Faut-il rester unis ? – Talmud et Humanisme demain au café des Psaumes

L’unité ne risque-t-elle pas d’appauvrir les débats ? Mais d’un autre côté, n’avons-nous pas besoin d’être tous unis derrière la vérité ? Encore faudrait-il pouvoir identifier la vérité… Nous étudierons demain la célèbre sougya (passage du talmud) qui dit « les paroles de Hillel comme celles de Chamaï sont des expressions de la vitalité de l’enseignement divin » qui figure dans le traité Erouvin, et nous explorerons la suite de ces événements telle qu’elle est décrite dans le traité Yébamot.

Voici les textes que nous allons décrypter demain à partir de 12h30:

télécharger la feuille de source (doc et PDF) : cours-talmud-5778-8 doc cours-talmud-5778-8 pdf

Pour approfondissement : Lévinas et l’humanisme hébraïque

Erouvin 13b

Rabbi Abba a dit Chemouel a dit trois ans se sont partagés la maison de Hillel et la maison de Chamai ceux-ci disent la halaHa est comme moi et ceux-ci disent la halaHa est comme moi une fille de voix est sortie et à dit celles-ci et celles-ci sot les paroles de dieux vivants et la halaHa est comme la maison de Hillel et pourtant du fait que celles-ci et celles-ci sont les paroles de dieux vivants pour quoi ont mérité l’école de Hillel de fixer la halaHa comme eux parce que ils étaient accommodants et patients et qu’ils répètent leurs paroles et celles de l’école de Chamaï et non seulement mais encore ils font précéder les paroles de l’école de Chamaï à leurs paroles comme celle qu’on a enseignée celui dont la tête et la plus grande partie sont dans la souka et sa table est dans la maison la maison de Chamaï exclut et la maison de Hillel valide ils ont dit la maison de Hillel à la maison de Chamaï il n’est était pas ainsi quand les ancien de l’école de Hillel et les anciens de l’école de Chamaï allèrent visiter Rabbi YoHanan ben aHoranit et le trouvèrent assis et sa tête et sa plus grande partie sont dans la souka et sa table est dans la maison ils ler dirent la maison de Chamaï de là une preuve et aussi ils lui dirent si ainsi tu te comportes tu n’as pas accompli le commandement de la Souka de toute ta vie pour t’enseigner que tout qui s’humilie HKB »H l’élève et tout qui s’élève HKB »H l’humilie….

 

yébamot 14a

Celui qui dit ils l’ont fait est celle de Rabbi Yochoua qui dit on le surveille pas après une fille de voix et celui qui dit ils l’ont fait on a lu ici ne faites pas de sectes ne faites pas de groupuscules groupuscules Abbayé a dit et si on dit ne faites pas de sectes comme deux maisons du droit dans une ville unique ceux-ci enseignent comme les paroles de la maison de Chamaï et ceux-ci enseignement comme les paroles de la maison de Hillel mais deux maisons du droit dans deux villes il n’y a pas de problème Rabba lui a dit et quoi que la maison de Chamaï et la maison de Hillel étaient comme deux maisons du droit dans une seule ville mais Rabba lui a dit quand on dit ne faites pas de sectes c’est comme une maison du droit dans une ville une partie enseigne comme les paroles de la maison de Chamaï et une partie enseigne comme les paroles de la maison de Hillel mais deux maison du droit dans une ville unique il n’y a pas de problème

 

א »ר אבא אמר שמואל שלש שנים נחלקו ב »ש וב »ה הללו אומרים הלכה כמותנו והללו אומרים הלכה כמותנו] יצאה בת קול ואמרה אלו ואלו דברי אלהים חיים הן והלכה כב »ה וכי מאחר שאלו ואלו דברי אלהים חיים מפני מה זכו ב »ה לקבוע הלכה כמותן מפני שנוחין ועלובין היו ושונין דבריהן ודברי ב »ש ולא עוד אלא שמקדימין דברי ב »ש לדבריהן כאותה ששנינו מי שהיה ראשו ורובו בסוכה ושלחנו בתוך הבית בבית שמאי פוסלין וב »ה מכשירין אמרו ב »ה לב »ש לא כך היה מעשה שהלכו זקני ב »ש וזקני ב »ה לבקר את ר’ יוחנן בן החורנית ומצאוהו יושב ראשו ורובו בסוכה ושלחנו בתוך הבית אמרו להן בית שמאי (אי) משם ראיה אף הן אמרו לו אם כך היית נוהג לא קיימת מצות סוכה מימיך ללמדך שכל המשפיל עצמו הקב »ה מגביהו וכל המגביה עצמו הקב »ה משפילו כל המחזר

ואי בעית אימא לאחר בת קול מ »ד לא עשו דהא נפקא בת קול ומ »ד עשו רבי יהושע היא דאמר אין משגיחין בבת קול ומ »ד עשו קרינן כאן (דברים יד, א) לא תתגודדו לא תעשו אגודות אגודות אמר אביי אכי אמרינן לא תתגודדו כגון שתי בתי דינים בעיר אחת הללו מורים כדברי ב »ש והללו מורים כדברי ב »ה אבל שתי בתי דינים בשתי עיירות לית לן בה אמר ליה רבא והא ב »ש וב »ה כשתי בתי דינים בעיר אחת דמי אלא אמר רבא כי אמרינן לא תתגודדו כגון ב »ד בעיר אחת פלג מורין כדברי ב »ש ופלג מורין כדברי ב »ה אבל שתי בתי דינין בעיר אחת לית לן בה

 

Pourquoi conserver l’opinion des vaincus ? – Talmud et Humanisme au MJLF

Si la vérité est claire, pourquoi conserver l’opinion de ceux qui ont tort ? Toute la torah orale est fondée sur le fait de citer les opinions minoritaires, et elle s’interroge elle-même sur la signification de ce choix.

Télécharger la feuille d’étude ici: cours-talmud-5778-7 .cours-talmud-5778-7

Michna edouyot chap 1

Michna 4

Pourquoi rappelle-t-on les paroles de Chamai et de Hillel pour rien pour enseigner aux générations qui viennent que l’îndividu ne doit pas se tenir sur ses paroles du fait que les pères du monde ne se sont pas tenus sur leurs paroles

 

Michna 5

Et pourquoi rappelle-t-on les paroles d’un individu parmi les paroles de la multitude parce que la halaha n’est rien que les paroles de la multitude que si un tribunal préfère les paroles de l’individu et il se fondera sur elles du fait que rien un tribunal ne peut annuler les paroles d’un autre tribunal jusqu’à ce qu’il soit plus grand en sagesse et en nombre

Il était plus grand que lui en sagesse mais pas en nombre en nombre et pas en sagesse il ne peut pas annuler ses paroles jusqu’à ce qu’il soit plus grand en sagesse et en nombre

Raavad :

Que si un tribunal voit les paroles d’un individu il s’appuie sur elles car ainsi il interprète que si un tribunal postérieur voit  voit que la halaha est comme les paroles de l’individu il s’appuie sur elles pour fixer la halaHa comme lui comme on a trouvé chez les Amoraim derniers qu’ils fixent la halaHa comme l’individu des premiers dans plusieurs endroits et même si la majorité est en maHloket avec eux et si ils n’avaient pas trouvé les paroles de l’individu premier les derniers n’auraient pas pu repousser les paroles des premiers de leur jugement à eux car un tribunal ne peut pas annuler les paroles d’un autre tribunal jusqu’à ce qu’il soit plus grand que lui par la sagesse et par le nombre

משנה ד

ולמה מזכירין את דברי שמאי והלל לבטלה, ללמד לדורות הבאים שלא יהא אדם עומד על דבריו, שהרי אבות העולם לא עמדו על דבריהם .

משנה ה

ולמה מזכירין דברי היחיד בין המרבין הואיל ואין הלכה אלא כדברי המרבין, שאם יראה בית דין את דברי היחיד ויסמוך עליו, שאין בית דין יכול לבטל דברי בית דין חברו עד שיהיה גדול ממנו בחכמה ובמנין.

היה גדול ממנו בחכמה אבל לא במנין, במנין אבל לא בחכמה, אינו יכול לבטל דבריו, עד שיהיה גדול ממנו בחכמה ובמנין.

 

Ouvrir les questions… Les courants dans le judaïsme

Nous étudierons l’histoire des courants modernes du judaïsme ce dimanche à Ganénou.
Ce sujet central nous entrainera dans les questions fondamentales du judaïsme moderne, que nous comprendrons mieux grâce au prisme de l’histoire.

Pour vous préparer à notre étude, je vous invite à prendre connaissance de ces questions et à faire le point sur vos connaissances.
Si ces questions vous semblent compliquées: pas de panique. L’idée est de préparer notre étude, pas de faire un test de vos connaissances! En les lisant, vous vous préparerez simplement à mieux tirer parti de ce temps partagé.

A télécharger ici: questions courant judaïsme

Courants et pensées modernes dans le judaïsme

  1. Qu’est-ce qu’une מחלוקת ? Quel rôle ce concept joue-t-on dans l’identité juive ?
  2. Quels grands courants se sont-ils opposés dans l’histoire du judaïsme ?
  3. En quoi les lumières ont-elles révolutionné le monde juif ? et l’émancipation?
  4. Quelles ont été les réponses des juifs allemands et français à ces bouleversements ?
  5. Qui était Moïse Mendelssohn ?
  6. Qu’est-ce que la Wissenschaft des Judentums, la השכלה?
  7. Qu’est-ce que la gueniza du Caire ? En quoi est-elle importante ?
  8. Quand le courant libéral est-il né ? Quand le courant orthodoxe est-il né ? Citez deux tendances « progressistes » et deux tendances « orthodoxes ».
  9. Parmi Léopold Zunz, Samuel David Luzzato, NaHmal Krochmal, Zecharia Frankel, Salomon Munk, choisir l’une de ces personnalités et présenter son œuvre en quelques phrases.
  10. En quoi la pensée de Abraham Geiger et Samuel Holdheim fait-elle sens aujourd’hui ? A quelles parties vous identifiez-vous ? De quelle partie vous démarquez-vous ?
  11. Qui étaient Moché Sofer et Samson Raphaël Hirsch ? Leurs approches sont-elles encore représentées aujourd’hui ?
  12. En quoi les phrase « נעשה ונשמע» est-elle significative d’une différence de lecture entre les tendances modernes du judaïsme ?
  13. Sur quels sujets le monde orthodoxe a­­-t-il rejoint le monde libéral ? Et sur quels sujets les libéraux d’aujourd’hui se sont-ils parfois rapprochés des orthodoxes d’alors ?
  14. Qui sont les néologues ?
  15. Que savez-vous de l’histoire du développement des différents courants aux USA ?
  16. Quand le « Cercle Libéral » a-t-il été créé en France ?
  17. En quoi le judaïsme consistorial a-t-il évolué au cours des dernières années ?
  18. En quoi la division « orthodoxe/libéraux » concerne-t-elle le monde séfarade ?
  19. Quels sont les enjeux politiques qui animent la dynamique entre les courants aujourd’hui ?
  20. Les courants modernes du judaïsme sont-ils voués à se développer ? Est-ce souhaitable ? Quel est votre place dans cette opposition ou cette collaboration ?

Cours ce Dimanche à Nation: comprendre les mouvements du Judaïsme

Le judaïsme est-il unique ou pluriel? Qu’en était-il dans le passé? Quelles sont les différences entre les courants du judaïsme d’aujourd’hui?

Ce dimanche, de 10h45 à 12h45, nous étudierons cela ensemble, avec les parents du talmud torah, les participants du cours « devenir/redevenir juif », et tous ceux qui veulent travailler sur cette question fondamentale.

Au plaisir de vous retrouver à cette occasion pour un travail intense et passionnant, au cœur des questions de l’identité juive actuelle.

Si vous pensez participer, merci de mettre un commentaire à ce message pour que nous puissions nous organiser en conséquence.

Chabbat chalom!

CultureJ: Enseignement oral 3/3 : protéger la spécificité juive

Nous allons conclure demain notre trilogie sur l’enseignement oral comme pierre fondatrice de la spécificité juive.
A cette occasion, nous verrons des midrachim qui reflètent cette réalité face aux atteintes du Karaisme et des premiers chrétiens ainsi que quelques éléments tirés du présent, à travers les idées des « juifs pour jésus » et de certains extrémistes musulmans.
Tout cela dans l’amour de l’étude et le plaisir d’être ensemble!
Accueil: 19h45 (boissons, et tout ce que vous voudrez amener 🙂
pré-cours: 19h40: quelques mots d’hébreu
Cours de 20h à 21h30
Différents éléments concernant le cours sont disponibles ici:

Entrainons-nous encore à gagner les concours de circonstances

« Bar Hédia était un interprétateur de rêve….

Celui qui lui donnait une pièce, il le lui interprétait en bien, celui qui ne lui donnait pas de pièce, il le lui interprétait en mal.

Abbayé et Rava firent un rêve.

Abbayé lui amena une pièce, et Rava ne lui en donna pas. »

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L’histoire commençait bien, le rêve, ce qui s’exprime de notre conscience libérée par la nuit, la remise en place de nos pensées, et quelqu’un qui interprète. L’interprétateur allait nous donner peut être la clef de la vérité!

Mais  l’illusion se brise, bar Hédia était cupide, il ne donnait pas la clef des rêves, il redessinait les paysages à son propre avantage

Deux grands sages, deux amis-opposants, deux baalé maHloket, préoccupés par les mêmes questions, un même rêve, que vont-ils en faire ?

Ils amènent leurs pensées intimes à un interprétateur de rêves, ne croient-ils pas en leur propre sagesse ? Bar Hédia est corrompu, mais ça, ils ne le savent pas encore. Ces deux leaders,  des amoraim babyloniens du 4e siècle, Abayé, dirigeant de la yéchiva de pombedita , Rava, fondateur de la yéshiva de MéHoza, ont, comme nous, des questionnements douloureux.

Voici ce que Rava et Abbayé ont vu en rêve, ce que bar Hédia leur a dit.

Ils lui dirent : J’ai vu dans un rêve le verset suivant Ton bœuf sera égorgé sous tes yeux (deut 28)

A Rava il dit Ton commerce va faire banqueroute et tu n’auras plus envie de manger à cause de ta peine.

A Abbayé il dit Ton commerce va prospérer et tu n’auras plus envie de manger tellement ta joie sera grande

Ils lui dirent : Nous avons lu aussi, le verset suivant : tes filles seront données à un autre peuple,

A Rava il dit : Tes enfants seront nombreux mais ils se marieront dans la famille de ta femme et ils deviendront comme des étrangers pour toi.

A Abbayé il dit : ta femme mourra puis tes enfants seront soumis à une autre femme

Ils lui dirent encore : Tous les peuples de la terre verront

A Abbayé : ils verront ta renommée en tant que chef de la maison d’étude et tu inspireras la crainte

A Rava : ils verront ton humiliation, on attaquera le trésor royal on te soupçonnera, tu seras arrêté comme voleur et tout le monde éprouvera la crainte d’être soupçonné.

Les préoccupations de ces deux grands sages sont les nôtres, notre subsistance, notre famille, l’héritage que nous laisserons au monde.

Rava et Abbayé ont besoin de soutien et s’ouvrent au plus grand spécialiste de leur époque, de même que nous cherchons conseil.

Et, comme cela nous arrive parfois, ils se font posséder, de même que nous sommes nous-mêmes vulnérables.

Les conséquences en sont dramatiques. En effet, les interprétations de Bar Hédia se réalisent, si bien que Rava perd sa femme, ses enfants et ses richesses.

* * *

Notre peuple aussi a ses rêves, ses espoirs et ses préoccupations.

La liturgie de Roch Hachana nous dit : Faites téchouva, et vous serez inscrits dans le livre de la vie et non dans le livre de la mort.

Certains disent : Si vous ne revenez pas à une pratique orthodoxe, vous mourrez dans l’année. D’autres mettent ces interprétations au passé : la Choa a eu lieu parce que les juifs n’étaient pas assez pratiquants,  le papa de cette petite fille est mort cette année parce qu’il n’avait pas fait téchouva à Roch Hachana ou à Kipour.

Notre mouvement s’oppose à ces culpabilisations, qui enterrent la tradition, qui réduisent le judaïsme à de la superstition.

Les conséquences de ce genre d’interprétation, je les vois au quotidien depuis 16 ans que j’exerce en tant que rabbin, en Israël, en Belgique et maintenant en France, et même depuis mes années d’étude « laïques » en sociologie lors de mes enquêtes sur les croyances des juifs en France.

Notre communauté, le MJLF, et Surmelin, nous sommes activement et profondément engagées dans le combat contre ces discours destructeurs. Nous voulons transmettre le message du judaïsme traditionnel, qui est un enseignement de vie.

Comment interprétons-nous l’inscription dans le livre de la vie ?

Mais comme le veut la tradition, en affirmant que la vie, c’est la justice, les justes sont considérés comme vivant toujours par leur enseignement, les anti-justes comme étant morts, même de leur vivant.

Nous disons : Si vous vous engagez pour la justice et la vérité, vous serez  inscrits dans le livre de la vie, qui est le livre de la justice et du bien.

Si nous nous engageons dans les réflexions de Roch hachana, Kipour et Soukot , notre vie sera encore plus vivante l’an prochain qu’elle ne l’a été l’an dernier.

Le judaïsme n’appartient pas aux « bar Hédia ». Nous en assumons les interprétations.

* * *

Et, fidèle à la tradition, permettez-moi d’appliquer cet enseignement à la question qui préoccupe vraiment les juifs : Qu’est-ce qu’on mange ce soir !

Pour cela, je vais me livrer à un exercice très commun : le détournement verbal.

Comme nous l’enseigne la suite du Talmud BeraHot, le rêve suit la bouche, c’est-à-dire son interprétation.

Mais comme nous sommes juifs, nous pouvons détourner un peu le sens de cette phrase : le rêve suit la bouche, c’est-à-dire la nutrition !

En ce soir de Roch Hachana, les séfarades parmi nous feront tout un seder, mangeront de nombreux mets en prononçant des bénédictions. Les achkénazes parmi nous mangeront de la pomme et du miel, en se souhaitant une année aussi douce que le miel aussi pétillante que la pomme.

Nous mangerons de l’interprétation.

Nous sommes libres de l’interprétation de nos rêves, nous sommes libres de l’interprétation de ce que nous mangeons, de ce que nous ingérons, de ce que nous digérons.

Notre tradition va plus loin encore. Nous interprétons les actes.

* * *

Il y a beaucoup de choses que  nous ne comprenons pas, et qui sont peut-être néanmoins d’une sagesse insoupçonnée.

Prenons un exemple tiré euh du baseball américain. Parlons de ce qu’on nomme la « final offer arbitration ». Il s’agit d’une méthode d’arbitrage révolutionnaire.

Vous n’en avez peut-être pas encore entendu parler, et cela viendra surement.

En quoi consiste l’arbitrage « normal »? Chaque partie présente ses demandes et l’arbitre fait un compromis.

En quoi consiste l’arbitrage « offre définitive » ? Chaque partie propose une solution, l’arbitre choisit l’une des deux solutions sans arbitrer, il a l’interdiction formelle de faire un compromis.

Cela semble fou ?

Mais réfléchissez, ce soir aux conséquences sur la dynamique entre les parties, et vous verrez combien ce procédé est subtil.

On appelle la création de ce type de situation du « game ingeneering », de la « création de jeu », et l’un des leaders en la matière est Robert Aumann.

Nous connaissons dans la pratique juive et dans les textes juifs beaucoup de choses « absurdes ».

Dans le talmud par exemple, et dans le passage de Rava Abbayé et Bar Hédia, avec ses deux rabbins qui se laissent prendre au piège. Mais cette histoire nous aide à comprendre que personne n’est à l’abri des influences néfastes.

Dans la Torah bien sûr, avec les colères divines et les comportements étranges de nos patriarches.

Le cadre des fêtes de Tichri, peut aussi poser question. Pourquoi faire de notre premier de l’an un « jour du jugement » pourquoi venir dire des seliHot à la synagogue à 7 heure du matin, et passer une journée à nous priver de nourriture et à être présent à la synagogue ? Ces actes, simplement, « changent la donne », et ne peuvent être compris que par la pratique et par la réflexion.

Les fêtes de Tichri sont une invitation à ouvrir le livre du souvenir et du passé pour faire le tri, réexaminer les actes et les idées de l’année dernière, et à en changer les étiquettes, les interprétations.

Au jour de notre mort dirons-nous : « Oui, ce Roch Hachana là, en 5775, en septembre 2014, j’ai pensé de cette façon, j’ai changé de cette façon, et j’ai raison de le faire. » ?

Pour conclure, je vais nous lancer deux défis.

Le premier est de vous vers moi : Venez me trouver, écrivez-moi, et proposez des objections, proposez des éléments « absurdes » de notre tradition et voyons si nous y trouvons une sagesse cachée.

Le deuxième défi est de moi vers vous, vous trouverez à l’entrée des feuilles avec des versets qui sont la guématria de 5775, prenez-les et essayez de trouver le maximum de « divinations » positives et négatives concernant l’année à venir.

Jouez à être Bar Hédia, et appropriez-vous cette souplesse d’esprit que nous enseigne le Talmud.

Vous trouverez sur cette feuille des expressions dont la valeur numérique représente l’année à venir.

Pourrez-vous les interpréter en bien, et pourquoi pas aussi en mal, comme bar Hédia, et vous faire ainsi mieux connaissance avec la puissance de l’interprétation ?

Le verset suivant caractérisera-t-il selon vous l’année 5775 et de quelle façon : « Ses membres, tout pleins encore de vigueur juvénile, se verront couchés dans la poussière », (job 20 :11) ?

Peut-être préférerez-vous essayer d’interpréter les mots: «  La justice fleurira ensemble » extrait de Isaïe 45 :8

Vous pourrez également en discuter à la table familiale, vos enfants et amis se prendront peut-être au jeu, et je vous invite à partager vos trouvailles en ligne sur le site poursurmelin.wordpress.com.

Nos rêves et nos actes suivent l’interprétation que nous en donnons.

Un rêve non interprété est comme une lettre non lue.

Roch Hachana nous invite à ouvrir notre courrier en retard, nos messages cachés à nous-mêmes, nos rêves, nos souvenirs, nos actes.

Les circonstances ne nous font pas, ce sont nous qui interprétons les circonstances.

C’est ainsi que depuis 3000 ans, malgré les dures réalités de l’histoire, nous, peuple juif, sommes rôdés à gagner les concours de circonstances.

Nous avons eu des circonstances particulièrement difficiles cette année.

C’est pour penser à ce que nous pouvons faire de l’actualité en tant qu’individus en tant que famille et en tant que communauté, qui nous avons besoin de nous réunir.

Que les circonstances concourent à notre bonheur cette année !

Alors entraînons-nous encore un peu, à gagner ensemble, les concours… de circonstance !

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Liens vers ce qui n’a pas pu être dit ici:

http://www.larecherche.fr/savoirs/dossier/a-quoi-sert-interpreter-reves-01-07-2011-78744

http://lemidrash.free.fr/CIEM2005site/dbanon.pdf

Lévinas/ Roch Hachana, tout pour le cours de ce soir…

Sources culture J Roch Hachana

Quizz à refaire après le cours

Ce soir, nous aurons je l’espère une séance à la fois profonde et dynamique. Nous espérons reprendre les sources de Roch Hachana dans la tradition juive, tradition écrite et tradition orale, nous voudrions étudier en Hévrouta un extrait de la première leçon talmudique de Lévinas, avant de tester notre sens logique avec l’étude de l’extrait du talmud qu’il commente. Nous voudrions nous replonger dans quelques chants de seliHot pour agrémenter le tout, et j’espère que vous serez également prêts à faire le point à l’aide du petit quizz que j’ai préparé à votre intention.

Michna, Talmud, pensée juive, réflexions personnelles et meilleur compréhension de ce que nous apprend notre tradition sur les nouveaux départs, le pardon à soi-même et le pardon à autrui…

A tout à l’heure, et à très bientôt également je l’espère pour les seliHot et les offices… (heures et inscriptions aux seliHot ici, attention, c’est parfois à Nation et parfois à Gambetta: http://doodle.com/kgmbt487kbts8b6a)

Quizz à téléchargerquiz levinas roch hachana