Pour les enfants: Les bougies, la tendresse, Sarah notre mère

Ce vendredi, rendez-vous à 18h35 avec les petits et les moyens pour des histoires et des chants.

Nous reprenons les Erev Chel Yéladim, avec un thème simple pour les petits:

Histoires de Patriarches et de Matriarches.

Au programme à chaque fois: une de nos figures archétypales de la torah, une lettre hébraïque, une chanson facile, une histoire, et de petites participations à l’office à différents moments.

Cette semaine:

  • Figure de proue: Sarah
  • Lettre: Lamed
  • Prière: Allumage des bougies du chabbat

Comme toujours, parents et enfants feront ensemble des jeux parallèles pendant les prières, pour se rattacher aux chants de la communauté de leur façon particulière.

Retrouvez notre vidéo:

Au plaisir de nous retrouver, avec tous ces chants que nous aimons et cette ambiance de partage.

Le charme de Hanouka, dimanche 18/11

Hen, HinouH, Hanouka, charme, éducation et inauguration!
Pour la tradition juive, tout est pédagogie.

La fête de Hanouka, à la fois ludique, instructive et inspirante nous entraîne dans un voyage où la grâce, l’éducation et les inaugurations ne font qu’un.

Que nous apprend Hanouka à titre individuel? Que nous enseigne-t-elle sur ce qu’est l’éducation juive?

Cette thématique, proche de tous les parents, de tout étudiant, et de toute personne avide de mieux comprendre les enseignements du judaïsme, sera la nôtre pour notre rentrée de la toussaint, le dimanche 18 novembre, de 10h30 à 12h30.

Notre approche sera conviviale et dynamique, et nous donnera tous les outils pour faire de la fête de Hanouka qui approche un moment spécial pour nous, nos familles et nos amis.

A Ganénou, de 10h30 à 12h30

Pour vous accompagner: vidéo chants de Hanouka

Nous ne sommes rien! Dracha de Yom Kipour

Qui êtes-vous ? Qui voulez-vous devenir ?
En ce rendez-vous solennel de Yom Kipour, il est temps de nous reposer cette question traditionnelle.
En vous la posant, je me la pose également à moi-même.
Qui suis-je ? Vers quelle version de moi-même suis-je en chemin ?

Le temple de Delphes portait l’inscription « connais-toi, toi-même ».
La difficulté de cette formulation, c’est qu’elle prétend que nous « sommes » quelque chose, que nous aurions une « essence », une « nature ».

Or, nous ne sommes rien. Nous ne sommes rien de figé.
Nous voudrions savoir, et parfois nous le demandons aux autres, à nos amis, à nos psy, à nos rabbins, à nos gourous, à notre horoscope, nous voulons entendre : « tu es gentil », « tu es forte », « tu es beau » « tu es intelligente ». Nous voudrions « être ».

Dans cette recherche de réponse, nous nous tournons vers des dieux de toute sorte, vers le religieux, l’économie ou la biologie, comme s’ils avaient des réponses.  Les hommes de pouvoir et les industries technologiques l’ont compris. Les publicités fleurissent pour des tests ADN qui nous permettraient de savoir « qui nous sommes ». Nous aimons les films dans lesquels le héros change d’identité par magie, comme superman, Gigi ou les Winx. Nous passons parfois par les produits miracles ou la chirurgie esthétique.

Et nous démasquons cette tendance par l’humour. J’avais acheté il y a quelques années, un « spray » de conversion, il suffisait de l’aspirer pour devenir juif.
Nous savons que ce n’est pas aussi simple, alors nous luttons pour ne pas nous laisser tenter.

Comment définir l’identité alors qu’elle est sans cesse en mouvement ?
Sommes-nous juifs parce que nos parents étaient juifs ? Ou parce que nos enfants reçoivent un enseignement juif ? Ou parce que nous en renouvelons ce choix aujourd’hui ?

Héraclite disait que nous ne pouvons pas nous baigner deux fois dans le même fleuve. Lorsque nous nous baignons dans l’eau, elle ne doit justement pas être statique, pour que cette eau soit un mikvé, מקווה et nous aide à évoluer, elle doit être en mouvement.

Comme le disait Hillel : « N’aie pas confiance en toi jusqu’au jour de ta mort » ( ואל תאמן בעצמך עד יום מותך )ou plutôt : « ne crois pas que tu es ce que tu es, jusqu’au jour de ta mort, car tu ne sais pas ce que tu peux devenir ». (avot 2 :4)

En ce jour de Kipour, comme Hillel, nous sommes ouverts aux possibles qui s’offrent à nous pour l’année à venir.

La rencontre de Rabbi Yohanan et Rech lakich évoque l’infini des possibles.
Ils se sont justement rencontrés au bord d’un fleuve, en ce lieu de traversée, de passage et d’ouverture.

Rabbi YoHanan, le grand sage de notre tradition, s’y baignait. Rabbi YoHanan était d’une grande beauté, qui émut Rech lakich, ce terrible bandit. Rech lakich se mit alors à sauter d’une rive à l’autre, pour l’impressionner. Il lui dit « ta beauté conviendrait mieux à une femme » et rabbi YoHanan lui répondit « ta force conviendrait mieux à… l’étude de la torah ».

Rech Lakich décida de suivre la recommandation de rabbi YoHanan, il devint un grand sage, tous deux devinrent des amis « à la vie, à la mort », des compagnons d’étude indispensables l’un à l’autre. Des années plus tard, un jour de colère, Rabbi YoHanan dira à Rech laKich avec cynisme : bien sûr que tu as raison, tu t’y connais en banditisme, toi qui était brigand. Blessés, les deux amis se séparèrent et moururent de chagrin. (baba metsia 84a)

Cette histoire est peut-être encore plus importante qu’il n’y parait.
Elle parle d’amitié, d’amour, et de leur caractère vital, sans eux, nous mourons.

Comment naît l’amour ?
L’amour, nait dans une recherche de soi-même, dans un projet de transformation.

Rech Lakich saute d’une rive à l’autre, il hésite, quel chemin prendra-t-il ?
Rabbi YoHanan se baigne dans le fleuve, il se ressource, il fait un mikvé, il « se baigne dans l’espoir », il prépare une renaissance.
Tous les deux sont dans un processus de transformation qui changera leur vie. Jamais plus Rabbi YoHanan ne se baignera à nouveau dans ce même fleuve, car tout aura changé, pour lui, pour son ami, et pour les juifs de tsipori du IIIe s, et le monde juif jusqu’à aujourd’hui.

L’amour naît dans le projet de transformation, et meurt dans le retour vers le passé.
Dans un moment de colère Rabbi YoHanan a transgressé un interdit fondamental : on ne doit pas rappeler à quelqu’un ses transgressions ou ses erreurs passées ; on ne peut pas le forcer à regarder en arrière. Sinon, comme la femme de Loth, on se change en statue de sel, éternelle, mais morte.

En ce jour de kipour, comme Rech Lakich et Rabbi YoHanan, nous prenons conscience des chemins qui s’offrent à nous, des rives du fleuve que nous devons choisir, des eaux dans lesquels nous pourrions nous immerger.

Apollinaire dit cela merveilleusement avec beaucoup de nostalgie : « Passent les jours et passent les semaines, Ni temps passé, Ni les amours reviennent, Sous le pont Mirabeau coule la Seine, Vienne la nuit sonne l’heure, Les jours s’en vont je demeure »

Ce qui est écoulé, ne reviendra plus, il faut le laisser partir, il faut faire le « tachliH », תשליך le « renvoi », la cérémonie au cours de laquelle on laisse les erreurs et les regrets du passé s’écouler dans l’eau des fleuves.

En ce jour de Kipour nous prenons le temps de faire le deuil de ce qui ne reviendra pas, dans nos vies, dans le judaïsme, et dans le monde pour renoncer à attendre vainement le retour du passé.

Mais Yom Kipour ne s’arrête pas là. Il nous incite à la mobilisation : la téchouva תשובה, la téfila תפילה, la tsédaka צדקה lèvent la malédiction du passé, et nous ouvrent les portes de l’avenir.
Apollinaire continuait « l’espérance est violente » !  Et Ernst Bloch nous guide : Il faut faire un pas vers l’espoir, transformer l’espoir passif en espérance active. « L’affect de l’espoir sort de lui-même, agrandit les hommes au lieu de les diminuer. »

Comme le disent Francis Blanche et Pierre Dac, nous avons l’avenir devant nous, et il sera derrière nous chaque fois que nous ferons demi-tour. A nous de choisir dans quelle direction regarder.

Si « je demeure », je meurs. Mais si je dévie, je vis.
C’est paradoxal, mais cela fonctionne. L’intelligence, c’est la souplesse de savoir s’adapter de façon créative.

En ce jour de Kipour, nous envisageons ce qui nous aide à nous tourner vers l’avenir, à changer de chemin, à exercer notre intelligence, à « choisir la vie ».

Ainsi le hasard perd son pouvoir. Nous pouvons cesser de souhaiter une année pleine de bonheur et commencer à souhaiter une année pleine de force et de détermination.

Edgar Morin, avec d’autres, est un penseur du « réechantement du monde », son nom de naissance n’est pas Morin mais NaHoum, qui signifie consolation. Pour lui, la pensée doit quitter l’espoir d’obtenir des réponses définitives et s’ouvrir à la complexité du monde.

En ce jour de Kipour, comme Edgar Morin, nous pensons aux changements de pensée qui sont nécessaires pour que notre monde se réenchante pour nous-mêmes, pour la sagesse juive, pour le monde dans lequel nous vivons.

La philosophe féministe et anarchiste Emma Goldman avait rencontré Durruti au moment de la guerre d’Espagne. Il disait de ses soldats qu’il ne leur donnait pas d’ordres : « Ils sont venus à moi de leur plein gré, ils sont disposés à donner leur vie pour notre lutte antifasciste. Je crois, comme j’ai toujours cru, en la liberté. Une liberté qui repose sur le sens de la responsabilité. »

Le chef militaire lui-même ne considère pas qu’il a les réponses pour les autres, mais que chacun doit faire son chemin et chercher.

Publié après la mort de Durruti, L’article d’Emma Goldman, s’appelle : « Durruti n’est pas mort ». De la même façon, des siècles après la mort de Jacob, rabbi YoHanan disait « le patriarche Jacob n’est pas mort ». (taanit 5a) Car les idées que nous continuons à porter restent en vie, en changement, et en devenir.

En ce jour de Kipour, comme Emma Goldman et rabbi YoHanan, nous pensons à tous ceux « qui ne sont pas mort » et dont la pensée continue à nous mettre en mouvement.

Nous pouvons renoncer à chercher « qui nous sommes » et nous engager à décider « de quoi nous sommes capables ».
Nous pouvons renoncer à nous appuyer sur « la réponse scientifique » et rechercher « ce que disent les sciences de la complexité du monde ».

La réalité n’est pas une terre solide sur lequel nous pouvons marcher. Elle est une eau fluide dans laquelle nous pouvons nager. Elle s’écoule, tout en nous maintenant hors de l’eau.

Le travail de téchouva et de aHrayout de notre tradition, le réexamen et la responsabilité, correspondent au travail d’espérance d’Ernst Bloch, au travail de réechantement d’Edgar Morin, au travail d’action directe d’Emma Goldman.

Marc Twain disait : « Ils ne savaient pas que c’était impossible alors ils l’ont fait »

Au cours de nos vies, nous avons appris que certaines choses étaient impossibles. Il est temps de l’oublier.

Kipour est ce moment où on oublie ce qu’on croit impossible, de façon à pouvoir le réaliser.
Ce moment où l’on cesse de se connaitre, pour commencer à se découvrir,
ce moment où l’on quitte l’illusion des réponses pour le développement des questions.

Nous sommes plus que ce que nous sommes, nous sommes ce que nous pouvons devenir.

Gmar Hatima tova.

Cessons de croire : réfléchissons ! (dracha de Roch hachana 5779)

Croyez-vous au père Noël ? Croyez-vous au « dieu barbu du nuage », croyez-vous au « grand horloger », croyez-vous à la force de vie, croyez-vous dans le « Bien », croyez-vous que « l’homme est bon » ?

Croyez-vous que Moïse, fondateur du judaïsme, était orthodoxe ? Croyez-vous que si on met les téfilines tous les matins, dieu nous pardonne tout ? Croyez-vous que le plus important pour être un bon juif c’est d’aimer son prochain ? Croyez-vous mouvement libéral est celui qui porte l’avenir du judaïsme ? Que le mouvement libéral c’est bien mais heureusement que les loubavich gardent la vraie tradition ? Croyez-vous que la religion est l’opium du peuple ?

Croyez-vous qu’il faut obéir à la police, croyez-vous qu’il faut déclarer qu’on est juif au commissariat, croyez-vous que nous avons tellement souffert en tant que juif que nous n’avons plus de comptes à rendre à personne ? Croyez-vous que seuls les héros sont des « justes parmi les nations » ?

Croyez-vous que la France a un seuil maximum d’acceptation des réfugiés ? Croyez-vous que ce seuil soit atteint ? Croyez-vous que la venue de réfugies est négatif pour l’économie ? Croyez-vous que si les pauvres sont pauvres c’est parce qu’ils le méritent ? Croyez-vous que si vous n’avez pas beaucoup d’argent c’est parce que vous ne méritez pas plus ? Croyez-vous que si vous avez beaucoup d’argent c’est parce que vous le méritez ? Croyez-vous que vous ne méritez pas l’argent que vous avez ?

Croyez-vous que le monde va à sa perte compte tenu des problèmes écologiques ? Croyez-vous que la pression climatique va réduire l’humanité à encore plus de guerres et de violences ? Croyez-vous que l’humanité saura trouver de bonnes solutions au fur et à mesure que les problèmes se poseront ?

Croyez-vous que vous devez-être féminine ? Croyez-vous que vous devez être viril ? Croyez-vous que vous devez « accepter votre part de féminité » ou « votre part de masculinité » ? Croyez-vous que l’homosexualité est « contre-nature » ? Croyez-vous que l’homosexualité est une maladie qu’il faut soigner ? Croyez-vous qu’une femme peut être rabbin ? Croyez-vous qu’un homme peut être sage-femme ?

Croyez-vous que vous chantez faux ? Croyez-vous qu’il faut chanter juste pour chanter pendant l’office ? Croyez-vous qu’il faut dire les mots quand on chante les prières ou que « lalala » c’est bien aussi? Croyez-vous que si vous chantez juste la basse, ou une deuxième voix, cela pose un problème ?

Croyez-vous que se parler vraiment est dangereux ? Croyez-vous qu’il faut faire la bise même quand on n’a pas envie ? Croyez-vous qu’il est dangereux de dire « non » à ce producteur de cinéma ? Croyez-vous que vos enfants doivent embrasser tante Ursule ?

Croyez-vous qu’il est mal de pleurer ? croyez-vous qu’il faut toujours être fort ? Croyez-vous qu’être fort c’est être rigide ?

Croyez-vous qu’un discours de Roch hachana doit comporter autre chose que des questions ? Croyez-vous qu’il doit prouver l’érudition du rabbin ? Croyez-vous qu’il doit être court ou long ?

Croyez-vous que votre passé vous a formé ? croyez-vous qu’à votre grand âge, il faut juste accepter les choses comme elles sont ? Croyez-vous que compte tenu de votre jeune âge, vous devez attendre pour vous exprimer ?

Alors ? Vous avez combien de oui et combien de non ?

Nos croyances sont importantes, car elles conditionnent nos actions, il est important d’être conscients de nos croyances. Un discours de rabbin ne suffit pas à répondre à ces questions. Une introspection, une réflexion continue, peuvent permettre d’avancer. Comme l’indiquent les téfilines, nous sommes responsables de nos actes – on met les téfilines sur le bras -, de nos croyances – on met les téfilines sur le front -, et de nos sentiments -on met les téfilines face à notre coeur – , cela signifie que nous avons la liberté et le devoir, de prendre en charge nos actes, nos croyances, et nos sentiments.

Ces trois voies sont les voies du changement thérapeutique, les thérapies cognitives, comportementales et émotionnelles sont complémentaires.

Comme nous le disons dans la prière « ountané tokef  » que nous chanterons demain : Téchouva (le rééxamen de nos croyances), téfila ( la prière, le travail du coeur, qui s’adresse aux sentiments), tsédaka (donner de l’argent à ceux qui sont dans le besoin, faire des actes de solidarité), permettent de modifier le cours de nos vies, de « changer le décret ».

Il serait vraiment intéressant de voir quelles croyances sous-tendent nos comportements et nos actions. Ces croyances, y sommes-nous totalement attachés, ou sommes-nous capables de les examiner d’une façon critique ?

Faire Roch Hachana, c’est reprendre ces croyances et leur enlever le pouvoir pour les soumettre à notre examen critique.

Car notre dieu est le dieu de la liberté,

  • Le Dieu de la sortie d’Egypte,
  • le Dieu de la première phrase des dix paroles (commandements):  » Je suis l’Éternel ton Dieu qui t’ai fait sortir de la terre d’Egypte, de la maison des esclaves. »
  • le Dieu de la dernière phrase du chéma israël:  » Je suis l’Éternel votre Dieu qui vous ai fait sortir de la terre d’Egypte. »

Se prosterner devant nos croyances, c’est de l’idolâtrie.
Nous appuyer sur Roch hachana pour les réexaminer, c’est cela être juif.
Etre juif, c’est développer un esprit critique, comme le fait le talmud.

Le talmud pose des questions sur les enseignements des sages :

  • D’où cette idée vient-elle ?
  • Quel verset l’appuierait ?
  • Quelle est sa raison ?
  • Qui l’a enseignée ?
  • Que contredit elle ?
  • Dans quel but l’exprime-t-on ?
  • Quel est son piège ?
  • En quoi est-elle en opposition avec d’autres idées connues ?

(מנלן  ,מאי קרא, מאי טעמה , מאן תנא   מני , רומיא , צריכותא , פשיטא , מה דתימא , קא משמע לן , במאי קמיפלגי ,  ביניהו מאי  )

Chacune de nos croyances devrait passer par le tamis impitoyable des questions talmudiques.

En tant que juifs libéraux, nous avons la chance d’être fidèles à cette tradition talmudique. Nous nous sommes associés il y a deux siècles au grand mouvement d’affranchissement de la pensée en occident, la remise en cause des vieilles croyances, au développement de la pensée critique. Nous avons la chance de pouvoir clamer que dès les débuts de l’émancipation, nous étions à la jonction de deux traditions critiques : celle interne au judaïsme traditionnel, celle nourrie des outils de la pensée moderne.

En tant que juifs, et en tant que personnes modernes, nous sommes doublement outillés pour appliquer notre réflexion à nos actes.

Un discours de Rabbin ne peut pas remplacer la réflexion personnelle, alors… je vous propose… (tadada) de dépasser ce que vous croyez que doit être le discours du rabbin pour roch hachana, et de le compléter vous-mêmes : racontez à votre voisin ce que vous pensez sur les croyances, en toute liberté, puisque nous avons tous un devoir de fidélité à nous-mêmes ;

… Alors je vous proposer de prendre le temps, à deux, de compléter mon discours, de parler à votre voisin de vos croyances et réciproquement. Si vous êtes seul, levez la main pour rejoindre un partenaire, puis choisissez qui parlera en premier, pendant une minutes, je vous ferai signe à ce moment pour que vous changiez de rôle…

Merci pour cette belle participation et pour cette belle transgression et ce beau respect.

Transgression, car en principe on ne parle pas pendant le discours du rabbin et chacun reste à sa place. (pour ceux qui avaient ces croyances)

Respect, car les pirké avot nous disent : fais-toi un rabbin, et acquiers-toi un compagnon ; (Avot 1 :6)

יהושע בן פרחיה אומר עשה לך רב וקנה לך חבר והוי דן את כל האדם לכף זכות

c’est par le partage de nos pensées que nous apprenons à les affiner, à les interroger, et à poser toutes les questions. Comme le Adam primordial, nous avons besoin d’un « aide contre nous », d’une personne qui nous force à nous réexaminer.

Respect, parce que notre tradition nous demande de porter nous-mêmes le judaïsme, et de ne nous reposer sur personne pour faire le travail à notre place : Si je ne suis pas pour moi, qui le sera, si je ne suis que pour moi, que suis-je, si je n’agis pas maintenant, quand ?

Merci, car en tant que rabbin, je suis en permanence confrontée aux limites de mon action, c’est par NOTRE action que nous pouvons vraiment aller plus loin.

Le mot « foi » n’existe pas en hébreu, nous ne devons pas « croire ».

C’est le mot fidélité qui est important, émoun, אמון , le fait que j’ai confiance dans les principes qui animent ma vie, et qu’on peut me faire confiance pour que j’agisse.

Quand je dis « amen », je dis « je suis là », pour soutenir des pensées que j’ai examinées et adoptées.

Je nous souhaite cette année, de réexaminer nos croyances, pour que nous puissions ensuite leur être fidèles.

Merci chère communauté, chers administrateurs, chers membres, chers amis, chère famille, merci de m’avoir mise face à moi-même cette année, de m’avoir soutenue, de m’avoir éprouvée, de m’avoir écoutée, de m’avoir fait la sourde oreille, de m’avoir réfutée, de m’avoir dérangée, de m’avoir laissé prendre soin de moi-même,

Merci de m’avoir obligée à augmenter ma liberté.

Je compte sur nous pour faire pire l’année prochaine.

chana tova oumétouka, léchana tova tikatévou,  une année bonne et douce à vous, et que vous soyez inscrits dans le livre de la vie.

Kadich et transmission

La synagogue nous accueille dans les moments de joie comme dans les moments difficiles. Le Rabbin est présent pour accompagner la famille pendant le temps du deuil, à l’enterrement, pendant la Chiva (les sept jours du deuil), et à la synagogue. Là, les endeuillés peuvent prononcer le Kadich, et la communauté leur répondre. Pour en savoir plus, vous pouvez suivre ce lien.

Au cours de la Chiva à la synagogue, nous étudions également des textes. L’un d’entre eux est le texte suivant, qui raconte la légende de Rabbi Akiva et du Kadich.

Le Kadich est souvent considérée aujourd’hui comme la prière des endeuillés. Il ne figure pourtant pas tant que tel dans les deux Talmud ni dans le Michné Torah de Maïmonide, il apparait d’abord comme une pratique réservée au cimetière avant d’investir également la synagogue. En Yiddish, on pourrait résumer le sens de la récitation du Kadish par les mots « mir zaynen do ». Voici l’histoire qui a inspiré la récitation du Kadich par les endeuillés, qui se trouve dans différentes traditions dans la littérature rabbinique depuis le VIIIe siècle.  Elle nous parle de l’espoir jamais caduc de donner un sens à nos vies, à travers ce que nous avons pu transmettre à nos enfants.

Sidour tefila larokéaH, Rabbi Elazar de Worms, 12e et 13e siècles ([קז] ויתן לך עמ’ תרב  (ou midrach TanHouma 9es)

 

« Et l’orphelin dit le Kadich, Ytgadal, Yéhé chémé, YtbaraH, Yéhé chélama rabba, et Ossé chalom bimromav jusqu’à Véimérou amen. Pourquoi l’orphelin dit le Kadich ? à cause d’une histoire qui s’est passée. C’est l’histoire de Rabbi Akiva ( erets israel 1-2e s) qui se promenait dans un cimetière et a heurté un homme qui était nu et noir comme du charbon et portait sur sa tête l’équivalent de dix charges et il courait comme un cheval. Rabbi Akiva   le força à s’arrêter et lui dit : Pourquoi fais-tu un travail aussi difficile, si tu es un esclave et que ton maître te fait cela je vais te racheter de sa main et si tu es pauvres je vais t’enrichir. Il lui dit « S’il te plait, ne me retarde pas de peur que ceux qui sont mes référents ne se mettent en colère contre moi ». Il lui dit : « De quoi s’agit-il et qu’as-tu fait ? » Il lui dit : « L’homme que tu vois est mort et chaque jour on m’envoie couper du bois et on me brûle avec. » Il lui dit : « Mon fils, quel était ton métier dans le monde dont tu viens ? » Il lui dit : « J’étais collecteur des impôts et je faisais partie des chefs du peuple et je faisais des sourires aux riches et je tuais les pauvres. » Il lui dit : « Tu n’as rien entendu de tes supérieurs concernant un remède ? » Il lui dit : « S’il te plait, ne me retarde pas de peur que les responsables du malheur ne se mettent en colère contre moi, car ce pauvre homme ne peut-être corrigé, mais j’ai entendu de leur part une chose qui ne saurait pas être, que si ce pauvre avait un fils qui se tenait devant une assemblée et disait « baréHou et adonaï hamévoraH » et qu’on répondait après lui « barouH adonaï hamévoraH » ou qu’il diste « Ytgadal » et qu’on réponde après lui « yéhé chémé rabba mévaraH », immédiatement on délivrerai ce pauvre homme de son malheur et cet homme n’a pas eu de fils dans ce monde il a quitté sa femme enceinte et ne sait pas si elle a donné naissance à un garçon, qui lui a enseigné la torah car ce pauvre homme n’a pas une personne qui l’aime dans le monde. » A ce moment, Rabbi Akiva a pris l’engagement d’aller chercher si il avait eu un fils pour lui enseigner la Torah et le placer devant le public. Il lui dit « quel est ton nom », il lui dit « Akiva », et le nom de ta femme ? Il lui dit « Chochneva », et le nom de ta ville ? Il lui dit « Davké » immédiatement Rabbi Akiva s’est donne une grande peine et est allé demandre à son sujet et quand il arriva à ce même endroit il a demandé à son sujet et ils lui ont dit « que soient effacés les os de ce méchant », il a demandé à propos de sa femme, ils lui ont dit « que son nom et son souvenir soient effacés du monde », il a demandé à propos d’un fils, ils lui ont dit « et fait il n’est même pas circoncis, même le commandement de la Brit Mila ils ne s’en sont pas occupés pour lui », immédiatement Rabbi Akiba l’a pris et l’a circoncis et l’a installé face à lui et il n’a pas voulu accepter la Torah jusqu’à ce qu’il fasse pour lui quarante jours de jeûne, alors est sortie une voix et elle a dit à Rabbin Akiva : « Va et enseigne lui », il est allé et lui a enseigné la Torah et la lecture du Chéma et les 18 bénédictions et le birkat hamazon et il l’a installé devant le public et il a dit « baréHou et adonaï hamévoraH » et le public a répondu « barouH adonaï hamévoraH », Ytgadal, Yéhé chémé rabba, à cet instant ils ont délivré le mort de son malheur, immédiatement Rabbi Akiva a fait un rêve et a dit «  Que ce soit une volonté pour le Saint, béni soit-il, que ta conscience repose au jardin d’Eden car tu m’as sauvé de la justice de la guéhène » immédiatement Rabbi Akiva a dit «  Que ton nom Eternel soit éternellement, ton souvenir de génération en génération. Et c’est également ce que j’ai trouvé dans le tana de Eliahou rabba : «  le mineur qui dit Ytgadal sauve son père de la misère »

והיתום אומר קדיש, יתגדל, יהא שמיה, יתברך, יהא שלמא רבא, ועושה שלום במרומיו עד ואמרו אמן. למה היתום אומר קדיש משום מעשה שהיה: מעשה בר’ עקיבא שהיה מהלך בבית הקברות ופגע באדם אחד שהיה ערום ושחור כפיחם והיה טוען על ראשו כסבור עשרה טעונין, והיה רץ בהם כסוס שהוא רץ, גזר עליו ר »ע והעמידו, ואמר לאותו האיש למה אתה עושה עבודה קשה כזאת, אם עבד אתה ואדוניך עושה לך כך אני אפדה אותך מידו, ואם עני אתה אני מעשיר אותך, אמר לו בבקשה ממך אל תעכבני שמא ירגזו עלי אותם הממונים עלי, אמר לו מה זו ומה מעשיך, אמר לו אותו האיש מת הוא ובכל (עמ’ תרג) יום ויום שולחים אותי לחטוב בעצים ושורפין אותי בהם, אמר לו בני מה היה מלאכתך בעולם שבאת הימנו, אמר לו גבאי המס הייתי והייתי מראשי העם ונושא פנים לעשירים והורג עניים, אמר’ לו כלום שמעת מן הממונים עליך אם יש לך תקנה, אמר לו בבקשה ממך אל תעכבני שמא ירגזו עלי בעלי פורענות שאותו האיש אין לו תקנה, אלא שמעתי מהם דבר שאינו יכול להיות, שאילמלא היה לעני זה בן שהוא עומד בקהל ואומר ברכו את ה’ המבורך ועונין אחריו ברוך ה’ המבורך, או יאמר יתגדל ועונין אחריו יהא שמיה מברך, מיד מתירין אותו האיש מן הפורענות, ואותו האיש לא הניח בן בעולם, ועזב אשתו מעוברת ואינו יודע אם תלד זכר מי מלמדו תורה שאין לאותו האיש אהוב בעולם. באותו שעה קבל עליו ר’ עקיבא לילך ולחפש אם הוליד בן כדי שילמדנו תורה ויעמידו לפני הצבור, אמר לו מה שמך אמר לו עקיבא, ושום אינתתך אמר לו שושניבא, ושום קרתך אמר לו דוקיא, מיד נצטער ר’ עקיבא צער גדול והלך ושאל עליו, כיון שבא לאותו מקום שאל עליו, אמרו לו ישתחקו עצמותיו של אותו רשע, שאל על אשתו אמרו לו ימחה שמה וזכרה מן העולם, שאל על בן, אמרו לו הרי הוא ערל אפי’ מצות מילה לא עסקו בו, מיד נטלו ר’ עקיבא ומלו והושיבו לפניו, ולא היה מקבל תורה עד שישב עליו מ’ יום בתענית, ויצאה בת קול ואמרה לו ר’ עקיבא לך ולמד לו, הלך ולמדו תורה וקרית שמע וי »ח ברכות וברכת המזון, והעמידו לפני הקהל ואמר ברכו את ה’ המבורך וענו הקהל ברוך ה’ המבורך, יתגדל, יהא שמיה רבא, באותה שעה מיד התירו המת מן הפורענות, מיד בא לר’ עקיבא בחלום ואמר יהי רצון מלפני הקדוש ברוך הוא שתנוח דעתך בגן עדן שהצלת אותי מדינה של גיהנם, מיד פתח ר’ עקיבא ואמר יהי שמך ה’ לעולם ה’ זכרך לדור ודור. וכן מצאתי בתנא דבי אליהו רבא קטן האומר יתגדל מציל אביו מן הפורענות ».

Chants historiques d’Israël pour la prière du chabbat

A l’occasion des 70 ans de l’Etat d’Israël, nous avons chanté plusieurs prières sur des airs de chansons historiques israélienne.

Retrouvez ces chants en audio et en document papier sur les liens suivants:

téléchargez en PDF ou en .doc: Feuille de chants 70 ans Israël 11 mai Feuille de chants 70 ans Israël 11 mai

Lekha Dodi

Lekha dodi likra’t kala, pené Chabbat nekabla.

Chamor ve-zakhor be-dibour èhad, hichmiânou el ha-meyouhad,

Adonaï éhad ou-chemo éhad,

le-chèm ou-le-tif’èrèt ve-li-tehila.

 

Likr’at Chabbat lekhou ve-nélkha,

ki hi mekor ha-berakha,

mé-roch mi-kèdèm nessoukha,

sof maâssé be-mahachava tehila.

 

Mikdach mèlèkh îr meloukha,

koumi tséi mi-tokh ha-hafékha,

rav lakh chévèt be-êmek ha-bakha,

ve-hou yahmol alaïkh hèmla.

 

Hit’naâri mé-âfar koumi,

livchi bigdé tifart’èkh âmi,

âl yad ben Yichaï béit ha-lahmi,

korva èl nafchi g’eala.

 

Hit’ôreri hit–ôreri,

ki va orèkh koumi ori,

Ouri ouri, chir daberi,

kevod Adonaï âlaïkh nig’la.

 

Lo tèvochi ve-lo tikalmi,

ma tichtohahi ou-ma téhémi,

Bakh yèhèssou âniyé âmi,

ve-nivneta îr âl tila.

 

Ve-hayu limshisah shosayihk

Ve-rakhaku kol mevalayihk

Yasis alayikh E-lohayikh

Kimsos chatan al kalah

 

Yamin u-smol tifrotzi

Ve-et Ado-nai ta’aritzi

Al yad ish ben Partzi

Ve-nismechah ve-nagilah

 

 

Boi ve-shalom ateret ba’alah

Gam be-simkhah u-ve-tzahalah

Toch emunei am segulah

Bo-i chalah boi chalah

 

לְכָה דוֹדִי לִקְרַאת כַּלָּה // פְּנֵי שַׁבָּת נְקַבְּלָה

 

שָׁמוֹר וְזָכוֹר בְּדִבּוּר אֶחָד // הִשְׁמִיעָנוּ אֵל הַמְיֻחָד // ה’ אֶחָד וּשְׁמוֹ אֶחָד // לְשֵׁם וּלְתִפְאֶרֶת וְלִתְהִלָּה

 

לִקְרַאת שַׁבָּת לְכוּ וְנֵלְכָה // כִּי הִיא מְקוֹר הַבְּרָכָה // מֵראשׁ מִקֶּדֶם נְסוּכָה // סוֹף מַעֲשֶׂה בְּמַחֲשָׁבָה תְּחִלָּה

 

מִקְדַּשׁ מֶלֶךְ עִיר מְלוּכָה // קוּמִי צְאִי מִתּוֹךְ הַהֲפֵכָה // רַב לָךְ שֶׁבֶת בְּעֵמֶק הַבָּכָא // וְהוּא יַחֲמוֹל עָלַיִךְ חֶמְלָּה

 

הִתְנַעֲרִי מֵעָפָר קוּמִי // לִבְשִׁי בִּגְדֵי תִפְאַרְתֵּךְ עַמִּי // עַל יַד בֶּן יִשַׁי בֵּית הַלַּחְמִי // קָרְבָה אֶל נַפְשִׁי גְּאָלָּהּ

 

הִתְעוֹרְרִי הִתְעוֹרְרִי // כִּי בָא אורֵךְ קוּמִי אוֹרִי // עוּרִי עוּרִי שִׁיר דַּבֵּרִי // כְּבוד ה’ עָלַיִךְ נִגְלָּה

 

לֹא תֵבֹשִׁי וְלֹא תִכָּלְמִי // מַה תִּשְׁתּוֹחֲחִי וּמַה תֶּהֱמִי // בָּךְ יֶחֱסוּ עֲנִיֵּי עַמִּי // וְנִבְנְתָה עִיר עַל תִּלָּהּ

 

וְהָיוּ לִמְשִׁסָּה שֹׁאסָיִךְ // וְרָחֲקוּ כָּל מְבַלְּעָיִךְ // יָשִּׂישׂ עָלַיִךְ אֱלֹהָיִךְ // כִּמְשּׂוֹשׂ חָתָן עַל כַּלָּה

 

יָמִין וּשְׂמֹאל תִּפְרֹצִי // וְאֶת ה’ תַּעֲרִיצִי // עַל יַד אִישׁ בֶּן פַּרְצִי // וְנִשְׂמְחָה וְנָגִילָה

 

בֹּאִי בְשָׁלוֹם עֲטֶרֶת בַּעְלָהּ // גַּם בְּשִׂמְחָה וּבְצָהֳלָה // תּוֹךְ אֱמוּנֵי עַם סְגֻלָּה // בּוֹאִי כַלָּה בּוֹאִי כַלָּה // תּוֹךְ אֱמוּנֵי עַם סְגֻלָּה //בּוֹאִי כַלָּה שַׁבָּת מַלְכְּתָא

 

Adon olam

Adon olam acher mal/kh

Beterem kol yitzir nivra

 

 

let naasa b’hephtzo kol

azai melekh chmo nikra

 

 

vea’hare kikhlot hakol

levado imlokh nora

 

 

vehou haya vehou hové

vehou yihiè betiphara

 

 

vehou e’had veein cheni

lehamchil lo lha’hbira

 

 

beli rechit beli ta’hlit

velo haoz vehamisra

 

 

vehou eli ve’hai goali

vetzour ‘hevli beèt tzara

 

 

vehou nisi oumanos li

menat kosi beyom ékra

 

 

beyado aphkid rou’hi

beèt ichan veaira

 

 

veim rou’hi geviati

Adonai li velo ira.

 

אֲדוֹן עוֹלָם אֲשֶׁר מָלַךְ /

בְּטֶרֶם כָּל יְצִיר נִבְרָא

 

לְעֵת נַעֲשָׂה בְחֶפְצוֹ כֹּל /

אֲזַי מֶלֶךְ שְׁמוֹ נִקְרָא

 

וְאַחֲרֵי כִּכְלוֹת הַכֹּל /

לְבַדּוֹ יִמְלֹךְ נוֹרָא

 

וְהוּא הָיָה וְהוּא הוֹוֶה /

וְהוּא יִהְיֶה בְּתִפְאָרָה

 

וְהוּא אֶחָד וְאֵין שֵׁנִי /

לְהַמְשִׁילוֹ לְהַחְבִּירָה

 

בְּלִי רֵאשִׁית בְּלִי תַכְלִית /

וְלוֹ הָעֹז וְהַמִּשְׂרָה

 

וְהוּא אֵלִי וְחַי גּוֹאֲלִי /

וְצוּר חֶבְלִי בְּיוֹם צָרָה

 

וְהוּא נִסִּי וּמָנֻסִּי /

מְנָת כּוֹסִי בְּיוֹם אֶקְרָא

 

בְּיָדוֹ אַפְקִיד רוּחִי /

בְּעֵת אִישַׁן וְאָעִירָה

 

וְעִם רוּחִי גְוִיָּתִי /

אֲדֹנָי לִי וְלֹא אִירָא

 

Yerushalayim shel zahav

(Jérusalem d’or)

Avir harim tsalul kayaïn
vereyah ’oranim
Nisa’ beruah ‘arbayim
‘im qol pa‘amonimuvtardemat ’ilan va’even
shvuya bahalomah
ha‘ir ’asher badad yoshevet
uvelibah homahYerushalayim shel zahav veshel nehoshet veshel ’or
halo’ lekhol shirayikh ’ani kinorHazarnu ’el borot hammayim
lashuq velakikar
shofar kore’ behar habayit
ba‘ir ha‘atiqah

uvame‘arot ’asher basela‘
’alfey shmashot zorhot
veshuv nered le yam-hammelah
bederekh yeriho

Yerushalayim shel zahav veshel nehoshet veshel ’or
halo’ lekhol shirayikh ’ani kinor

Akh bevo’i hayyom lashir lakhv
velakh liqshor ktarim
qatonti mitse‘ir banaïkh
ume’ahron hamshorerim

ki shmekh tsorev et-hasfatayim
kineshiqat saraf
’im eshkahekh yerushalayim
’asher kulakh zahav

Yerushalayim shel zahav veshel nehoshet veshel ’or
halo’ lekhol shirayikh ’ani kinor

 

אוויר הרים צלול כיין
וריח אורנים
נישא ברוח ערביים
עם קול פעמוניםובתרדמת אילן ואבן
שבויה בחלומה
העיר אשר בדד יושבת
ובלבה חומהירושלים של זהב ושל נחושת ושל אור
.הלא לכל שיריך אני כינורחזרנו אל בורות המים
לשוק ולכיכר
שופר קורא בהר הבית
.בעיר העתיקה

ובמערות אשר בסלע
אלפי שמשות זורחות
ושוב נרד לים המלח
.בדרך יריחו

ירושלים של זהב ושל נחושת ושל אור
הלא לכל שיריך אני כינור

אך בבואי היום לשיר לך
ולך לקשור כתרים
קטונתי מצעיר בניך
.ומאחרון המשוררים

כי שמך צורב את השפתיים
כנשיקת שרף
אם אשכחך ירושלים
…אשר כולה זהב

ירושלים של זהב ושל נחושת ושל אור
הלא לכל שיריך אני כינור

 

 

OD LO AHAVTI DAI

(je n’ai pas assez aimé)

 

Beele hayadayim od lo baniti kfar,
Od lo matzati mayim beemtza hamidbar
Od lo tziyarti perakh, od lo giliti eykh
Tovil ot haderekh ulean ani holekhAh …Od lo ahavti day 
Haruakh vehashemesh al panay
Od lo amarti day
Ve im lo akhshav – eymatay ?
Od lo shatalti deshe, od lo hekamti ir,
Od lo natati kerem al kol givot hagir
Od lo hakol asiti mamash bemo yaday
Od lo hakol nisiti, od lo ahavti day. 

 

Od lo hekamti shevet, od lo khibarti shir,
Od lo yarad li sheleg beemtza hakatzir.
Ani od lo katavti et zikhronotay
Ahi od lo baniti et beyt khalomotay

 

Veaf alpi sheat po, veat kol kakh yafa
Mimekh ani boreakh kemo mimagefa
Od yesh harbe dvarim sheratziti laasot
At etakh tislekhi li gam bashana hazot.

 

 

באלה הידיים עוד לא בניתי כפר
עוד לא מצאתי מים באמצע המדבר
עוד לא ציירתי פרח, עוד לא גיליתי איך
תוביל אותי הדרך ולאן אני הולךאי – עוד לא אהבתי די
הרוח והשמש על פני
אי – עוד לא אמרתי די
ואם לא, אם לא עכשיו אימתיעוד לא שתלתי דשא, עוד לא הקמתי עיר
עוד לא נטעתי כרם על כל גבעות הגיר
עוד לא הכל עשיתי ממש במו ידי
עוד לא הכל ניסיתי, עוד לא אהבתי די

אי – עוד לא אהבתי די…

עוד לא הקמתי שבט, עוד לא חיברתי שיר
עוד לא ירד לי שלג באמצע הקציר
אני עוד לא כתבתי את זיכרונותי
עוד לא בניתי לי את בית חלומותי

אי – עוד לא אהבתי די…

ואף על פי שאת פה, ואת כל כך יפה
ממך אני בורח כמו ממגיפה
עוד יש הרבה דברים שרציתי לעשות
את בטח תסלחי לי גם בשנה הזאת

תביני, אי – עוד לא אהבתי די…

 

 

 

Hatikva

                 (L’espoir Hymne national d’Israël)

 

Kol od balevav penima
Nefesh yehudi homiya,
Ulfa’ate mizrakh kadima
Ayin letsion tsofiya.
Od lo avda tikvatenu
Hatikva bat shnot alpayim,
Lihyot am hofshi be’artsenu,
Erets Tsion vi’yeroushalayim.
Lihyot am hofshi be’artsenu,
Erets Tsion vi’yeroushalayim. Tant que dans le cœur, à l’intérieur, une âme juive vibre, et que vers l’est, en avant, un œil observe vers Sion, notre espoir n’est pas perdu, un espoir qui a deux-mille ans, d’être un peuple libre sur notre terre, la terre de Sion et de Jérusalem
כָּל עוֹד בַּלֵּבָב פְּנִימָה
נֶפֶשׁ יְהוּדִי הוֹמִיָּה,
וּלְפַאֲתֵי מִזְרָח, קָדִימָה,
עַיִן לְצִיּוֹן צוֹפִיָּה,עוֹד לֹא אָבְדָה תִּקְוָתֵנוּ,
הַתִּקְוָה בַּת שְׁנוֹת אַלְפַּיִים,
לִהְיוֹת עַם חָופְשִׁי בְּאַרְצֵנוּ,
אֶרֶץ צִיּוֹן וִירוּשָׁלַיִםלִהְיוֹת עַם חָופְשִׁי בְּאַרְצֵנוּ,
אֶרֶץ צִיּוֹן וִירוּשָׁלַיִם 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Shir la Shalom

Tenu la-shemesh la-`alot
La-boker le-ha’ir
Hazaka sheba-tefilot
Otanu lo tahzir.
Mi asher kava nero
Uve-`afar nitman
Bekhi mar lo ya`iro
Lo yahziro lekhan.Ish otanu lo yashiv
Mi-bor tahtit afel
Kan lo yo`ilu
Lo simhat ha-nitzahon
Velo shirei halel 

Lakhen rak shiru,
Shir la-shalom,
Al tilhashu tefila
Mutav tashiru,
Shir la-shalom
Bi-tze`aka gedola

 

Tenu la-shemesh la-hador
Mi-ba`ad la-perahim.
Al tabitu le-’ahor
Hanihu la-holekhim
Se’u `eynayim be-tikva
Lo derekh kavanot
Shiru shir la-’ahava
Velo la-milhamot

 

Al tagidu yom yavo
Havi’u et ha-yom
Ki lo halom hu
Uve-khol ha-kikarot
Hari`u la-shalom

 

תנו לשמש לעלות
לבוקר להאיר
חזקה שבתפלות
אותנו לא תחזיר
מי אשר כבה נרו
ובעפר נטמן
בכי מר לא יעירו
לא יחזירו לכאןאיש אותנו לא ישיב
מבור תחתית אפל
כאן לא יועילו
לא שימחת הניצחון
ולא שירי הלל 

לכן רק שירו
שיר לשלום
אל תלחשו תפילה
מוטב תשירו
שיר לשלום
בצעקה גדולה

 

תנו לשמש לחדור
מבעד לפרחים
אל תביטו לאחור
הניחו להולכים
שאו עיניים בתקווה
לא דרך כװנות
שירו שיר לאהבה
ולא למלחמות

 

אל תגידו יום יבוא
הביאו את היום
כי לא חלום הוא
ובכל הכיכרות
הריעו לשלום

 

 

 

Office festif pour les 70 ans de l’Etat d’Israël

Le 14 mai 1948 renaissait l’Etat d’Israël. Il fête cette semaine ses 70 ans. C’est l’occasion de revenir sur les valeurs et les espoir qu’il incarnait, et sur le sens qu’il a pour nous aujourd’hui.

La déclaration d’indépendance de l’Etat d’Israël peut être relue ici sur le site de la documentation française.

Le Rabbin Gilad Kariv, Président du Mouvement du Judaïsme Progressiste en Israel, a écrit à cette occasion un texte sur  l’histoire et l’avenir d’Israël que vous pourrez lire ici.

Pour notre part, nous ferons à la synagogue un office rehaussé de mélodies israéliennes, avec en particulier les chants suivants:

Et peut-être, même quelques surprises, comme la danse suivante: