L’Eternel libère, le roi nous répondra le jour où nous l’appellerons. (Ps.20 :10) Pour les juifs il y eut de la lumière et de la joie, de l’allégresse et du respect, qu’il en soit de même pour nous (Esther 8 :16) Je soulèverai la coupe des libérations et j’appellerai le nom de l’Eternel (Ps.116 :13, hallel)

Eternel, libère-nous, Eternel fais-nous réussir ! (Ps.118 :25) Fais-nous réussir, fais réussir…

Allez mes amis ! Pour la vie !

Tu es une bénédiction Eternel notre dieu roi du monde qui crée le fruit de la vigne. TebEndrdm qui créée toutes sortes de parfums. TebEndrdm qui créée les lumières de feu.

TebEndrdm nos forces roi du monde qui sépare le sacré du commun, la lumière des ténèbres, Israël des autres peuples, le septième jour des six jours de la création.

TebEndrdm qui sépare le sacré du commun

Ana adonaï hochia na, ana adonaï hatsliHa na, hatslihénou hatsilaH déraHénou (notre chemin) hatsliaH limoudénou (notre étude) hatsliaH michpéHoténou (nos familles) hatsliaH Havrénou (nos amis)…

Savré Havéraï – LéHaïm

BAROUH ATA ADONAI ELOHENOU MELEH HA0LAM bore péri hagafen

BAAEMH bore miné béssamim

BAAEMH bore méoré haèch

BAAEMH hamavdil bein kodech léHol ouvein or léHocheH ouvéin israel laamim ouvein yom hachévii léchéchet yémé hamaassé,

BAA hamavdil bein kodech léHol

הִנֵּה אֵל יְשׁוּעָתִי אֶבְטַח, וְלֹא אֶפְחָד:  כִּי-עָזִּי וְזִמְרָת י-ה ה’, וַיְהִי-לִי לִישׁוּעָה.  וּשְׁאַבְתֶּם-מַיִם, בְּשָׂשׂוֹן, מִמַּעַיְנֵי, הַיְשׁוּעָה.  לה’ הישועה על עמך ברכתך סלה.  יְהוָה צְבָאוֹת עִמָּנוּ מִשְׂגָּב לָנוּ אֱלֹהֵי יַעֲקֹב סֶלָה. ה’ צבאות אשרי אדם בוטח בך.ה’ הושיעה, המלך יעננו ביום קראנו. לַיְּהוּדִים, הָיְתָה אוֹרָה וְשִׂמְחָה, וְשָׂשֹׂן, וִיקָר.  כן תהיה לנו.    כּוֹס-יְשׁוּעוֹת אֶשָּׂא;    וּבְשֵׁם ה’ אֶקְרָא.

אָנָּא ה’, הוֹשִׁיעָה נָּא;    אָנָּא ה’, הַצְלִיחָה נָּא. הצליחנו הצליח…

סברי חברי           לְחַיִּים

בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ אֱלֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם בּוֹרֵא פְּרִי הַגָּפֶן

בָּרוּךְ אַתָּה ה’, אֱלהינוּ מֶלֶךְ הָעולָם, בורא מיני בשמים.

בָּרוּךְ אַתָּה ה’, אֱלהינוּ מֶלֶךְ הָעולָם, בורא מאורי האש.

בָּרוּךְ אַתָּה ה’, אֱלהינוּ מֶלֶךְ הָעולָם, המבדיל בין קודש לחול, בין אור לחושך, בין ישראל לעמים, בין יום השביעי לששת ימי המעשה.

בָּרוּךְ אַתָּה ה’ המבדיל בין קודש לחול.

Elie le Prophète, Elie de Tichbi, Elie de Gilad, nous viendra bientôt avec le messie fils de David

Myriam la Prophétesse, la force et le chant sont dans sa main, Myriam dansera avec nous pour réparer le monde

Eliyahou hanavi, éliyahou hatichbi, éliyahou haguiladi, bimhéra yavo élénou im machiaH ben david

Myriam hanévia, oz vézimra béyada myriam tirkod itanou létaken et haolam

אליהו הנביא אליהו התשבי אליהו הגלעדי במהרה יבוא אלינו עם משיח בן דוד.

מרים הנביאה עוז וזמרה בידה מרים תרקוד אתנו לתקן את העולם

 

Paracha de Soukot – L’Union fait la Joie

Fête du rassemblement et de l’ouverture, Soukot nous réjouit par ses merveilleux textes (Zacharie, Ecclésiaste, Paracha de chabbat Soukot) ainsi que les nombreux symboles du Loulav, de la Souka, des Ouchpizin et Ouchpizot. Nous évoquerons en prime un poème du poète persan Rummi, qui est particulièrement approprié à la fête. Moadim LéssimHa et chabbat chalom…

Texte lié à ces questions disponible en fin d’article.

2016 : Sur un pied! Paracha SimHat Torah: Où est le paradis?

Texte écrit pour la Newsletter de l’ULIF :

L’Union fait la Joie, quelques mots du Rabbin Floriane Chinsky pour ce Chabbat de Soukot

Ce chabbat, nous associerons la douceur du chabbat à la plénitude de Soukot. De tous temps, la joie qui caractérise la fête résulte de notre rassemblement. Aujourd’hui, cette joie est démultipliée pour nous par l’union de nos synagogues au sein d’une association ombrelle, d’une Souka symbolique, le JEM.

Petites cabanes construites dans la rue en Israël, dans nos cours, voire dans nos salons pour les parisiens dépourvus de jardins, nos soukot chamboulent notre expérience de vie. Pendant 7 jours, notre maison devient secondaire, notre cabane devient principale. Nos murs deviennent secondaires, nos fenêtres deviennent principales, pour reprendre le titre du livre de Marshall Rosenberg, fondateur de la Communication Non Violente : « Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) ».

Nos mots sont-ils des fenêtres ou bien sont-ils des murs ? Les murs de nos maisons, de nos synagogues, de JEM, ont-ils pour but d’accueillir et de rassembler ou d’isoler de la réalité du monde extérieur ?

Soukot est la fête de l’ouverture et de l’équilibre.

Le bouquet des quatre espèces, le loulav, met en acte notre volonté d’unité intérieure en symbolisant les organes du corps (colonne vertébrale pour le palmier, yeux pour la myrte, bouche pour le saule, cœur pour le cédrat), mais aussi notre volonté d’unité sociale en rappelant différents caractères humains ( aimant l’étude pour le palmier, préférant l’action pour la myrte, indifférent pour le saule ou cumulant étude et action pour le cédrat). Cette unité est conjuguée avec le désir d’ouverture puisque nous agitons ce loulav dans les six directions du monde.

Les murs fins de la souka-cabane proposent la juste mesure de rassemblement entre ceux qui sont dedans sans pour autant exclure ceux qui sont dehors. Son toit végétal et détendu protège légèrement du soleil pendant la journée tout en laissant admirer les étoiles la nuit venue.

Enfin, chacun des jours de soukot est l’occasion d’accueillir de nouveaux hôtes, les sept « ouchpizin » traditionnels et les sept prophétesses mentionnées par le Talmud Babylonien Méguila. Après Abraham, Sarah, Myriam, Isaac, Jacob, Déborah, Hanna, Moïse, Aaron et Abigaïl, nous accueillons ce chabbat Joseph « le Juste » et Houlda « la Prophétesse ».

Quelles qualités de Joseph sont-elles prépondérantes à vos yeux ? Son ambition, lorsqu’il partage ses rêves ? Son courage, lorsqu’il va retrouver ses frères malgré leur animosité ? Sa ténacité, lorsqu’il se relève de sa vente comme esclave puis de sa séquestration en prison ? Son ingéniosité, lorsqu’il guide le changement d’attitude de ses frères et leur réconciliation ? Sa sensibilité, lorsqu’il pleure au moment des retrouvailles ?

Qu’admirons-nous chez Houlda ? Sa capacité de vision Prophétique lorsqu’elle identifie l’importance du « Livre de l’Alliance » retrouvé dans le Temple ? Son éloquence lorsqu’elle défend sa valeur ? Son influence historique, elle qui remet en avant un livre qui portera une influence décisive sur le monde pour les 2400 années suivantes ? Sa compassion, comme le souligne Rabbi Chila ?

Toutes ces qualités, nous les possédons et nous les associons, et nous les mettons en avant à l’occasion de ce Chabat de demi-fête, comme nous allierons nos qualités pour l’année à venir.

L’office du vendredi soir exprime notre désir de plénitude : « étends sur nous ton « pavillon de paix », ta  » Soukat Chalom » ». Ce chabbat, nous serons rassemblés sous le pavillon de paix spirituelle du chabbat autant que sous la souka concrète de soukot. Que nous puissions toutes et tous, avec nos différentes qualités, goûter la douceur de cette ouverture qui nous enrichit.

 

Akadem: Greta Thunberg

L’émission d’Akadem sur Greta Thunberg est en ligne… C’était un moment intéressant autour d’une jeune fille engagée, très critiquée, et d’une question qui nous engage tous et toutes: le climat.

Vous pouvez la voir sur Akadem sur ce lien, ici, il suffit de cliquer 😉

C’est complémentaire du commentaire que j’avais fait sur la paracha Nitsavim, à voir ici, sur ce lien.

Je serai très heureuse de lire vos commentaires. Moadim LéssimHa!

P.S. SimHat Torah sera dimanche soir en Israël et dans les communautés libérales du monde entier, rejoignez ce moment de joie et de danse si le coeur vous en dit…

Soukot – SimHat Torah – cours demain 11h et fêtes

Bonjour à toutes et à tous!

Nous poursuivons le marathon des fêtes, avec soukot, simHat Torah, et toutes les réflexions et les joies de ces grands moments. Demandez le programme!

Demain soir, Soukot:

  • 17h45 – rencontre interreligieuse avec des chrétiens du quartier, explications sur l’aspect universel de la fête.
  • 18h45 – office de fête, très court, avec kidouch sous la souka

Lundi matin, Soukot:

  • 10h – office, hallel, cérémonie du Loulav, belle lecture du Prophète Zacharie en haftara, début de la lecture de l’Ecclésiaste, venez nombreux et prévenez-moi de votre présence si possible avec le doodle (cliquez ici)

Chabbat Hol hamoed à ne pas manquer, puis mêmes horaires la semaine prochaine pour SimHat Torah, avec un office plus long et plein de danses le dimanche soir, et la lecture de la fin et du début de la Torah le lundi matin.

Pour le cours de demain 11h à Ganénou: « Soukot, SimHat Torah, construire sa maison », nous parlerons entre autre des invité.e.s de Soukot, et l’une des feuilles de sources est disponible sur le lien suivant: meguila 14a les 7 prophetesses partiel

Retrouvez les chants de SimHat Torah sur la playlist suivante ainsi que le hallel ici et les hakafot ici.

Chavoua Tov… et Hag SaméaH!

 

puzzle soukot simhat torah

Yom Kipour : Abolissons nos privilèges (Discours 5780)

Voici mon discours de Yom Kipour.

Merci encore à tous les participants et à tous les bénévoles, qui ont non seulement travaillé de tout leur coeur et sans relâche pour préparer ces merveilleux offices, mais qui ont su garder calme et bienveillance dans des moments très intenses.

Compte tenu du succès, je vous propose que nous faisions à nouveau Kipour l’année prochaine 😉 ( Dimanche 27 septembre au soir et lundi 28)

Dracha de yom kipour – plaidoyer contre la tourniquette ou abolissons nos privilèges —– 

« Autrefois pour faire la cour, on parlait d’amour ! Pour mieux prouver son ardeur, on offrait son cœur ! … Aujourd’hui c’est plus pareil, ça change ça change, pour séduire le cher ange, on lui glisse à l’oreille « ah gudule, viens m’embrasser, et je te donnerai…. Une tourniquette pour faire la vinaigrette, Un bel aérateur pour bouffer les odeurs, Des draps qui chauffent, un pistolet à gaufres, Un avion pour deux et nous serons heureux!… » (Boris Vian)

Les tourniquettes à vinaigrettes sont plus faciles à acquérir qu’un cœur. On peut être tenté de s’en satisfaire. On peut croire que cela remplace. Mais la seule façon de retrouver un cœur qui sent les sentiments, consiste à renoncer aux gadgets, à séparer l’essentiel des accessoires.

Comme le dit le prophète Ezechiel : Je vous donnerai un coeur nouveau et je vous inspirerai un esprit nouveau; j’enlèverai la tourniquette pour faire la vinaigrette de votre sein et je vous donnerai un coeur de chair.

C’est presque ce que dit Ezechiel, mais soyons plus précis : Ézéchiel 36:26 : 26 Je vous donnerai un coeur nouveau et je vous inspirerai un esprit nouveau; j’enlèverai le coeur de pierre de votre sein et je vous donnerai un coeur de chair.

כו וְנָתַתִּי לָכֶם לֵב חָדָשׁ, וְרוּחַ חֲדָשָׁה אֶתֵּן בְּקִרְבְּכֶם; וַהֲסִרֹתִי אֶת-לֵב הָאֶבֶן, מִבְּשַׂרְכֶם, וְנָתַתִּי לָכֶם, לֵב בָּשָׂר.

En ce jour de Kipour, nous délaissons les accessoires, nous nous concentrons sur l’essentiel : retrouver le cœur de chair derrière le cœur de pierre.

En ce jour de Kipour, nous abolissons tous nos privilèges. Mieux, même, nous abolissons nos besoins primaires. La Torah nous dit de nous affliger, la Torah orale détaille les cinq interdictions concernées :

Aujourd’hui, pour 25 heures, nous abolissons nos besoins physiques élémentaires.

Nous renonçons à boire, nous renonçons à manger. Nous ressentirons la faiblesse physique, le découragement, la douleur, que provoque la faim et la soif. (1)

Nous renonçons aux apparences, pas de bains,(2) pas de baumes, pas de parfum, pas de déodorant (3), pas de chaussures en cuir (4). Nous ressentirons notre vulnérabilité face aux autres.

Nous renonçons à l’intimité physique (5). Nous ressentirons la solitude face à notre faiblesse.

Que ces renoncements nous ouvrent à une meilleure compréhension de ce que vivent au quotidien tous ceux qui n’ont rien à boire, rien à manger, aucune possibilité de se laver, aucun lieu d’intimité.

Pourquoi agir ainsi ?

Par solidarité bien sûr. Parce que quand on arrive au niveau du cœur, tous les préjugés fondent, et nous comprenons enfin comme le dit le Talmud que « ton sang n’est pas plus rouge que le sien », toutes les vies ont la même valeur.

Et nous faisons cela pour une autre raison encore : pour aller au plus profond de nous-même, pour laisser tomber les voiles que nous érigeons autour de nos vulnérabilités, pour aller au centre de nous-mêmes, pour nous remettre dans notre centre de gravité, pour renouer avec l’essentiel, pour que nos objectifs de l’année soient les meilleurs, pour que notre façon de les accomplir soit optimale.

« les meilleurs » ? « optimale » ? oui. Pas « les bons objectifs », non, mais au contraire : « les objectifs les meilleurs possibles ». Pas « des actions parfaites », non, « des actions au mieux ». Car nous n’avons pas accès à la Vérité. Nous avons simplement accès à des chemins de vérité.

Célébrer kipour, c’est suivre la voie de la recherche de la vérité. Et c’est reconnaitre que nous n’y accéderons pas totalement.

Aujourd’hui, nous n’espérons pas devenir immortels. Nous savons que nous mourrons un jour. Ountané tokef nous met face à cette réalité : « qui vivra, qui mourra, qui en son temps, qui prématurément, qui par le feu, qui par l’eau, qui par la faim, qui par la soif, qui par le glaive ». Est-ce inéluctable ? Oui et non. Oui nous mourrons un jour. Mais il est possible de nous dégager du mal de cette mort.

La remise en question, l’introspection, l’entre-aide écartent le mal de la sentence. Téchouva, téfila, tsédaka

A la fin de ce jour de kipour, quel que soit le travail émotionnel et social que nous ferons, nous ne deviendrons pas immortels. Mais nous pouvons espérer être moins vulnérables à notre mortalité.

Ceci est important à notre époque, car, comme le dit François Sureau, « Nous nous sommes fait une idée de la perfection de l’homme, tout ce qui blesse la perfection de l’homme doit être réprimé, la perfection de chaque homme… et donc nous vivons dans le rêve d’une société de la perfection individuelle, ce rêve provoque une société de la peur, ou chacun a peur pour la perfection de sa propre vie que les journaux, tout le monde lui présente sans cesse comme qq chose de désirable cette peur génère à son tour une organisation sociale et collective de la peur »

Sur ce sujet, Woody Allen résume bien l’ecclésiaste que nous lirons lundi matin pour Soukot : La vie est une maladie lente sexuellement transmissible.

La mort entre elle-même dans la définition de la vie, la vulnérabilité est l’essence même d’un cœur, la transgression est indissociable de la loi.

Il nous faut aimer la vie malgré la mort, aimer les sentiments malgré notre fragilité, aimer la loi malgré la transgression, sans crispation, nous devons lâcher prise. La perfection de nos vies n’est pas un droit, elle n’est pas un privilège légitime. Yom Kipour est un élément fondamental de ce dispositif.

La vie et la liberté sont fragiles, et aucune tourniquette à vinaigrette n’y pourra rien changer.

Tel est donc le choix qui s’offre à nous aujourd’hui, aujourd’hui en ce jour de kipour, aujourd’hui en ce jour de kipour 5780/2019, aujourd’hui, pour l’année à venir, et pour le reste de nos vies :

Allons-nous nous accrocher à l’accessoire, ou allons-nous plonger au cœur de notre vulnérabilité qui est aussi notre pouvoir ?

Il faut choisir. On ne peut pas être Monothéiste et polythéiste à la fois. On ne peut pas idolâtrer l’accessoire et se revendiquer de la vie. Telle est la raison donnée par nos sages pour nous demander de nous priver de l’essentiel à Yom Kipour, de sorte que nous sachions nos détacher de l’accessoire et des accessoires tous les autres jours de l’année.

L’important, c’est de l’entendre :

  • Si la tourniquette pour faire la vinaigrette est un privilège, il est temps de l’abolir. (jusque là, ca va)
  • Si avoir un cœur de pierre est un privilège, il est temps d’y renoncer. (là ça demande du travail)
  • Si tirer avantage d’être un homme blanc hétérosexuel riche de 50 ans est un privilège, il faut nous en défaire. (je ne suis pas certaine d’y réussir)
  • Si tirer avantage de l’usage du plastique qui nous empoisonne est un privilège il faut nous en dessaisir. (c’est en cours)
  • Si un Ordre établi à notre avantage, au détriment des autres est un privilège, il nous faut le dénoncer. (là j’ai beaucoup de chemin à faire)

Ivan Jablonka, citant Olympe de Gouges qui nous accueille aujourd’hui, fait dans son dernier livre un plaidoyer pour le renoncement des hommes à leurs privilèges de genre. Nous pouvons également appliquer ce renoncement à tous les autres privilèges indus.

Nous ne vivons pas mieux avec ces soi-disant privilèges, qu’avons-nous besoin de tourniquettes, de cœurs de pierre, de privilèges de genre, de plastique, un ordre qui nous favorise et pénalise d’autres ?

En ce jour où nous n’avons pas besoin de manger, de boire, de nous parfumer, de nous faire « beaux », réfléchissons : de quoi avons-nous vraiment besoin ?

Nous finirons, dans 23h avec la déclamation solennelle du chéma israel et le son du chofar.

A ce moment, il faudra avoir décidé, cristalliser nos décisions, et utiliser les 509 760 minutes de l’année à venir pour les mettre en œuvre.

שמע ישראל יהוה אלהנו יהוה אחד

Ecoute Israël, l’Eternel infini, qui est notre force, l’Eternel infini, est un, il est le même pour tous et toutes.

Tsom Kal, jeune facile pour nous toutes et nous tous.