Soukot – SimHat Torah – cours demain 11h et fêtes

Bonjour à toutes et à tous!

Nous poursuivons le marathon des fêtes, avec soukot, simHat Torah, et toutes les réflexions et les joies de ces grands moments. Demandez le programme!

Demain soir, Soukot:

  • 17h45 – rencontre interreligieuse avec des chrétiens du quartier, explications sur l’aspect universel de la fête.
  • 18h45 – office de fête, très court, avec kidouch sous la souka

Lundi matin, Soukot:

  • 10h – office, hallel, cérémonie du Loulav, belle lecture du Prophète Zacharie en haftara, début de la lecture de l’Ecclésiaste, venez nombreux et prévenez-moi de votre présence si possible avec le doodle (cliquez ici)

Chabbat Hol hamoed à ne pas manquer, puis mêmes horaires la semaine prochaine pour SimHat Torah, avec un office plus long et plein de danses le dimanche soir, et la lecture de la fin et du début de la Torah le lundi matin.

Pour le cours de demain 11h à Ganénou: « Soukot, SimHat Torah, construire sa maison », nous parlerons entre autre des invité.e.s de Soukot, et l’une des feuilles de sources est disponible sur le lien suivant: meguila 14a les 7 prophetesses partiel

Retrouvez les chants de SimHat Torah sur la playlist suivante ainsi que le hallel ici et les hakafot ici.

Chavoua Tov… et Hag SaméaH!

 

puzzle soukot simhat torah

Yom Kipour : Abolissons nos privilèges (Discours 5780)

Voici mon discours de Yom Kipour.

Merci encore à tous les participants et à tous les bénévoles, qui ont non seulement travaillé de tout leur coeur et sans relâche pour préparer ces merveilleux offices, mais qui ont su garder calme et bienveillance dans des moments très intenses.

Compte tenu du succès, je vous propose que nous faisions à nouveau Kipour l’année prochaine 😉 ( Dimanche 27 septembre au soir et lundi 28)

Dracha de yom kipour – plaidoyer contre la tourniquette ou abolissons nos privilèges —– 

« Autrefois pour faire la cour, on parlait d’amour ! Pour mieux prouver son ardeur, on offrait son cœur ! … Aujourd’hui c’est plus pareil, ça change ça change, pour séduire le cher ange, on lui glisse à l’oreille « ah gudule, viens m’embrasser, et je te donnerai…. Une tourniquette pour faire la vinaigrette, Un bel aérateur pour bouffer les odeurs, Des draps qui chauffent, un pistolet à gaufres, Un avion pour deux et nous serons heureux!… » (Boris Vian)

Les tourniquettes à vinaigrettes sont plus faciles à acquérir qu’un cœur. On peut être tenté de s’en satisfaire. On peut croire que cela remplace. Mais la seule façon de retrouver un cœur qui sent les sentiments, consiste à renoncer aux gadgets, à séparer l’essentiel des accessoires.

Comme le dit le prophète Ezechiel : Je vous donnerai un coeur nouveau et je vous inspirerai un esprit nouveau; j’enlèverai la tourniquette pour faire la vinaigrette de votre sein et je vous donnerai un coeur de chair.

C’est presque ce que dit Ezechiel, mais soyons plus précis : Ézéchiel 36:26 : 26 Je vous donnerai un coeur nouveau et je vous inspirerai un esprit nouveau; j’enlèverai le coeur de pierre de votre sein et je vous donnerai un coeur de chair.

כו וְנָתַתִּי לָכֶם לֵב חָדָשׁ, וְרוּחַ חֲדָשָׁה אֶתֵּן בְּקִרְבְּכֶם; וַהֲסִרֹתִי אֶת-לֵב הָאֶבֶן, מִבְּשַׂרְכֶם, וְנָתַתִּי לָכֶם, לֵב בָּשָׂר.

En ce jour de Kipour, nous délaissons les accessoires, nous nous concentrons sur l’essentiel : retrouver le cœur de chair derrière le cœur de pierre.

En ce jour de Kipour, nous abolissons tous nos privilèges. Mieux, même, nous abolissons nos besoins primaires. La Torah nous dit de nous affliger, la Torah orale détaille les cinq interdictions concernées :

Aujourd’hui, pour 25 heures, nous abolissons nos besoins physiques élémentaires.

Nous renonçons à boire, nous renonçons à manger. Nous ressentirons la faiblesse physique, le découragement, la douleur, que provoque la faim et la soif. (1)

Nous renonçons aux apparences, pas de bains,(2) pas de baumes, pas de parfum, pas de déodorant (3), pas de chaussures en cuir (4). Nous ressentirons notre vulnérabilité face aux autres.

Nous renonçons à l’intimité physique (5). Nous ressentirons la solitude face à notre faiblesse.

Que ces renoncements nous ouvrent à une meilleure compréhension de ce que vivent au quotidien tous ceux qui n’ont rien à boire, rien à manger, aucune possibilité de se laver, aucun lieu d’intimité.

Pourquoi agir ainsi ?

Par solidarité bien sûr. Parce que quand on arrive au niveau du cœur, tous les préjugés fondent, et nous comprenons enfin comme le dit le Talmud que « ton sang n’est pas plus rouge que le sien », toutes les vies ont la même valeur.

Et nous faisons cela pour une autre raison encore : pour aller au plus profond de nous-même, pour laisser tomber les voiles que nous érigeons autour de nos vulnérabilités, pour aller au centre de nous-mêmes, pour nous remettre dans notre centre de gravité, pour renouer avec l’essentiel, pour que nos objectifs de l’année soient les meilleurs, pour que notre façon de les accomplir soit optimale.

« les meilleurs » ? « optimale » ? oui. Pas « les bons objectifs », non, mais au contraire : « les objectifs les meilleurs possibles ». Pas « des actions parfaites », non, « des actions au mieux ». Car nous n’avons pas accès à la Vérité. Nous avons simplement accès à des chemins de vérité.

Célébrer kipour, c’est suivre la voie de la recherche de la vérité. Et c’est reconnaitre que nous n’y accéderons pas totalement.

Aujourd’hui, nous n’espérons pas devenir immortels. Nous savons que nous mourrons un jour. Ountané tokef nous met face à cette réalité : « qui vivra, qui mourra, qui en son temps, qui prématurément, qui par le feu, qui par l’eau, qui par la faim, qui par la soif, qui par le glaive ». Est-ce inéluctable ? Oui et non. Oui nous mourrons un jour. Mais il est possible de nous dégager du mal de cette mort.

La remise en question, l’introspection, l’entre-aide écartent le mal de la sentence. Téchouva, téfila, tsédaka

A la fin de ce jour de kipour, quel que soit le travail émotionnel et social que nous ferons, nous ne deviendrons pas immortels. Mais nous pouvons espérer être moins vulnérables à notre mortalité.

Ceci est important à notre époque, car, comme le dit François Sureau, « Nous nous sommes fait une idée de la perfection de l’homme, tout ce qui blesse la perfection de l’homme doit être réprimé, la perfection de chaque homme… et donc nous vivons dans le rêve d’une société de la perfection individuelle, ce rêve provoque une société de la peur, ou chacun a peur pour la perfection de sa propre vie que les journaux, tout le monde lui présente sans cesse comme qq chose de désirable cette peur génère à son tour une organisation sociale et collective de la peur »

Sur ce sujet, Woody Allen résume bien l’ecclésiaste que nous lirons lundi matin pour Soukot : La vie est une maladie lente sexuellement transmissible.

La mort entre elle-même dans la définition de la vie, la vulnérabilité est l’essence même d’un cœur, la transgression est indissociable de la loi.

Il nous faut aimer la vie malgré la mort, aimer les sentiments malgré notre fragilité, aimer la loi malgré la transgression, sans crispation, nous devons lâcher prise. La perfection de nos vies n’est pas un droit, elle n’est pas un privilège légitime. Yom Kipour est un élément fondamental de ce dispositif.

La vie et la liberté sont fragiles, et aucune tourniquette à vinaigrette n’y pourra rien changer.

Tel est donc le choix qui s’offre à nous aujourd’hui, aujourd’hui en ce jour de kipour, aujourd’hui en ce jour de kipour 5780/2019, aujourd’hui, pour l’année à venir, et pour le reste de nos vies :

Allons-nous nous accrocher à l’accessoire, ou allons-nous plonger au cœur de notre vulnérabilité qui est aussi notre pouvoir ?

Il faut choisir. On ne peut pas être Monothéiste et polythéiste à la fois. On ne peut pas idolâtrer l’accessoire et se revendiquer de la vie. Telle est la raison donnée par nos sages pour nous demander de nous priver de l’essentiel à Yom Kipour, de sorte que nous sachions nos détacher de l’accessoire et des accessoires tous les autres jours de l’année.

L’important, c’est de l’entendre :

  • Si la tourniquette pour faire la vinaigrette est un privilège, il est temps de l’abolir. (jusque là, ca va)
  • Si avoir un cœur de pierre est un privilège, il est temps d’y renoncer. (là ça demande du travail)
  • Si tirer avantage d’être un homme blanc hétérosexuel riche de 50 ans est un privilège, il faut nous en défaire. (je ne suis pas certaine d’y réussir)
  • Si tirer avantage de l’usage du plastique qui nous empoisonne est un privilège il faut nous en dessaisir. (c’est en cours)
  • Si un Ordre établi à notre avantage, au détriment des autres est un privilège, il nous faut le dénoncer. (là j’ai beaucoup de chemin à faire)

Ivan Jablonka, citant Olympe de Gouges qui nous accueille aujourd’hui, fait dans son dernier livre un plaidoyer pour le renoncement des hommes à leurs privilèges de genre. Nous pouvons également appliquer ce renoncement à tous les autres privilèges indus.

Nous ne vivons pas mieux avec ces soi-disant privilèges, qu’avons-nous besoin de tourniquettes, de cœurs de pierre, de privilèges de genre, de plastique, un ordre qui nous favorise et pénalise d’autres ?

En ce jour où nous n’avons pas besoin de manger, de boire, de nous parfumer, de nous faire « beaux », réfléchissons : de quoi avons-nous vraiment besoin ?

Nous finirons, dans 23h avec la déclamation solennelle du chéma israel et le son du chofar.

A ce moment, il faudra avoir décidé, cristalliser nos décisions, et utiliser les 509 760 minutes de l’année à venir pour les mettre en œuvre.

שמע ישראל יהוה אלהנו יהוה אחד

Ecoute Israël, l’Eternel infini, qui est notre force, l’Eternel infini, est un, il est le même pour tous et toutes.

Tsom Kal, jeune facile pour nous toutes et nous tous.

 

 

Roch hachana : Le jour du non jugement ! (Discours 5780)

Voici mon discours de Roch hachana… Je vous souhaite une bonne lecture, de bons préparatifs pour Kipour qui approche.

Encore Chana Tova à toutes et à toutes, et excellente année 5780!

Nous lisons dans la paracha « vois ! » (Réé, Deut. 6:11)

Et tu te réjouiras en présence de l’Éternel, ton Dieu, toi, ton fils et ta fille, tes employés, le Lévi qui sera dans tes murs, l’étranger, l’orphelin et la veuve qui seront près de toi, dans l’enceinte que l’Éternel, ton Dieu, aura choisie pour y faire habiter son nom.

Nous sommes censés nous réjouir, et cela implique une certaine réussite en termes de construction sociale. Avons-nous réussi à appliquer ce verset ?

  • Nos employés se réjouissent-ils avec nous ?
  • Les Lévi et les Cohen, les enseignants et les soignants se réjouissent-ils avec nous ?
  • L’étranger, ceux qui ne parlent pas la langue du pays, ceux qui ne savent pas où dormir pour la nuit, se réjouissent-ils ?
  • La veuve, les femmes écartées de leur pouvoir social se réjouissent-elles ?
  • Les orphelins, ceux dont les parents sont incapables de les guider, ont-ils des appuis institutionnels stables ?

Cela implique également un certain degré de réussite personnelle. Avons-nous « réussi » cette année ?

  • Sommes-nous joyeux ?
  • Nos jeunes, lorsqu’ils contemplent leur avenir économique se réjouissent-ils ? Nos filles confiantes en leurs chances égales à leurs frères ? Nos enfants ont-ils confiance dans leur avenir sur leur planète ?

Difficile de répondre oui.

Dans ce cas, la présence de l’Éternel (en présence de l’Éternel) peut-elle nous accompagner ? Le Temple (dans l’enceinte), dont nous pleurons la destruction, peut-il être reconstruit ? Évidemment non.

Ces constats sont graves. Ils pourraient nous accabler. Nous pourrions nous retrouver collés à l’étiquette de « perdants » créée par cette effarante défaite, nous pourrions nous dévaloriser nous-mêmes, et renoncer.

Que faire alors ? Noyer nos angoisses dans l’alcool ? Herschel Ostropoler, ce héros de l’humour juif d’Europe Centrale, a essayé pour nous : j’ai voulu noyer mes soucis dans l’alcool mais depuis le temps, ils ont appris à nager ! Il va falloir trouver une autre approche. Une approche exempte de résignation.

Comment nous détacher de la fatalité de nos limites ? (רוע הגזרה, voir la prière ountané tokef)

J’ai une proposition à vous faire : acceptons nos limites, et déclarons fièrement : « nous sommes tous des perdants ». 1, 2 : « ….. » non c’est une plaisanterie.

Enfin, une plaisanterie, oui et non, nous n’avons pas besoin de dire cela maintenant, mais nous le répétons tout au long des fêtes de tichri, nous disons le « vidouï », nous déclamons nos erreurs.

Bien sûr, cela ne semble pas très commercial de dire cela… et après tout tant mieux. Car le commercial nous vend tous les objets de consommation qui nous devraient nous permettre de nous sentir « gagnants ».

En faisant cela, le commercial nous vend surtout une idéologie, celle qui dit que nous devrions être des « gagnants », et qui stigmatise les soi-disant « perdants ».

Woody Allen disait : I’d never join a club that would allow a person like me to become a member. Je n’accepterais jamais de rejoindre un club qui s’abaisserait à accepter des personnes comme moi en son sein.

C’est l’idée même de club qui est illusoire. Il n’y a rien à gagner à entrer dans le « club des gagnants ». Et l’autre club, celui de « ceux qui voudraient faire partie du club des gagnants », il est encore plus illusoire. Une étiquette stérile. Rejoignez-moi plutôt dans le club des « perdants et fiers de l’être », ou mieux encore, rejoignons le club de Ruth Bebermeyer, le « club de ceux qui refusent les clubs », les définitions, les étiquettes artificielles :

Paresseux ou stupide ? – Ruth Bebermeyer

Je n’ai jamais vu d’homme paresseux ; J’ai connu quelqu’un que je n’ai jamais vu courir, Quelqu’un qui dormait parfois l’après-midi, Et préférait rester chez lui lorsqu’il pleuvait. Mais ce n’était pas un paresseux.
Avant de me traiter d’originale, réfléchis : Était-il paresseux Ou faisait-il des choses Que nous associons à la paresse ?

Je n’ai jamais vu d’enfant stupide ; J’ai vu parfois un enfant faire Des choses que je ne comprenais pas Ou que je n’avais pas prévues. J’ai vu parfois un enfant qui n’avait pas vu Les lieux que j’avais visités, Mais ce n’était pas un enfant stupide.
Avant de le dire stupide, réfléchis : Était-il stupide Ou savait-il simplement d’autres choses que toi ?

Ce que certains nomment paresse, Est pour d’autres de la fatigue ou de la détente.
Ce que certains nomment bêtise, Est pour d’autres un savoir différent.
J’en conclus que, pour échapper à la confusion, Mieux vaut ne pas mélanger Ce que nous voyons et nos opinions.
Et cela, je le sais, N’est que mon opinion.

Au-delà des étiquettes, Je n’ai jamais vu un « gagnant », j’ai vu des personnes qui posaient des étiquettes négatives sur ceux qui étaient différents.

Je n’ai jamais vu de « perdants », j’ai vu des personnes qui avaient peu d’argent, des personnes qui subissaient des affronts, des personnes qui luttaient pour leur survie, des personnes qui étaient fustigées parce qu’elles vivaient selon leurs propres règles, j’ai vu des gens devenir des boucs émissaires parce qu’ils étaient heureux dans leur propre référentiel et refusaient de se « convertir ». Je n’ai jamais vu de « sales juifs » seulement des personnes qui « suivaient leur propre route » (et parfois les « braves gens » « n’aiment pas que l’on suive une autre route qu’eux » (Brassens)).

Nous avons vu ce type de résistance aux définitions tout au long de l’histoire. Pour aller plus loin encore, cette résistance, nous en sommes les champions, ou nous devrions en être les champions.

Car le peuple juif n’est-il pas exactement cela ? Nous « gagnons » parce que nous refusons les jeux concurrentiels, nous étudions la Torah, le reste est accessoire. Nous avançons « lichma », gratuitement, sans nous soumettre à un besoin de reconnaissance. Nous travaillons sans relâche à la définition libre de notre propre référentiel. Beaucoup de valeurs se prétendent « sacrées » et ne le sont pas. Nous ne devons pas les révérer.

Peu nous importe, d’être « des gagnants », d’être jeunes, d’être riches, d’avoir fait des études prestigieuses, d’avoir un grand appartement, d’avoir de beaux cheveux soyeux !

  • Le riche ? c’est celui qui est heureux de ce qu’il a. / Le fort ? c’est celui qui sait guider ses sentiments. (Pirké Avot 4:1)
  • La beauté ? peu importe, c’est l’instruction qui compte (, septante, prov. 31 : אישה משכלת היא תתהלל)
  • Le pauvre ? un juste peut manquer d’argent, pas de stigmatisation des « perdants » (Rabbi Yosselman de Rosheim)

S’il faut utiliser ce mot, « perdant », soyons tous des perdants, des juifs allemands, soyons tous charlie, soyons une des 343 salopes.

En adoptant cette qualification avec fierté, nous « déracinons » la culture de compétition et de stigmatisation qui nous divise pour que d’autres règnent mieux (divide et tempera, Philippe de Macédoine)

Nous enracinons au contraire notre liberté de nous définir et de nous redéfinir sans entraves.

  • Tous les jours, nous pleurons la destruction du Temple, ce lieu de rassemblement, où les étiquettes disparaissaient, où le « pêcheur » redevenait « une personne qui, comme nous tous, avait commis des erreurs dans le passé ».
  • Tous les cinquante ans, avec le Yovel, nous remettions en cause les cessions de propriété terrienne, le « perdant » devenait « une personne qui pour un temps avait dû céder sa terre ».
  • Tous les chabbat, nous nous relevons « de la vallée des larmes », nous revêtons « nos vêtements de splendeur », nous chantons « léHa dodi » ensemble, les soi-disant « perdants » et les soi-disant « gagnants » de la semaine, deviennent « des personnes qui veulent se ressourcer ensemble ».
  • Tous les Pourim, nous buvons jusqu’à une certaine confusion, les « gentils » et les « méchants » se confondent, les étiquettes lâchent leur emprise.

En ce jour de Roch Hachana, nous disons le vidoui au pluriel, « nous avons trahi », « nous avons volé », car c’est en tant qu’égaux, « sans étiquettes », que nous affirmons notre commune responsabilité à propos de l’Etat du monde.

En ce jour de Roch Hachana, en ce jour de jugement, en ce jour où nous rappelons tous nos actes de l’année, en ce jour où nous nous demandons si nous serons inscrits dans le livre de la vie, en ce jour de tremblement, j’aimerais conclure ainsi :

Aucun de nous n’est un perdant, une perdante, nous sommes des personnes libres de définir nos objectifs.

Nous ne sommes pas des perdants ou des perdantes, nous appartenons au monde juif dans lequel, réussir, c’est créer un monde de justice et de sororité.

Nous ne sommes ni gagnants ni perdants, parce qu’en tous lieux où pleure une souffrance, le juif pleure, et nous pleurons.

Nous ne sommes ni gagnants ni perdants, parce qu’en tous temps où crie une désespérance, le juif espère, nous nous efforçons d’espérer.

Nous ne sommes ni gagnants ni perdants parce que, pour Israël, l’Homme n’est pas créé : les hommes le créent, nous essayons de le recréer.

(Les passages en violets sont tiré du poème d’Edmond Fled, « Pourquoi je suis juif ».)

Nous sommes au-delà des stigmatisations qui nous cloisonnent.

Certes, nous n’avons pas réussi à rendre possible la réjouissance dont parle le Deutéronome :

Et tu te réjouiras en présence de l’Éternel, ton Dieu, toi, ton fils et ta fille, tes employés, le Lévi qui sera dans tes murs, l’étranger, l’orphelin et la veuve qui seront près de toi, dans l’enceinte que l’Éternel, ton Dieu, aura choisie pour y faire habiter son nom.

Cela fait 3000 ans que nous y travaillons, et nous continuerons avec toute l’urgence qui s’impose.

Roch hachana n’est pas le jour du jugement-auto-flagellation mais celui du jugement éclairé.

Roch hachana n’est pas le jour du jugement-stigmatisation mais le jour du jugement constructif.

Roch hachana n’est pas le jour du jugement-conformité mais celui du jugement-remise en question.

Que ce Roch hachana soit pour nous un nouveau départ, pour de nouvelles avancées. Jusqu’à ce que nous puissions réellement nous réjouir.

L’office du samedi matin pour les nuls et les autres! Cours ce matin à Nation (11h)

Votre enfant prépare sa Bar ou Bat mitsva? Vous venez souvent à la synagogue et vous ne comprenez pas la structure de l’office? Vous venez parfois et vous voulez donner du sens aux rendez-vous du samedi matin? Le cours de 11h ce dimanche est pour vous. Au programme:

L’office du samedi matin (samedi matin office chants translittération)

Différents aspects

  1. Les sources
  2. La progression
  3. Les gestes de l’office
  4. Les « modalités » de l’office
  5. Les acteurs de l’office

Parties chantées

  1. BarouH ata adonaï / élohénou méleH haolam / acher kidéchanou bémitsvotav /
  2. BarouH ouvarouH chémo / amen
  3. BIRKOT HACHAHHAR Ma tovou ohaléHa yaakov michkénotéHa israel (Nb 24 :5 bilam)
  4. Benedictions du matin
  5. Achrénou ma tov Hélkénou ouma naim goralénou
  6. PSOUKE DEZIMRA Halélouya halélouyé bétsiltsélé chama haléloouya halélouya bétsiltsélé téroua kol hanechama téhalel ya hallélouya   (ps 150)
  7. CHEMA ET BENEDICTIONS barouH adonaï hamévoraH léolam vaèd
  8. kadoch kadoch kadoch adonaï tsévaot mélo kol haaret kévodo / barouH kévod adonai mimékomo (Ezechiel 3 :11)
  9. Léel barouH néimot iténou léméleH el Hai vékayam zémirot yomérou vétichbaHot yachmiou ki hou lévado poel guévourot ossé Hadachot baal milHamot zoréa tsédakot matsmiaH yéchouot boré réfouot nora téhilot adon haniflaot
  10. Mi HamoHa baélim adonaï mi kammoHa néédar bakodech nora téhilot ossé félé / adonaï imloH léolam vaèd (Exode 15 :11)
  11. AMIDA Lédor vador naguid godléHa oulenétsaH nétsaHim kédouchatéHa nakdich
  12. Sim chalom tova ouvraHa Haim Hen vaHessed Hen vaHessed véraHamim ki béor panéHa natata lanou adonaï elohénou torat Haim véahavat Hessed outsdaka ouvraHa véraHamim véHaim véchalom
  13. Ossé chalom bimromav hou yaassé chalom alénou véal kol israel véimérou amen
  14. SORTIE TORAH chéma israel adonaï élohénou adonaï éHad / éHad élohénou gadol adonénou kadoch chémo
  15. Ein k élohénou Ein k adonénou Ein k émalkénou Ein k émochiénou / mi / nodé / barouH / ata hou
  16. Véchamérou béné israel et hachabat laassot et hachabat lédorotam bérit olam beini ouvein béné israel ot hi léolam ki chechet yamim assa adonai et hachamaim véet haaretz ouvayom hachévii chavat vaynafach / savré Havéraï / léHaim / barouH ata adonaï élohénou méleH haolam boré péri hagafen (Exode 31 :16)

Autre

  1. Allumage des bougies
  2. Bénédictions de la torah
  3. Bénédictions des enfants
  4. Tallit (et téfilines)

et en hébreu (pour l’hébreu avec les couleurs « méthode Chinsky », voir ici:  Textes des offices pour BM compactPDF Textes des offices pour BM
compactdoc
  ):

1

מה טבו אהליך יעקב משכנותיך ישראל

5

אשרינוּ  אשרינוּ  מה טב מה טב מה טב חֶלְקֵנוּ  מה נעים מה נעים גּוֹרָלֵנוּ וּמה יפה ומה יפה ומה יפה ומה יפה ומה יפה יְרֻשָּׁתֵנוּ;

6

ברוך שֶׁאָמַר והָיָה העולם. ברוך הוא. ברוך עושה ברֵאשִׁית. ברוך אומר ועושה. ברוך גּוזֵר ומְקַיֵּם. ברוך מרַחֵם עַל האָרֶץ. ברוך מרַחֵם עַל הבְּרִיּות. ברוך משַׁלֵּם שכָר טוב לירֵאָיו. ברוך חַי לעַד וקַיָּם לנֶצַח. ברוך פּודֶה ומַצִּיל. ברוך שמו:
7

הַלְלויָהּ. הלְלו אֵל בקדשׁו. הלְלוהוּ ברְקִיעַ עֻזּו:  הַלְלוהוּ בגְבוּרתָיו. הלְלוהוּ כרב גֻּדְלו:  הַלְלוהוּ בתֵקַע שׁופָר. הלְלוהוּ בנבֶל וכִנור:
הַלְלוהוּ בתף ומָחול. הלְלוהוּ במִנִּים ועֻגָב:  הַלְלוהוּ בצִלְצְלי שמע. הלְלוהוּ בצִלְצְלי תְרוּעָה:  כל הנְּשמה תְּהַלֵּל יָהּ. הלְלויָהּ:
כל הנְּשמה תְּהַלֵּל יָהּ. הלְלויָהּ:

8

ברכוּ אֶת יהוה  המְברָך:  ברוך יהוה  המְברָך לעולם ועד:
ברוך אתה יהוה  אֶלהֵינו מלך העולם. יוצֵר אור ובורֵא חשֶׁך. עשה שׁלום ובורֵא אֶת הכל:

9

שמע ישראל יהוה  אֶלהֵינו יהוה  אחד:
ברוך שם כבוד מלְכוּתו לעולם ועד:

וְאָהַבְתָּ את יהוה  אֶלהֶיך בכל לבָבְך ובכל נַפְשְׁך ובכל מאדֶך:
וְהָיוּ הדְּבָרִים האֵלֶּה אֲשֶׁר אָנכִי מצַוְך היּום עַל לבָבֶך:
וְשִׁנַּנְתָּם לבניך ודִבַּרְתָּ בם בשִׁבְתְּך בביתֶך ובלֶכְתְּך בדֶּרֶך ובשָׁכְבְּך ובקוּמֶך:
וּקְשַׁרְתָּם לאות עַל ידך והָיוּ לטטָפת בין עֵינֶיך:
וּכְתַבְתָּם עַל מזֻזות ביתֶך ובשְׁעָרֶיך:

10

אֲדנָי שפָתַי תִּפְתָּח ופי יַגִּיד תְּהִלָּתֶך:
ברוך אתה יהוה   אלהינו  ואלהֵי אבותֵינו. אֶלהֵי אברָהָם. אֶלהֵי יִצְחָק. ואלהֵי יַעֲקב. האֵל הגָּדול הגִּבּור והנורָא אֵל עליון. גּומֵל חֲסָדִים טובים. וקונֵה הכל. וזוכֵר חַסְדֵי אבות. ומֵביא גואֵל לבני בניהֶם למַעַן שמו באַהֲבָה:
מלך עוזֵר ומושִׁיעַ ומָגֵן:  ברוך אתה יהוה. מגֵן אברָהָם:

11

נְקדּשׁ אֶת שמך בעולם. כשם שמקְדִּישִׁים אותו בשמי מרום. ככָּתוּב עַל יד נְביאֶך. וקָרָא זה אֶל זה ואָמַר:
קדושׁ קדושׁ קדושׁ יהוה  צְבָאות. מלא כל האָרֶץ כבודו:
לעמתם ברוך יאמרוּ:  ברוך כבוד יהוה  ממְּקומו:
ובדברי קדשך כתוב לאמר:   יִמלך יהוה  לעולם. אֶלהַיִך צִיּון לדר ודר. הלְלויָהּ

12

לדור ודור נַגִּיד גָּדְלֶך ולְנֵצַח נְצָחִים קדֻשּׁתְך נַקְדִּישׁ. ושִׁבְחֲך  אלהינו  מפינו לא יָמוּשׁ לעולם ועד. כי אֵל מלך גָּדול וקדושׁ אתה:

ברוך אתה יהוה  האֵל הקדוש:

13

שים שׁלום טובה וברכה. חֵן וחֶסֶד ורַחֲמִים עָלינו ועַל כל ישראל עמך. ברכנו אבינו כלנו כאחד באור פָּנֶיך. כי באור פָּנֶיך נָתַתָּ לנו יהוה   אלהינו  תּורַת חַיִּים ואַהֲבַת חֶסֶד. וצְדָקָה וברכה ורַחֲמִים וחַיִּים ושׁלום. וטוב בעֵינֶיך לברך אֶת עמך ישראל בכל עת ובכל שָׁעָה בשְׁלומֶך:
ברוך אתה יהוה. המְברך אֶת עמו ישראל בשּׁלום:

14

שמע ישראל יהוה אלהינו יהוה אחד:  אחד אֶלהֵינו. גָּדול אֲדונֵינו. קדושׁ שמו:  גַּדְּלו ליהוה אִתִּי. ונְרומְמה שמו יַחְדָּו:

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אֵין כֵּאלהֵינוּ. אֵין כַּאדוֹנֵינוּ. אֵין כְּממלכנוּ. אֵין כְּמוֹשִׁיעֵנוּ:          מִי כֵאלהֵינוּ. מִי כַאדוֹנֵינוּ. מִי כְמלכנוּ. מִי כְמוֹשִׁיעֵנוּ:

נוֹדֶה לֵאלהֵינוּ. נוֹדֶה לַאדוֹנֵינוּ. נוֹדֶה לְמלכוּ. נוֹדֶה לְמוֹשִׁיעֵנוּ:     ברוך אלהֵינוּ. ברוך אֲדוֹנֵינוּ ברוך מלכנוּ ברוך מוֹשִׁיעֵנוּ:

אתה הוּא אלהֵינוּ. אתה הוּא אֲדוֹנֵינוּ. אתה הוּא מלכנוּ. אתה הוּא מוֹשִׁיעֵנוּ.

J-7 – Tout pour PessaH en famille ou en communauté!

PessaH, quelle fête merveilleuse, familiale, assez structurée et pourtant très flexible!

On peut lire toute la haggada en hébreu, du début à la fin, ou bien lire une partie en français, on peut insister sur les chants, ou sur la réflexion, on peut se laisser guider par un responsable du seder répartir les différentes étapes ente les participants, ou faire un tour de talble, « quelle a été ta plus grande épreuve? », « quel a été dans ta vie la chose que tu as identifiée comme un « miracle » et pourquoi? », « de quelle façon as-tu progressé vers la liberté cette année? » ou « comment voudrions-nous contribuer à renforcer un monde où aucun type d’esclavage n’aurait plus cours? ».

L’important, c’est d’être ensemble, et de RA-CON-TER, prendre le temps.

Pour vous accompagner dans la préparation de votre seder personnel ou du seder communautaire, voici quelques outils bien utiles, à imprimer ce week-end, pour s’en imprégner avant la fête. Paratagez la vidéo « guide de pessah » avec vos invités pour qu’ils se préparent eux-mêmes à la fête!

  1. Hagada courte et très simplifiée que vous pouvez télécharger ici: hagada simplissime à télécharger
  2. Une vidéo qui vous montre comment utiliser cette hagada et comment apprendre les chants:
  3. Recueil de textes pour enrichir votre seder: Ouvrir la porte à l’inattendu            André Néher, L’Exil de la parole p.58 et s., Description du plat du Seder          Léo Cohn, Alors seulement assez pour nous !       Edmond Fleg, Renoncer au Hamets, renoncer à la violence      Floriane Chinsky, 14 étapes pour une libération            Floriane Chinsky, Tout ce qui me suffit         Floriane Chinsky, Télécharger ce document à imprimer sur ce lien: pensées pour pessaH
  4. Texte de la hagada intégral (Bloch) telecharger ici
  5. Haggada Bloch abrègée: hagada courte bloch
  6. Chants en translittération pour que chacun puisse suivre, et chants de libération divers (français, anglais, yiddish): Chants du seder de PessaH
  7. Midrach illustré: différentes visualisations des 4 enfants à imprimer pour que vos invités de tous âges et de toutes origines puissent discuter des différences entres les êtres humains et également de nos points communs: 4-enfants
  8. Tableau pour compter le Omer et avancer pas à pas jusqu’à Chavouot:compter le omer
  9. Offices de PessaH à la synagogue:PessaH 1 :
    Vendredi 19/04 de 18h45 à 19h15, accueil dés 18h15 avec une petite étude sur la fête
    Samedi 20/04 à 10h accueil à 9h45
    • Torah: préparatifs du pessaH de la sortie d’Egypte
    • Haftara: préparatifs du pessaH de l’entrée en Israël
    • Lecture Biblique : début du cantique des cantiquesPessaH 7 :
    Jeudi 25/04 de 18h45 à 19h15, accueil à 18h15 pour ceux qui le souhaitent avec une petite étude sur la fête
    Vendredi 26/04 de 10h à 12h, accueil à 9h45
    • Torah: chant de Moïse et de Myriam à l’ouverture de la mer
    • Haftara: chant de délivrance de David
    • Lecture Biblique : fin du cantique des cantiques

 

téléchargez le flyer de cette année ici

 

J-8 : Tout pour préparer Pourim!

Pourim approche à grands pas!

Êtes-vous prêts?

Que votre déguisement soit merveilleux, ou tout simple,
Que vos dons aux pauvres soient grands ou petits,
Que vos cadeaux de nourriture à vos amis soient sophistiqués ou symboliques,
Que vous buviez moyennement ou pas trop au festin,

Pourim vous attend!

Mercredi 20 mars : Fête des enfants à partir de 18h, buffet à 20h, lecture de la méguila à 20h30 puis spiels….

Jeudi 21 mars: office de Pourim et lecture de la méguila à 10h, dans une ambiance plus sereine ;-), à ne pas rater.

Pour vous préparer:

Des extraits de la méguila ICI

Tout sur les chants de Pourim ICI

Une vidéo a propos de l’idolâtrie et de Pourim ICI

Des vidéos pour apprendre des versets de la méguila: les versets lus par toute la communauté ICI, les taamim de la méguila ICI, les versets lus par les personnages de Pourim ICI.

Une lecture intégrale de la méguila en hébreu ICI

Et même une interview du Rabbin Boissière dans l’émission Talmudiques sur la fête de Pourim.

 

Activités autour des bougies de Hanouka

Autour de la playliste « Hanouka, mode d’emploi! » retrouvez des vidéos avec des chants, des histoires et des activités.

Vous pouvez télécharger ici des feuilles à imprimer pour réaliser les activités plus facilement: activités complémentaires de Hanouka

Le Jeu de la toupie

  • Faire tourner la toupie le plus longtemps possible
  • Distribuer un bonbon à chacun, puis chacun lance la toupie à son tour. Quand on tombe sur une lettre, on dit son nom, le mot auquel elle correspond en hébreu, et on applique la règle liée à la lettre

Le Jeu de « sevivon » 

La chanson « sevivon sov sov » a une structure très simple. On peut l’utiliser pour faire des phrases. Elle devient alors « raachanim rach rach rach » ou « hanissim, waow waow waow », ce qui peut donner des résultats assez amusants. On peut recomposer des chansons à sa guise, ou en utilisant les faces de la toupie comme élément aléatoire.

Le Jeu de « Hanouka Hag yafé »
La chanson « Hanouka Hag Yafé » permet également de reproduire sa structure, avec des significations différentes, voici un petit tableau qui ouvre différentes possibilités.

La Hévrouta

Etudier un peu autour de la Hanoukia, c’est un moment privilégié. Ce petit texte du talmud introduit la notion de maHloket : désaccord dans le respect, qui est un thème de discussion intéressant. Peut-on s’aimer et agir ensemble même quand on n’est pas d’accord ? Bon thème de discussion dés que la maturité de l’enfant le permet. Autre thème de débat : à votre avis, faut-il allumer comme Hillel, comme Chamaï, ou selon les méthodes plus simples que propose le Talmud ? Lisez le texte, expliquez-le, puis, que le débat commence !