Chabbat: retour vers le futur ce matin 11h à Nation

Bonjour à toutes et à tous!

Les cours adultes « Retour vers le futur » du dimanche matin ont repris. Ce dimanche: Le chabbat: quel est son sens historique? Quel est son sens pour nous aujourd’hui? Comment le célébrer? Comment en faire un temps de construction familiale et sociale? Nous travaillerons de façon active, autour de ces questions et des documents suivants. Ces petites feuilles à imprimer chez vous vous permettront de distinguer l’essentiel de l’accessoire, et de trouver ou d’affiner votre façon personnelle d’intégrer ce merveilleux temps du chabbat à votre quotidien.

Téléchargez ici le document à imprimer: chabbat et havdala en word // chabbat rdj en PDF

Bénédictions pour le vendredi soir

Traduction et abrégés libres et fidèles par le Rabbin Floriane Chinsky pour Surmelin

1 – hadlaka – accueillir le chabbat

Tu es une bénédiction Eternel notre dieu roi du monde, qui nous a rendus spéciaux par le mode de vie qu’il nous enseigne et nous a ordonné d’allumer les bougies du chabbat.

BarouH ata adonaï élohénou mélèH haolam acher kidéchanou bémitsvotav vétsivanou léhadlik ner chel chabbat

בָּרוּךְ אַתָּה ה’ אֱלֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם, אֲשֶׁר קִדְּשָׁנוּ בְּמִצְוֹתָיו וְצִוָּנוּ לְהַדְלִיק נֵר שֶׁל שַׁבָּת

2 – Kidouch – rendre ce moment spécial

Sixième jour. Ils furent terminés les cieux et la terre et tout ce qui allait avec. Il termina, dieu, le septième jour, son travail qu’il avait fait, il s’arrêta, pendant le septième jour, de tout son travail qu’il avait fait, il bénit, dieu, le septième jour, il le rendit spécial, car en ce jour il s’est arrêté de tout son travail qu’il avait créé, dieu, pour le faire. (Gen. 2)

Allez mes amis ! Pour la vie !

Tu es une bénédiction Eternel nos Forces roi du monde qui crée le fruit de la vigne.

Tu es une bénédiction Eternel notre dieu roi du monde qui nous a rendu spéciaux par le mode de vie qu’il nous enseigne et il a une volonté pour nous, et son chabat spécial, dans l’amour et la volonté, il l’a posé sur nous en souvenir de l’acte de création, car il est un jour de début des rendez-vous spéciaux en souvenir de la sortie d’Egypte car il nous a choisi et il nous a rendu spéciaux parmi tous les peuples et ton chabbat spécial dans l’amour et dans la volonté tu l’as posé sur nous.

Tu es une bénédiction Eternel qui rend spécial le chabbat

Yom hachichi vayéHoulou hachamaim véaharetz véHol tsévaam vayéHal élohim bayom hachévii melaHto acher assa vayichbot bayom hachévii mikol mélaHto acher assa vayévareH élohim et yom hachévii vayékadech oto ki vo chavat mikol mélaHto acher bara élohim laassot

Savré Havéraï « LéHaim »

BarouH ata adonaï élohénou méleH haolam boré péri hagafen

BarouH ata adonaï élohénou méleH haolam acher kidéchanou bémitsvotav vératsa vanou véchabat kodcho béahava ouvératson inHilanou zikaron lémaassé véréchit ki hou yom téHila lémikraé kodech zéHer liyetsiat mitsraïm ki vanou vaHarta véotanou kidachta mikol haamim véchabat kodchéHa béahava ouvratson inHaltanou.

BarouH ata adonaï mékadech hachabat

יום הַשִּׁשִּׁי. וַיְכֻלּוּ הַשָּׁמַיִם וְהָאָרֶץ וְכָל צְבָאָם: וַיְכַל אֱלהִים בַּיּום הַשְּׁבִיעִי מְלַאכְתּו אֲשֶׁר עָשָׂה. וַיִּשְׁבּת בַּיּום הַשְּׁבִיעִי מִכָּל מְלַאכְתּו אֲשֶׁר עָשָׂה:  וַיְבָרֶךְ אֱלהִים אֶת יום הַשְּׁבִיעִי וַיְקַדֵּשׁ אתו. כִּי בו שָׁבַת מִכָּל מְלַאכְתּו אֲשֶׁר בָּרָא אֱלהִים לַעֲשׂות:

סַבְרִי חברי              לְחַיִּים

בָּרוּךְ אַתָּה ה’, אֱלהֵינוּ מֶלֶךְ הָעולָם, בּורֵא פְּרִי הַגֶּפֶן:

בָּרוּךְ אַתָּה ה’, אֱלהֵינוּ מֶלֶךְ הָעולָם, אֲשֶׁר קִדְּשָׁנוּ בְּמִצְותָיו וְרָצָה בָנוּ, וְשַׁבַּת קָדְשׁו בְּאַהֲבָה וּבְרָצון הִנְחִילָנוּ, זִכָּרון לְמַעֲשֵׂה בְרֵאשִׁית, כי הוא יום תְּחִלָּה לְמִקְרָאֵי קדֶשׁ, זֵכֶר לִיצִיאַת מִצְרַיִם. כי בנו בחרת ואותנו קידשת מכל העמים, וְשַׁבַּת קָדְשְׁךָ בְּאַהֲבָה וּבְרָצון הִנְחַלְתָּנוּ:

בָּרוּךְ אַתָּה ה’, מְקַדֵּשׁ הַשַּׁבָּת:

3 – Nétilat/Motsi – commencer le repas

Tu es une bénédiction Eternel notre dieu roi du monde, qui nous a rendus spéciaux par le mode de vie qu’il nous enseigne et nous a ordonné de nous élever les mains.

Tu es une bénédiction Eternel notre dieu roi du monde, qui fait sortir le pain de la terre.

BarouH ata adonaï élohénou méleH haolam acher kidéchanou bémitsvotav vétsivanou al nétilat yadaïm

BarouH ata adonaï élohénou méleH haolam hamotsi léHem min haaretz

בָּרוּך אָתָּה ה’ אֱלֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם, אֲשֶר קִדְשָנוּ בְּמִצְוֹתָיו וצִונוּ עַל נטִילַת ידַים

בָּרוּך אָתָּה ה’ אֱלֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם, הַמוֹצִיא לֶחֶם מִן הָאָרֶץ

4 – birkat hamazon – conclure le repas (Très abrégé)

Tu es une bénédiction Eternel qui nourrit tout. Tu es une bénédiction Eternel pour la terre et pour la nourriture. Tu es une bénédiction Eternel, qui crée dans ta bonté Jérusalem.

Tu es une bénédiction Eternel, dieu qui est notre père, notre roi, notre puissant, notre créateur, notre sauveur, notre façonneur, spécial pour nous, spécial pour Jacob, il a été bon il est bon il sera bon pour nous, il nous a donné, nous donne et nous donnera pour toujours ce dont nous avons besoin.

Celui qui fait la paix dans ses hauteurs, il fera la paix pour nous et pour tout Israël et pour tous les habitants de la planète

BarouH ata adonaï hazan et hakol /BarouH ata adonaï al haaretz veal hamazon /BarouH ata adonaï boné béraHamav yérouchalaïm

BarouH ata adonaï élohénou méleH haolam hael avinou malkénou adirénou borénou goalénou yotsrénou kédochénou lédoch yaacov, hou étiv hou métiv hou yétiv lanou, hou gmalanou hou gomlénou hou igmelnou laad.

Ossé chalom bimromav hou yaassé chalom alénou veal kol Israel véimérou amen

בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ הַזָּן אֶת הַכֹּל ; בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ, עַל הָאָרֶץ וְעַל הַמָּזוֹן ;בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ, בּוֹנֵה בְרַחֲמָיו יְרוּשָׁלַיִם

בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ אֱלֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם, הָאֵל, אָבִינוּ, מַלְכֵּנוּ, אַדִירֵנוּ, בּוֹרְאֵנוּ, גֹּאֲלֵנוּ, יוֹצְרֵנוּ, קְדוֹשֵׁנוּ קְדוֹשׁ יַעֲקֹב…הוּא הֵיטִיב, הוּא מֵיטִיב, הוּא יֵיטִיב לָנוּ, הוּא גְמָלָנוּ, הוּא גוֹמְלֵנוּ, הוּא יִגְמְלֵנוּ לָעַד

עֹשֶׂה שָׁלוֹם בִּמְרוֹמָיו הוּא יַעֲשֶׂה שָׁלוֹם עָלֵינוּ וְעַל כָּל יִשְׂרָאַל, ועל כל יושבי תבל וְאִמְרוּ אָמֵן.

4 – birkat yeladim – bénir ses enfants

Que l’Eternel te bénisse et te protège !

Que l’Eternel t’illumine de sa splendeur et tourne sa face vers toi !

Que l’Eternel t’apporte la paix !

yassimHa élohim kéephraïm véHiménaché, YassimeH élohim késsara rivka raHel véléa

YévaréHéHa adonaï véyichméréHa / Yaèr adonaï panav éléHa viHounéka / Issa adonaï panav éléHa véyassem léHa chalom

יְשִׂמְךָ אֱלֹהִים כְּאֶפְרַיִם וְכִמְנַשֶּׁה

ישימך אלהים כשרה, רבקה, רחל ולאה

יְבָרֶכְךָ ה’ וְיִשְׁמֶרְךָ.

יָאֵר ה’ פָּנָיו אֵלֶיךָ וִיחֻנֵּךָּ.

יִשָּׂא ה’ פָּנָיו אֵלֶיךָ וְיַשֵּׂם לְךָ שָׁלוֹם.

 

5 – Kidouch du Samedi midi –

Les enfants d’Israël garderont le chabbat pour faire le chabbat, pour leurs générations, en alliance éternelle. Entre moi et les enfants d’Israël, elle est un signe éternel, car en six jours l’Eternel a fait les cieux et la terre et pendant le 7e jour, il s’est arrêté et s’est « reposé » (Ex. 31 :16-17)

Souviens-toi du jour du chabbat pour le rendre spécial, pendant six jour tu travailleras et tu feras toutes tes oeuvres et le septième jour est un arrêt pour l’Eternel tes forces, tu n’y feras aucune œuvre, toi, ton fils, ta fille, ton serviteur, ta servante, ton bétail, ton résidant qui est dans tes portes, car en six jours l’Eternel a fait les cieux et la terre, la mer et tout ce qu’ils contiennent, et il s’est posé le septième jour, pour cette raison l’Eternel a béni le jour du chabbat et l’a rendu spécial. (Ex. 20 :7-10)

Allez mes amis ! Pour la vie !

Tu es une bénédiction Eternel notre dieu roi du monde qui crée le fruit de la vigne.

Véchamérou béné israel et hachabat laassot et hachabat lédorotam bérit olam, beini ouvein béné israel ot hi léolam ki chéchet yamim assa adonaï et hachamaïm véèt haaretz ouvayom hachévii chabat vayinafach…

Al kén béraH adonaï et yom hachabat vayékadchéhou

Savré Havéraï « LéHaim »

BarouH ata adonaï élohénou méleH haolam boré péri hagafen

וְשָׁמְרוּ בְנֵי-יִשְׂרָאֵל, אֶת-הַשַּׁבָּת, לַעֲשׂוֹת אֶת-הַשַּׁבָּת לְדֹרֹתָם, בְּרִית עוֹלָם. בֵּינִי, וּבֵין בְּנֵי יִשְׂרָאֵל—אוֹת הִיא, לְעֹלָם: כִּי-שֵׁשֶׁת יָמִים, עָשָׂה יְהוָה אֶת-הַשָּׁמַיִם וְאֶת-הָאָרֶץ, וּבַיּוֹם הַשְּׁבִיעִי, שָׁבַת וַיִּנָּפַשׁ.

זָכוֹר אֶת-יוֹם הַשַּׁבָּת, לְקַדְּשׁוֹ. שֵׁשֶׁת יָמִים תַּעֲבֹד, וְעָשִׂיתָ כָּל-מְלַאכְתֶּךָ. וְיוֹם, הַשְּׁבִיעִי—שַׁבָּת, לַיהוָה אֱלֹהֶיךָ: לֹא-תַעֲשֶׂה כָל-מְלָאכָה אַתָּה וּבִנְךָ וּבִתֶּךָ, עַבְדְּךָ וַאֲמָתְךָ וּבְהֶמְתֶּךָ, וְגֵרְךָ, אֲשֶׁר בִּשְׁעָרֶיךָ. כִּי שֵׁשֶׁת-יָמִים עָשָׂה יְהוָה אֶת-הַשָּׁמַיִם וְאֶת-הָאָרֶץ, אֶת-הַיָּם וְאֶת-כָּל-אֲשֶׁר-בָּם, וַיָּנַח, בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי; עַל-כֵּן, בֵּרַךְ יְהוָה אֶת-יוֹם הַשַּׁבָּת—וַיְקַדְּשֵׁהוּ. סברי חברי  לְחַיִּים

בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ אֱלֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם בּוֹרֵא פְּרִי הַגָּפֶן

6 – une étude – béréchit rabba 11:4

“bénissez avec des délices”, Rabbi Yéhouda hanassi fit un repas pour Antoninous le chabbat, il lui a amené des mets froids, il es a mangés et les a aimé. Il lui a fait un repas en semaine, il lui a amené des mets fumants, il lui a dit: “les autres me plaisaient davantage que ceux-ci”, il lui a dit: “il leur manque une épice”, il lui a dit: “ Est-ce que le trésor royal manque de quoi que ce soit?” Il lui dit “c’est du chabbat qui manque, as-tu du chabbat?”

בראשית רבה י״א:ד׳ (ד) ברכו במטעמים, רבינו עשה סעודה לאנטונינוס בשבת, הביא לפניו תבשילין של צונן אכל מהם וערב לו, עשה לו סעודה בחול הביא לפניו תבשילין רותחין, א »ל אותן ערבו לי יותר מאלו, א »ל תבל אחד הן חסרין, א »ל וכי יש קלרין של מלך חסר כלום אתמהא, אמר לו שבת הן חסרין אית לך שבת אתמהא

8 – la havdala – revenir au temps de l’action

Voilà, force de ma libération, j’aurai confiance et je n’aurai pas peur, car l’Eternel est ma force et mon chant, l’Eternel ! et il y aura pour moi une libération. Et vous puiserez de l’eau dans la joie aux sources de la libération. (Isaïe 12 :2) La libération et pour l’Eternel, que ta bénédiction soit sur ton peuple, séla (Ps.3 :9) L’Eternel des unités est avec nous, il est un abris pour nous, les force de Jacob, séla (Ps. 46 :12) Eternel des unités, heureux celui qui te fait confiance (Ps.84 :13) L’Eternel libère, le roi nous répondra le jour où nous l’appellerons. (Ps.20 :10) Pour les juifs il y eut de la lumière et de la joie, de l’allégresse et du respect, qu’il en soit de même pour nous (Esther 8 :16) Je soulèverai la coupe des libérations et j’appellerai le nom de l’Eternel (Ps.116 :13, hallel)

Eternel, libère-nous, Eternel fais-nous réussir ! (Ps.118 :25) Fais-nous réussir, fais réussir…

Allez mes amis ! Pour la vie !

Tu es une bénédiction Eternel notre dieu roi du monde qui crée le fruit de la vigne. TebEndrdm qui créée toutes sortes de parfums. TebEndrdm qui créée les lumières de feu.

TebEndrdm nos forces roi du monde qui sépare le sacré du commun, la lumière des ténèbres, Israël des autres peuples, le septième jour des six jours de la création.

TebEndrdm qui sépare le sacré du commun

Ana adonaï hochia na, ana adonaï hatsliHa na, hatslihénou hatsilaH déraHénou (notre chemin) hatsliaH limoudénou (notre étude) hatsliaH michpéHoténou (nos familles) hatsliaH Havrénou (nos amis)…

Savré Havéraï – LéHaïm

BAROUH ATA ADONAI ELOHENOU MELEH HA0LAM bore péri hagafen

BAAEMH bore miné béssamim

BAAEMH bore méoré haèch

BAAEMH hamavdil bein kodech léHol ouvein or léHocheH ouvéin israel laamim ouvein yom hachévii léchéchet yémé hamaassé,

BAA hamavdil bein kodech léHol

הִנֵּה אֵל יְשׁוּעָתִי אֶבְטַח, וְלֹא אֶפְחָד:  כִּי-עָזִּי וְזִמְרָת י-ה ה’, וַיְהִי-לִי לִישׁוּעָה.  וּשְׁאַבְתֶּם-מַיִם, בְּשָׂשׂוֹן, מִמַּעַיְנֵי, הַיְשׁוּעָה.  לה’ הישועה על עמך ברכתך סלה.  יְהוָה צְבָאוֹת עִמָּנוּ מִשְׂגָּב לָנוּ אֱלֹהֵי יַעֲקֹב סֶלָה. ה’ צבאות אשרי אדם בוטח בך.ה’ הושיעה, המלך יעננו ביום קראנו. לַיְּהוּדִים, הָיְתָה אוֹרָה וְשִׂמְחָה, וְשָׂשֹׂן, וִיקָר.  כן תהיה לנו.    כּוֹס-יְשׁוּעוֹת אֶשָּׂא;    וּבְשֵׁם ה’ אֶקְרָא.

אָנָּא ה’, הוֹשִׁיעָה נָּא;    אָנָּא ה’, הַצְלִיחָה נָּא. הצליחנו הצליח…

סברי חברי           לְחַיִּים

בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ אֱלֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם בּוֹרֵא פְּרִי הַגָּפֶן

בָּרוּךְ אַתָּה ה’, אֱלהינוּ מֶלֶךְ הָעולָם, בורא מיני בשמים.

בָּרוּךְ אַתָּה ה’, אֱלהינוּ מֶלֶךְ הָעולָם, בורא מאורי האש.

בָּרוּךְ אַתָּה ה’, אֱלהינוּ מֶלֶךְ הָעולָם, המבדיל בין קודש לחול, בין אור לחושך, בין ישראל לעמים, בין יום השביעי לששת ימי המעשה.

בָּרוּךְ אַתָּה ה’ המבדיל בין קודש לחול.

Elie le Prophète, Elie de Tichbi, Elie de Gilad, nous viendra bientôt avec le messie fils de David

Myriam la Prophétesse, la force et le chant sont dans sa main, Myriam dansera avec nous pour réparer le monde

Eliyahou hanavi, éliyahou hatichbi, éliyahou haguiladi, bimhéra yavo élénou im machiaH ben david

Myriam hanévia, oz vézimra béyada myriam tirkod itanou létaken et haolam

אליהו הנביא אליהו התשבי אליהו הגלעדי במהרה יבוא אלינו עם משיח בן דוד.

מרים הנביאה עוז וזמרה בידה מרים תרקוד אתנו לתקן את העולם

 

Trouver la femme, la Torah et la mort! – Talmud et Femmes au Café des Psaumes

Les textes bibliques concernant les femmes présentent des contradictions. Comment expliquer cela? Un passage talmudique nous parle des lieux appropriés à la prière, il s’agit de lieux où l’on « trouve ». Où l’on trouve quoi? Où l’on trouve « la femme », « la Torah », « la mort » ou « la synagogue »? Et quel est le rapport entre ces quatre concepts?

Telles seront nos questions, ce mercredi au Café des Psaumes.

Télécharger ici la feuille de sources en version imprimable : talmud femmes 1 PDF    ( talmud femmes 1 DOC)

BeraHot 8a

Rav Hisda a dit toujours l’Adam entrera deux portes dans la maison du rassemblement deux portes te semble-t-il mais dit l’espace de deux portes et ensuite il se jugera

Sur cela il se jugera vers toi au moment où il a trouvé

Rabbi Hanina a dit au moment où il a trouvé c’est la femme comme il est dit il a trouvé une femme il a trouvé le bien

dans l’est quand un homme épouse une femme on lui dit ainsi a trouvé ou trouve a trouvé comme il est écrit il a trouvé une femme il a trouvé le bien et obtient la volonté de l’Eternel trouve comme je trouve amère comme la mort la femme Rabbi Natan dit au moment où il a trouvé c’est la torah comme il est dit car celui qui me trouve trouve la vie Rav NaHman fils de ItsHak a dit au moment où il a trouvé c’est la mort comme il est dit à la mort il y a des conséquences

on a aussi enseigné ainsi  neuf cent et trois sortes de morts ont été crées dans le mondre comme il est dit à la mort il y a des conséquences(totsaot) conséquences en guématria c’est havou la plus dure est le croup et la plus confortable est le baiser…

Mar Zoutra a dit c’est la maison du siège on disait dans l’ouest celle de Mar Zoutra est préférable à toutes les autres

Rava a dit à Rafram fils de Papa que Monsieur nous dise l’une de ces choses merveilleuses que l’on dit au nom de Rav Hisda dans les choses de la maison de rassemblement

il lui dit voici ce qu’a dit Rav Hisda que signifie aime l’Eternel les portes de Sion plus que tous les sanctuaires de Jacob l’Eternel aime les portes merveilleuses de la loi juive plus que les maisons de rassemblement et les maisons d’étude c’est ce qu’a dit Rabi Hiya fils de ami au nom de Oula du jour où la maison de sainteté a été détruite il n’y a pas pour HKBH dans son monde si ce n’est les quatre coudées de la loi juive uniquement et Abayé a dit au début j’étudiais dans la maison et je priais dans la maison de rassemblement du fait que j’ai entendu qu’il a dit Rabbi Hiya fils de Ami au nom de Oula depuis le jour où la maison de sainteté a été détruite il n’y a pas pour HKBH dans son monde si ce n’est les quatre coudées de la loi juive uniquement je n’ai plus prié que là où j’étudiais

אמר רב חסדא: לעולם יכנס אדם שני פתחים בבית הכנסת -שני פתחים סלקא דעתך? אלא אימא שיעור שני פתחים ואחר כך יתפלל.

(תהלים לב ו) על זאת יתפלל כל חסיד אליך לעת מצא

אמר רבי חנינא: ‘לעת מצא’ זו אשה, שנאמר (משלי יח כב) מצא אשה מצא טוב

במערבא, כי נסיב אינש אתתא – אמרי ליה הכי: « מצא או מוצא »? ‘מצא’ – דכתיב (משלי יח כב) ‘מצא אשה מצא טוב ויפק רצון מה’’; ‘מוצא’ – דכתיב (קהלת ז כו) ומוצא אני מר ממות את האשה .רבי נתן אומר: ‘לעת מצא’ זו תורה, שנאמר (משלי ח לה) כי מוצאי מצא חיים . רב נחמן בר יצחק אמר: ‘לעת מצא’ זו מיתה שנאמר (תהלים סח כא) למות תוצאות.

תניא נמי הכי: ‘תשע מאות ושלשה מיני מיתה נבראו בעולם, שנאמר ‘למות תוצאות’; ‘תוצאות’ בגימטריא הכי הוו; קשה שבכלן אסכרא, ניחא שבכלן נשיקה.’

…מר זוטרא אמר: ‘לעת מצא’ זה בית הכסא

אמרי במערבא: הא דמר זוטרא עדיפא מכלהו.

אמר ליה רבא לרפרם בר פפא: לימא לן מר מהני מילי מעלייתא דאמרת משמיה דרב חסדא במילי דבי כנישתא!

אמר ליה: הכי אמר רב חסדא: מאי דכתיבי (תהלים פז ב) אוהב ה’ שערי ציון מכל משכנות יעקב? – אוהב ה’ שערים המצויינים בהלכה יותר מבתי כנסיות ומבתי מדרשות;

והיינו דאמר רבי חייא בר אמי משמיה דעולא: מיום שחרב בית המקדש אין לו להקב »ה בעולמו אלא ארבע אמות של הלכה בלבד.

ואמר אביי: מריש הוה גריסנא בגו ביתא ומצלינא בבי כנישתא, כיון דשמענא להא דאמר רבי חייא בר אמי משמיה דעולא ‘מיום שחרב בית המקדש אין לו להקב »ה בעולמו אלא ארבע אמות של הלכה בלבד’ – לא הוה מצלינא אלא היכא דגריסנא.

רבי אמי ורבי אסי, אף על גב דהוו להו תליסר בי כנישתא בטבריא – לא מצלו אלא ביני עמודי: היכא דהוו גרסי.

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21 Le Tout-Puissant est pour nous un Dieu sauveur, grâce à Dieu, notre Seigneur, on échappe à la mort.

ז וַיִּתְּצוּ, אֵת מַצְּבַת הַבָּעַל; וַיִּתְּצוּ אֶת-בֵּית הַבַּעַל, וַיְשִׂמֻהוּ למחראות (לְמוֹצָאוֹת) עַד-הַיּוֹם.

27 Ils abattirent aussi la statue de Baal, renversèrent le temple de Baal et le convertirent en cloaque, lequel existe encore aujourd’hui.

Rendez-vous suivants:

  • 2 Les devoirs de la bonne ménagère, 11 dec 2019
  • 3 L’homme aux seins, 15 jan 2020
  • 4 Femme + Homme = Joie!, 18 mars 2020
  • 5 Une femme méritante sauve le climat…, 22 avr 2020
  • 6 La femme généreuse de Rabbi Hanina, 13 mai 2020
  • 7 Superwoman de Pourim, 17 juin 2020
 

Talmudez-moi 5780 : Place aux femmes, Face aux femmes!

Ça commence mercredi! Les sages du Talmud nous livrent leur univers, tour à tour, complexe, amusant, misogyne, et féministe. Au cours de ce cycle, nous passerons par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Parfois une attitude importée de la conception romaine du rôle des femmes nous tirera vers la révolte, nous tenterons de comprendre ces textes, de les situer, de les interpréter pour leur donner un sens actuel, pour nous, hommes et femmes, juives et juifs d’aujourd’hui. Le mercredi au café des Psaumes, de 12h30 à 14h.

  • 1 Trouver la femme ou mourir, 13 nov 2019
  • 2 Les devoirs de la bonne ménagère, 11 dec 2019
  • 3 L’homme aux seins, 15 jan 2020
  • 4 Femme + Homme = Joie!, 18 mars 2020
  • 5 Une femme méritante sauve le climat…, 22 avr 2020
  • 6 La femme généreuse de Rabbi Hanina, 13 mai 2020
  • 7 Superwoman de Pourim, 17 juin 2020
 

Akadem: Greta Thunberg

L’émission d’Akadem sur Greta Thunberg est en ligne… C’était un moment intéressant autour d’une jeune fille engagée, très critiquée, et d’une question qui nous engage tous et toutes: le climat.

Vous pouvez la voir sur Akadem sur ce lien, ici, il suffit de cliquer 😉

C’est complémentaire du commentaire que j’avais fait sur la paracha Nitsavim, à voir ici, sur ce lien.

Je serai très heureuse de lire vos commentaires. Moadim LéssimHa!

P.S. SimHat Torah sera dimanche soir en Israël et dans les communautés libérales du monde entier, rejoignez ce moment de joie et de danse si le coeur vous en dit…

Soukot – SimHat Torah – cours demain 11h et fêtes

Bonjour à toutes et à tous!

Nous poursuivons le marathon des fêtes, avec soukot, simHat Torah, et toutes les réflexions et les joies de ces grands moments. Demandez le programme!

Demain soir, Soukot:

  • 17h45 – rencontre interreligieuse avec des chrétiens du quartier, explications sur l’aspect universel de la fête.
  • 18h45 – office de fête, très court, avec kidouch sous la souka

Lundi matin, Soukot:

  • 10h – office, hallel, cérémonie du Loulav, belle lecture du Prophète Zacharie en haftara, début de la lecture de l’Ecclésiaste, venez nombreux et prévenez-moi de votre présence si possible avec le doodle (cliquez ici)

Chabbat Hol hamoed à ne pas manquer, puis mêmes horaires la semaine prochaine pour SimHat Torah, avec un office plus long et plein de danses le dimanche soir, et la lecture de la fin et du début de la Torah le lundi matin.

Pour le cours de demain 11h à Ganénou: « Soukot, SimHat Torah, construire sa maison », nous parlerons entre autre des invité.e.s de Soukot, et l’une des feuilles de sources est disponible sur le lien suivant: meguila 14a les 7 prophetesses partiel

Retrouvez les chants de SimHat Torah sur la playlist suivante ainsi que le hallel ici et les hakafot ici.

Chavoua Tov… et Hag SaméaH!

 

puzzle soukot simhat torah

Yom Kipour : Abolissons nos privilèges (Discours 5780)

Voici mon discours de Yom Kipour.

Merci encore à tous les participants et à tous les bénévoles, qui ont non seulement travaillé de tout leur coeur et sans relâche pour préparer ces merveilleux offices, mais qui ont su garder calme et bienveillance dans des moments très intenses.

Compte tenu du succès, je vous propose que nous faisions à nouveau Kipour l’année prochaine 😉 ( Dimanche 27 septembre au soir et lundi 28)

Dracha de yom kipour – plaidoyer contre la tourniquette ou abolissons nos privilèges —– 

« Autrefois pour faire la cour, on parlait d’amour ! Pour mieux prouver son ardeur, on offrait son cœur ! … Aujourd’hui c’est plus pareil, ça change ça change, pour séduire le cher ange, on lui glisse à l’oreille « ah gudule, viens m’embrasser, et je te donnerai…. Une tourniquette pour faire la vinaigrette, Un bel aérateur pour bouffer les odeurs, Des draps qui chauffent, un pistolet à gaufres, Un avion pour deux et nous serons heureux!… » (Boris Vian)

Les tourniquettes à vinaigrettes sont plus faciles à acquérir qu’un cœur. On peut être tenté de s’en satisfaire. On peut croire que cela remplace. Mais la seule façon de retrouver un cœur qui sent les sentiments, consiste à renoncer aux gadgets, à séparer l’essentiel des accessoires.

Comme le dit le prophète Ezechiel : Je vous donnerai un coeur nouveau et je vous inspirerai un esprit nouveau; j’enlèverai la tourniquette pour faire la vinaigrette de votre sein et je vous donnerai un coeur de chair.

C’est presque ce que dit Ezechiel, mais soyons plus précis : Ézéchiel 36:26 : 26 Je vous donnerai un coeur nouveau et je vous inspirerai un esprit nouveau; j’enlèverai le coeur de pierre de votre sein et je vous donnerai un coeur de chair.

כו וְנָתַתִּי לָכֶם לֵב חָדָשׁ, וְרוּחַ חֲדָשָׁה אֶתֵּן בְּקִרְבְּכֶם; וַהֲסִרֹתִי אֶת-לֵב הָאֶבֶן, מִבְּשַׂרְכֶם, וְנָתַתִּי לָכֶם, לֵב בָּשָׂר.

En ce jour de Kipour, nous délaissons les accessoires, nous nous concentrons sur l’essentiel : retrouver le cœur de chair derrière le cœur de pierre.

En ce jour de Kipour, nous abolissons tous nos privilèges. Mieux, même, nous abolissons nos besoins primaires. La Torah nous dit de nous affliger, la Torah orale détaille les cinq interdictions concernées :

Aujourd’hui, pour 25 heures, nous abolissons nos besoins physiques élémentaires.

Nous renonçons à boire, nous renonçons à manger. Nous ressentirons la faiblesse physique, le découragement, la douleur, que provoque la faim et la soif. (1)

Nous renonçons aux apparences, pas de bains,(2) pas de baumes, pas de parfum, pas de déodorant (3), pas de chaussures en cuir (4). Nous ressentirons notre vulnérabilité face aux autres.

Nous renonçons à l’intimité physique (5). Nous ressentirons la solitude face à notre faiblesse.

Que ces renoncements nous ouvrent à une meilleure compréhension de ce que vivent au quotidien tous ceux qui n’ont rien à boire, rien à manger, aucune possibilité de se laver, aucun lieu d’intimité.

Pourquoi agir ainsi ?

Par solidarité bien sûr. Parce que quand on arrive au niveau du cœur, tous les préjugés fondent, et nous comprenons enfin comme le dit le Talmud que « ton sang n’est pas plus rouge que le sien », toutes les vies ont la même valeur.

Et nous faisons cela pour une autre raison encore : pour aller au plus profond de nous-même, pour laisser tomber les voiles que nous érigeons autour de nos vulnérabilités, pour aller au centre de nous-mêmes, pour nous remettre dans notre centre de gravité, pour renouer avec l’essentiel, pour que nos objectifs de l’année soient les meilleurs, pour que notre façon de les accomplir soit optimale.

« les meilleurs » ? « optimale » ? oui. Pas « les bons objectifs », non, mais au contraire : « les objectifs les meilleurs possibles ». Pas « des actions parfaites », non, « des actions au mieux ». Car nous n’avons pas accès à la Vérité. Nous avons simplement accès à des chemins de vérité.

Célébrer kipour, c’est suivre la voie de la recherche de la vérité. Et c’est reconnaitre que nous n’y accéderons pas totalement.

Aujourd’hui, nous n’espérons pas devenir immortels. Nous savons que nous mourrons un jour. Ountané tokef nous met face à cette réalité : « qui vivra, qui mourra, qui en son temps, qui prématurément, qui par le feu, qui par l’eau, qui par la faim, qui par la soif, qui par le glaive ». Est-ce inéluctable ? Oui et non. Oui nous mourrons un jour. Mais il est possible de nous dégager du mal de cette mort.

La remise en question, l’introspection, l’entre-aide écartent le mal de la sentence. Téchouva, téfila, tsédaka

A la fin de ce jour de kipour, quel que soit le travail émotionnel et social que nous ferons, nous ne deviendrons pas immortels. Mais nous pouvons espérer être moins vulnérables à notre mortalité.

Ceci est important à notre époque, car, comme le dit François Sureau, « Nous nous sommes fait une idée de la perfection de l’homme, tout ce qui blesse la perfection de l’homme doit être réprimé, la perfection de chaque homme… et donc nous vivons dans le rêve d’une société de la perfection individuelle, ce rêve provoque une société de la peur, ou chacun a peur pour la perfection de sa propre vie que les journaux, tout le monde lui présente sans cesse comme qq chose de désirable cette peur génère à son tour une organisation sociale et collective de la peur »

Sur ce sujet, Woody Allen résume bien l’ecclésiaste que nous lirons lundi matin pour Soukot : La vie est une maladie lente sexuellement transmissible.

La mort entre elle-même dans la définition de la vie, la vulnérabilité est l’essence même d’un cœur, la transgression est indissociable de la loi.

Il nous faut aimer la vie malgré la mort, aimer les sentiments malgré notre fragilité, aimer la loi malgré la transgression, sans crispation, nous devons lâcher prise. La perfection de nos vies n’est pas un droit, elle n’est pas un privilège légitime. Yom Kipour est un élément fondamental de ce dispositif.

La vie et la liberté sont fragiles, et aucune tourniquette à vinaigrette n’y pourra rien changer.

Tel est donc le choix qui s’offre à nous aujourd’hui, aujourd’hui en ce jour de kipour, aujourd’hui en ce jour de kipour 5780/2019, aujourd’hui, pour l’année à venir, et pour le reste de nos vies :

Allons-nous nous accrocher à l’accessoire, ou allons-nous plonger au cœur de notre vulnérabilité qui est aussi notre pouvoir ?

Il faut choisir. On ne peut pas être Monothéiste et polythéiste à la fois. On ne peut pas idolâtrer l’accessoire et se revendiquer de la vie. Telle est la raison donnée par nos sages pour nous demander de nous priver de l’essentiel à Yom Kipour, de sorte que nous sachions nos détacher de l’accessoire et des accessoires tous les autres jours de l’année.

L’important, c’est de l’entendre :

  • Si la tourniquette pour faire la vinaigrette est un privilège, il est temps de l’abolir. (jusque là, ca va)
  • Si avoir un cœur de pierre est un privilège, il est temps d’y renoncer. (là ça demande du travail)
  • Si tirer avantage d’être un homme blanc hétérosexuel riche de 50 ans est un privilège, il faut nous en défaire. (je ne suis pas certaine d’y réussir)
  • Si tirer avantage de l’usage du plastique qui nous empoisonne est un privilège il faut nous en dessaisir. (c’est en cours)
  • Si un Ordre établi à notre avantage, au détriment des autres est un privilège, il nous faut le dénoncer. (là j’ai beaucoup de chemin à faire)

Ivan Jablonka, citant Olympe de Gouges qui nous accueille aujourd’hui, fait dans son dernier livre un plaidoyer pour le renoncement des hommes à leurs privilèges de genre. Nous pouvons également appliquer ce renoncement à tous les autres privilèges indus.

Nous ne vivons pas mieux avec ces soi-disant privilèges, qu’avons-nous besoin de tourniquettes, de cœurs de pierre, de privilèges de genre, de plastique, un ordre qui nous favorise et pénalise d’autres ?

En ce jour où nous n’avons pas besoin de manger, de boire, de nous parfumer, de nous faire « beaux », réfléchissons : de quoi avons-nous vraiment besoin ?

Nous finirons, dans 23h avec la déclamation solennelle du chéma israel et le son du chofar.

A ce moment, il faudra avoir décidé, cristalliser nos décisions, et utiliser les 509 760 minutes de l’année à venir pour les mettre en œuvre.

שמע ישראל יהוה אלהנו יהוה אחד

Ecoute Israël, l’Eternel infini, qui est notre force, l’Eternel infini, est un, il est le même pour tous et toutes.

Tsom Kal, jeune facile pour nous toutes et nous tous.

 

 

Roch hachana : Le jour du non jugement ! (Discours 5780)

Voici mon discours de Roch hachana… Je vous souhaite une bonne lecture, de bons préparatifs pour Kipour qui approche.

Encore Chana Tova à toutes et à toutes, et excellente année 5780!

Nous lisons dans la paracha « vois ! » (Réé, Deut. 6:11)

Et tu te réjouiras en présence de l’Éternel, ton Dieu, toi, ton fils et ta fille, tes employés, le Lévi qui sera dans tes murs, l’étranger, l’orphelin et la veuve qui seront près de toi, dans l’enceinte que l’Éternel, ton Dieu, aura choisie pour y faire habiter son nom.

Nous sommes censés nous réjouir, et cela implique une certaine réussite en termes de construction sociale. Avons-nous réussi à appliquer ce verset ?

  • Nos employés se réjouissent-ils avec nous ?
  • Les Lévi et les Cohen, les enseignants et les soignants se réjouissent-ils avec nous ?
  • L’étranger, ceux qui ne parlent pas la langue du pays, ceux qui ne savent pas où dormir pour la nuit, se réjouissent-ils ?
  • La veuve, les femmes écartées de leur pouvoir social se réjouissent-elles ?
  • Les orphelins, ceux dont les parents sont incapables de les guider, ont-ils des appuis institutionnels stables ?

Cela implique également un certain degré de réussite personnelle. Avons-nous « réussi » cette année ?

  • Sommes-nous joyeux ?
  • Nos jeunes, lorsqu’ils contemplent leur avenir économique se réjouissent-ils ? Nos filles confiantes en leurs chances égales à leurs frères ? Nos enfants ont-ils confiance dans leur avenir sur leur planète ?

Difficile de répondre oui.

Dans ce cas, la présence de l’Éternel (en présence de l’Éternel) peut-elle nous accompagner ? Le Temple (dans l’enceinte), dont nous pleurons la destruction, peut-il être reconstruit ? Évidemment non.

Ces constats sont graves. Ils pourraient nous accabler. Nous pourrions nous retrouver collés à l’étiquette de « perdants » créée par cette effarante défaite, nous pourrions nous dévaloriser nous-mêmes, et renoncer.

Que faire alors ? Noyer nos angoisses dans l’alcool ? Herschel Ostropoler, ce héros de l’humour juif d’Europe Centrale, a essayé pour nous : j’ai voulu noyer mes soucis dans l’alcool mais depuis le temps, ils ont appris à nager ! Il va falloir trouver une autre approche. Une approche exempte de résignation.

Comment nous détacher de la fatalité de nos limites ? (רוע הגזרה, voir la prière ountané tokef)

J’ai une proposition à vous faire : acceptons nos limites, et déclarons fièrement : « nous sommes tous des perdants ». 1, 2 : « ….. » non c’est une plaisanterie.

Enfin, une plaisanterie, oui et non, nous n’avons pas besoin de dire cela maintenant, mais nous le répétons tout au long des fêtes de tichri, nous disons le « vidouï », nous déclamons nos erreurs.

Bien sûr, cela ne semble pas très commercial de dire cela… et après tout tant mieux. Car le commercial nous vend tous les objets de consommation qui nous devraient nous permettre de nous sentir « gagnants ».

En faisant cela, le commercial nous vend surtout une idéologie, celle qui dit que nous devrions être des « gagnants », et qui stigmatise les soi-disant « perdants ».

Woody Allen disait : I’d never join a club that would allow a person like me to become a member. Je n’accepterais jamais de rejoindre un club qui s’abaisserait à accepter des personnes comme moi en son sein.

C’est l’idée même de club qui est illusoire. Il n’y a rien à gagner à entrer dans le « club des gagnants ». Et l’autre club, celui de « ceux qui voudraient faire partie du club des gagnants », il est encore plus illusoire. Une étiquette stérile. Rejoignez-moi plutôt dans le club des « perdants et fiers de l’être », ou mieux encore, rejoignons le club de Ruth Bebermeyer, le « club de ceux qui refusent les clubs », les définitions, les étiquettes artificielles :

Paresseux ou stupide ? – Ruth Bebermeyer

Je n’ai jamais vu d’homme paresseux ; J’ai connu quelqu’un que je n’ai jamais vu courir, Quelqu’un qui dormait parfois l’après-midi, Et préférait rester chez lui lorsqu’il pleuvait. Mais ce n’était pas un paresseux.
Avant de me traiter d’originale, réfléchis : Était-il paresseux Ou faisait-il des choses Que nous associons à la paresse ?

Je n’ai jamais vu d’enfant stupide ; J’ai vu parfois un enfant faire Des choses que je ne comprenais pas Ou que je n’avais pas prévues. J’ai vu parfois un enfant qui n’avait pas vu Les lieux que j’avais visités, Mais ce n’était pas un enfant stupide.
Avant de le dire stupide, réfléchis : Était-il stupide Ou savait-il simplement d’autres choses que toi ?

Ce que certains nomment paresse, Est pour d’autres de la fatigue ou de la détente.
Ce que certains nomment bêtise, Est pour d’autres un savoir différent.
J’en conclus que, pour échapper à la confusion, Mieux vaut ne pas mélanger Ce que nous voyons et nos opinions.
Et cela, je le sais, N’est que mon opinion.

Au-delà des étiquettes, Je n’ai jamais vu un « gagnant », j’ai vu des personnes qui posaient des étiquettes négatives sur ceux qui étaient différents.

Je n’ai jamais vu de « perdants », j’ai vu des personnes qui avaient peu d’argent, des personnes qui subissaient des affronts, des personnes qui luttaient pour leur survie, des personnes qui étaient fustigées parce qu’elles vivaient selon leurs propres règles, j’ai vu des gens devenir des boucs émissaires parce qu’ils étaient heureux dans leur propre référentiel et refusaient de se « convertir ». Je n’ai jamais vu de « sales juifs » seulement des personnes qui « suivaient leur propre route » (et parfois les « braves gens » « n’aiment pas que l’on suive une autre route qu’eux » (Brassens)).

Nous avons vu ce type de résistance aux définitions tout au long de l’histoire. Pour aller plus loin encore, cette résistance, nous en sommes les champions, ou nous devrions en être les champions.

Car le peuple juif n’est-il pas exactement cela ? Nous « gagnons » parce que nous refusons les jeux concurrentiels, nous étudions la Torah, le reste est accessoire. Nous avançons « lichma », gratuitement, sans nous soumettre à un besoin de reconnaissance. Nous travaillons sans relâche à la définition libre de notre propre référentiel. Beaucoup de valeurs se prétendent « sacrées » et ne le sont pas. Nous ne devons pas les révérer.

Peu nous importe, d’être « des gagnants », d’être jeunes, d’être riches, d’avoir fait des études prestigieuses, d’avoir un grand appartement, d’avoir de beaux cheveux soyeux !

  • Le riche ? c’est celui qui est heureux de ce qu’il a. / Le fort ? c’est celui qui sait guider ses sentiments. (Pirké Avot 4:1)
  • La beauté ? peu importe, c’est l’instruction qui compte (, septante, prov. 31 : אישה משכלת היא תתהלל)
  • Le pauvre ? un juste peut manquer d’argent, pas de stigmatisation des « perdants » (Rabbi Yosselman de Rosheim)

S’il faut utiliser ce mot, « perdant », soyons tous des perdants, des juifs allemands, soyons tous charlie, soyons une des 343 salopes.

En adoptant cette qualification avec fierté, nous « déracinons » la culture de compétition et de stigmatisation qui nous divise pour que d’autres règnent mieux (divide et tempera, Philippe de Macédoine)

Nous enracinons au contraire notre liberté de nous définir et de nous redéfinir sans entraves.

  • Tous les jours, nous pleurons la destruction du Temple, ce lieu de rassemblement, où les étiquettes disparaissaient, où le « pêcheur » redevenait « une personne qui, comme nous tous, avait commis des erreurs dans le passé ».
  • Tous les cinquante ans, avec le Yovel, nous remettions en cause les cessions de propriété terrienne, le « perdant » devenait « une personne qui pour un temps avait dû céder sa terre ».
  • Tous les chabbat, nous nous relevons « de la vallée des larmes », nous revêtons « nos vêtements de splendeur », nous chantons « léHa dodi » ensemble, les soi-disant « perdants » et les soi-disant « gagnants » de la semaine, deviennent « des personnes qui veulent se ressourcer ensemble ».
  • Tous les Pourim, nous buvons jusqu’à une certaine confusion, les « gentils » et les « méchants » se confondent, les étiquettes lâchent leur emprise.

En ce jour de Roch Hachana, nous disons le vidoui au pluriel, « nous avons trahi », « nous avons volé », car c’est en tant qu’égaux, « sans étiquettes », que nous affirmons notre commune responsabilité à propos de l’Etat du monde.

En ce jour de Roch Hachana, en ce jour de jugement, en ce jour où nous rappelons tous nos actes de l’année, en ce jour où nous nous demandons si nous serons inscrits dans le livre de la vie, en ce jour de tremblement, j’aimerais conclure ainsi :

Aucun de nous n’est un perdant, une perdante, nous sommes des personnes libres de définir nos objectifs.

Nous ne sommes pas des perdants ou des perdantes, nous appartenons au monde juif dans lequel, réussir, c’est créer un monde de justice et de sororité.

Nous ne sommes ni gagnants ni perdants, parce qu’en tous lieux où pleure une souffrance, le juif pleure, et nous pleurons.

Nous ne sommes ni gagnants ni perdants, parce qu’en tous temps où crie une désespérance, le juif espère, nous nous efforçons d’espérer.

Nous ne sommes ni gagnants ni perdants parce que, pour Israël, l’Homme n’est pas créé : les hommes le créent, nous essayons de le recréer.

(Les passages en violets sont tiré du poème d’Edmond Fled, « Pourquoi je suis juif ».)

Nous sommes au-delà des stigmatisations qui nous cloisonnent.

Certes, nous n’avons pas réussi à rendre possible la réjouissance dont parle le Deutéronome :

Et tu te réjouiras en présence de l’Éternel, ton Dieu, toi, ton fils et ta fille, tes employés, le Lévi qui sera dans tes murs, l’étranger, l’orphelin et la veuve qui seront près de toi, dans l’enceinte que l’Éternel, ton Dieu, aura choisie pour y faire habiter son nom.

Cela fait 3000 ans que nous y travaillons, et nous continuerons avec toute l’urgence qui s’impose.

Roch hachana n’est pas le jour du jugement-auto-flagellation mais celui du jugement éclairé.

Roch hachana n’est pas le jour du jugement-stigmatisation mais le jour du jugement constructif.

Roch hachana n’est pas le jour du jugement-conformité mais celui du jugement-remise en question.

Que ce Roch hachana soit pour nous un nouveau départ, pour de nouvelles avancées. Jusqu’à ce que nous puissions réellement nous réjouir.