Paracha Vayigach – de quoi devons-nous avoir peur?

La peur permet aux animaux de s’éloigner rapidement des situations de danger, elle est favorisée sur la confiance par notre instinct de survie.

Pourtant, notre humanité se caractérise par la capacité d’agir comme Juda, de prendre des risques pour vérifier par nous-mêmes l’étendue de notre champ d’action, pour notre propre intérêt mais aussi dans l’intérêt des autres.

Dans les périodes difficiles, des textes comme « LéHa Dodi » nous incitent à devenir nous-même des abris pour les autres, comme Joseph l’a été dans sa prison, comme Juda l’est en prenant la défense de Benjamin.

Dans notre Paracha de la semaine, la Torah nous invite à nous poser ces questions. La lecture juive de la bible nous invite à nous interroger.

Sur un pied 2015: Comment recréer la fraternité (  Joseph, la mise en scène de l’épreuve, la téchouva selon Maïmonide  )

 

 

Talmud, Lévinas et nous – Se faire pardonner à tout prix ?

Jusqu’à où faut-il aller pour nous faire pardonner? Parfois, trop de bonne volonté nuit aux relations. Nous verrons ce mercredi au café des Psaumes, l’éclairage du Talmud sur ces questions.

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Yoma 87a et b

Rabbi Yérémia avait quelque chose de la part de Rabbi Aba contre lui il alla et il s’installa sur le porche de Rabbi Aba quand sa servante a versé l’eau le flux arriva sur sa tête il dit j’ai été rendu semblable à des détritus et dit sur lui-même des détritus il élèvera le misérable il a entendu Rabbi Aba et il est sorti à sa rencontre il a dit à cette heure je dois être diligent à ton égard comme il est écrit va, insiste avec énergie et livre un assaut à ton prochain

Rabbi Zéira quand il avait quelque chose avec quelqu’un passait et répétait de la michna devant lui et inventait quelque chose pour venir et le sortir de sa contenance

Rav avait quelque chose contre un cuisinier il n’est pas venu devant lui la veille du jour de kipour il a dit je vais aller moi-même l’apaiser Rav houna est tombé sur lui il lui a dit où va monsieur il lui a dit apaiser untel il lui a dit Aba va tuer quelqu’un, il est allé et venu le voir il était assis et frappait sur une tête il leva les yeux et le vit il lui dit Aba tu te lèves et tu t’en vas je n’ai rien à faire avec toi au moment où il frappait la tête un os se détacha le frappa au cou et le tua

 

Rav lisait la paracha devant Rabi, arriva alors Rabbi Hiya il revint en tête vint Bar Kapara il revint un tête vint Rabbi Chimon fils de Rabbi il revint en tête vint Rabbi Hanina fils de Hama il dit toutes ces fois je vais revenir et recommencer il ne revînt pas Rabbi Hanina lui en tint rigueur Rav alla vers lui treize veilles de kipour et il ne s’apaisa pas comment a-t-il pu agir ainsi et Rabbi Yosso fils de Hanina a dit celui qui demande pardon à son ami ne lui demandera pas plus que trois fois pour Rav c’est différent et Rabbi Hanina comment a-t-il pu agir ainsi Rava a dit celui qui laisse passer ses mesures on lui laisse passer ses fautes mais Rabbi Hanina a rêvé une vision au sujet de Rav qu’on l’avait suspendu à un palmier et on a enseigné que celui qui est suspendu à un palmier devient tête cela veut dire que tu dois entendre de cela qu’il était destiné à servir comme institution et ne s’est pas apaisé pour qu’il aille et apprenne la Torah à Babel.

 

ר’ ירמיה הוה ליה מילתא לר’ אבא בהדיה אזל איתיב אדשא דר’ אבא בהדי דשדיא אמתיה מיא מטא זרזיפי דמיא ארישא אמר עשאוני כאשפה קרא אנפשיה (תהילים קיג) מאשפות ירים אביון שמע ר’ אבא ונפיק לאפיה אמר ליה השתא צריכנא למיפק אדעתך דכתיב לֵ֥ךְ הִ֝תְרַפֵּ֗ס וּרְהַ֥ב רֵעֶֽיךָ

ר’ זירא כי הוה ליה מילתא בהדי איניש הוה חליף ותני לקמיה וממציא ליה כי היכי דניתי וניפוק ליה מדעתיה

רב הוה ליה מילתא בהדי ההוא טבחא לא אתא לקמיה במעלי יומא דכפורי אמר איהו איזיל אנא לפיוסי ליה פגע ביה רב הונא אמר ליה להיכא קא אזיל מר אמר ליה לפיוסי לפלניא אמר אזיל אבא למיקטל נפשא אזל וקם עילויה הוה יתיב וקא פלי רישא דלי עיניה וחזייה אמר ליה אבא את זיל לית לי מילתא בהדך בהדי דקא פלי רישא אישתמיט גרמא ומחייה בקועיה וקטליה

 

רב הוה פסיק סידרא קמיה דרבי עייל

אתא ר’ חייא הדר לרישא עייל בר קפרא הדר לרישא אתא ר »ש ברבי הדר לרישא אתא ר’ חנינא <בר> [בר’] חמא אמר כולי האי נהדר וניזיל לא הדר איקפיד ר’ חנינא אזל רב לגביה תליסר מעלי יומי דכפורי ולא איפייס והיכי עביד הכי והאמר ר’ יוסי בר חנינא כל המבקש מטו מחבירו אל יבקש ממנו יותר משלש פעמים רב שאני ורבי חנינא היכי עביד הכי והאמר רבא כל המעביר על מדותיו מעבירין לו על כל פשעיו אלא ר’ חנינא חלמא חזי ליה לרב דזקפוהו בדיקלא וגמירי דכל דזקפוהו בדיקלא רישא הוי אמר שמע מינה בעי למעבד רשותא ולא איפייס כי היכי דליזיל ולגמר אורייתא בבבל

Paracha Mikets  – Soyons méchants comme Joseph!

Nous sommes tous d’accord pour valoriser la gentillesse. Mais parfois, d’autres idées se cachent derrière ce mot. Et dans notre paracha, il faut bien le dire, Joseph n’est vraiment pas « gentil ».

Pourquoi ment-il à ses frères? Pourquoi les accuse-t-il injustement? Pourquoi met-il Siméon en prison? Pourquoi reste-t-il absent auprès de son père? Non, ce ne sont pas là des actes « gentils »!

Au delà des étiquettes que l’on colle sur les personnes, « il est gentil », « elle est méchante », nous avons tous la capacité d’accéder à une vraie prise de responsabilité, de dépasser les jugements temporaires que certains pourraient porter sur nous, pour mettre en place un cadre qui recréée une vraie solidarité, comme Joseph.

Dans notre Paracha de la semaine, la Torah nous invite à nous poser ces questions. La lecture juive de la bible nous invite à nous interroger.

Ni ĉiuj konsentas taksi bonkorecon. Sed kelkfoje aliaj ideoj kaŝas malantaŭ ĉi tiu vorto. Kaj en nia parsha, oni devas diri, Joseph vere ne estas « bona ».Kial li kuŝas al siaj fratoj? Kial li akuzas ilin maljuste? Kial li metis Simeon en malliberejo? Ne, ĉi tiuj ne estas « belaj » agoj!

Épisodes des années précédentes: 

Sur un pied 2015: Paracha de la semaine Mikets: Comment façonner la réalité? ( Remédier au problème ou créer une réalité qui exclut le problème, les prophéties auto-réalisatrice et l’exemple de la pénurie, le conte des chaudoudoux, la connivence de Jacob et Joseph, accepter les moments d’impuissance et utiliser les moments de liberté. )

Sur un pied 2016: Paracha de la semaine Mikets: Osnat la convertie, au secours du Roi David?  ( Osnat convertie, et juste, reconnue par Jacob, sauveuse de Joseph, les 9 femmes qui défendent l’honneur des convertis, Niemoller, passer d’une position de faiblesse à une position de force, « en toi trouverons refuge tous les pauvres de mon peuple »)

Version écrite:

La gentillesse, c’est bien. Mais qu’est-ce exactement que la gentillesse et la méchanceté ? Ces deux mots ne sont-ils pas souvent utilisés pour stigmatiser des personnes, en leur attribuant des étiquettes ? « Il est méchant », « elle n’est pas gentille », sont des jugements portés sur la personne, qui font partie d’un langage de « propagande » et non pas d’un message rationnel. Ces expressions évitent à la personne qui les emploie de prendre ses responsabilités, de dire « je ». De dire « je n’aime pas quand untel fait telle chose », « je me sens pris de cours quand untelle agit de telle façon ». Ce langage est donc utile pour développer un rapport de force fondé sur le lavage de cerveau et le lashon hara.

Ceux qui préfèrent promouvoir la paix et la compréhension mutuelle, en revanche, s’engagent contre ce type de pratiques, et préfèrent un langage précis et responsable, qui permet d’accéder à des solutions concrètes. En communication non violente, celui qui parle prend la responsabilité de ses sentiments sans la faire porter sur les autres. Il dit « je », il dit « je me sens de telle et telle façon », parce que « j’ai besoin de telle ou telle chose », « tu » n’es pas méchant (ni gentil), mais tes actions, quand « je » les observe, suscitent en moi des réactions dont je souhaite parler. Chaque fois que nous ressentons le besoin de dire « il est – insensible, incontrôlable, infantile… » interrogeons-nous : d’où vient cette tendance en moi ? Comment puis-je la contrer ?

Dans notre paracha, Mikets, Joseph n’est pas du tout gentil. Il ment à ses frères, il les manipule, il met l’un d’eux injustement en prison.

Mais il ne se plaint pas, il ne les juge pas, il ne les stigmatise pas, il les « reconnait », le midrach rabba dit « il les reconnait comme étant ses frères », il est dans la fraternité.

Il reconnait leur fraternité, et également le fossé créé entre eux par leur acte de malveillance, des années auparavant, quand ils voulaient le tuer et l’ont vendu comme esclave. Sachant cela, comment être « gentil » ? Il faut d’abord combler le fossé, et Joseph s’y emploie. Avec de l’amour et de l’intelligence, pas avec de la bonne conscience. Dans notre paracha, Joseph reproduit une situation de conflit d’intérêt entre les frères pour voir si, cette fois, ils seront égoïstes vis-à-vis de Benjamin (comme avec lui quand il était enfant) ou s’ils seront solidaires et protecteurs.

Joseph monte le piège, et Jacob le soutient :

Selon béréchit rabba, il a une intuition que Joseph est vivant et lié à la famine de l’Egypte (42 :1),  et quand il envoie Benjamin il souhaite non seulement le retour de Benjamin mais aussi de « l’autre » frère, c’est-à-dire de Joseph selon le midrach rabba, il force ses enfants à prendre leur responsabilités en les envoyant en Egypte puis en prenant leurs responsabilités vis-à-vis de Benjamin.

Joseph monte le piège, les frères évoluent :

Ils s’entre-regardent les uns les autres (42 :1), ils disent « nous sommes tous fils d’un seul homme » et reconnaissent leur unité (et selon beréchit rabba cela inclut Joseph), ils disent « nous sommes 12 frères » et insinuent toujours selon le midrach qu’ils sont maintenant à la recherche de Joseph exactement comme Joseph était à la recherche de ses frères (Gen 37 :16), ils sont prêts à le délivrer à tout prix, à payer une rançon pour lui, ou même à se battre et risquer leurs vies pour le libérer. Ils affirment leur solidarité entre frères et avec la génération précédente (jacob) et suivante (leurs enfants (43 :8).

Pour conclure, reprenons la prière finale de Jacob : Que El Chadaï nous donne de la miséricorde, une infinie bienveillance. Cette infinie bienveillance puise sa force dans la puissance, une relation à la justice qui dépasse les « jugements moraux » « tu es gentil », « tu es méchant » que s’adressent les enfants dans la cour de l’école. Une relation à la justice qui nous permet de voir, de nous comprendre à distance comme Jacob et Joseph, pour « aplanir le chemin » devant ceux qui en ont besoin, comme les frères de Joseph. Isaïe 60 :10 solou solou hamessila : aplanissez aplanissez le chemin, enlevez-en les pierres.

Activités autour des bougies de Hanouka

Autour de la playliste « Hanouka, mode d’emploi! » retrouvez des vidéos avec des chants, des histoires et des activités.

Vous pouvez télécharger ici des feuilles à imprimer pour réaliser les activités plus facilement: activités complémentaires de Hanouka

Le Jeu de la toupie

  • Faire tourner la toupie le plus longtemps possible
  • Distribuer un bonbon à chacun, puis chacun lance la toupie à son tour. Quand on tombe sur une lettre, on dit son nom, le mot auquel elle correspond en hébreu, et on applique la règle liée à la lettre

Le Jeu de « sevivon » 

La chanson « sevivon sov sov » a une structure très simple. On peut l’utiliser pour faire des phrases. Elle devient alors « raachanim rach rach rach » ou « hanissim, waow waow waow », ce qui peut donner des résultats assez amusants. On peut recomposer des chansons à sa guise, ou en utilisant les faces de la toupie comme élément aléatoire.

Le Jeu de « Hanouka Hag yafé »
La chanson « Hanouka Hag Yafé » permet également de reproduire sa structure, avec des significations différentes, voici un petit tableau qui ouvre différentes possibilités.

La Hévrouta

Etudier un peu autour de la Hanoukia, c’est un moment privilégié. Ce petit texte du talmud introduit la notion de maHloket : désaccord dans le respect, qui est un thème de discussion intéressant. Peut-on s’aimer et agir ensemble même quand on n’est pas d’accord ? Bon thème de discussion dés que la maturité de l’enfant le permet. Autre thème de débat : à votre avis, faut-il allumer comme Hillel, comme Chamaï, ou selon les méthodes plus simples que propose le Talmud ? Lisez le texte, expliquez-le, puis, que le débat commence !

Chants autour des bougies de Hanouka

Autour de la playlist « Hanouka, mode d’emploi! » retrouvez des vidéos avec des chants, des histoires et des activités.

Vous pouvez télécharger ici des feuilles à imprimer pour réaliser les chants plus facilement: chants complémentaires de Hanouka

En français et en hébreu, accompagnés d’explications sur les chants, les vidéos vous guident pour mettre de la musique autour de l’allumage des bougies.

Au programme: « Mon père m’a donné une toupie », « j’ai planté un arbre », « nous sommes venus chasser les ténèbres », « lève la tête ».

Mon père m’a donné une toupie, une jolie toupie
Aba hévi li sévivon, li sévivon yafé
C’est pour quoi faire cette toupie ? C’est pour la fête de Hanouka !
Yodim atem michoum ma ? michoum Hag Hanouka!

J’ai planté un arbre à Tel Aviv
Près de la mer dans la lumière
Et je l’ai béni en disant pousse des branches et fais de l’ombre
Et j’ai prié au dieu très haut
Protège l’arbre et garde le pays
Protège le travail des hommes
du vent mauvais qui vient de la mer
J’ai planté un arbre à Tel Aviv
Près de la mer dans la lumière

Nous sommes venus chasser les ténèbres
Dans nos mains de la lumière et du feu
Chacun est une petite lumière
Et ensemble nous sommes une lumière puissante
Écarte-toi ténèbre, va-t-en obscurité !
Écarte-toi, face à la lumière

Lève la tête
peuple d’Israël
Et que ton chant de fête
monte jusqu’au ciel
fais sonner les trompètes
fais battre le tambour
et que ton chant célèbre
Juda le héros du jour
Chante sa gloire
Célèbre sa splendeur
Et que sa victoire
Reste dans nos cœurs

Hanouka, une vidéo par jour!

Hanouka approche… Mais êtes-vous prêts?

Des chants, des beignets, des histoires, des toupies, des Hanoukiot! Hanouka est de retour! Retrouvez chaque jour une vidéo de plus qu’hier, pour renouveler de beau moment amical, familial, ou communautaire. 

Retrouvez les vidéos au fil de leur parution en vous abonnant à la chaine youtube suivante: 

Tout commence dimanche soir, avec un allumage à la synagogue.

Bonne fête de Hanouka! Hag Ourim SaméaH!

 

Paracha Vayéchev – Le secret de l’interprétation des rêves

Nous aimons tous les secrets, et les rêves sont si mystérieux. Nous aimerions savoir ce qu’ils essaient de nous dire.

Selon Freud, ils sont un passage vers l’inconscient, une porte ouverte sur ce que nous n’osons pas penser. Selon Rabbi Yonatan, ils nous montrent les préoccupations de notre coeur.

Que nous apprend la Paracha de la semaine sur l’interprétation des rêves et sur le talent de Joseph? Dans cette étude biblique, le Rabbin Floriane Chinsky partage avec nous les enseignements de la Paracha et du talmud.

Bonan vidadon et chabbat chalom! (vidéo avec sous-titres pour les malentendants et ceux qui souhaitent les références précises en hébreu, et avec des renvois pour approfondir)

Sur un pied 2015: Parasha Vayéchev : pourquoi sacrifier Joseph ? (Combien nous tenons à la vie, PikouaH néfech – préserver sa vie, les exceptions – préserver le sens de la vie, Jacob sacrifie Joseph, la raison de la préférence de Jacob pour Joseph, Potifar SoHarim Ichmaelim Midianim, le risque de l’action, l’estimation conjointe de prise de risque et l’alliance entre Jacob et Joseph au-delà de la coupure de contact, le korban s’approcher pour retrouver la paix.)

Sur un pied 2016: Quel est le vrai nom de Tamar? (Nos noms, nous faire reconnaître, histoire de Tamar, Tsadka Miméni et Psaume 92, Zelda « LeHol ich yech chem », Anne Sylvestre « Comment je m’appelle »)