Demain, Talmud à 12h30

De 12h30 à 13h30, un petit Zoom-Talmud à partager.

Au programme: quelques concepts fondamentaux pour comprendre le talmud, explication de la thématique, travail collaboratif autour du texte, « solution » du puzzle talmudique, partage autour de ce que nous aurons appris.

Niveau: facile, possibilité de sous-groupes en hébreu.

20 participants maximum.

Inscription : https://framaforms.org/incription-talmud-1601970350, les inscrits recevront le lien zoom et la feuille de source  à 11h30.

Au plaisir de vous retrouver….

 

 

Chir lachalom – de Yom hazikaron à Yom haatzmaout

Cette chanson, écrite par Yaakov Rotblit, a été chantée pour la première fois en 1969.

Est-elle encore d’actualité?

Nous en dirons quelques mots au tout début de l’office de Yom haatsmaout qui commence dans quelques minutes.

Laissez le soleil monter, le matin éclairer La force des prières ne nous fera pas revenir

Celui dont la lumière s’est éteinte et qui est étendu dans la poussière

Les pleurs amers ne le réveilleront pas, ne le ramèneront pas ici

Aucun d’entre nous ne reviendra du puits profond et noir

Ne sont d’aucune utilité

La joie de la victoire et les chants de louange

Pour cette raison, chantez un chant de paix, ne murmurez pas de prières

C’est mieux que vous chantiez des chants de paix, dans un grand cri

Laissez le soleil percer vers les fleurs

Ne regardez pas en arrière, laissez partir ceux qui partent

Portez un regard d’espoir, pas de bonnes paroles

Chantez un chant pour l’amour, pas pour la victoire

Ne dites pas “un jour viendra”, faites venir ce jour, Car il n’est pas un rêve

Et sur toute les places faites sonner le chofar pour la paix

תְּנוּ לַשֶּׁמֶשׁ לַעֲלוֹת, לַבֹּקֶר לְהָאִיר. הַזַּכָּה שֶׁבַּתְּפִלּוֹת אוֹתָנוּ לֹא תַּחֲזִיר. מִי אֲשֶׁר כָּבָה נֵרוֹ וּבֶעָפָר נִטְמַן, בֶּכִי מַר לֹא יָעִירוֹ, לֹא יַחֲזִירוֹ לְכָאן. אִישׁ אוֹתָנוּ לֹא יָשִׁיב מִבּוֹר תַּחְתִּית אָפֵל. כָּאן לֹא יוֹעִילוּ לֹא שִׂמְחַת הַנִּצָחוֹן, וְלֹא שִׁירֵי הַלֵּל. לָכֵן, רַק שִׁירוּ שִׁיר לַשָּׁלוֹם, אַל תִּלְחֲשׁוּ תְּפִלָּה. מוּטָב תָּשִׁירוּ שִׁיר לַשָּׁלוֹם, בִּצְעָקָה גְּדוֹלָה. תְּנוּ לַשֶּׁמֶשׁ לַחֲדֹר מִבַּעַד לַפְּרָחִים. אַל תַּבִּיטוּ לְאָחוֹר, הָנִיחוּ לַהוֹלְכִים. שְׂאוּ עֵינַיִם בְּתִקְוָה, לֹא דֶּרֶךְ כַּוָּנוֹת. שִׁירוּ שִׁיר לָאַהֲבָה, וְלֹא לַמִּלְחָמוֹת. אַל תַּגִּידוּ יוֹם יָבוֹא, הָבִיאוּ אֶת הַיּוֹם! כִּי לֹא חֲלוֹם הוּא, וּבְכֹל הַכִּכָּרוֹת הָרִיעוּ לַשָּׁלוֹם!

Tenu la-shèmèsh la-`alot, La-boqèr le-ha’ir.

Hazaka shè-ba-tefilot  ’Otanu lo tahzir.

Mi ’ashèr kava nero ’U-vè-`afar nitman,

Bèkhi mar lo ya`iro, Lo yahziro lekhan.

’Ish ’otanu lo yashiv Mi-bor tahtit afél.

Kan lo yo`ilu

Lo simhat ha-nitsahon, Ve-lo shiréi halél.

La-khén raq shiru Shir la-shalom, ’Al tilhashu tefila.

Mutav tashiru Shir la-shalom, Bi-tse`aqa gedola.

Tenu la-shèmèsh la-hador Mi-ba`ad la-perahim.

’Al tabitu le-’ahor, Hanihu la-holekhim.

Se’u `eynayim be-tiqva, Lo dèrèkh kavanot.

Shiru shir la-’ahava, Ve-lo la-milhamot,

’Al tagidu yom yavo, Havi’u ’èt ha-yom!

Ki lo halom hu,

U-ve-khol ha-kikarot Hari`u la-shalom!

Demain, Talmud à 12h30 et yom haatsmaout à 18h30

De 12h30 à 13h30, un petit Zoom-Talmud à partager.

Au programme: quelques concepts fondamentaux pour comprendre le talmud, explication de la thématique, travail collaboratif autour du texte, « solution » du puzzle talmudique, partage autour de ce que nous aurons appris.

Niveau: facile, possibilité de sous-groupes en hébreu.

20 participants maximum.

Demain soir à 18h30, office de transition de Yom hazikaron vers Yom haatsmaout, avec les rabbins de Kerem.

Pour simplifier, je ferai une inscription commune aux deux événements, sur le formulaire suivant : https://framaforms.org/incription-talmud-1601970350, les inscrits recevront le lien zoom et la feuille de source  à 11h30. Vous choisirez alors de venir à l’un, à l’autre ou aux deux!

Au plaisir de vous retrouver….

 

 

De la libération à la responsabilité, une playlist inspirante (pour moi en tout cas)

Ce n’est pas très habituel. Je pensais partager cette playlist avec une amie, et j’ai pensé que cela pouvait intéresser peut être quelques un.e.s d’entre vous.

Ces titres sont des titres inspirants pour moi, qu’il m’arrive d’écouter énormément pour en tirer force et inspiration. Peut-être que leur écoute vous permettra également des mouvements qui vous importent?

Je les ai situé sur la « grille de valeur » que la Kabale propose pour les sept semaines de pessaH. Je souligne qu’il s’agit juste de ce que m’inspirent ces mots, je ne détiens absolument pas de transmission kabaliste mystérieuse, et vous savez toutes et tous combien je souligne l’importance de prendre de la distance avec tout ce qui est « inspiré et magique », que la torah combat d’ailleurs à chaque page, et qui fait le lit des gourous et des tyrans.

Ces chansons sont pour moi des sources de liberté intérieure et de force d’action, je les partage avec vous, bonne sortie d’Égypte.


Les auteurs: Leonard Cohen, et Libby Roderick, dont je me sens proche, Arthur H, dont j’aime cette chanson et que je connais moins bien.

Amen / Cohen / Hessed : l’ouverture, la bienveillance, « redis-le moi, encore et encore, que tu m’aimes. Quand j’aurai dépassé l’horreur, quand j’aurais pris la mesure de ma soif, quand les injustices seront finies, redis-le moi, encore et encore, que tu me désires… »

Dancing in front of the guns / Roderick / Gevoura: le courage, « une voix en moi chuchote ‘prends ton corps et enfuis-toi, laisse la vision à quelqu’un d’autre, puis je m’entends dire ‘je préfère danser même au coin de ma tombe, je préfère te tenir fort alors que nous nous avançons dans l’amour et dans le courage… »

How could anyone / Roderick/ Tiféret: la beauté de l’harmonie, « comment quiconque a bien pu te dire, que tu étais moins qu’entier »

Anthelm / Cohen/ NetsaH: l’éternité, « Les oiseaux ont dit, à la brisure du jour, recommence, ne réside pas sur ce qui est passé ou ce qui doit arriver, je ne peux plus courir avec cette foule sans loi dans laquelle les tueurs disent leurs prières à haute voix, ils ont appelé une tornade… »

Blue Moon / Roderick / Hod: la majesté,  » Je me tiens à un tournant décisif, mon coeur est dans ma main, de tous les côtés des terres immenses, une lune pleine brille sur moi, une pluie tombe comme du feu, que les couleurs de l’arc-en-ciel soient mon guide »

Show me the place / Cohen / Yessod: le fondement, « montre-moi l’endroit, aide-moi à rouler la pierre, montre-moi l’endroit, je ne peux pas faire ça seul, montre-moi l’endroit où les mots sont devenus humains, montre-moi l’endroit où la souffrance est née »

MalHout: l’absolu, à vous de voir….

Chabbat Tsav / Chabat hagadol – Commandement ou idolâtrie?

Réflexions autour du commandement, du rituel, de pessah et de la contestation.

Bon visionnage, chabbat chalom et très bons fins de préparatifs pour PessaH!

Vidéo de la conférence « Seuls, ensemble, et après? »

Pour celles et ceux qui veulent reprendre certains passages, retrouver les thématiques de la conférence d’hier soir….

à 16mn – 22mn: Ce qui fait communauté – ensemble/YaHad – assez de lien pour la maHloket? – comportement de meute –

31 – 34: Cohésion entre spiritualité et matérialité, chabbat, action des 6 jours et communauté d’action – l’aspect contractuel –

52 – 57: La rencontre: par l’action engagée commune contre les oppressions, le croisement, tous  nos visages,

1h10 – 1h17   : La nécessité d’un lieu, l’importance de la rencontre physique, Temple vs Tabernacle portatif, « temple prétexte », hamakom

1h37 – 1h41 : Renoncer à nos privilèges, difficile sentiment de légitimité des femmes, aspect non-hiérarchique,

1h43 – 1h46 : Innovation dans le judaïsme

1h49 – 1h51  : Le printemps et l’espace publique

 

https://www.collegedesbernardins.fr/content/seuls-ensemble-et-apres

Rappel: demain, Talmud à 12h30

De 12h30 à 13h30, un petit Zoom-Talmud à partager.

Au programme: quelques concepts fondamentaux pour comprendre le talmud, explication de la thématique, travail collaboratif autour du texte, « solution » du puzzle talmudique, partage autour de ce que nous aurons appris.

Niveau: facile, possibilité de sous-groupes en hébreu.

20 participants maximum.

Inscriptions ici: https://framaforms.org/incription-talmud-1601970350, les inscrits recevront le lien zoom et la feuille de source  à 11h30.

A tout à l’heure!

 

Seuls, ensemble, et après? web-Bernardins

Demain soir à 20h, je me réjouis de participer à une table-ronde prometteuse aux Bernardins, à suivre sur leur chaine youtube par exemple, infos ici: https://www.collegedesbernardins.fr/content/seuls-ensemble-et-apres

Aime ta prochaine comme toi-même

A l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, je partage cet article publié dans le tout nouvel exemplaire des Cahiers Bernard Lazare. Bravo à l’équipe des cahiers pour ce très beau numéro.

Bonne fête à toutes celles et ceux qui tiennent à leur liberté!

L’humanisme postule la liberté de chacun de se déterminer, de se définir et de se redéfinir, en mettant en œuvre sa liberté personnelle, sa capacité d’évoluer et sa capacité d’être en relation avec les autres. L’humanisme postule forcément la liberté de chacune, au même titre que celle de chacun.

Dans une conception juive, l’humanisme peut être formulé par la merveilleuse pensée de Hillel (Babylone, Terre d’Israël, -Ie s.) « Ce que tu détestes, ne le fais pas à ton prochain, ceci est absolument toute la Torah, le reste, ce sont des commentaires alors maintenant, va les étudier sérieusement. » Cette phrase n’est pas seulement édifiante. Elle est la base de tout le judaïsme rabbinique, qui repose sur deux piliers : l’action et l’étude. Ces deux piliers se déclinent en trois modes : moi, toi, nous. Cette affirmation est humaniste parce que l’étude nous encourage à être libres dans notre pensée et que la pratique nous incite à être cohérents dans nos actions.

Contexte

Les femmes, elles aussi, s’inscrivent évidemment dans le faire, l’action, le souci de se cultiver soi-même, l’enrichissement l’autre, la participation au collectif, c’est-à-dire au tikoun olam[1], c’est-à-dire au politique.

Mais est-ce bien le cas en pratique ? Les juives sont-elles pleinement intégrées dans le judaïsme culturel, yiddish, ladino, littéraire, hébraïque ? Je l’espère, les avancées comme les limitations de notre contexte social actuel s’y répercutent sans doute.

Les femmes juives sont-elles intégrées dans le judaïsme religieux ? Le côté religieux du judaïsme se développe par assimilation du judaïsme à la religion chrétienne depuis les Lumières puis par la création du Consistoire par Napoléon en 1808. Cet aspect des choses n’est pas ma spécialité, ni mon angle d’approche. La place des femmes y reste très secondaire.

Qu’en est-il du judaïsme rabbinique, qui inclut les aspects talmudique et halaHique jusqu’à nos jours ? Le Talmud s’inscrit dans le questionnement permanent, l’approche critique des sources et leur comparaison. La halaHa propose parfois un style plus occidental, une « recette de cuisine de la vie », à la codification bien classée, mais revient toujours rapidement à la contradiction et la confrontation d’opinion. Cette approche m’intéresse et m’a poussée à approfondir mes études juives, à aller étudier en Israël, à devenir Rabbin. C’est elle que je présente aux hommes, et de façon totalement égale, aux femmes. Hillel, que nous venons de citer, s’inscrit dans ce mouvement.

Ce judaïsme se passionne pour la question initiale « que nous apprend le judaïsme sur la vie ? », sur la façon de penser à ce que nous voulons faire et sur notre façon de vivre et d’agir, autant dire, sur la pensée et la pratique juive, sur l’étude et les commandements.

Ecarter les femmes

Les argumentaires de dénigrement sont les mêmes, dans la société juive comme dans la société globale : « Les femmes ne comptent pas vraiment, elles ne savent pas vraiment ce qu’elles veulent, elles ne savent pas réfléchir, elles sont prétentieuses, elles sont sales, il n’est pas digne pour nous de les inclure. »

Ils ont été largement invoqués au cours de l’histoire juive par les autorités qui voulaient faire reculer la place des femmes dans la tradition juive. Mentionnons un argument plus moderne, plus présentable, et non moins dangereux : « Les femmes sont supérieures spirituellement, telle est la raison pour laquelle elles ne doivent pas étudier et être responsable vis-à-vis de certains commandements, car elles restent proches de Dieu même lorsqu’elles font la vaisselle, qui est elle aussi une tâche spirituelle et sacrée ». Rappelons la recommandation de Rabbi YoHanan Méhamayan[2] dans ses fables : « Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute… ». Soulignons encore que tous ces arguments peu précis et détachés des sources ont été invoqués pour une raison simple : l’absence de justifications plus crédibles.

La place des femmes dépend de deux grands axes :

1 – Sont-elles responsables de leurs actes (face aux commandements) ?

2 – Ont-elles accès au savoir (étude de la Torah) ?

La réponse d’une façon générale est la suivante : Initialement les femmes ont une place, mais les influences patriarchales de la société globale ont pénétré le judaïsme au cours du temps. Pour toutes ces questions, mon avis est que la situation actuelle est totalement différente, l’aspect patriarchal de nos sociétés est heureusement largement remis en question, cela nous encourage à rassembler les sources historiques favorables à l’égalité et à les repositionner sur le devant de la scène. Cette nouvelle possibilité résonne d’ailleurs comme un devoir de contribution à l’évolution générale vers l’égalité.

Ce scénario s’applique schématiquement à toutes les dimensions essentielles de la vie juive (dans la lignée du judaïsme rabbinique): le droit/devoir d’étudier la Torah, l’implication des femmes dans les commandements positifs liés au temps, leur place dans les offices à la synagogue, la lecture de la Torah, la récitation du Kadich lors des cérémonies d’inhumation etc.

Pour approfondir ces questions, je vous invite à vous référer à l’ouvrage sous la direction du Rabbin Krygier, La loi juive à l’aube du XXIe siècle, à celui du Rabbin Golinkin (en hébreu) La place de la femme dans la halaHa, questions et réponses, ou au site responsafortoday (en anglais et en hébreu), par exemple ici : https://responsafortoday.com/en/vaad-halakhah/all-volumes/. Sur le passage précis du Talmud concernant l’interdiction de l’étude aux femmes, je donne quelques explications sur la vidéo suivante : Paracha Nasso : La femme abstinente et le dévot imbécile https://youtu.be/7Lk9T8DyK-o.

Au cœur du judaïsme

Le judaïsme talmudo-halaHique nous dit à travers la voix de Chimon hatsadik (avot 1 :2, -IIIe s) que le monde repose sur la Torah, le service, et les actes d’entraide. Donc sur l’étude, la discipline de nos actions dans la vie, la réalisation d’œuvres généreuses.

La question de la place des femmes dans ce cadre est donc celle de leur légitimité dans l’étude de la Torah, la discipline des commandements et l’action sociale. Nous demandons dans les textes de la Amida du chabbat « donne nous une part à ta Torah ». Les femmes juives peuvent-elles avoir une part à cette Torah, une part à l’étude et à la pratique ? Défaisons-nous de tout suspense : à mon sens, les femmes font au même titre que les hommes partie de ces deux aspect essentiels et tellement humanistes du judaïsme.

Quels arguments militent à mon sens dans cette direction ? On peut compter : l’interprétation des sources, la poursuite fidèle du mouvement naturel d’évolution de la tradition, l’application de l’approche humaniste contenue dans nos sources, l’application de l’approche humaniste qui s’impose sur le plan éthique.

Deux autres raisons s’ajoutent :

La première est que si la réponse est non, en tant que femme, je n’ai pas de légitimité à écrire cet article. C’est ce qui est paradoxal avec ce type de questionnement. Faut-il s’interroger ? Oui, car la place des femmes n’étant ni acquise, ni sécurisée, une réflexion doit être entreprise pour faire évoluer les habitudes. Mais non, car cela ne devrait même pas avoir besoin d’être discuté. Poser cette question nous remet en contact avec le risque d’exclusion qui pèserait sur chacun et chacune, nous incitant à l’auto-censure. Avoir conscience de ce paradoxe, c’est déjà le désamorcer un peu.

La deuxième raison est pragmatique. Mettre les femmes au second plan dans ce qui touche au judaïsme, c’est participer à leur exclusion en général, qui, dans sa manifestation extrême, est cause de meurtres et d’agressions. Du côté des femmes, elle implique la mort et le stress post-traumatique avec toutes les séquelles que cela suppose. Toutes les femmes expérimentent des attitudes de relégation.

Notons au passage que tous les hommes sont également victimes par ricochet de la ségrégation des femmes. Consciemment ou inconsciemment, nous sentons qu’une violence exercée contre une partie d’une population menace indirectement toutes les catégories de cette population. S’il n’est pas bon d’être femme, il n’est pas bon d’être « une femmelette », le conformisme viril des hommes est activé aux dépens de leur liberté. Des hommes justes de Yvan Jablonka peut être consulté sur la question. La violence n’est jamais compartimentée.

Le cercle vicieux de l’exclusion

Au contraire, reconnaitre l’égale légitimité des femmes dans un domaine, quel qu’il soit, renforce l’idée qu’elles ont voix au chapitre, que leur « non » est un « non », que leur « oui » est respectable.

L’idée de Culture du viol – que nous ne pouvons plus ignorer aujourd’hui – reprend cette idée : tout ce qui est de l’ordre de la dévalorisation contribue à davantage encore de dévalorisation, tout ce qui est de l’ordre du respect renforce le respect. Dans ce contexte, les détails sont importants.

L’antique parole de Ben Azaï (Avot 4 :2) est très expressive :

« Cours pour un commandement facile comme pour un commandement pesant et fuis la transgression ; car un commandement amène un commandement et une transgression amène une transgression ; la récompense d’un commandement est l’occasion d’un autre commandement et la punition d’une transgression est une transgression. »

Cette parole vise tous les commandements. L’application à la question des femmes est la suivante :

« Cours pour rétablir la justice et le respect de tes égales lorsque c’est simple comme lorsque c’est complexe et fuis la transgression de ce principe ; car un acte de respect entraîne un acte de respect et un acte de dévalorisation entraîne un acte de dévalorisation ; la récompense pour un acte féministe est l’occasion d’en faire d’autres et la punition pour un acte antiféministe est d’en accomplir d’autres. »

Adressée aux femmes, la recommandation peut être formulée ainsi : « Cours pour rétablir la justice et le respect qui t’est dû ; car un acte vers la demande de respect ouvre la porte à d’autres actes de demandes de respect… » Cette version explique très clairement ce qu’essaie de transmettre l’idée de « culture du viol ». Il est possible d’approfondir ces problématiques en lisant Présentes, de Lauren Bastide.

Une fois qu’on accepte l’idée qu’un acte banalise tout ce qui est du même ordre que lui, on comprend que le choix se présente ainsi : soit les femmes sont absolument secondaires, et tout acte qui les dévalorise est justifié, soit elles sont fondamentalement égales, et tout acte qui nuit à cette égalité, légèrement ou gravement, consciemment ou inconsciemment, dans quelque domaine que ce soit, est solidaire des pires actes commis à leur encontre.

Je réalise ici que mes propos sont pesants, mais ils le sont moins que la réalité violente du monde dans lequel nous vivons. La bonne nouvelle, c’est qu’il est bon de faire face à nos responsabilités ensemble, nos militantismes nous unissent dans notre humanité, l’action de tikoun olam nous inspire et nous rend vivants, vibrants, fiers d’être en vie. L’humanisme nous enseigne que personne n’est parfait mais que nous avons en nous la possibilité du meilleur qui est toujours en construction. Le psychologue Auber Allal résume cette idée ainsi : on a le droit d’être con, on n’a pas le droit de le rester.

Priorité à la vie

Vous savez certainement combien le principe de PikouaH néfech, « préserver activement la vie » est essentiel dans notre tradition. Le simple soupçon d’un risque de mort contraint à transgresser toutes les autres règles. Il faut « transgresser, et non pas mourir ». Quand bien-même la place des femmes dans notre tradition serait au second plan (ce qui n’est pas exact), nous savons aujourd’hui que la culture du viol coute des vies, cela devrait justifier la transgression des commandements si c’était nécessaire.

Seules trois exceptions exigent de « mourir et ne pas transgresser » : le meurtre, le viol, renier l’essentiel. Forcée à tuer quelqu’une sous peine d’être moi-même assassinée, je dois refuser. Forcée à violer, je dois refuser. Forcée à renier l’essentiel, je dois préférer ma propre mort. La protection de ma vie est secondaire face à la défense de mes valeurs.

J’aime la phrase d’Eric Fromm dans L’art d’aimer (XXe s. Allemagne/USA) selon laquelle : « L’homme religieux authentique a foi dans les principes que « Dieu » représente : il pense la vérité, vit l’amour et la justice, et il ne donne de prix à son existence que dans la mesure où il y trouve l’occasion d’épanouir au maximum ses virtualités humaines – seule chose qui importe, seul objet de « préoccupation ultime » ; en fin de compte, il ne parle pas de Dieu ni ne mentionne même son nom. »

L’  « homme religieux » qu’évoque Erich Fromm, inclut certainement la femme religieuse. Mais est-ce certain ? Dans « De génération en génération, être juif » le grand Rabbin Jacques Ouaknin parle de la nécessité du Minian, le quorum juif de dix « personnes » dit-il. Pourtant, il n’inclut certainement pas les femmes dans le quorum. L’ambigüité sert toujours la perpétuation des situations antérieures. Si elle était compréhensible à l’époque d’Eric Fromm, les temps ont changé.

S’il vous plait et merci

A ce stade, j’aimerais adresser des remerciements et une demande.

A celles et ceux qui sont très conscientes de la problématique de la culture du viol, je voudrais vous remercier de m’avoir lue jusque-là. Ayant pris conscience des enjeux éthiques, sociaux et vitaux de l’inclusion des femmes, il vous a sans doute été difficile de lire mon texte rédigé jusqu’à présent sur l’idée que « le masculin représente les femmes ».

A celles et ceux que mon écriture n’a pas choquée jusqu’à ce stade, j’aimerais demander que nous dépassions nos habitudes. Je vais essayer d’utiliser à partir de maintenant dans cet article un « féminin neutre » pour remplacer le « masculin-neutre ». Cela nous permettra de voir si nous sommes plus engagées (au féminin) dans le texte quand il est genré comme nous, ou si nous sommes moins engagés (au masculin) dans le texte lorsqu’il est genré différemment de nous.

En tant que juives (juifs inclus), nous sommes habituées (hommes inclus) plus que d’autres à entendre les idées derrières les mots, nous devrions pouvoir faire face à cette adaptation. Nos efforts ne sont pas vains, ils sont au service de l’humanisme, du respect, du respect du besoin de sécurité de chacune. Nous adorons apprendre, et cela aussi est la Torah.

Sans aucun doute la notion de pikouaH nefech devrait l’emporter sur la grammaire française de ces quelques derniers siècles. Le français est une langue toute jeune, et elle est aussi souple que son locuteur, c’est-à-dire nous. Le principe même de halaHa, de loi juive, nous enseigne que rien n’est un détail. Au nom de quoi d’ailleurs interpellerions-nous « les religions » ou « le judaïsme », si nous ne sommes pas prêtes nous même à un inconfort minimal pour réduire une injustice meurtrière ?

Ces trois exceptions s’appliquent incontestablement aux femmes : je ne peux tuer une femme ou violer une femme pour sauver ma vie. Et pas non plus renier notre essentielle égalité en contribuant à l’argumentaire qui permet aux meurtriers et aux violeurs de s’auto-justifier.

Si nous appliquons aujourd’hui le même effort de justice, de respect et de courage que celui dont nos sages ont fait preuve à leurs époques, nous sommes absolument en mesure de soutenir les changements qui s’imposent. Aujourd’hui l’argument de « réputation de la communauté juive » qui a pu être invoqué à l’encontre des droits des femmes dans une société globale patriarchale doit être renversé. La préservation de l’image du judaïsme exige le rétablissement des femmes dans leur droit initial et imprescriptible. Mais bien au-delà des questions d’image, la question de la place des femmes est une question de conscience.

Il est temps, donc, dans un esprit humaniste, de « ne pas faire à notre prochaine ce que nous détestons, c’est toute la Torah, et il est temps de nous consacrer à l’étude de ce principe et de toutes ses implications ».


[1] Réparation du monde

[2] Château-Thierry 1621- Paris 1695

Deux étranges chansons… et une dernière chance de s’inscrire

Sont-ce des poèmes pourris ou des chants de Pourim? Peu compréhensible… sauf pour celles et ceux qui connaissent l’opinion de Rabbi Acher de Lunel sur la façon dont on devrait  »  » « trop »  »  » boire à Pourim….

jeudi soir à 19h précises, ou 18h 45…. Le lien sera envoyé à celles et ceux qui auront mis leur adresse email ICI, SUR CE FORMULAIRE d’INSCRIPTION (et pensez bien à vous colorier en noir jaune rouge ou vert, ou porter des chapeaux de ces couleurs svp)

BarouH MordeHai Arour Haman

il éleva Adassa                   il la désespéra
il lui apprit à se taire       il menaça Esther
il lui apprit à parler         il voulut la tuer
il soutenait le roi              il fit de lui sa proie
fidèle à ses valeurs          vieil oiseau de malheur
fidèle à sa nation             plein de son ambition
gardant la tête haute                    tout était de sa faute
attendant à toute heure              impatient comme du beurre
pour protéger esther                    clignotant des paupières
portant un sac en toile                  se croyant une étoile
mobilisant chacun                           cherchant seulement le gain
jeunant pendant trois jours        se baffrant sans détour
c’est lui qui chevaucha                  c’est lui qui dut conduire
le beau cheval du roi                      par une bride en cuir
menacé de potence                       il crut mener la danse
mais il en réchappa                        c’est lui qui s’y trouva
c’était un bon poteau                    d’abord il eut l’anneau
mais lui il le garda                           c’était un cancrelat

brouHa esther brouHa vachti brouHa zérech

chap 1
Elle s’opposa d’abord    et encourut la mort        alors qu’elle petite fille                 jouait encore aux billes
Elle poussa son mari       à gagner la partie
Elle s’opposa au roi         le mit en désarroi            son mari convainquit                     le roi d’tuer vachti
Elle était douce et belle                 ou blasée et rebelle
Lorsqu’elle fut mise à mort         le roi perdit son trésor                  son mari convainquit     le roi d’être abruti
De donner aux époux    le droit d’être ripouxChap 2
Elle accepta d’aller          au concours décrié         elle ne demanda rien     espérant s’en aller
Elle tut son origine           et joua les gentilles       écoutant Mardochée     elle a contribué
A sauver le souverain    sans en retirer rien
Chap 3
Son mari fut élevé          aux plus hautes fonctions            il exigea des dés               la date de destruction
Son oncle refusa              de rabaisser son front
Chap 4
Quand son oncle lui dit                 ce qu’il avait appris         elle voulu bien aider       mais était démunie
Elle su bien chercher                     comment risquer sa vie                faire face au danger       sauver grands et petits
Chap 5
Elle jeûna trois jours                      puis mit tous ses atours                prit son courage en main             sans remettre à demain                elle invita le roi                au péril de sa vie              à manger dans sa suite                 à partager une cuite
son mari ébahi                  invité mais pourquoi ?                  profita du whisky            sans se l’faire dire deux fois
elle conseilla au ministre              celui au nom sinistre      De faire une potence     pour se faire des vacances
chap 6
son époux bien jaloux   ne trouvant plus sommeil            se fit lire par ses fous     le livre des merveilles
son époux bien aigri       pressé de jalousie           vint de bien grand matin              forcer sur le destin
son mari réveillé              voulant récompenser    son oncle le sauveur      renversa le malheur
son mari bien surpris     dut conduire son ennemi            sur le cheval du roi          Qu’il convoitait pour soi
alors elle lui dit                 tu es un homme fini       tout est fini pour toi       suit les servants du roi
chap 7
et toute étincelante      pour le second banquet                               de sa voix si touchante                 sans avoir le hoquet
elle demanda sa vie        au roi qui l’adulait           qui outré ressorti             prendre l’air des bosquets
son mari se jeta                tout au pied de la reine                mais il finit pendu           comme sa langue bien était
sur la potence perchée faite pour Mardochée
chap 8
elle reçut la maison        du méchant abhorré      elle perçut la rançon      de ses efforts et qualités
elle demanda le droit     pour tous les menacés  chacun se défendra        avant d’être attaqué
son oncle fut adulé         son mari refroidi              après que réchauffé       il en soit étourdi
chap 9
Mais elle vit ses fils                         des méchants patentés                pendant au bout du fil                   par son mari dressé
Elle demanda encore                    un jour supplémentaire                pour finir le ménage      des ennemis à terre
Elle décrétât alors           que de siècles en siècle                on donnerait de l’or        aux pauvres en collecte
Qu’on ferait des cadeaux             délicieux et bons             pour amis et potos          pour réjouir les mignons
Qu’on lirait cette lettre                 à chaque génération      pour ouvrir le couvercle               des peurs en actions
Pour rappeler la mémoire           de la première reine      qu’on prit pour une poire            qu’on jeta dans l’arène
Pour rappeler le nom     de la femme ambigüe   qui fit de son mari           vainqueur un vaincu
Pour rappeler enfin        que les deux reines ensemble   peuvent joindre leurs forces afin              que tous les méchants tremblent !

Pour vous préparer à ce grand événement
qui va bien vous marquer, tout en vous amusant
nous vous invitons et ce dés à présent
à vous parer des beaux objets suivants:

1 – choisissez une des couleurs suivantes: Noir, jaune, rouge ou vert, et portez le plus de vêtements de cette couleur, en particulier des éléments qui apparaitront à l’écran: chapeaux, perruques, barbes factices, maquillage sur le joues ou sur tout le visage, etc…

2 – choisissez quatre objets: un doux, un dur, un beau, un laid et préparez-les près de vous

3 – Munissez-vous si cela est possible, pour que la flèche puisse atteindre sa cible, sur ce sujet, si puissant et sensible, de

  • vin ou boisson alcoolisée ou agréable à vos yeux: 20 gorgées (dans 20 petits verres?)
  • nourriture que vous aimez, votre gâteau préféré ou autre: deux portions
  • 2 rib de deux associations que vous souhaitez soutenir
  • une liste 55 qualités humaines qui sont chères à votre cœur
  • une méguila d’Esther

Mais pourquoi donc? Qu’en ferons-nous?
Le mystère est profond… Le suspens nous rend fou!
Mais bon courage, oui vous tiendrez le coup,
jusqu’à jeudi, où vous attend le Tout!