Apprendre l’hébreu sur youtube

apprendre l’hébreu sur youtube

Ceux qui sont abonnés à ma chaîne youtube s’en sont rendu compte: J’ai publié une petite vidéo reprenant les raisons d’apprendre l’hébreu.

Cette vidéo est le début d’une série, qui comprendra des conseils pour l’apprentissage de la langue d’une part et des vidéos avec des chants faciles, entièrement en hébreu, précédés de l’apprentissage des mots, de leur sens et de leurs racines.  Cette branche de la méthode est nommé « Méthode Chinsky – Le rendez-vous du vendredi/ accueillir le chabbat » sur ma chaîne Youtube.

La méthode respecte la nature de la langue hébraïque et permet aux étudiants d’appliquer immédiatement et facilement les connaissances acquises. Les chants sortiront toutes les semaines, le vendredi matin, et pourront enrichir l’expérience de l’allumage des bougies du chabbat. Chaque vendredi, autour des bougies, un nouveau chant s’ajoutera aux autres, permettant de capitaliser agréablement vos connaissances.

 

La méthode est complémentaire de ‘L’hébreu c’est facile », que vous retrouverez également ci-dessous. Pour vous procurer les livret « l’Hébreu c’est facile », adressez-vous à moi avant les offices. Vous pouvez également télécharger les feuilles de la méthode sur le site « redevenir juif ».

Bon début d’année à toutes et à tous, et partagez largement ce petit cadeau pédagogique de début d’année….

Les femmes, la liberté, Hanouka! Cours adulte ce dimanche à Surmelin

Les femmes « étaient partie prenante de ce miracle ». (article approfondi en hébreu ici)

De quelle façon les femmes étaient-elles partie prenante de Hanouka? De quoi encore les femmes sont-elles partie prenante dans la vie juive? Certains principes pourraient-ils les exclure? Lesquels, et pourquoi?

Notre communauté défend l’égalité, la possibilité d’action de chacun et chacune.

Reprenons ensemble ces textes passionnants, avant l’allumage communautaire des bougies, de 16h à 18h ce dimanche.

Si vous souhaitez vous préparer au cours, prenez connaissance des questions suivantes, qui posent les grands problèmes relatifs à la place des femmes:

40 questions sur le statut des femmes dans la tradition juive

Les femmes sont-elles des hommes comme les autres, en 20 questions

Pour alimenter votre réflexion:

Le Kadich et les femmes

Vidéo référence prb https://www.youtube.com/watch?v=v7haoVIlFF8

Hanouka, une vidéo par jour!

Hanouka approche… Mais êtes-vous prêts?

Des chants, des beignets, des histoires, des toupies, des Hanoukiot! Hanouka est de retour! Retrouvez chaque jour une vidéo de plus qu’hier, pour renouveler de beau moment amical, familial, ou communautaire. 

Retrouvez les vidéos au fil de leur parution en vous abonnant à la chaine youtube suivante: 

Tout commence dimanche soir, avec un allumage à la synagogue.

Bonne fête de Hanouka! Hag Ourim SaméaH!

 

Paracha VayichlaH – Comment Israël a été inventé?

VayichlaH, la paracha de la semaine, nous décrit l’invention d’Israël. Israël apparaît pour la première fois, il est « inventé ». Est-il scandaleux de dire qu’Israël a été inventé? Non, tout ce qui est humain, par définition, relève de l’invention, Israël en fait évidemment partie. Est-il révolutionnaire de considérer qu’Israël a été inventé? Non, la Torah elle-même nous dit qu’on ne naît pas « Israël », on le devient. Que signifie cette « réinvention » de l’identité de Jacob? Telle est l’interpellation de notre paracha de la semaine, lorsqu’elle nous raconte le récit de cette lutte…

Sur un pied 2015: Quelle est la recette de la paix ?

( L’éloignement de Jacob et ses raisons, les personnes écartées des familles, le courage des retrouvailles, il se renseigne sur Esaü, puis il divise son camps, mobilise ses forces morales, envoie des cadeaux pour apaiser Esaü, le démobilise, la part de confrontation dans notre rapport à l’autre . )

Sur un pied 2016: Dinah, fondatrice de la 13e tribu d’Israël

( les « enfants d’Israël », 12 garçons fondateurs de tribus et une fille, Dina, chapitre 34, Dina « la fille de Léa » « sort » comme sa mère Léa, discussion sur la vertu du fait de sortir, violence contre Dina puis contre son « agresseur-amoureux, épouse-t-elle Job? Devient-elle la belle-mère de Joseph, et par conséquent la fondatrice d’une tribu double?  )

Pour les enfants: Les bougies, la tendresse, Sarah notre mère

Ce vendredi, rendez-vous à 18h35 avec les petits et les moyens pour des histoires et des chants.

Nous reprenons les Erev Chel Yéladim, avec un thème simple pour les petits:

Histoires de Patriarches et de Matriarches.

Au programme à chaque fois: une de nos figures archétypales de la torah, une lettre hébraïque, une chanson facile, une histoire, et de petites participations à l’office à différents moments.

Cette semaine:

  • Figure de proue: Sarah
  • Lettre: Lamed
  • Prière: Allumage des bougies du chabbat

Comme toujours, parents et enfants feront ensemble des jeux parallèles pendant les prières, pour se rattacher aux chants de la communauté de leur façon particulière.

Retrouvez notre vidéo:

Au plaisir de nous retrouver, avec tous ces chants que nous aimons et cette ambiance de partage.

Le charme de Hanouka, dimanche 18/11

Hen, HinouH, Hanouka, charme, éducation et inauguration!
Pour la tradition juive, tout est pédagogie.

La fête de Hanouka, à la fois ludique, instructive et inspirante nous entraîne dans un voyage où la grâce, l’éducation et les inaugurations ne font qu’un.

Que nous apprend Hanouka à titre individuel? Que nous enseigne-t-elle sur ce qu’est l’éducation juive?

Cette thématique, proche de tous les parents, de tout étudiant, et de toute personne avide de mieux comprendre les enseignements du judaïsme, sera la nôtre pour notre rentrée de la toussaint, le dimanche 18 novembre, de 10h30 à 12h30.

Notre approche sera conviviale et dynamique, et nous donnera tous les outils pour faire de la fête de Hanouka qui approche un moment spécial pour nous, nos familles et nos amis.

A Ganénou, de 10h30 à 12h30

Pour vous accompagner: vidéo chants de Hanouka

Nous ne sommes rien! Dracha de Yom Kipour

Qui êtes-vous ? Qui voulez-vous devenir ?
En ce rendez-vous solennel de Yom Kipour, il est temps de nous reposer cette question traditionnelle.
En vous la posant, je me la pose également à moi-même.
Qui suis-je ? Vers quelle version de moi-même suis-je en chemin ?

Le temple de Delphes portait l’inscription « connais-toi, toi-même ».
La difficulté de cette formulation, c’est qu’elle prétend que nous « sommes » quelque chose, que nous aurions une « essence », une « nature ».

Or, nous ne sommes rien. Nous ne sommes rien de figé.
Nous voudrions savoir, et parfois nous le demandons aux autres, à nos amis, à nos psy, à nos rabbins, à nos gourous, à notre horoscope, nous voulons entendre : « tu es gentil », « tu es forte », « tu es beau » « tu es intelligente ». Nous voudrions « être ».

Dans cette recherche de réponse, nous nous tournons vers des dieux de toute sorte, vers le religieux, l’économie ou la biologie, comme s’ils avaient des réponses.  Les hommes de pouvoir et les industries technologiques l’ont compris. Les publicités fleurissent pour des tests ADN qui nous permettraient de savoir « qui nous sommes ». Nous aimons les films dans lesquels le héros change d’identité par magie, comme superman, Gigi ou les Winx. Nous passons parfois par les produits miracles ou la chirurgie esthétique.

Et nous démasquons cette tendance par l’humour. J’avais acheté il y a quelques années, un « spray » de conversion, il suffisait de l’aspirer pour devenir juif.
Nous savons que ce n’est pas aussi simple, alors nous luttons pour ne pas nous laisser tenter.

Comment définir l’identité alors qu’elle est sans cesse en mouvement ?
Sommes-nous juifs parce que nos parents étaient juifs ? Ou parce que nos enfants reçoivent un enseignement juif ? Ou parce que nous en renouvelons ce choix aujourd’hui ?

Héraclite disait que nous ne pouvons pas nous baigner deux fois dans le même fleuve. Lorsque nous nous baignons dans l’eau, elle ne doit justement pas être statique, pour que cette eau soit un mikvé, מקווה et nous aide à évoluer, elle doit être en mouvement.

Comme le disait Hillel : « N’aie pas confiance en toi jusqu’au jour de ta mort » ( ואל תאמן בעצמך עד יום מותך )ou plutôt : « ne crois pas que tu es ce que tu es, jusqu’au jour de ta mort, car tu ne sais pas ce que tu peux devenir ». (avot 2 :4)

En ce jour de Kipour, comme Hillel, nous sommes ouverts aux possibles qui s’offrent à nous pour l’année à venir.

La rencontre de Rabbi Yohanan et Rech lakich évoque l’infini des possibles.
Ils se sont justement rencontrés au bord d’un fleuve, en ce lieu de traversée, de passage et d’ouverture.

Rabbi YoHanan, le grand sage de notre tradition, s’y baignait. Rabbi YoHanan était d’une grande beauté, qui émut Rech lakich, ce terrible bandit. Rech lakich se mit alors à sauter d’une rive à l’autre, pour l’impressionner. Il lui dit « ta beauté conviendrait mieux à une femme » et rabbi YoHanan lui répondit « ta force conviendrait mieux à… l’étude de la torah ».

Rech Lakich décida de suivre la recommandation de rabbi YoHanan, il devint un grand sage, tous deux devinrent des amis « à la vie, à la mort », des compagnons d’étude indispensables l’un à l’autre. Des années plus tard, un jour de colère, Rabbi YoHanan dira à Rech laKich avec cynisme : bien sûr que tu as raison, tu t’y connais en banditisme, toi qui était brigand. Blessés, les deux amis se séparèrent et moururent de chagrin. (baba metsia 84a)

Cette histoire est peut-être encore plus importante qu’il n’y parait.
Elle parle d’amitié, d’amour, et de leur caractère vital, sans eux, nous mourons.

Comment naît l’amour ?
L’amour, nait dans une recherche de soi-même, dans un projet de transformation.

Rech Lakich saute d’une rive à l’autre, il hésite, quel chemin prendra-t-il ?
Rabbi YoHanan se baigne dans le fleuve, il se ressource, il fait un mikvé, il « se baigne dans l’espoir », il prépare une renaissance.
Tous les deux sont dans un processus de transformation qui changera leur vie. Jamais plus Rabbi YoHanan ne se baignera à nouveau dans ce même fleuve, car tout aura changé, pour lui, pour son ami, et pour les juifs de tsipori du IIIe s, et le monde juif jusqu’à aujourd’hui.

L’amour naît dans le projet de transformation, et meurt dans le retour vers le passé.
Dans un moment de colère Rabbi YoHanan a transgressé un interdit fondamental : on ne doit pas rappeler à quelqu’un ses transgressions ou ses erreurs passées ; on ne peut pas le forcer à regarder en arrière. Sinon, comme la femme de Loth, on se change en statue de sel, éternelle, mais morte.

En ce jour de kipour, comme Rech Lakich et Rabbi YoHanan, nous prenons conscience des chemins qui s’offrent à nous, des rives du fleuve que nous devons choisir, des eaux dans lesquels nous pourrions nous immerger.

Apollinaire dit cela merveilleusement avec beaucoup de nostalgie : « Passent les jours et passent les semaines, Ni temps passé, Ni les amours reviennent, Sous le pont Mirabeau coule la Seine, Vienne la nuit sonne l’heure, Les jours s’en vont je demeure »

Ce qui est écoulé, ne reviendra plus, il faut le laisser partir, il faut faire le « tachliH », תשליך le « renvoi », la cérémonie au cours de laquelle on laisse les erreurs et les regrets du passé s’écouler dans l’eau des fleuves.

En ce jour de Kipour nous prenons le temps de faire le deuil de ce qui ne reviendra pas, dans nos vies, dans le judaïsme, et dans le monde pour renoncer à attendre vainement le retour du passé.

Mais Yom Kipour ne s’arrête pas là. Il nous incite à la mobilisation : la téchouva תשובה, la téfila תפילה, la tsédaka צדקה lèvent la malédiction du passé, et nous ouvrent les portes de l’avenir.
Apollinaire continuait « l’espérance est violente » !  Et Ernst Bloch nous guide : Il faut faire un pas vers l’espoir, transformer l’espoir passif en espérance active. « L’affect de l’espoir sort de lui-même, agrandit les hommes au lieu de les diminuer. »

Comme le disent Francis Blanche et Pierre Dac, nous avons l’avenir devant nous, et il sera derrière nous chaque fois que nous ferons demi-tour. A nous de choisir dans quelle direction regarder.

Si « je demeure », je meurs. Mais si je dévie, je vis.
C’est paradoxal, mais cela fonctionne. L’intelligence, c’est la souplesse de savoir s’adapter de façon créative.

En ce jour de Kipour, nous envisageons ce qui nous aide à nous tourner vers l’avenir, à changer de chemin, à exercer notre intelligence, à « choisir la vie ».

Ainsi le hasard perd son pouvoir. Nous pouvons cesser de souhaiter une année pleine de bonheur et commencer à souhaiter une année pleine de force et de détermination.

Edgar Morin, avec d’autres, est un penseur du « réechantement du monde », son nom de naissance n’est pas Morin mais NaHoum, qui signifie consolation. Pour lui, la pensée doit quitter l’espoir d’obtenir des réponses définitives et s’ouvrir à la complexité du monde.

En ce jour de Kipour, comme Edgar Morin, nous pensons aux changements de pensée qui sont nécessaires pour que notre monde se réenchante pour nous-mêmes, pour la sagesse juive, pour le monde dans lequel nous vivons.

La philosophe féministe et anarchiste Emma Goldman avait rencontré Durruti au moment de la guerre d’Espagne. Il disait de ses soldats qu’il ne leur donnait pas d’ordres : « Ils sont venus à moi de leur plein gré, ils sont disposés à donner leur vie pour notre lutte antifasciste. Je crois, comme j’ai toujours cru, en la liberté. Une liberté qui repose sur le sens de la responsabilité. »

Le chef militaire lui-même ne considère pas qu’il a les réponses pour les autres, mais que chacun doit faire son chemin et chercher.

Publié après la mort de Durruti, L’article d’Emma Goldman, s’appelle : « Durruti n’est pas mort ». De la même façon, des siècles après la mort de Jacob, rabbi YoHanan disait « le patriarche Jacob n’est pas mort ». (taanit 5a) Car les idées que nous continuons à porter restent en vie, en changement, et en devenir.

En ce jour de Kipour, comme Emma Goldman et rabbi YoHanan, nous pensons à tous ceux « qui ne sont pas mort » et dont la pensée continue à nous mettre en mouvement.

Nous pouvons renoncer à chercher « qui nous sommes » et nous engager à décider « de quoi nous sommes capables ».
Nous pouvons renoncer à nous appuyer sur « la réponse scientifique » et rechercher « ce que disent les sciences de la complexité du monde ».

La réalité n’est pas une terre solide sur lequel nous pouvons marcher. Elle est une eau fluide dans laquelle nous pouvons nager. Elle s’écoule, tout en nous maintenant hors de l’eau.

Le travail de téchouva et de aHrayout de notre tradition, le réexamen et la responsabilité, correspondent au travail d’espérance d’Ernst Bloch, au travail de réechantement d’Edgar Morin, au travail d’action directe d’Emma Goldman.

Marc Twain disait : « Ils ne savaient pas que c’était impossible alors ils l’ont fait »

Au cours de nos vies, nous avons appris que certaines choses étaient impossibles. Il est temps de l’oublier.

Kipour est ce moment où on oublie ce qu’on croit impossible, de façon à pouvoir le réaliser.
Ce moment où l’on cesse de se connaitre, pour commencer à se découvrir,
ce moment où l’on quitte l’illusion des réponses pour le développement des questions.

Nous sommes plus que ce que nous sommes, nous sommes ce que nous pouvons devenir.

Gmar Hatima tova.