Les origines de la joie: Des chants pour Simhat Torah

Comment susciter la joie? Le chant est l’une des façons mises en oeuvre pour SimHat Torah.

Voici des chants appropriés pour la fête, sur divers supports:

Feuille de chant en translittération ici: chants-courts-pour-soukot-et-simhat-torah-(translitt) avec-kidouch (hébreu et fr)

3 chants spécial Soukot chant et translittération ici:

4 Chants faciles et entrainants de 3/5 ou 7 mots, en hébreu décrypté pour se réjouir et danser à SimHat Tora. Relevez le défi, en famille ou entre amis!

Très facile:

Pas dur:

 

Hag saméaH חג שמח  !

Une vidéo d’initiation pour Soukot et SimHat Torah

Une petite vidéo pour mieux comprendre Soukot et SimHat Torah, faite spécialement pour vous! Au cours de cette vidéo, vous aurez l’occasion de réfléchir à la façon spécifique dont VOUS voudrez célébrer la fête. Partagez, si vous le souhaitez, vos réflexions à la fin de cet article!

 

Vous cherchez des personnages symboliques à inviter? rencontrez nos Ouchpizot: meguila 14a les 7 prophetesses partiel

Retrouvez les chants de SimHat Torah sur la playlist suivante ainsi que le hallel ici et les hakafot ici.

puzzle soukot simhat torah

 

Cours zoom ce lundi : Soukot, SimHat Torah, la joie et ses embûches

Bonjour à toutes et tous!

Demain, notre cours par Zoom-actif autour de Soukot, de simHat Tora et de la joie.

Vous pouvez vous inscrire jusqu’à demain 14h, vous recevrez le lien en début d’après-midi. Formulaire d’inscription

 L’accueil dans le zoom se fera à 18h40, 18h50 et 19h. Le cours se fera dans une ambiance de partage libre, chacun et chacune à sa convenance, et j’espère que vous serez ouverts à apprendre les uns des autres. Une réelle présence est requise, pas de « demi-participation » possible.

En préparation je vous propose de chercher:

un objet qui vous rend heureux.se, une pensée qui vous rend heureuse, un événement qui vous a rendu.e heureux.se cette année, une chose qui vous a rendu.e heureuse au cours des dernières fêtes juives.
Sur ces questions, la subjectivité et la créativité sont bienvenus. Je vous inviterai à partager les uns avec les autres à ce sujet, sans obligation.

Au plaisir d’étudier ensemble!

Autres actualités!

Chabbat soukot et simhat torah, ce chabbat: Inscrivez-vous en présentiel ou sur le zoom JEM pour les fêtes de Tishri: secretariat-surmelin@judaismeenmouvement.org

Autres cours concernant les fêtes:

  • Hanouka : Judaïsme, croyance, doute, science et libéralisme (14/12/20)
  • Pourim, tallit et téfilines : une éthique du déguisement (1/02/21)
  • PessaH, mézouza : une éthique de l’engagement (5/04/21)
  • Chavouot : un éthique de la gratitude (3/05/21)

D’autres cours non liés aux fêtes sont prévus. Vous pouvez consulter mon agenda, ou/et vous abonner à ce site pour recevoir les infos.

Moadim léssimHa!

Comment ça, un plateau du seder de soukot?

Selon moi, il est possible de préparer un très beau seder de soukot en moins de dix minutes… Je le prouve avec ces trois vidéo tutoriel, accompagnées d’une petite explication et d’un petit chant…

 

Vous aurez besoin des choses suivantes (ou de votre imagination) :

  • Une cabane, une vraie, avec des poteaux, des murs, et recouverte de feuillages, comme le veut la tradition, ou des draps tendus au milieu du salon, avec si possible quelques branchages.
  • Une bougie (ou deux le chabbat), des allumettes.
  • Une coupe de Kidouch, ou un joli verre, du vin ou du jus de raisin.
  • Des Hallot (pain tressé) ou du pain quel qu’il soit, s’il est joli, spécial, c’est mieux.
  • Connaitre quelques chansons de la fête ou l’air du seder si possible, mais une chanson en français sur un air connu est également disponible.
  • Des ventres pas trop affamés, pour patienter un peu avant le repas, ou des petits apéritifs à grignoter.
  • Pour embellir, vous pouvez également vous procurer un anneau par enfant plus un pour vous, une cabane miniature ou de quoi en réaliser avec les enfants, du coton pour symboliser les nuages.
  • Un plateau avec la coupe, le pain, un anneau, une mini souka et du coton (ou de la barbe à papa ? ce serait encore mieux !). Vous verrez pourquoi par la suite !

 

TELECHARGEZ ICI CE SEDER SOUKOT

 

 

 

Saurez-vous résoudre l’énigme de Soukot?

Un SEDER DE SOUKOT que je viens de créer, pour que toutes et tous, de tous âges, tous niveaux et toutes origines, croyants ou non, puissent célébrer la fête ensemble, en famille, autour d’une énigme qui se déroule dans un petit seder.

Téléchargez et utilisez sans modération, je me suis donné du mal, et le résultat est vraiment bien je trouve (vous me direz, et vos suggestions d’amélioration bienvenues également). Je ferai si je peux une vidéo, mais n’attendez pas, jetez un coup d’œil et réfléchissez à la façon dont vous pourrez en tirer partie…

Béahava lekoulHem,

TELECHARGEZ ICI CE SEDER SOUKOT

Autres ressources:

 meguila 14a les 7 prophetesses partiel

chants de SimHat Torah sur la playlist suivante ainsi que le hallel ici et les hakafot ici.

puzzle soukot simhat torah

 

Discours de ce soir: Une seule solution: La transgression

Il y a dix jours commençait notre voyage dans l’année 5781.

Dix jours sont passés. Je ne suis pas plus avancée. Cette année, je ne sais pas.
Lorsque j’imagine qu’à Roch hachana le monde aurait été jugé et qu’aujourd’hui son sort serait scellé, lorsque je pense à cela et que j’observe ce que je vois du monde, je ressens de la tristesse, je ressens de la colère.
Et je sais que j’ai besoin de RaHamim, de largesse, d’un endroit à l’intérieur de moi pour accueillir ces sentiments.
Ce soir, je suis heureuse de me projeter dans ces 25 heures de recherche commune, de laisser ma colère et ma tristesse être portées par nos textes ancestraux et par notre engagement indéfectible.

Comme moi, vous écoutez l’actualité, vous êtes témoins des misères politiques autant que de la misère de nos rues, vous vivez des douleurs du corps et de l’émotion. Nous partageons cette condition humaine.
Nos ancêtres, à toutes les générations, l’ont également partagée. Nous avons toujours considéré deux choses :
1 – nous voulons savoir
2 – nous refusons de subir
Quel que soit le prix du savoir et de l’action, nous avons toujours voulu payer ce prix, le savoir et l’action valent toutes les peines, tous les risques, quitte à transgresser en leur nom.

1 – Nous voulons savoir. La première femme et le premier homme ont mangé du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, au risque de devoir quitter à jamais le paradis des illusions. Abraham et Sarah ont voulu savoir, refusé d’idolâtrie, posé les questions interdites, au risque d’être pourchassés par Nemrod, au prix de l’exil. Moïse a voulu savoir, il a quitté l’Égypte oppressive, vers des territoires inconnus, il s’est approché du buisson ardent pour comprendre. Ezra et Néhémie ont voulu savoir, ils ont eu le courage de fonder l’institution des scribes. Rabbi Akiva a voulu savoir, il a mis l’enseignement en priorité, au péril de sa vie, comme plus tard Rabbi YoHanan ben zakai, et tous nos sages à travers les siècles. Nous voulons savoir, même si le savoir peut faire mal, même s’il demande la transgression des lois humaines ou divines.

2 – Nous refusons de subir. La première femme et le premier homme ont refusé de se soumettre à l’interdit divin, Abraham et Sarah ont décidé de leur avenir et mis en place un enseignement, pris un rôle de leaders, Moïse a refusé le lavage de cerveau de l’intelligentsia égyptienne déshumanisant les hébreux pour justifier leur esclavage, il est passé à l’action en acceptant de devenir le leader d’un peuple d’esclaves mal éduqués, Ezra et Néhémie ont construit le deuxième Temple, Rabbi Akiva a soutenu des révoltes et Rabbi Juda le prince a rédigé un enseignement censé rester oral, et il en fut ainsi pour tous les sages et tous les activistes de notre peuple à travers les siècles. Nous refusons de subir. Nous voulons agir, même si l’action est dangereuse, même si elle transgresse les lois humaines ou divines.

Avec le recul de l’histoire, nous savons ce qu’eux-mêmes ignoraient, nous savons ce qu’ils ont accompli.
Ce que nous ignorons, ce sont les doutes qu’ils ont traversés. « Ce qu’il faut de malheur pour la moindre chanson Ce qu’il faut de regrets pour payer un frisson Ce qu’il faut de sanglots pour un air de guitare »
Et lorsque les malheurs, les regrets, les sanglots, nous assaillent, nous ne savons rien des chansons, des frissons, des savoirs, des actions que ces souffrances peuvent nous acquérir.

Le Talmud nous raconte le désespoir d’Adam et Eve. Combien de fois dans la Torah Abraham ne doute-t-il pas de sa destinée ? Combien de fois Moïse désespère-t-il de l’accomplissement de sa mission ? Rabbi Akiva avoue lui-même, à l’heure de sa mort, qu’il a douté jusqu’au dernier moment être capable d’être fidèle à ses valeurs.

Eve ne savait pas que cinq mille ans plus tard, hommage lui serait rendu. Abraham ignorait que l’on mentionnerait encore son alliance quatre mille en plus tard. Il y a trois mille ans, Moïse ne pouvait deviner que nous serions encore les dépositaires du chant Haazinou que nous avons lus dans toutes les synagogues chabbat dernier. Ezra, il y a 2500 ans, n’imaginait pas ce que deviendrait son alliance, pas plus que Rabbi Akiva, il y a 2000 ans. Nous ne savons pas ce qui restera des actes et des savoirs que nous aurons transmis.

Nous ne savons rien de ce que nous réserve l’avenir, nous ne savons rien de ce que réserve l’avenir à l’humanité, ni au peuple juif.
Nous savons simplement que nous avons aujourd’hui, comme dans les siècles passés, des sentiments face au présent, une soif de savoir et une soif d’agir. Toutes ces choses alimentent notre détermination. Au point d’être présents dans ce monde,

  • au meilleur de nos possibilités, au point de rêver d’un monde meilleur,
  • au maximum de notre intelligence, au point de tout remettre en cause,
  • au plus haut de notre fidélité, quitte à être presque fous, comme tous les grands personnages de notre histoire qui ont fait advenir l’impossible.

Écoutons cette histoire à propos de Rabbi Juda le prince, rédacteur de la michna, et essayons d’imaginer ce qui a pu alimenter son attitude. Ecoutons ce récit fantastique, délirant, inspirant, plein de sens en cette soirée de Kipour.

Ce midrach est tiré du talmud babylonien baba metsia 85b. Il parle, d’Abraham, d’Isaac et de Jacob (- 2000), les trois patriarches dont la prière pourrait modifier l’ordre du monde. Il parle du prophète Elie  (-900) , dont nous attendons la venue car il doit annoncer l’avènement d’un monde meilleur.  Il parle de Rabbi Juda hanassi (+200) , le compilateur de la michna, directeur d’une maison d’étude. Dans ce midrach, le prophète Elie est l’un de ses étudiants. Il parle de Rabbi Hiya et de ses fils (+200), dont la puissance de volonté est la même que celles d’Abraham d’Isaac et de Jacob.

Eliyahou était un habitué de la maison d’étude de Rabbi. Un jour, c’était Roch Hodech, il a pris du retard et n’est pas venu.
(Rabbi) lui a dit : « Quelle est la raison du retard du maître ? »
(Eliyahou) lui a dit : « Il a fallu que j’aide Abraham à se lever, que je lave ses mains, qu’il finisse de prier, et que je le recouche, et ensuite de même pour Isaac, et de même pour Jacob. »
(Rabbi 🙂 « Et qu’ils soient levés ensemble ! »
(Eliyahou 🙂 « Ils se soutiendraient dans la prière et ils feraient venir le Messie avant son temps. »
(Rabbi) lui a dit : « Et il y a leur équivalent dans ce monde ? »
Il lui dit : « Rabbi Hiya et ses fils ».
Rabbi décréta un jeune et on fit descendre Rabbi Hiya et ses fils pour qu’ils prient.
(Rabbi Hiya) dit « il fait revenir le vent » et le vent souffla,
il dit « il fait tomber la pluie » et la pluie tomba,
quand il s’apprêta à dire « il fait revivre les morts » le monde s’émut.
On dit dans le ciel « qui a révélé les secrets dans le monde ? »
On dit « Eliyahou ».
On fit venir Eliyahou et on le bâtit de soixante bâtons de feu. Il vint sous la forme d’un ours de feu, s’immisça entre eux et perturba leur prière.

Que de transgressions dans ce texte, qui nous montre que tout est possible !

Oui, Elie peut étudier chez Rabbi. Oui, Elie peut être le soutien des patriarches. Oui, les patriarches peuvent continuer leurs « prières ». Oui, leur prière pourrait bouleverser le monde et faire venir le messie avant son temps. Oui Elie peut trahir des secrets pour permettre à Rabbi d’agir. Oui Rabbi peut utiliser ces secrets pour rassembler Rabbi Hiya et ses fils. Oui Rabbi Hyia peut dans sa « prière » commander aux éléments de la nature et bouleverser la transcendance elle-même. Oui, tous les personnages de cette histoire sont prêts à agir, au péril de leurs vies, pour que cessent les tourments de l’humanité. Rabbi Juda le Prince, Elie, et Rabbi Hiya, ont tout autant soif de savoir et d’action.

Les héros et les héroïnes de notre histoire, prêts à ces mêmes résistances non-violentes fortes, sont innombrables. Au-delà de leurs regrets, de leurs malheurs et de leurs doutes, ils et elles étaient prêts à mettre leur colère et leur peine au service du savoir et de l’action. Que cette année 5781 nous nourrisse de savoir et d’action. Que ces 25 heures de Kippour nous renforcent dans le savoir et l’action. Que notre savoir, notre action, notre rassemblement soit large, suffisamment large pour accueillir nos peines, nos colères et nos espoirs. Nos peines, nos colères et nos espoirs, retentirons au son du chofar dans 25 heures. Qu’ils soient des facteurs de construction de notre savoir, de notre action, et de notre rassemblement.

Chana Tova, Hatima Tova, tsom kal vémohil.

Développement personnel ou révolution sociale ? du 9 av à Yom Kipour

Petit partage d’un texte écrit le mois dernier pour le magazine  » L’Appel », autour de la fête de Kipour qui approche. Bonne lecture !

Alors que le développement personnel est en plein essor, il fait également l’objet de critiques. Lorsque quelqu’un éprouve des difficultés, est-ce sa faute ou celle de son environnement ? La solution est-elle l’introspection (approches développement personnel, psychologique ou religieuse) ou l’action sur le milieu de vie de la personne (approches sociales et politiques) ?

Yom Kipour, qui se déroulera cette année le 28 septembre, est la fête juive la plus universellement connue. Elle est réputée être « la fête du grand pardon », pour « expier ses fautes » par le jeune et divers rituels. Au-delà de sa dimension psychologique et cathartique en mode « développement personnel », Kipour possède une forte dimension sociale.

Elle clôt les dix jours de réévaluation, initiés à Roch Hachana (début de l’année, jour du jugement). Elle nous enjoint d’engager une réflexion profonde et de réexaminer nos actes dans le contexte de notre responsabilité vis-à-vis du monde. Il ne s’agit pas seulement d’ « aller mieux ». Il faut aussi « contribuer mieux ». Tel est le sens de l’unité « Roch hachana – 10 jours de réévaluation – Yom Kipour ».

La remise en cause interne, intrapersonnelle, avec soi-même, s’accompagne nécessairement d’une remise en cause externe, interpersonnelle, sociale, dans nos différentes relations. Maïmonide reprenant le Talmud rappelle : « La téchouva (réévaluation) et le jour de kippour ne font expiation que pour les fautes entre l’homme et Dieu … mais les fautes qui sont entre l’homme et son prochain […] il n’est pas pardonné tant qu’il n’a pas donné à son prochain ce qu’il lui doit et qu’il l’ait contenté. »

De plus, aux côtés de la téchouva, figure en bonne place la tsédaka, qui est une institution de redistribution des richesses. Le jugement touche l’individu, mais aussi l’humanité toute entière. Réussir son « examen de passage » à Kipour consiste à devenir soi-même meilleur, mais aussi à contribuer à rendre l’humanité meilleure.

La dimension sociale de Yom Kipour est également liée à sa parenté avec l’événement précédent : Le jeûne du 9 Av, qui intervient vers la fin du mois de juillet. Ces deux jeûnes ont les mêmes caractéristiques « techniques » et leurs significations sont complémentaires.

Le 9 av commémore de nombreuses catastrophes de l’histoire juive, et en particulier la destruction du Premier Temple en -586 puis du Deuxième en 70. Le Talmud de Jérusalem souligne que ce jour de jeûne deviendra un jour de fête lorsque nous aurons atteint la fraterni-sororité à laquelle l’humanité est destinée. En ce temps-là, le Troisième Temple sera reconstruit, « maison de prière pour toutes les nations », nous dit Isaïe. Chaque année, le 9 av, nous pleurons, certes, la destruction des deux premiers Temples, mais nous pleurons plus encore notre incapacité à reconstruire le Troisième, à faire advenir la Justice et la Paix dans le monde.

Le 9 av et Yom Kipour sont comme deux points sur l’échelle qui mesure notre « degré d’humanité ». Si nous descendions trop bas, l’humanité serait jugée négativement à Yom Kipour, nous atteindrions un point de non-retour et notre humanité basculerait dans le néant. Si, au contraire, nous montons suffisamment haut, nous atteindrons un degré d’élévation morale et de conscience collective suffisantes pour ne jamais plus retomber, nous entrerons dans l’Ere Messianique et le 9 av deviendra un jour de fête.

En relisant « Utopies Réalistes » de Rutger Bregman, je me confronte à un fait difficile à accepter : L’investissement le plus rentable en occident est la réduction de la pauvreté. Abandonner certain.e.s d’entre-nous est insupportable. Le faire alors que nous avons les moyens de générer des richesses tout en sauvant des vies est indescriptibles. Et l’éternelle question me poursuit : Comment, cette année, réussirai-je autant que possible à associer développement personnel et contribution au monde ?

Téchouva et Maïmonide – deux autres extraits pour ce matin

Deux  nouveaux extraits du michné torah de Maïmonide pour le boker tov de ce matin…

Ci-dessous, la playlist des Boker Tov/ SeliHot. L’épisode d’hier est aujourd’hui le dernier de la playlist, celui d’aujourd’hui sera visible dés ce soir.

Bonne journée à toutes et tous!

Michné Torah / HilHot Téchouva 1 :3 – Pardon de Dieu

בזמן הזה שאין בית המקדש קיים ואין לנו מזבח כפרה אין שם אלא תשובה, התשובה מכפרת על כל העבירות, אפילו רשע כל ימיו ועשה תשובה באחרונה אין מזכירין לו שום דבר מרשעו שנאמר רשעת הרשע לא יכשל בה ביום שובו מרשעו, ועצמו של יום הכפורים מכפר לשבים שנאמר כי ביום הזה יכפר עליכם.

Et en ces temps où la maison sainte n’existe plus et que nous n’avons plus d’autel pour le pardon, il ne reste plus que la téchouva, la téchouva fait expiation de toutes les fautes, mêmes pour celui qui a été mauvais tous les jours de sa vie et a fait téchouva dernièrement, on ne le lui rappelle rien de ses actions mauvaises comme il est dit : la méchanceté du méchant ne lui fera pas obstacle au jour où il reviendra de sa méchanceté, et l’essence de yom kippour est de recouvrir pour ceux qui reviennent comme il est dit : car en ce jour il sera fait expiation.

Michné Torah / HilHot Téchouva 1 :9 – Pardon du prochain

אין התשובה ולא יום הכפורים מכפרין אלא על עבירות שבין אדם למקום כגון מי שאכל דבר אסור או בעל בעילה אסורה וכיוצא בהן, אבל עבירות שבין אדם ז לחבירו כגון החובל את חבירו או המקלל חבירו או גוזלו וכיוצא בהן אינו נמחל לו לעולם עד שיתן לחבירו מה שהוא חייב לו וירצהו, אע »פ שהחזיר לו ממון שהוא חייב לו צריך לרצותו ולשאול ממנו שימחול לו, אפילו לא הקניט את חבירו אלא בדברים צריך לפייסו ולפגע בו עד שימחול לו, לא רצה חבירו למחול לו מביא לו  שורה של שלשה בני אדם מריעיו ופוגעין בו ומבקשין ממנו, לא נתרצה להן מביא לו שניה ושלישית לא רצה מניחו והולך לו וזה שלא מחל הוא החוטא, ח ואם היה רבו הולך ובא אפילו אלף פעמים עד שימחול לו.

La téchouva et le jour de kippour ne font expiation que pour les fautes entre l’homme et Dieu … mais les fautes qui sont entre l’homme et son prochain, comme celui qui vole à son prochain ou qui insulte son prochain et autres, il n’est pas pardonné tant qu’il n’a pas donné à son prochain ce qu’il lui doit et qu’il l’aie contenté, et quand bien même il lui aurait restitué l’argent qu’il lui doit, il doit le contenter et lui demander son pardon… il doit l’apaiser et essayer de le toucher jusqu’à ce qu’il lui pardonne, et si son prochain ne veut pas lui pardonner, il lui amène un groupe de trois de ses amis et ils essayent de le toucher et ils lui demandent, s’il n’est pas satisfait de cette démarche, il lui amène une deuxième fois et une troisième, s’il ne veut toujours pas, il le laisse et s’en va et celui qui n’a pas pardonné, c’est lui le fauteur, et s’il s’agit de son rabbin il va et vient même mille fois jusqu’à ce qu’il lui pardonne.

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Boker Tov de ce matin – Téchouva et Maïmonide

Ce matin, nous dirons quelques mots sur la téchouva au cours de notre petit office de seliHot…. Voici deux extraits des hilhot téchouva de Maïmonide en documentation.

HilHot Téchouva 5:1 – Le libre arbitre

רשות לכל אדם נתונה אם רצה להטות עצמו לדרך טובה ולהיות צדיק הרשות בידו, ואם רצה להטות עצמו לדרך רעה ולהיות רשע הרשות בידו, הוא שכתוב בתורה הן האדם היה כאחד ממנו לדעת טוב ורע, כלומר הן מין זה של אדם היה יחיד בעולם ואין מין שני דומה לו בזה הענין שיהא הוא מעצמו בדעתו ובמחשבתו יודע הטוב והרע ועושה כל מה שהוא חפץ ואין מי שיעכב בידו מלעשות הטוב או הרע וכיון שכן הוא פן ישלח ידו.

Le libre arbitre est donné à chaque être humain. S’il veut incliner sa personnalité vers le bien et devenir un juste, le choix est entre ses mains ; et s’il veut incliner sa personnalité vers le mal et devenir une personne mauvaise, le choix est entre ses mains. Tel est le sens de ce qui est écrit dans la Torah : « ainsi, l’être humain sera semblable à l’un de nous sachant le bien et le mal ». Cela signifie que le genre humain est unique en cela, et qu’aucune autre espèce ne lui ressemble en ce fait : Par lui-même, par sa connaissance et par sa pensée, il sait le bien et le mal et réalise ce à quoi il aspire. Personne ne l’empêche de faire le bien ou le mal, et puisqu’il en est ainsi, qu’il prenne garde de ne pas mal agir.

HilHot Téchouva 1:1 – Le Vidouï

כל מצות שבתורה בין עשה בין לא תעשה אם עבר אדם על אחת מהן בין בזדון בין בשגגה כשיעשה תשובה וישוב מחטאו חייב להתודות לפני האל ברוך הוא שנאמר איש או אשה כי יעשו וגו’ והתודו את חטאתם אשר עשו זה וידוי דברים, וידוי זה מצות עשה, כיצד מתודין אומר אנא השם חטאתי עויתי פשעתי לפניך ועשיתי כך וכך והרי נחמתי ובושתי במעשי ולעולם איני חוזר לדבר זה, וזהו עיקרו של וידוי, וכל המרבה להתודות ומאריך בענין זה הרי זה משובח…

Tous les commandements qui se trouvent dans la torah, qu’ils soient positifs ou négatifs, si quelqu’un a enfreint l’un d’eux volontairement ou involontairement, lorsqu’il fera téchouva et reviendra de sa faute il a l’obligation de passer aux aveux devant hael, il est béni, comme il est dit « Quand un homme ou une femme feront… et ils passeront aux aveux de leur faute, c’est ce qu’on appelle l’aveu des fautes, c’est un commandement positif, comment on avoue ? On dit « je t’en prie hachem, j’ai fauté, j’ai fait le mal, j’ai commis des pêchés devant toi et j’ai fait telle et telle chose et voici que je regrette et que j’ai honte de mes actes et que je n’y reviendrai plus jamais…

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Dracha de ce soir – Une seule solution: la corruption!

Je sais que contrairement aux autres années, je ne pourrai pas voir vos réactions à ces quelques mots que j’ai préparé pour vous et je le regrette. J’aimerais que nous puissions faire vivre ce collectif qui nous manque tant d’une autre façon, et j’y travaille. En attendant, je partage ce texte, que je prononcerai ce soir (plus ou moins). Vous me connaissez peut-être, vous savez qu’il y aura des variantes, vous connaissez mes intonations, et vous entendrez, derrière les mots et les formules, mon désir d’accompagner cette chose si sacrée: notre/votre liberté…

Chana Tova oumétouka

Dracha de Roch hachana 5781: Une seule solution: la corruption

Franchement, je ne vois pas comment nous allons nous en sortir.

Nous ne sommes rien de ce que nous prétendons être, nous prétendons tout ce qui sert nos intérêts. La situation accablante me semble en parfaite adéquation avec les accusations de nos textes. Dans ces conditions, où pourrait donc être le point de levier du changement ?

Prenons trois exemples.

Un – En défendant nos intérêts privés, nous avons créé l’esclavage. Pour justifier l’esclavage, nous avons inventé le racisme. Appuyés sur le racisme, nous avons commis, nous commettons toujours, des génocides. La ségrégation imposée se retourne parfois en communautarismes, qui sont alors à leur tour utilisés pour renforcer le racisme et le fossé social. Et nous ne prenons toujours pas conscience de ces processus.

Deux – En défendant nos intérêts privés, nous avons créé des écarts sociaux toujours plus importants, les personnes concentrant le pouvoir dans le monde aujourd’hui sont si puissantes qu’il est extrêmement dur de s’y opposer. Pour justifier cette situation, nous nous racontons que « les plus puissants sont les plus méritants » et d’autres fadaises. Et plus c’est faux, plus nous essayons de nous en convaincre.

Trois – En défendant nos intérêts privés, nous cherchons le rendement en toute chose, et pourtant, nous sommes aveugles à l’investissement le plus rentable au monde : la lutte contre la pauvreté. Nous préférons idolâtrer notre impuissance à changer les choses. Nous écartons l’opportunité de gagner de l’argent en sauvant des vies. Nous écartons cette opportunité pour protéger ce système.

Notre faute est trop grande pour que nous la supportions !

Pourquoi alors persévérons-nous ? Justement pour cette raison, parce que notre faute est trop grande pour que nous la supportions, trop grande pour que nous ayons le courage de la voir.

En tant qu’humaine, en tant que citoyenne, je suis profondément blessée par cette stupidité meurtrière qui est la nôtre.

En tant que personne, en ce jour de roch hachana, je suis consciente aussi de la réalité individuelle de ce phénomène. Quelles sont les fautes terribles dont je m’accuse ? Quelles sont les fautes, plus terribles encore, que je fuis, quitte à me laisser engloutir par les flots, quitte à mourir dans l’antre du bateau ou dans le ventre du poisson, comme Jonas ?

Et je m’interroge. Ma plus grande faute n’est-elle pas ma peur de la faute ? Et pourquoi aurais-je si peur ? Serais-je censée échapper à la faute ? Est-ce une illusion de toute puissance qui me pousse à ces excès ?

Peut-être mais pas forcément. C’est peut-être un sentiment d’urgence à agir, de surinvestissement de l’action par peur de l’échec, ou d’autres choses peut-être, qui ne me sont pas encore connues.

A partir de cet instant, je sais que j’ai dix jours, dix petites journées pour mener l’enquête.

Je n’y arriverai pas. Le temps est trop court, je n’y arriverai pas. L’ouvrage est trop grand et je n’y arriverai pas. Je suis trop affaiblie et je n’y arriverai pas. Même si la récompense est grande, même si le maitre du monde me presse à l’ouvrage, je n’y arriverai pas.

Et j’en suis réduite à m’appuyer sur la seule solution possible, que me propose le midrach rabba sur les psaumes : La corruption. (voir texte source en fin de texte).

Car oui, je viens de le découvrir à notre grand soulagement, corrompre dieu est possible. Écoutons le midrach:

D’où savons-nous que le Saint, bénie soit-elle, accepte la corruption ? Parce qu’il est dit dans les proverbes « et la corruption du méchant il la prend ». Nous sommes gravement fautifs, nous remplissons donc les conditions !

Chers amis, rassemblons-nos ressources pour trouver le bakchich qui seul nous extirpera de cette situation intenable ! A quel montant s’élève-t-il ? En quelle monnaie est-il payable ? Le midrach rabba poursuit et nous instruit :

Quelle est la corruption qu’il accepte des fauteurs en ce monde ? La téchouva (changement d’actes), la téfila (cri et introspection) et la tsédaka (travail pour la justice social, aides financières). Pour cette raison il est écrit : « de devant toi mon jugement pars ». Le Saint, bénie soit-elle a dit : « mes enfants, tant que les portes de la tefila sont ouvertes, faites téchouva, car j’accepte la corruption dans ce monde ».

Soulagement !

Nous avons dix jours pour rassembler des tefilot. Des tefilot, pas des « prières ». On traduit généralement le mot « tefila » par le mot prière, c’est une erreur. La tefila, c’est l’introspection. Portée par les textes des offices, certes, par leur sens, par leurs rythmes, par l’inspiration qui nous vient du collectif, mais l’essentiel ici, c’est le bilan personnel. Tefila, palal, se juger. C’est en collectant nos jugements, que nous pourrons rassembler le trésor nécessaire à la corruption de dieu.

Nos jugements, notre compréhension de nos erreurs, notre esprit critique sur nous-mêmes.

Nos jugements, notre compréhension du monde, nos idées sur notre action.

Nos jugements sur notre action à titre individuel, mais aussi à titre collectif. Ai-je été assez forte cette année ? mais aussi, « ai-je été assez soutenue cette année » et aussi « ai-je suis suffisamment demander du soutien ? » et « comment aurions-nous pu nous rendre mutuellement plus fort.e ».

Roch hachana est le jour du jugement, il est temps d’exercer ce jugement que nous avons reçu en partage.

« mes enfants, tant que les portes de la tefila-jugement sont ouvertes, faites téchouva, car j’accepte la corruption dans ce monde » nous dit l’Eternelle.

C’est en rassemblant de l’introspection, des tefilot, que nous pouvons entrer dans les portails ouverts de la téchouva. Du changement de comportement.

Lorsque les portes s’ouvriront, nous devrons être prêts.

Préparez la monnaie chers amis ! faites les fonds de tiroir ! Participez à la collecte !

Un peu de conscience tombée derrière le frigo ? Quelques pièces de perspicacité oubliées au fond d’un tiroir ? Des mallettes entières d’introspection en petites coupures laissées par votre grand-mère au grenier ? Des valises de bonnes idées en lingot amassées par votre grand-oncle ? Des millions par chèques en blanc d’objection de consciente de votre voisine, Juste parmi les nations ? Quelques billets de naïveté bienveillante laissés par vos enfants ? Une collection de questions dérangeantes posées par vos neveux ? Un fond de résistance non violente conservé de la période de mai 68 ou un vieil héritage oublié de 1871 ?  Des héroïsmes juifs, des héroïsmes humains ? Des cœurs brisés ? Des consciences en alerte ? Je prends tout, nous en avons besoin ! Toutes les monnaies mentionnées dans le traité Roch hachana sont acceptées, vous pouvez payer en AA (Aide à Autrui) en CR (Cri de révolte), CA (Changements dans les actes), CN (Changement de Nom).

Le Saint, bénie soit-elle, a dit : « mes enfants, tant que les portes de la tefila sont ouvertes, faites téchouva, car j’accepte la corruption dans ce monde. Mais lorsque je siégerai en jugement dans le monde à venir, je ne prendrai pas de corruption comme il est dit dans les proverbes : « Il ne se laissera apaiser par aucune rançon ; il se montrera inexorable, dusses-tu prodiguer les présents. » C’est pour cela que David a dit « Tu me feras connaître le chemin de la vie, la plénitude des joies qu’on goûte en ta présence, les délices éternelles [dont on se délecte] à ta droite. » Il s’agit des 10 jours de téchouva entre Roch Hachana et Yom kippour. »

Le délai qui nous est imparti n’est pas très clair pour moi. Avons-nous jusqu’à la fin des temps ? Avons-nous seulement quelques jours, les 10 jours de téchouva ?  Et de toute façon, je ne suis pas totalement certaine que la date de la fin des temps ne soit pas avant la fin de la semaine prochaine.

En résumé : une seule stratégie, la corruption, et tout de suite !

Immédiatement, dans la boite prévue à cet effet en sortant de la synagogue, ou par carte bleue sur internet, faites vos virements dans la monnaie de votre choix, payez à votre gré, en téchouva, en téfila et/ou en tsédaka, par promesse de don sur mon site internet, je transférerai immédiatement. Espérons que cela suffira.

Chana tova oumétouka

מדרש תהלים (בובר) מזמור יז ד »ה [ה] דבר אחר

ומנין שהקב »ה לוקח שוחד? שנאמר: « ושוחד מחיק רשע יקח » (משלי יז כג) מה השוחד שנוטל מן הרשעים בעולם הזה? תשובה ותפילה וצדקה. לפיכך כתיב: « מלפניך משפטי יצא » (תהלים יז ב). אמר הקב »ה: בניי, עד ששערי תפילה פתוחין עשו תשובה, שאני לוקח שוחד בעולם הזה. אבל משאני יושב בדין לעתיד לבוא, איני לוקח שוחד, שנאמר: « לא ישא פני כל כופר ולא יאבה כי תרבה שוחד » (משלי ו לה). לפיכך אמר דוד: « תודיעני אורח חיים שובע שמחות את פניך » (תהלים טז יא) – אלו עשרת ימי תשובה שבין ראש השנה ליום הכיפורים.