Aime ta prochaine comme toi-même

A l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, je partage cet article publié dans le tout nouvel exemplaire des Cahiers Bernard Lazare. Bravo à l’équipe des cahiers pour ce très beau numéro.

Bonne fête à toutes celles et ceux qui tiennent à leur liberté!

L’humanisme postule la liberté de chacun de se déterminer, de se définir et de se redéfinir, en mettant en œuvre sa liberté personnelle, sa capacité d’évoluer et sa capacité d’être en relation avec les autres. L’humanisme postule forcément la liberté de chacune, au même titre que celle de chacun.

Dans une conception juive, l’humanisme peut être formulé par la merveilleuse pensée de Hillel (Babylone, Terre d’Israël, -Ie s.) « Ce que tu détestes, ne le fais pas à ton prochain, ceci est absolument toute la Torah, le reste, ce sont des commentaires alors maintenant, va les étudier sérieusement. » Cette phrase n’est pas seulement édifiante. Elle est la base de tout le judaïsme rabbinique, qui repose sur deux piliers : l’action et l’étude. Ces deux piliers se déclinent en trois modes : moi, toi, nous. Cette affirmation est humaniste parce que l’étude nous encourage à être libres dans notre pensée et que la pratique nous incite à être cohérents dans nos actions.

Contexte

Les femmes, elles aussi, s’inscrivent évidemment dans le faire, l’action, le souci de se cultiver soi-même, l’enrichissement l’autre, la participation au collectif, c’est-à-dire au tikoun olam[1], c’est-à-dire au politique.

Mais est-ce bien le cas en pratique ? Les juives sont-elles pleinement intégrées dans le judaïsme culturel, yiddish, ladino, littéraire, hébraïque ? Je l’espère, les avancées comme les limitations de notre contexte social actuel s’y répercutent sans doute.

Les femmes juives sont-elles intégrées dans le judaïsme religieux ? Le côté religieux du judaïsme se développe par assimilation du judaïsme à la religion chrétienne depuis les Lumières puis par la création du Consistoire par Napoléon en 1808. Cet aspect des choses n’est pas ma spécialité, ni mon angle d’approche. La place des femmes y reste très secondaire.

Qu’en est-il du judaïsme rabbinique, qui inclut les aspects talmudique et halaHique jusqu’à nos jours ? Le Talmud s’inscrit dans le questionnement permanent, l’approche critique des sources et leur comparaison. La halaHa propose parfois un style plus occidental, une « recette de cuisine de la vie », à la codification bien classée, mais revient toujours rapidement à la contradiction et la confrontation d’opinion. Cette approche m’intéresse et m’a poussée à approfondir mes études juives, à aller étudier en Israël, à devenir Rabbin. C’est elle que je présente aux hommes, et de façon totalement égale, aux femmes. Hillel, que nous venons de citer, s’inscrit dans ce mouvement.

Ce judaïsme se passionne pour la question initiale « que nous apprend le judaïsme sur la vie ? », sur la façon de penser à ce que nous voulons faire et sur notre façon de vivre et d’agir, autant dire, sur la pensée et la pratique juive, sur l’étude et les commandements.

Ecarter les femmes

Les argumentaires de dénigrement sont les mêmes, dans la société juive comme dans la société globale : « Les femmes ne comptent pas vraiment, elles ne savent pas vraiment ce qu’elles veulent, elles ne savent pas réfléchir, elles sont prétentieuses, elles sont sales, il n’est pas digne pour nous de les inclure. »

Ils ont été largement invoqués au cours de l’histoire juive par les autorités qui voulaient faire reculer la place des femmes dans la tradition juive. Mentionnons un argument plus moderne, plus présentable, et non moins dangereux : « Les femmes sont supérieures spirituellement, telle est la raison pour laquelle elles ne doivent pas étudier et être responsable vis-à-vis de certains commandements, car elles restent proches de Dieu même lorsqu’elles font la vaisselle, qui est elle aussi une tâche spirituelle et sacrée ». Rappelons la recommandation de Rabbi YoHanan Méhamayan[2] dans ses fables : « Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute… ». Soulignons encore que tous ces arguments peu précis et détachés des sources ont été invoqués pour une raison simple : l’absence de justifications plus crédibles.

La place des femmes dépend de deux grands axes :

1 – Sont-elles responsables de leurs actes (face aux commandements) ?

2 – Ont-elles accès au savoir (étude de la Torah) ?

La réponse d’une façon générale est la suivante : Initialement les femmes ont une place, mais les influences patriarchales de la société globale ont pénétré le judaïsme au cours du temps. Pour toutes ces questions, mon avis est que la situation actuelle est totalement différente, l’aspect patriarchal de nos sociétés est heureusement largement remis en question, cela nous encourage à rassembler les sources historiques favorables à l’égalité et à les repositionner sur le devant de la scène. Cette nouvelle possibilité résonne d’ailleurs comme un devoir de contribution à l’évolution générale vers l’égalité.

Ce scénario s’applique schématiquement à toutes les dimensions essentielles de la vie juive (dans la lignée du judaïsme rabbinique): le droit/devoir d’étudier la Torah, l’implication des femmes dans les commandements positifs liés au temps, leur place dans les offices à la synagogue, la lecture de la Torah, la récitation du Kadich lors des cérémonies d’inhumation etc.

Pour approfondir ces questions, je vous invite à vous référer à l’ouvrage sous la direction du Rabbin Krygier, La loi juive à l’aube du XXIe siècle, à celui du Rabbin Golinkin (en hébreu) La place de la femme dans la halaHa, questions et réponses, ou au site responsafortoday (en anglais et en hébreu), par exemple ici : https://responsafortoday.com/en/vaad-halakhah/all-volumes/. Sur le passage précis du Talmud concernant l’interdiction de l’étude aux femmes, je donne quelques explications sur la vidéo suivante : Paracha Nasso : La femme abstinente et le dévot imbécile https://youtu.be/7Lk9T8DyK-o.

Au cœur du judaïsme

Le judaïsme talmudo-halaHique nous dit à travers la voix de Chimon hatsadik (avot 1 :2, -IIIe s) que le monde repose sur la Torah, le service, et les actes d’entraide. Donc sur l’étude, la discipline de nos actions dans la vie, la réalisation d’œuvres généreuses.

La question de la place des femmes dans ce cadre est donc celle de leur légitimité dans l’étude de la Torah, la discipline des commandements et l’action sociale. Nous demandons dans les textes de la Amida du chabbat « donne nous une part à ta Torah ». Les femmes juives peuvent-elles avoir une part à cette Torah, une part à l’étude et à la pratique ? Défaisons-nous de tout suspense : à mon sens, les femmes font au même titre que les hommes partie de ces deux aspect essentiels et tellement humanistes du judaïsme.

Quels arguments militent à mon sens dans cette direction ? On peut compter : l’interprétation des sources, la poursuite fidèle du mouvement naturel d’évolution de la tradition, l’application de l’approche humaniste contenue dans nos sources, l’application de l’approche humaniste qui s’impose sur le plan éthique.

Deux autres raisons s’ajoutent :

La première est que si la réponse est non, en tant que femme, je n’ai pas de légitimité à écrire cet article. C’est ce qui est paradoxal avec ce type de questionnement. Faut-il s’interroger ? Oui, car la place des femmes n’étant ni acquise, ni sécurisée, une réflexion doit être entreprise pour faire évoluer les habitudes. Mais non, car cela ne devrait même pas avoir besoin d’être discuté. Poser cette question nous remet en contact avec le risque d’exclusion qui pèserait sur chacun et chacune, nous incitant à l’auto-censure. Avoir conscience de ce paradoxe, c’est déjà le désamorcer un peu.

La deuxième raison est pragmatique. Mettre les femmes au second plan dans ce qui touche au judaïsme, c’est participer à leur exclusion en général, qui, dans sa manifestation extrême, est cause de meurtres et d’agressions. Du côté des femmes, elle implique la mort et le stress post-traumatique avec toutes les séquelles que cela suppose. Toutes les femmes expérimentent des attitudes de relégation.

Notons au passage que tous les hommes sont également victimes par ricochet de la ségrégation des femmes. Consciemment ou inconsciemment, nous sentons qu’une violence exercée contre une partie d’une population menace indirectement toutes les catégories de cette population. S’il n’est pas bon d’être femme, il n’est pas bon d’être « une femmelette », le conformisme viril des hommes est activé aux dépens de leur liberté. Des hommes justes de Yvan Jablonka peut être consulté sur la question. La violence n’est jamais compartimentée.

Le cercle vicieux de l’exclusion

Au contraire, reconnaitre l’égale légitimité des femmes dans un domaine, quel qu’il soit, renforce l’idée qu’elles ont voix au chapitre, que leur « non » est un « non », que leur « oui » est respectable.

L’idée de Culture du viol – que nous ne pouvons plus ignorer aujourd’hui – reprend cette idée : tout ce qui est de l’ordre de la dévalorisation contribue à davantage encore de dévalorisation, tout ce qui est de l’ordre du respect renforce le respect. Dans ce contexte, les détails sont importants.

L’antique parole de Ben Azaï (Avot 4 :2) est très expressive :

« Cours pour un commandement facile comme pour un commandement pesant et fuis la transgression ; car un commandement amène un commandement et une transgression amène une transgression ; la récompense d’un commandement est l’occasion d’un autre commandement et la punition d’une transgression est une transgression. »

Cette parole vise tous les commandements. L’application à la question des femmes est la suivante :

« Cours pour rétablir la justice et le respect de tes égales lorsque c’est simple comme lorsque c’est complexe et fuis la transgression de ce principe ; car un acte de respect entraîne un acte de respect et un acte de dévalorisation entraîne un acte de dévalorisation ; la récompense pour un acte féministe est l’occasion d’en faire d’autres et la punition pour un acte antiféministe est d’en accomplir d’autres. »

Adressée aux femmes, la recommandation peut être formulée ainsi : « Cours pour rétablir la justice et le respect qui t’est dû ; car un acte vers la demande de respect ouvre la porte à d’autres actes de demandes de respect… » Cette version explique très clairement ce qu’essaie de transmettre l’idée de « culture du viol ». Il est possible d’approfondir ces problématiques en lisant Présentes, de Lauren Bastide.

Une fois qu’on accepte l’idée qu’un acte banalise tout ce qui est du même ordre que lui, on comprend que le choix se présente ainsi : soit les femmes sont absolument secondaires, et tout acte qui les dévalorise est justifié, soit elles sont fondamentalement égales, et tout acte qui nuit à cette égalité, légèrement ou gravement, consciemment ou inconsciemment, dans quelque domaine que ce soit, est solidaire des pires actes commis à leur encontre.

Je réalise ici que mes propos sont pesants, mais ils le sont moins que la réalité violente du monde dans lequel nous vivons. La bonne nouvelle, c’est qu’il est bon de faire face à nos responsabilités ensemble, nos militantismes nous unissent dans notre humanité, l’action de tikoun olam nous inspire et nous rend vivants, vibrants, fiers d’être en vie. L’humanisme nous enseigne que personne n’est parfait mais que nous avons en nous la possibilité du meilleur qui est toujours en construction. Le psychologue Auber Allal résume cette idée ainsi : on a le droit d’être con, on n’a pas le droit de le rester.

Priorité à la vie

Vous savez certainement combien le principe de PikouaH néfech, « préserver activement la vie » est essentiel dans notre tradition. Le simple soupçon d’un risque de mort contraint à transgresser toutes les autres règles. Il faut « transgresser, et non pas mourir ». Quand bien-même la place des femmes dans notre tradition serait au second plan (ce qui n’est pas exact), nous savons aujourd’hui que la culture du viol coute des vies, cela devrait justifier la transgression des commandements si c’était nécessaire.

Seules trois exceptions exigent de « mourir et ne pas transgresser » : le meurtre, le viol, renier l’essentiel. Forcée à tuer quelqu’une sous peine d’être moi-même assassinée, je dois refuser. Forcée à violer, je dois refuser. Forcée à renier l’essentiel, je dois préférer ma propre mort. La protection de ma vie est secondaire face à la défense de mes valeurs.

J’aime la phrase d’Eric Fromm dans L’art d’aimer (XXe s. Allemagne/USA) selon laquelle : « L’homme religieux authentique a foi dans les principes que « Dieu » représente : il pense la vérité, vit l’amour et la justice, et il ne donne de prix à son existence que dans la mesure où il y trouve l’occasion d’épanouir au maximum ses virtualités humaines – seule chose qui importe, seul objet de « préoccupation ultime » ; en fin de compte, il ne parle pas de Dieu ni ne mentionne même son nom. »

L’  « homme religieux » qu’évoque Erich Fromm, inclut certainement la femme religieuse. Mais est-ce certain ? Dans « De génération en génération, être juif » le grand Rabbin Jacques Ouaknin parle de la nécessité du Minian, le quorum juif de dix « personnes » dit-il. Pourtant, il n’inclut certainement pas les femmes dans le quorum. L’ambigüité sert toujours la perpétuation des situations antérieures. Si elle était compréhensible à l’époque d’Eric Fromm, les temps ont changé.

S’il vous plait et merci

A ce stade, j’aimerais adresser des remerciements et une demande.

A celles et ceux qui sont très conscientes de la problématique de la culture du viol, je voudrais vous remercier de m’avoir lue jusque-là. Ayant pris conscience des enjeux éthiques, sociaux et vitaux de l’inclusion des femmes, il vous a sans doute été difficile de lire mon texte rédigé jusqu’à présent sur l’idée que « le masculin représente les femmes ».

A celles et ceux que mon écriture n’a pas choquée jusqu’à ce stade, j’aimerais demander que nous dépassions nos habitudes. Je vais essayer d’utiliser à partir de maintenant dans cet article un « féminin neutre » pour remplacer le « masculin-neutre ». Cela nous permettra de voir si nous sommes plus engagées (au féminin) dans le texte quand il est genré comme nous, ou si nous sommes moins engagés (au masculin) dans le texte lorsqu’il est genré différemment de nous.

En tant que juives (juifs inclus), nous sommes habituées (hommes inclus) plus que d’autres à entendre les idées derrières les mots, nous devrions pouvoir faire face à cette adaptation. Nos efforts ne sont pas vains, ils sont au service de l’humanisme, du respect, du respect du besoin de sécurité de chacune. Nous adorons apprendre, et cela aussi est la Torah.

Sans aucun doute la notion de pikouaH nefech devrait l’emporter sur la grammaire française de ces quelques derniers siècles. Le français est une langue toute jeune, et elle est aussi souple que son locuteur, c’est-à-dire nous. Le principe même de halaHa, de loi juive, nous enseigne que rien n’est un détail. Au nom de quoi d’ailleurs interpellerions-nous « les religions » ou « le judaïsme », si nous ne sommes pas prêtes nous même à un inconfort minimal pour réduire une injustice meurtrière ?

Ces trois exceptions s’appliquent incontestablement aux femmes : je ne peux tuer une femme ou violer une femme pour sauver ma vie. Et pas non plus renier notre essentielle égalité en contribuant à l’argumentaire qui permet aux meurtriers et aux violeurs de s’auto-justifier.

Si nous appliquons aujourd’hui le même effort de justice, de respect et de courage que celui dont nos sages ont fait preuve à leurs époques, nous sommes absolument en mesure de soutenir les changements qui s’imposent. Aujourd’hui l’argument de « réputation de la communauté juive » qui a pu être invoqué à l’encontre des droits des femmes dans une société globale patriarchale doit être renversé. La préservation de l’image du judaïsme exige le rétablissement des femmes dans leur droit initial et imprescriptible. Mais bien au-delà des questions d’image, la question de la place des femmes est une question de conscience.

Il est temps, donc, dans un esprit humaniste, de « ne pas faire à notre prochaine ce que nous détestons, c’est toute la Torah, et il est temps de nous consacrer à l’étude de ce principe et de toutes ses implications ».


[1] Réparation du monde

[2] Château-Thierry 1621- Paris 1695

Sacrée sexualité, vivre corps et âme, colloque interconvictionnel à Saint Jacut

Vous êtes libres le dernier week-end de janvier?

Bonne nouvelle: l’Abbaye de Saint Jacut nous propose de passer ensemble une fin de semaine passionnante et chaleureuse autour de la question de la sexualité et des religions. Ce week-end est interconvictionnel, et nous pourrons y célébrer des offices ce chabbat concentrés pour ceux qui le désirent. Inscrivez-vous, parlez-en à vos amis ou famille de toutes religions ou convictions, puis mettez-moi un petit commentaire à la fin de cet article pour que je sache combien de livres de prière apporter.

Chabbat chalom!

Télécharger le bulletin d’inscription ici: inscription saint jacut

 

 

 

 

 

Akadem: Greta Thunberg

L’émission d’Akadem sur Greta Thunberg est en ligne… C’était un moment intéressant autour d’une jeune fille engagée, très critiquée, et d’une question qui nous engage tous et toutes: le climat.

Vous pouvez la voir sur Akadem sur ce lien, ici, il suffit de cliquer 😉

C’est complémentaire du commentaire que j’avais fait sur la paracha Nitsavim, à voir ici, sur ce lien.

Je serai très heureuse de lire vos commentaires. Moadim LéssimHa!

P.S. SimHat Torah sera dimanche soir en Israël et dans les communautés libérales du monde entier, rejoignez ce moment de joie et de danse si le coeur vous en dit…

Réflexions sur la liberté

Ce matin, j’ai eu le privilège de passer deux heures en compagnie d’un groupe de jeunes protestants qui effectuaient une retraite d’une semaine sur le thème de la liberté.

Nos réflexions se sont portées sur l’importance des questions, la fête de PessaH   פסח (le passage) et פה סח (la bouche qui parle), les différentes façons de susciter des questions, le seder, seder de libération des femmes.

Après avoir explicité la différence entre Torah écrite et Torah orale, de Michna et de Talmud, nous avons évoqué la liberté qu’offre l’approche interprétative des textes.

Nous avons parlé de l’idée de liberté dans les dix commandements et de celle qui émerge du fait qu’ils existent en deux versions, un travail en Hévrouta (binômes d’étude amicaux) nous a permis d’approfondir le sens des différentes versions.

le « Je suis l’ETERNEL ton dieu qui t’ai fait sortir du pays d’Egypte », en tant que première des dix paroles selon la tradition juive, nous a donné l’occasion d’évoquer l’infini liberté de compréhension du tétragramme, le mot hébreu de quatre lettres que les chrétiens prononcent Yahvé ou Jéhova et qui ne se prononce pas dans la tradition juive. Ces quatre lettres י   ה   ו   ה , permettent de composer justement le passé היה, le présent הווה, et le futur יהיה, ce qui renvoie à notre liberté dans le temps. C’est l’Histoire qui interpelait Pharaon pour qu’il abolisse l’esclavage.

Ces questionnements nous ont conduit à parler du dernier paragraphe du chéma israel שמע ישראל, avec sa dernière phrase qui reprend presque mot pour mot la première des dix paroles, et les « fils de la vie » qui y sont évoqués, et qui nous font prendre conscience de la liberté que nous appliquons à chaque instant de nos vies.

Après avoir raconté l’histoire du four de AHnaï qui oppose la liberté des sages à une soi-disant autorité « du ciel », nous avons conclu avec quelques pensées partagées et ce très beau midrach tiré des pirké avot qui invite à lire le mot חרות , signifiant « gravé », comme חירות, qui signifie la liberté.

Merci à tous les participants pour cet échange riche!

télécharger ici la feuille de source

Bonus:

  • Site: cocreer.net
  • L’année où j’ai vécu selon la bible (A.J. JACOBS)
  • Les mots sont des fenêtres (ou bien ils sont des murs), (Marshall Rosenberg)
  • Des hommes justes, du patriarchat aux nouvelles masculinités (Ivan Jablonka)
  • L’ABC des émotions (Claude Steiner)

THE TEN COMMANDMENTS OF EMOTIONAL LITERACY

  1. I. Place love at the center of your emotional life. Heart-centered emotional intelligence empowers everyone it touches.
  2. Love yourself, others and truth in equal parts. Never sacrifice one to the other.

III. Stand up for how you feel and what you want. If you don’t, it is not likely that anyone else will.

  1. Respect the ideas, feelings and wishes of others as much as you do your own.Respecting ideas does not mean that you have to submit to them.
  2. Emotional Literacy requires that you not lie by omission or commission. Except where your safety or the safety of others is concerned, do not lie.
  3. Emotional Literacy requires that you do not power play others. Gently but firmly ask instead for what you want until you are satisfied.

VII. Do not allow yourself to be power played. Gently but firmly refuse to do anything you are not willing to do of your own free will.

IIX. Apologize and make amends for your mistakes. Nothing will make you grow faster.

  1. Do not accept false apologies. They are worth less than no apologies at all.
  2. Follow these commandments according to your best judgment. After all, they are not written in stone.

Les religions sont-elles LGBT-phobes?

In extremis avant Chabbat, parce que c’est important, je vous informe de ma participation à une conférence interreligieuse, qui sera une prise de position en faveur de la défense des libertés fondamentales de chacune et chacun, indépendamment de ses préférences ou identifications sexuelles.  Le texte suivant est celui des organisateurs.

Nous vous invitons le Mardi 25 juin à la Mairie du IIIème arrondissement à la table ronde « Les religions sont-elles LGBT-phobes ? ».
La condamnation religieuse de ce que nous appelons de nos jours « homosexualité » (masculine et féminine) est fondée sur des textes sacrés qui doivent être compris avec discernement au regard de leur contexte culturel d’écriture et de leur message actuel : une condamnation des rapports entre hommes dans le Lévitique (Ancien Testament), la mention des femmes et des hommes se livrant à « des rapports contre nature » parmi les comportements dénoncés par l’apôtre Paul dans deux épîtres (lettres) du Nouveau Testament, des interdictions proches du Lévitique dans certaines sourates du Coran.
Le but de cette rencontre est d’engager ou de poursuivre un dialogue entre les instances religieuses et les associations qui luttent pour les droits humains.
La frontière entre condamnation des LGBT et les LGBTphobies est tenue. Quelles actions concrètes mènent les religions pour éviter le glissement vers la haine de leurs fidèles ? Quels outils pédagogiques utilisent elles pour donner un éclairage nouveau de leurs textes ? Quel accueil réservent-elles aux jeunes mariés de même sexe, à leurs enfants et aux trans ? Comment concilient-elles droits civiques et droits religieux ? Quelles positions adoptent-elles sur la transidentité ?
Cette conférence est organisée par les associations LGBT confessionnelles, David et Jonathan (LGBT Chrétien, le Beit-Haverim (Groupe juif LGBT), Shams France (Association LGBT pour les personnes du Maghreb et du Moyen-Orient) et également La Montagne Sans Sommet (Communauté bouddhiste)
Pour assister, il faut réserver obligatoirement sur l’un des mails suivants :
• contact@shams-France.org
→ RDV à 19h, Mairie du IIIème arrondissement de Paris.

Questions fondamentales pour le judaïsme de demain…

Savons-nous expliquer notre conception du judaïsme d’aujourd’hui? Tous les juifs sont-ils d’accord avec notre vision? Comment défendre nos idées dans le « débat public juif »? Comment expliquer nos conceptions à nos enfants? Comment discuter dans le respect?

Le judaïsme d’aujourd’hui soulève des questions, parfois difficiles, qui nous concernent tous.

Nous en parlerons ensemble ce dimanche, à Ganénou.

Evènement facebook ici: https://www.facebook.com/events/2154962864616859/

 

La place des femmes – l’engagement de tous

Le 23 mars, j’ai eu la chance de rencontrer deux femmes exceptionnelles, Emmanuelle Seyboldt, présidente du conseil national de l’Église protestante unie de France et Kahina Bahloul, Islamologue.  Christina Moreira, femme ordonnée en tant que curé, était avec nous par liaison téléphonique. Nous étions reçues par Philippe Robichon, et Nadia El Bouga (plus d’infos ici) dans l’émission spi-cu-ni sur beur FM.

Emmanuelle Seyboldt et Kahina Bahloul seront toutes les deux avec nous, par amitié, ce vendredi soir, pour une entrée du chabbat en douceur. Notre chabbat sera également un « erev shel yeladim », les enfants y seront les bienvenus, accueillis en chanson – voir les vidéos des chants et des activités ici.

Vous pouvez réécouter l’émission, enregistrée le 26/03/2019 et diffusée le 30/03/2019

Sexualité et spiritualité sur France Culture

La sexualité est l’une des questions les plus essentielles. Alors que l’âge moyen d’exposition aux images pornographiques est actuellement de seulement 13 ans, quel est notre discours sur cette important sujet? L’amorce d’une discussion à ce sujet sera diffusée demain sur sur France Culture, les intervenants seront moi-même ainsi que Daniel Sibony, dans l’émission de René Frydman, « Matière à penser », de 22h15 à 23h00.

https://www.franceculture.fr/emissions/matieres-a-penser

Vous pourrez la ré-écouter en illimité via le site internet ou la podcaster pendant un an.

Bonne écoute, vous êtes invités à partager vos commentaires sous cet article.

Les femmes, la liberté, Hanouka! Cours adulte ce dimanche à Surmelin

Les femmes « étaient partie prenante de ce miracle ». (article approfondi en hébreu ici)

De quelle façon les femmes étaient-elles partie prenante de Hanouka? De quoi encore les femmes sont-elles partie prenante dans la vie juive? Certains principes pourraient-ils les exclure? Lesquels, et pourquoi?

Notre communauté défend l’égalité, la possibilité d’action de chacun et chacune.

Reprenons ensemble ces textes passionnants, avant l’allumage communautaire des bougies, de 16h à 18h ce dimanche.

Si vous souhaitez vous préparer au cours, prenez connaissance des questions suivantes, qui posent les grands problèmes relatifs à la place des femmes:

40 questions sur le statut des femmes dans la tradition juive

Les femmes sont-elles des hommes comme les autres, en 20 questions

Pour alimenter votre réflexion:

Le Kadich et les femmes

Vidéo référence prb https://www.youtube.com/watch?v=v7haoVIlFF8

Rayonner et contribuer

Chers amis et amies, chers membres,

La synagogue que nous construisons au jour le jour ensemble est un lieu d’accueil qui nous permet de vivre nos valeurs au quotidien.

Il faut souligner qu’elle est également un havre de paix, ou un port d’attache, pour que ces valeurs rayonnent vers l’extérieur.

Par ce rayonnement, nous apportons nos contributions à l’humanisme et à l’égalité des genres.

Par ce rayonnement, nous donnons également l’occasion à d’autres de nous rejoindre pour que nous soyons plus forts encore dans l’accueil et la transmission.

A l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, hier, j’ai eu la chance de pouvoir en dire quelques mots sur judaïques FM et d’être également présente sur i24.

Tout ceci fait sens, au delà des idées, par la réalité concrète que nous arrivons à leur donner ensemble.

Je les partage donc avec vous, en nous souhaitant un chemin toujours plus large et passionnant ensemble.

Shabbat Shalom, שבת שלום

https://www.i24news.tv/fr/tv/revoir/i24newsroom/x6fw8jl

http://www.judaiquesfm.com/emissions/59/presentation.html#podcasts