L’appel: Hanouka – Hareng, Messie et liberté!

Dernier article paru dans le magazine l’Appel, d’actualité en cette période de préparatifs pour la fête! Le cours sur Hanouka de ce dimanche 11h05 à Ganénou est maintenu, il sera suivi d’un allumage des bougies avec les enfants du Talmud Torah. Apportez vos Hanoukiot!

HANOUKA, Rallumer la flamme perpétuelle, Hareng, messies et liberté !

L’humble miracle de l’huile magique

A Hanouka, nous allumons de jolies bougies pendant huit jours, en chantant des chansons, en mangeant des beignets, et nous racontons l’histoire merveilleuse d’une lampe à huile dont la lumière a brillé miraculeusement huit fois plus longtemps que prévu.

La fête des lumières juives coïncide avec la période de Noël et partage avec elle la mise en place de sources lumineuses au plein cœur de l’hiver, ainsi que la thématique de l’espoir.

Le miracle-miraculeux est au cœur des deux fêtes, de façons très différentes. Alors que le christianisme célèbre la naissance merveilleuse d’un Dieu Sauveur, la tradition juive s’émerveille de la survivance d’une petite flamme.

Une blague juive mentionne que, voulant récompenser ses soldats les plus vaillants, Napoléon leur proposa de réaliser l’un de leurs vœux. Le russe demanda un fief, le français demanda de devenir Général, le juif demanda… un hareng ! « Pourquoi un hareng, tu laisses passer ta chance ! », s’écrièrent ses compagnons. « Moi, au moins, j’ai une petite chance que mon vœu se réalise », répondit le soldat juif.

Quel scepticisme ! Le judaïsme est-il donc dépourvu d’ambition, se contentant d’« huile magique » de Hanouka – ou de harengs ?

Un messie-résistant

La petite flamme dont il est question a son importance, puisqu’il s’agit de celle de la Ménorah, symbole du fonctionnement d’un Temple à peine reconquis. Le premier miracle de Hanouka, c’est justement cette reconquête, un miracle humain, celui de la résistance à l’oppression, de la défense des Libertés. Le livre des Maccabées, qui appartient au corpus biblique chrétien, décrit les décrets d’Antiochus : la désacralisation du Temple et l’interdiction d’y porter des offrandes, l’obligation de transgresser le Chabat, les fêtes et les règles d’alimentation cacher, l’interdiction de la circoncision et de l’étude de la Torah.  La victoire de guérilla de Juda Maccabée en -164 a permis d’inaugurer le Deuxième Temple – telle est la raison du nom de la fête, Hanouka signifie « inauguration » – et de mettre fin à ces décrets.

Juda est donc un héros-sauveur, une figure politique de liberté défendant son peuple, comme les rois oints de l’Israël antique. Le mot « messie » en français vient de l’hébreu « machiaH » qui signifie « onction », et renvoie à l’acte accompli par les Prophètes à l’égard des Rois pour les introniser.

Le « messie juif » est en ce sens une figure plutôt concrète, matérielle, politique et militaire, l’image héroïque de Juda s’inscrit bien dans cette veine. Le « messie chrétien » est différent, peut-être plus transcendant, plus poétique ou plus spirituel, il inspirera certains renouveaux messianiques juifs au cours de l’Histoire, jusqu’au messianisme Loubavitch contemporain. Au premier siècle, le miracle de la fiole d’huile raconté par le MasseHet Taanit ajoute une touche symbolique, chaleureuse et pacifique au miracle dramatique de la victoire armée.

De quoi serons-nous partisans ?

La question qui se cache derrière cette « concurrence des miracles » est celle de nos valeurs. Que considérons-nous comme un miracle ? Une flamme qui ne vacille pas ou la résistance aux oppressions ? Les deux peut-être ? L’huile de la ménorah ne s’est pas tarie. Le buisson ardent de Moïse brûlait sans se consumer. Les bougies fixées dans nos Hanoukiot domestiques ne s’éteignent jamais vraiment, renaissant plus nombreuses chaque soir, ressuscitant d’année en année. Les générations s’écoulent, mais l’étude juive ne s’épuise jamais. « Si [un ami] tombe, un ami sort de l’ombre à [s]a place » (Chant des Partisans), « Ne dis pas que tu marches sur ton dernier chemin, même lorsque les nuages noirs cachent le soleil, car l’heure que nous attendons viendra, et le rythme de nos pas dit  » Nous sommes là ! » » (Chant des Partisans Juifs). L’allumage des bougies de Hanouka au cœur de l’hiver nous dit : « Allume toi-même la lumière que tu veux voir surgir » et le récit de l’histoire de la fête nous dit : « Lève-toi pour protéger ta liberté ! ». Le temps passé à déguster les beignets traditionnels (ou des harengs), éclairés par ces petites flammes, nous encourage à réfléchir au sens ce ces mots pour nous aujourd’hui, en pensée, et en actes.

Floriane CHINSKY, Docteure en Sociologie du Droit, Rabbin du Judaïsme En Mouvement

 

Akadem: Greta Thunberg

L’émission d’Akadem sur Greta Thunberg est en ligne… C’était un moment intéressant autour d’une jeune fille engagée, très critiquée, et d’une question qui nous engage tous et toutes: le climat.

Vous pouvez la voir sur Akadem sur ce lien, ici, il suffit de cliquer 😉

C’est complémentaire du commentaire que j’avais fait sur la paracha Nitsavim, à voir ici, sur ce lien.

Je serai très heureuse de lire vos commentaires. Moadim LéssimHa!

P.S. SimHat Torah sera dimanche soir en Israël et dans les communautés libérales du monde entier, rejoignez ce moment de joie et de danse si le coeur vous en dit…

Les religions sont-elles LGBT-phobes?

In extremis avant Chabbat, parce que c’est important, je vous informe de ma participation à une conférence interreligieuse, qui sera une prise de position en faveur de la défense des libertés fondamentales de chacune et chacun, indépendamment de ses préférences ou identifications sexuelles.  Le texte suivant est celui des organisateurs.

Nous vous invitons le Mardi 25 juin à la Mairie du IIIème arrondissement à la table ronde « Les religions sont-elles LGBT-phobes ? ».
La condamnation religieuse de ce que nous appelons de nos jours « homosexualité » (masculine et féminine) est fondée sur des textes sacrés qui doivent être compris avec discernement au regard de leur contexte culturel d’écriture et de leur message actuel : une condamnation des rapports entre hommes dans le Lévitique (Ancien Testament), la mention des femmes et des hommes se livrant à « des rapports contre nature » parmi les comportements dénoncés par l’apôtre Paul dans deux épîtres (lettres) du Nouveau Testament, des interdictions proches du Lévitique dans certaines sourates du Coran.
Le but de cette rencontre est d’engager ou de poursuivre un dialogue entre les instances religieuses et les associations qui luttent pour les droits humains.
La frontière entre condamnation des LGBT et les LGBTphobies est tenue. Quelles actions concrètes mènent les religions pour éviter le glissement vers la haine de leurs fidèles ? Quels outils pédagogiques utilisent elles pour donner un éclairage nouveau de leurs textes ? Quel accueil réservent-elles aux jeunes mariés de même sexe, à leurs enfants et aux trans ? Comment concilient-elles droits civiques et droits religieux ? Quelles positions adoptent-elles sur la transidentité ?
Cette conférence est organisée par les associations LGBT confessionnelles, David et Jonathan (LGBT Chrétien, le Beit-Haverim (Groupe juif LGBT), Shams France (Association LGBT pour les personnes du Maghreb et du Moyen-Orient) et également La Montagne Sans Sommet (Communauté bouddhiste)
Pour assister, il faut réserver obligatoirement sur l’un des mails suivants :
• contact@shams-France.org
→ RDV à 19h, Mairie du IIIème arrondissement de Paris.

Missions accomplies!

congrès de Troyes

 

 

Bonjour à toutes et tous. Voici mon interview dans Grazia.

 

Lire l’article en ligne ici: https://www.grazia.fr

Missions accomplies!

 

Bonjour à toutes et tous. Je partage mes quelques mots de conclusion du congrès « Les filles de Rachi » qui s’est déroulé depuis dimanche à la Maison Rachi, à Troyes (Maison Rachi Ici, article de presse ici, ici et ici). Les citations sont un peu « adaptées », « revisitées », comme une sorte de Hidouch, de renouveau de sens, cela ne vous échappera pas, je tenais à vous communiquer ce texte aussi rapidement que possible. Que le plaisir d’étudier ensemble de cette rencontre, comme le plaisir d’étudier dans toutes les autres rencontres, continue à nous inspirer et à nous porter vers l’avenir!

 

Nous avons accompli notre mission.

Merci à Rachi, merci à la maison Rachi, merci à ceux qui ont ouvert le chemin.

Merci à vous toutes et à vous tous, car nous pouvons le dire en cette heure de conclusion: nous avons accompli notre mission, nos missions.

Tout d’abord, nous avons accompli notre mission d’étude et de transmission, le sérieux et l’intensité des textes et des expériences que nous avons partagés en témoigne. Nous avons revendiqué notre héritage et nous l’avons cultivé, nous sommes à ce titre de dignes héritières des filles de Tsélofrad, צלפחד, nous pouvons prendre l’une d’entre-elles pour figure de proue, peut-être Noa, dont le nom signifie « celle qui est en mouvement ». Nous sommes les filles de Noa, נוע, celle qui est en mouvement. Nous avons revendiqué notre héritage. Nous avons accompli notre mission d’étudier et de transmettre: Yarach, ירש.

Nous avons également atteint notre objectif de paix et de diversité. L’intensité de chaque office dans sa spécificité, les offices orthodoxe, massorti et libéral, mis en place par des femmes dans l’absolu respect de leur diversité, ce rassemblement de femmes érudites et de nombreuse rabbins, nous a permis de légitimer les différentes façons d’être femme, d’être leader, d’être humaines. Nous avons certainement représenté les 70 facettes de la Torah. Certes, nous n’étions que 20 intervenantes, cela représente quand-même 3,5 facettes par oratrice, mais heureusement, nous avons pu compter sur la belle participation de toutes les personnes présentes. Nous avons fait entendre un chant harmonieux, à plusieurs voix, plusieurs modalités d’expressions, à plusieurs voies, à plusieurs chemin, nous avons pu faire entendre le chant nouveau dont parlent les Psaumes et Edmond Fleg. Oui, nous sommes les dignes descendantes de Myriam, מרים nous avons réalisé notre objectif d’enthousiasme et de diversité: Chir, שיר

Incontestablement, nous avons accompli notre devoir de courage et de droiture. Alors que les femmes ont été si longtemps cantonnées au second plan de l’écriture de l’histoire, contraintes à suivre des chemins tortueux et détournés comme notre ancêtre, le Jacob originel,  nous avons brillamment démontré que nous savons nous tenir droites, beAmida, dés que cela devient possible, comme le Jacob redressé devenu Israël. Nous pouvons prendre Déborah comme élégie, cette juge, étalon de la droiture, championne de la stratégie de combat. Nous sommes les continuatrices de Devorah, דבורה nous avons accompli notre devoir d’aplanir le chemin: Yachar, ישר

Evidemment, nous avons répondu à notre vocation de développement de leadership. Comme Esther, nous nous sommes revêtues de royauté, de malHout, מלכות, et nous pourrions mieux encore utiliser le mot sarout, שרות, et faire ainsi référence à Sarah, שרה, notre mère, passée du domaine privé auquel son entourage l’avait réduite, celui de son surnom, שרי, ma princesse, à la sphère publique réaffirmée par l’Éternel comme son domaine naturel, à travers son nom réelle, שרה, LA princesse, la ministre, la leader. Sarah, prophétesse, visionnaire, continuera à nous inspirer au futur: Issar, ישר.

Enfin, nous avons mené à bien notre mission de pédagogie, d’ouverture inter-religieuse, nous avons sauvé le bébé, tout en jetant l’eau du bain, nous sommes les héritières de Batya, בתיה, femme étrangère issue d’un peuple oppresseur, femme courageuse issue des nations, qui a sauvé Moïse et avec lui le peuple hébreu entier. Nous sommes les disciples de Rachi, le pédagogue et ses commentaires précieux sur la Torah et le Talmud, Rachi et son héritage inter-religieux adopté par le monde chrétien. Rachi, רשי.

Nous pouvons donc prononcer joyeusement ces paroles de célébration:

Tu es une source de bénédiction Éternel notre Force et Force de nos mères, Force de Sarah, Batya, Myriam, Noa et Devorah.

Tu es une source de bénédiction Éternel notre Force et Force de nos ancêtres, qui nous a créé Israël, ישראל car nous avons vaincu « Dieu et les hommes », qui nous a créées Yachar-El, Yachar ישר : droit, El אל: au but.

Nombreux sont les hommes qui nous soutiennent dans ces missions:

Aragon et Ferrat nous disent: « Votre liberté est l’avenir de l’homme »

Kipling nous dit: « Tu seras un homme, ma fille »

Gamzon, le fondateur des Éclaireurs et Éclaireuses Israélites de France en 1923 nous dit: « Je veux que tu sois une bâtisseuse »

Isaïe nous dit: « Toutes tes filles sont des étudiantes de la Torah, grande est la paix de tes filles »

Le Talmud BeraHot ברכות nous dit:  » Ne dites pas « tes filles », בנותיך, dites « tes bâtisseuses », בונותיך. », « grande est la paix de tes bâtisseuses ».

Nous avons accompli nos missions, ainsi se clôture le seder nachim סדר נשים, de même que nous avons eu la chance et le mérite de le vivre aujourd’hui, puissions-nous le vivre à nouveau à l’avenir.

Nous avons accompli nos missions, puisse leur esprit se diffuser, dans un esprit de dialogue:

Inter ET intra – religieux
dans l’harmonie ET la diversité
dans le respect de la tradition et termes de fidélité au passé ET de l’audace nécessaire pour l’avenir

Nous avons accompli nos missions, restons des constructrices, des bâtisseuses, bâtisseuses de Rachi, bâtisseuses de paix, bâtisseuses de l’étude juive de demain.

Nous avons accompli nos missions, nous ne lâcherons pas, « mir zeinen do ».

Que nous ayons les moyens de poursuivre nos actions, une longue vie, et tout ce qu’il faut à manger, et que soit agrandi le nom de dieu, disons ensemble le kadich dérabanan, le kadich des rabbins, qui conclut toute étude….

[Kadich, Ossé chalom]

Edith Stein et Esther – réécouter la table ronde aux bernardins

Ce dimanche, Table ronde autour de Edith Stein et Esther au Collège des Bernardins. Pour retrouver le contenu des conférences, quelques liens disponibles dans cet article.

Eléments Biographique de Edith Stein et notions abordées lors de la conférences disponibles en cliquant ici.

 

Emmanuelle Pastore

Sophie Binggeli

Floriane Chinsky

Notions juives pour comprendre Edith Stein

Qu’aurait fait Edith Stein dans un monde où le judaïsme n’aurait pas été isolé, stigmatisé, divisé ?

Quelle aurait été sa vie si elle avait évolué dans un monde qui la respectait en tant que femme ?

On ne peut pas luter toutes les luttes, on ne peut pas s’engager dans tous les combats.

La qualité de femme et la qualité de juive d’Edith Stein on fait d’elle une marginale. Elle a cependant réussi à laisser un héritage encore vibrant aujourd’hui, ainsi que l’atteste cette journée qui lui est consacrée. C’est en tant que femme et en tant que juive qu’elle ne peut accéder d’abord à l’habilitation. Exclue de la société, comment peut-elle malgré tout s’y intégrer ? Elle le fera en renversant la situation. En entrant dans les ordres elle accepte cette exclusion et en fait un point d’appui, un levier. En allant à l’extrême de l’exclusion, elle se protège de la force d’exclusion et peut rebondir. Est-ce un choix conscient de sa part? Un choix inconscient? Un « glissement » qui l’entraîne presque par gravitation jusqu’au premier pallier ou prendre appui dans un monde qui laisse peu de place à l’expression de son génie? Nous évoquerons cette hypothèse, et d’autres, dans quelques heures. Voici déjà quelques notions qui seront utiles.

NB: cet article sera remanié dans les prochaines heures, en fonction de la conférence.

Biographie, quelques éléments :

  1. Naissance: 12 octobre 1891, Breslau, jour de Kippour
  2. 1893: décès de son père
  3. 1904: commence à jeûner à Kipour
  4. Investissement dans une association d’éducation populaire et dans une association pour les droits des femmes
  5. 1911: baccalauréat (parmi les premières femmes)
  6. Première guerre mondiale: infirmière (étudie et pratique)
  7. 1916: baptême de son ami Reinach
  8. 1917: Thèse « Sur le problème de l’empathie », avec Husserl, l’une des premières femmes
  9. Refus de Husserl de la soumettre à l’habilitation
  10. 1917: « Deux choses seulement me maintiennent la curiosité en éveil : la curiosité de voir ce qui va sortir de l’Europe, et l’espoir d’apporter ma contribution en philosophie »
  11. 1917: mort de son ami Adophe Reinach
  12. 1919: engagement au « DDP », le Parti démocrate allemand, un parti de centre-gauche qui abrite des féministes ainsi que des personnalités juives
  13. 1920: échec de sa lutte pour obtenir l’habilitation, fonde une académie privée, 30 étudiants chez elle.
  14. 1921: conversion au catholicisme « la cause décisive de sa conversion au christianisme fut la manière dont son amie accomplit par la force du mystère de la Croix le sacrifice qui lui était imposé par la mort de son mari », « C’était pour moi quelque chose de tout à fait nouveau. Dans les synagogues et les temples que je connaissais, quand on s’y rendait c’était pour l’office. Ici, au beau milieu des affaires du quotidien, quelqu’un pénétrait dans une église comme pour un échange confidentiel. Cela, je n’ai jamais pu l’oublier »
  15. 1928: Leçons pour une phénoménologie de la conscience intime du temps, édité par Martin Heidegger, sans juste reconnaissance de son travail
  16. conférence en 1930sur « L’éthique des métiers féminins ». Seule femme à prendre la parole au cours du Congrès, elle parle des métiers féminins et refuse la misogynie de l’époque en affirmant qu’« aucune femme n’est seulement femme, chacune présente des traits individuels et des dispositions propres, tout comme l’homme, par l’aptitude à exercer telle ou telle profession dans un domaine artistique, scientifique ou technique »
  17. 1933: début de la rédaction de « vie d’une famille juive », qui sera interrompue par sa déportation, entrée au monastère
  18. Étude sur l’État, où elle décrit les différentes notions d’individu, de communauté, de masse et d’État. Elle s’oppose donc à l’idéologie du national socialisme allemand, ainsi qu’aux idéologies marxistes.
  19. 1936 renouvellement de ses voeux et mort de sa mère « « Quand mon tour est arrivé, de renouveler mes vœux, j’ai senti que ma mère était près de moi, j’ai expérimenté clairement qu’elle était proche de moi »G 4,34. Elle apprendra quelques jours plus tard que sa mère mourait au même moment. Ce fut pour Edith Stein une profonde consolation. »
  20. 2 aout 1942 – arrestation dans un carmel aux pays-bas 9 août 1942  – extermination à Auschwitz

 

  1. 1987 – béatification Jean-Paul II, « une fille d’Israël, qui pendant les persécutions des nazis est demeurée unie avec foi et amour au Seigneur Crucifié, Jésus Christ, telle une catholique, et à son peuple telle une Juive»
  2. 1998 – canonisation
  3. 1999 – nommée « co-patronne de l’europe »

Élément de perplexité: 

 » Enfin sa mort, qu’elle veut vivre comme un holocauste pour « son peuple », montre son attachement profond à ce lien entre christianisme et judaïsme62. Elle ne renie pas sa foi catholique, mais s’identifie au Christ, qui meurt pour ses disciples. Édith Stein fait donc de même, en partant aux camps en tant que juive. Le pape Jean-Paul II dans l’homélie de sa béatification affirmera qu’il n’y a pas de contradiction pour Édith Stein dans sa foi : « Pour Édith Stein, le baptême chrétien n’était pas une façon de rompre avec son héritage juif. Tout au contraire elle déclara : « J’avais abandonné la pratique de la religion juive dès l’âge de quatorze ans. Mon retour à Dieu me permit de me sentir à nouveau juive ». Elle a toujours été consciente du fait qu’elle était liée au Christ « non seulement par la spiritualité, mais aussi par le sang. » (…) Dans les camps d’extermination, elle mourut en fille d’Israël « pour la gloire du Très Saint Nom et, à la fois, en tant que sœur Térésa Benedicta de la Croix, c’est-à-dire, « bénie par la Croix » » (tiré de wikipedia)

Quelques notions juives:

holocauste – Ola עולה –  « montée » – « montée de désir de donner » = pardon de petites fautes ou du fait d’envisager de commettre une faute, OU offrande à l’occasion des fêtes, OU offrande de la femme qui vient d’accoucher, OU offrande du grand-prêtre le jour de Yom Kipour, OU pour retour à la vie (conversion, lépreux, ascète, celui-celle qui a eu un écoulement)

Choa – génocide juif pendant la IIe guerre mondiale – Appeler la Choa « holocauste » revient à lui donner un caractère volontaire de la part de ceux qui en auraient fait l’ « offrande » et donner un caractère sacré à ce qui est le comble de la désacralisation

Esther / hadassa 

Midrach = commentaire rabbinique pour expliquer une particularité du texte biblique, sous forme de déduction ou d’histoire

Talmud = livre essentiel du judaïsme, mise à l’écrit de la tradition orale fin du Ve siècle (pour le Talmud de Babylone), 23 exemplaires brûlés en place de grêve en 1242 (L IX)

Pourim – Képourim – Kipourim – Kipour

Midrach sur les proverbes:

אמרו חכמינו: “כל המועדים עתידים להתבטל, וימי הפורים אינם בטלים לעולם, שנאמר: ‘וימי הפורים האלה לא יעברו מתוך היהודים’ (אסתר ט’, כח). אמר רבי אליעזר: אף יום הכיפורים אינו בטל לעולם, שנאמר: ‘והייתה זאת לכם לחֻקת עולם’… (ויקרא ט”ז, לד)”. מדרש משלי.

Les sages ont dit « toutes les fêtes sont destinées à disparaitre et les jours de Pourim ne disparaitront jamais comme il est dit  » et ces jours de Pourim ne disparaitront pas de chez les juifs » (Esther 9:28) Rabbi Eliezer a dit: de même le jour de « est-ce qu’il est une chose comme Pourim » = « Yom Ha Ké Pourim » = Kipour ne sera jamais annulé comme il est dit « et ce sera une loi éternelle » Lévitique 16:34  » Pour approfondir, voir par exemple « sur Pourim et le jour de Yom hakipourim » (heb)

Yoma, « Le Jour », traité du Talmud qui traite de Yom Kipour et qui mentionne la notion de PIKOUAH NEFECH, le fait de tout faire pour protéger sa vie. פיקוח נפש

BeraHot 55b « Le rêve suit la bouche », le rêve prend le sens de la façon dont on l’interprète

Yoma 29a Esther et la promesse de l’aube texte en hébreu ici: http://kodesh.snunit.k12.il/b/l/l2503_029a.htm