5780: partager les fêtes + réflexions sur Roch hachana

Ce soir, chabbat; dimanche soir, Roch hachana, c’est parti pour le lancement d’une nouvelle année!

Avec Roch hachana, ce sont les 10 jours du retour sur soi qui commencent, les asseret yémé hatéchouva, עשרת ימי התשובה. Nous les inaugurerons par les merveilleux offices de notre communauté, avec notre Hazan Hélène Blajan, pour les deux soirs et les deux matins. Puis l’année sera lancée, avec les trois fêtes de pèlerinage, Soukot, PessaH et chavouot.

Serez-vous présent? Si tous le savez déjà, faites-moi savoir dés à présent que nous pourrons ensemble former minian. Si vous ne le savez pas encore, vous pouvez mettre les dates des fêtes dans vos agendas pour les « pré-réserver » puis vous inscrire quand vous aurez davantage de précisions. Ainsi, je peux me réjouir à l’avance de votre présence: Doodle pour que nous sachions comment se fera le minian

Merci à toutes, merci à tous, pour cette merveilleuse année 5779. Et en avant pour la suite!

Quelques réflexions sur Roch hachana :

Cessons de croire : réfléchissons ! (dracha de Roch hachana 5779)

La Tsédaka, Changer le monde: Dracha de Roch Hachana 5778

Nous sommes le chant du monde… Dracha Tichri 5777

Pour commencer, ouvrir les yeux… Roch hachana 5776

Embrasser le passé, Chérir l’avenir – pédagogie de Roch Hachana

Bonne lecture et chabbat chalom!

 

Chavouot: Merci et RV Jeudi 28 mai 2020!

Merci pour votre présence nombreuse à notre veillée de Chavouot, merci pour votre présence, pour vos questions, pour les mets que vous avez amenés.

Merci à tous les bénévoles et les professionnels qui ont permis la réalisation de ce bel événement, qui ont contribué à organiser et à diffuser l’événement, installé les locaux, réceptionnés les gâteaux au fromage, et tout réinstallé après!

Merci à Jacques pour son intervention, aux Marx Sisters et à tous les présents qui ont mis une ambiance  délirante, et merci aux randonneurs qui ont tenu jusqu’à la fin de notre randonnée-Hévrouta.

Comme souvenir de la fête, voici les textes que nous avons étudiés:

midrachim 5779 chavouot.doc; midrachim 5779 chavouot.PDF

dernier cours avant les vacances demain au café des Psaumes, prochain grand rendez-vous: Les fêtes de Tichri! Roch hachana à Surmelin le 29 sept au soir, le 30 sept matin et soir, le 1e octobre matin. Yom Kipour à la Salle Olympe de Gouge, Mardi 8 octobre au soir et Mercredi 9 octobre toute la journée.

RV l’année prochaine, la nuit du 28 au 29 mai, Save the Date!

La Torah pour toutes et tous! Hag SaméaH!

Hag SaméaH à toutes et à tous. Bonne fête de Chavouot et bonne veillée d’étude.

Voici pour vous accompagner l’un des midrachim que nous étudierons dans notre thématique « Torah personnelle, Torah d’Israël, Torah Universelle ».

Rejoignez-nous à toute heure de la nuit, pour participer à l’une des activités suivantes (programme en fin d’email), au MJLF Surmelin.

Bamidbar Rabba

« וידבר ה’ אל משה במדבר סיני » (במדבר א, ב)

למה במדבר סיני?

מכאן שנו חכמים

בג’ דברים ניתנה התורה: באש, ובמים, ובמדבר.

באש מנין (שמות יט ,יח) והר סיני עשן כולו וגו’[

ובמים מנין שנאמר (שופטים ה, ד) גם שמים נטפו גם עבים נטפו מיםובמדבר מנין (במדבר א, א) וידבר ה’ אל משה במדבר סיני

ולמה ניתנה בג’ דברים הללו? אלא מה אלו חנם לכל באי העולם – כך דברי תורה חנם הם

שנאמר (ישעיה נה, א) הוי כל צמא לכו למים

 

« Et l’Eternel parla à Moïse dans le désert du Sinaï ». Pourquoi dans le désert du Sinaï ? De là les sages ont enseigné : « La torah a été donnée par trois choses, par le feu, par l’eau, par le désert. Le feu, d’où ? « Or, la montagne de Sinaï était toute fumante, parce que le Seigneur y était descendu au sein de la flamme; sa fumée montait comme la fumée d’une fournaise et la montagne entière tremblait violemment. » et de l’eau, d’où ? De ce qu’il est dit : « Éternel! Quand tu sortis de Séir, quand tu t’avanças de la région d’Edom, la terre frissonna, les cieux se fondirent, les nuages se fondirent en eau; » et du désert, d’où ? De ce qu’il est écrit « L’Eternel parla à Moïse dans le désert du Sinaï ». Et pourquoi a-t-elle été donnée par ces choses-là ? Parce que de même qu’elles sont accessibles à tous les habitants du monde, de même la Torah est accessible comme il est dit : « Ah! Vous tous qui avez soif, venez, voici de l’eau! Vous qui n’avez point d’argent, venez, approvisionnez-vous et mangez; gratuitement, sans rétribution, venez, fournissez-vous de vin et de lait!; »

 

19h30 – Exposé du Rabbin: Torah personnelle, Torah d’Israël, Torah Universelle

21h15 – « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur… » Toutes vos questions au Rabbin, mais attention, le Rabbin également vous posera les questions qu’elle jugera appropriées !

22h15 – Ateliers : Jacques Neuburger : Torah, liberté de l’esprit, liberté du corps, liberté politique ou chants et Hévroutot autour de la Torah

23h15 – Concert des Marx Sisters: Mir Lebn Ejbig! Am Israël Haï! Un moment dynamiques pour brûler les calories des gâteaux au fromage Ecouter les Marx sisters sur youtube.

00h30 – Randonnée-Hévrouta de Chavouot ! Mettez vos chaussures de marche, nous irons loin (spirituellement) mais pas trop (40mn de marche max)

Office du matin vers 7h ou à 10h, à Beaugrenelle ou dans d’autres synagogues.

 

Chavouot : La Torah appartient-elle uniquement aux juifs?

Chavouot, c’est ce samedi ! Rejoignez-nous à l’heure de votre choix pour étudier le sens de la Torah ( voir programme en fin de page).

La Torah appartient-elle à l’humanité? Au peuple juif ? A chacun d’entre-nous? Cette petite vidéo développe quelques thématiques, nous aurons toute la nuit pour les approfondir…

Entre chaque activité, des plats salés ou sucrés pour nous aider à rester alertes toute la nuit! (Amenez des mets salés cachers laits ou neutres et « grignotables » sans assiettes si vous le pouvez, si possible en coordination avec Myriam, notre secrétaire)

19h30 – Exposé du Rabbin: Torah personnelle, Torah d’Israël, Torah Universelle

21h15 – « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur… » Toutes vos questions au Rabbin, mais attention, le Rabbin également vous posera les questions qu’elle jugera appropriées !

22h15 – Ateliers : Jacques Neuburger : Torah, liberté de l’esprit, liberté du corps, liberté politique ou chants et Hévroutot autour de la Torah

23h15 – Concert des Marx Sisters: Mir Lebn Ejbig! Am Israël Haï! Un moment dynamiques pour brûler les calories des gâteaux au fromage Ecouter les Marx sisters sur youtube.

00h30 – Randonnée-Hévrouta de Chavouot ! Mettez vos chaussures de marche, nous irons loin (spirituellement) mais pas trop (40mn de marche)

Office du matin vers 7h ou à 10h, à Beaugrenelle ou dans d’autres synagogues.

« Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur… » – Samedi 9 juin 22h

 

Et vous, quelle question voudrez-vous poser? Les cours et les études ont des sujets prédéfinis, là, c’est à vous de jouer!

La règle est simple, vous posez vos questions, notre Rabbin y répond. Mais attention, à ce petit jeu, elle pourra aussi vous poser toutes les questions qui lui sembleront appropriées…

Une façon inédite d’explorer ensemble le sens de notre Torah et la façon dont nous la vivons.

Si vous me faites part de votre présence, je pourrai m’en réjouir dés maintenant, répondez à ce Post ou participez sur facebook : https://www.facebook.com/events/1064845303715228/

Torah Personnelle, Torah d’Israël, Torah Universelle! Samedi 9 juin 20h

 

Quelle Torah voulez-vous recevoir cette année? La Torah d’Israël? La Torah Universelle? Une Torah personnelle?

Une « Torah », c’est un enseignement, des principes, des règles de comportement, que notre tradition nous invite à remettre sur le chantier tous les ans. Nous parlerons de la Torah et du dan de la Torah au Mont Sinaï tel qu’il est vu dans la Torah écrite et dans le Midrach, pour comparer cette Torah du peuple juif aux règles universelles d’une part, et aux principes que nous appliquons activement dans notre vie, de l’autre.

Chavouot, une remise sur le chantier de nos comportements et de leur raison d’être.
Nos réflexions seront alimentées par des études sur texte et des discussions.

Si vous me faites part de votre présence, je pourrai m’en réjouir dés maintenant, répondez à ce Post ou participez sur facebook : https://www.facebook.com/events/1064845303715228/

Chavouot, J-5!

Depuis 44 jours, nous comptons le temps en nous préparant à ce grand événement: la célébration du don de la Torah.  Dans 5 jours, nous arriverons à destination. Il ne s’agit pas seulement de la commémoration d’un acte passé. Il s’agit de la réactualisation de cet acte, à travers un office du soir, une veillée d’étude, et un office du matin. Pour tester vos connaissances sur Chavouot, suivez ce lien.

Samedi 19 mai, nous aurons donc un court office du soir à 18h45 (c’est l’occasion d’amener les enfants), une étude sur le thème « Torah et vérité » (voir la fin de cet article), un repas lacté de Shavouot à partir de 20h30 (inscriptions auprès de Catherine). D’autres études suivront.

Le dimanche 20 mai, notre office du matin commencera à 10h nous permettra de chanter le hallel (écouter ici le chant « bétset israël« ), de lire les dix paroles ainsi qu’une très belle haftara tirée du prophète Ézéchiel, suivis du livre de Ruth.

Torah et vérité, samedi 19 mai de 19h30 à 20h30:

La quête de La Vérité est un pansement empoisonné sur la plaie de l’insécurité qui nous envahit parfois. D’un autre côté, le relativisme est une invitation à s’investir dans des fantasmes qui nous éloignent des faits. Or, si nous renonçons à notre rapport à la réalité, nous perdons de toute chance de trouver le référentiel commun nécessaire à la communication.

Comment rester sur le sentier étroit qui chemine entre ces deux dangers ?
Nous étudierons des sources dans l’un et l’autre sens de façon à pouvoir cultiver les outils de la modération. Ainsi, nous pourrons continuer ensemble sur le chemin que constitue notre commune torah écrite, dans le respect de son potentiel interprétation.

Kavana pour un mikvé de conversion

Chers amis, chères amies,
En cette belle période de renouvellement, nous nous préparons à accueillir de nouveaux membres, qui ont achevé leur processus de retour ou leur entrée dans le judaïsme.

Nous les accueillerons à l’occasion de SimHat Torah, ce grand moment de renouement avec l’étude.

A cette occasion, je partage avec vous une « kavana », dont la traduction littérale est « intention ». « Kavana » en hébreu vient de la racine « kivoun », qui veut dire la direction. L’idée est de se préparer mentalement avant une action importante, pour en profiter pleinement. Cette Kavana est destinée à être lue par ceux qui le souhaitent avant leur immersion dans le mikvé, elle est simplement une proposition et chacun.e peut l’adapter en fonction de sa propre expérience et de son propre désir. Je l’ai écrite à l’aide de ma compréhension de ce qu’est le mikvé et de ma propre expérience de ce moment particulier, qui concerne aussi bien les convertis que les fiancées ou toute personne qui souhaite donner un nouveau tournant à sa vie.

Pour avoir les détails de la procédure du mikvé, vous pouvez télécharger le document suivant procedure mikve

Encore Shana Tova oumétouka à toutes et à tous, ce vœu peut encore nous accompagner jusqu’à la fin de Soukot, alors profitons-en! Et Hag SaméaH, bonnes fêtes de soukot.

Kavana pour un mikvé de conversion

En ce jour de réjouissance, je me prépare à prendre un moment pour moi-même.

Je prends le temps de faire le point sur ce que signifie ce moment pour moi.

 

Femmes :

Je suis une épouse, je suis une mère, je suis une fille, je suis une amie, et avant tout je suis moi, et je suis fidèle à moi-même en ce moment sacré.

Hommes :

C’est un moment de continuité, je suis toujours la même, et un moment de changement, quelque chose se renouvelle dans ma vie.

 

C’est un moment de continuité, le temps du mikvé est l’aboutissement d’une longue réflexion, de nombreuses préparations, de nombreux choix de vie.

C’est un moment de continuité, le temps du mikvé ouvre la suite de ma vie, qui sera remplie de tout ce que j’y ai déjà mis. Le mikvé est un moment de continuité mais aussi un moment de changement.

 

Nous disons « tu es une bénédiction Eternel qui renouvelle tous les jours par ta bonté l’acte de la création du monde ». On peut considérer que chaque jour, c’est un nouveau monde qui s’offre à nous.

Ce jour est un jour particulier pour moi, un jour de renouveau, un jour de recommencement. C’est la bonté du créateur qui renouvelle le monde chaque jour.

C’est l’amour et la bonté qui renouvellent nos forces pour agir chaque jour.

Mon amour pour la tradition juive m’a mené.e à ce moment de consécration.

 

En ce moment de mikvé, je pense à ce sentiment qui fait partie de moi, qui est moi, qui est aussi mon amour pour moi, qui me permet de me donner à moi-même ce moment intime avec moi-même, ce moment de paix, de moment rempli de sérénité.

Lorsque je rentrerai dans le mikvé, tout mon corps ressentira cette détente et le bonheur de cet aboutissement, dans ce bain d’eau, dans ce bain d’amour, dans ce bain de pause, dans ce bain de renouveau.

Je sentirai l’eau sur mon corps, je la laisserai m’entourer, je serai comme hors du monde, hors du temps.

Je garderai ce sentiment bien au chaud dans mon cœur, pour que cette paix continue à faire partie de moi et à apaiser et à rendre heureux ceux qui m’entourent.

Je garderai ce sentiment de paix lors de toute la suite de mon parcours, à chaque étape, cette paix sera là, très présente ou plus intérieure et je pourrai toujours y revenir.

Ces moments sont des moments de rencontre, de rencontre avec moi-même d’abord, et de rencontre et de renouement avec mon identité juive.

Cette eau est l’eau du ventre de ma mère, cette eau est l’eau des océans, cette eau est l’eau de la naissance de la vie, cette eau est la première eau des débuts du monde, cette eau est la première matière de la vie, cette eau est l’élément où planait le souffle de ‘Dieu’ avant la création du monde.

 

Le mikvé est un bain d’eau, je rentre maintenant dans un bain d’eau.

L’eau symbolise la Torah, je rentre maintenant dans un bain de Torah.

La Torah, c’est la sagesse, je rentre maintenant dans un bain de sagesse.

C’est l’étude, la curiosité, le désir d’apprendre, je rentre maintenant dans un bain de savoir.

C’est l’entre-aide, la solidarité, l’amour des autres, je rentre maintenant dans un bain d’amour.

Mikvé signifie l’espoir, je rentre maintenant dans un bain d’espoir.

 

Tu es une bénédiction Eternel notre ‘Dieu’, roi du monde, qui nous a rendus spéciaux par tes commandements et qui nous a commandé de nous immerger.

Tu es une source de bénédiction Eternel notre dieu, roi du monde, qui m’a permis de vivre, et qui m’a fait exister, et qui m’a permis d’atteindre ce moment sacré et privilégié.

 

 

On rentre dans le mikvé et on prononce la bénédiction suivante :

ברוך אתה ה’ אלוהינו מלך העולם אשר קדשנו במצוותיו וציוונו על הטבילה

BarouH ata adonaï élohénou mélèH haolam acher kidéchanou bémitsvotav vétsivanou al hatévila.

Elle s’immerge une fois entièrement et prononce la bénédiction suivante :

ברוך אתה ה’ אלוקינו מלך העולם שהחיינו וקיימנו והגיענו לזמן הזה

BarouH ata adonaï élohénou mélèH haolam chéhéHéyanou vékiyémanou véhiguianou lazéman hazé.

On s’immerge deux nouvelles fois, ou plus si on le souhaite, puis on sort lentement du mikvé.

Fêtes 5778: Prenez date!

Alors que l’année commence, nous pouvons déjà nous préparer aux rendez-vous festifs de 5778.

Les offices de fêtes sont particuliers :

  • L’office du soir est très court (environ 40mn) et se prête bien à un moment de recueillement ou à un moment familial accessible aux enfants.
  • L’office du matin comprend les beaux chants du Hallel, ainsi que des éléments particuliers, comme l’utilisation du loulav à Soukot par exemple. Ce sont des moments plus intimes car il est difficile à certains d’entre nous de prendre congé de leur travail. Si vous en avez la possibilité, organisez-vous dès que possible pour que nous puissions compter sur vous pour le minian.
  • L’office du matin comprend également un Yzkor à la mémoire de nos chers disparus, vous pouvez venir dire leur nom à la synagogue.

Pour avoir accès aux derniers détails, vous pouvez vous abonner à ce site.

Si vous voulez nous aider, inscrivez-vous également sur le doodle suivant, pour que nous sachions que nous pouvons compter sur vous, que nous puissions éventuellement vous contacter pour vous proposer à l’avance l’un ou l’autre honneur. http://doodle.com/poll/zkkemh3fckhqc9vd

  1. Mercredi 20 sept 18h45, 21 sept 10h et 18h45, 22 septembre 10h                                                                                               Rosh hashana
  2. Vendredi 29 sept soir et samedi 30 sept matin                Kipour
  3. Mercredi 4 oct (18h45) / jeudi 5 oct (10h)                      Soukot
  4. Mercredi 11 oct (18h45) /jeudi 12 oct (10h)                   SimHat Tora
  5. Mercredi 28 fevr (18h45) / jeudi 1e mars (10h)              Pourim
  6. Pessah 30 et 31 mars (chabbat) (10h)                              PessaH
  7. Jeudi 5 avril (18h45) / jeudi 6 avril (10h)                        Fin de PessaH
  8. Samedi 19 mai (18h45) / dimanche 20 mai (10h)           Shavouot

Le retour des fêtes : une incertitude rassurante

Shavouot, c’est ce soir et demain!

Voici quelques réflexions pour accompagner notre entrée dans la fête.

Hag SaméaH à toutes et à tous. חג שמח לכלם

Le rituel est-il là pour nous réconforter ou pour nous mobiliser ? Nous entraine-t-il dans la routine ou nous invite-t-il au contraire au changement ?

Les grands concepts de la prière et du cycle de l’année nous ouvrent des chemins de réflexion.

Notre prière centrale se nomme « amida », עמידה, « station debout ». Elle nous invite à « prier debout », et si son nom n’évoque pas tout à fait le mouvement (haliHa, הליכה), il ne se cantonne pas non plus à l’immobilisme (yeshiva, ישיבה).

L’attitude que nous observons dans ce moment de recueillement est effectivement dynamique. Au début de la  Amida, nous nous orientons géographiquement vers Jérusalem, « Yérouchalaïm »,  ירושלים  la ville de la paix et de l’espoir, la ville des grands rassemblements de pèlerinages du passé, qui est également la ville de l’espoir des retrouvailles fraternelles universelles de la période messianique. Par là-même, nous nous orientons également spirituellement vers les plus hautes de nos valeurs, faisant entrer en résonance et en raisonance, le « matspen »,מצפן  et le « matspoun », מצפון, la boussole et la conscience.

A l’occasion de nos fêtes, la Amida garde sa structure, tout en s’habillant de passages relatifs aux fêtes en guise de « vêtements de splendeur » semblables à ceux que nous portons dans les occasions joyeuses.

Nous nous orientons vers Jérusalem, nous reculons de trois pas, puis nous avançons à nouveau. Ces gestes nous ramènent donc  au même point, et pourtant, nous avons évolué dans notre positionnement intérieur. En reculant, nous souhaitons symboliquement prendre du champ par rapport aux questions contingentes de notre vie, en nous avançant à nouveau, nous espérons nous rapprocher de l’essentiel. Pendant la Amida elle-même, nous nous inclinons, nous nous élevons sur la pointe des pieds, nous nous tournons les uns vers les autres, et l’alternance de ces gestes symbolise le mouvement intérieur qui nous accompagne sans cesse, et qui conjugue stabilité et souplesse.

De la même façon, à chacune de nos fêtes, nous revenons en quelque sorte au positionnement qui était le nôtre exactement un an auparavant, lorsque nous célébrions ce même rendez-vous sacré. Et pourtant, nous ne sommes pas les mêmes après une année entière de vie, d’actions, de réalisations, de questions et d’étude. Comme le dit le philosophe, celui qui se baigne dans la même rivière, se régénère pourtant dans une eau sans cesse renouvelée.

En forme de pirouette, nous pourrions dire que le rituel nous invite à faire entrer le changement dans la routine, à intégrer l’évolution dans la tradition. Le quotidien se pare du charme sacré du « tout est possible », l’exceptionnel s’abrite dans la chaude étoffe du « rien de nouveau ».

Le changement fait partie de nos vies, de la naissance à la mort dans notre vie privée, de la naissance de notre peuple à ses évolutions géographiques, historiques et organisationnelles dans le domaine du collectif.

Nos trois fêtes de pèlerinage en témoignent, puisqu’elles ont pu revêtir au cours de l’histoire des significations différentes. Elles ont été des fêtes agricoles, sans doute issues de célébrations païennes puis sont devenues des fêtes de culte au temple. Elles ont reflété une réalité historico-mythique, se sont transformées en rassemblement communautaires après le choc de la destruction du temple, avant de voir leur signification spirituelle et symbolique prendre le dessus, elles revêtent parfois aujourd’hui un sens laïc au sein d’institutions telles que les mouvements de jeunesse juifs laïcs et les kiboutsim. Avant tout, elles font fonction de liant familial et de rendez-vous identitaires.

Pourquoi intégrer cette perspective historique est-il si difficile pour certains ? Peut-être parce que nous aimerions parfois avoir des certitudes, nous voudrions parfois pouvoir adhérer à des choses tangibles, à des « dieux concrets », représentés, immuables ; la tentation de l’idolâtrie est peut-être inhérente à la nature humaine, qui cherche à se rassurer. Ce faisant, la nature humaine se replie au lieu de se déployer, et prépare sa propre réduction comme le veau d’or qui finit en poussière. Elle aspire au contraire au déploiement et au redéploiement de la révélation du Sinaï, toujours mentionnée au présent dans les bénédictions de la Torah.

Mais où puiser la force de résister aux attraits des certitudes ?

Par sa répétition, le cycle des fêtes, le makhzor מחזור  – mot également employé pour désigner le rituel que vous tenez dans vos mains – nous inscrit dans un rythme rassurant. Il permet au jeune enfant de se représenter de mieux en mieux le passage des longues années de sa vie. Il permet aux plus âgés de prendre la mesure de la rapidité de la succession des ans.

Le Makhzor est un cycle d’un an, une année, Chana en hébreu שנה. Chana signifie à la fois « répéter pour apprendre »,  לשנןet « changer », לשנות. La racine de ce mot est « Hazar », « revenir », car les fêtes reviennent sans cesse, mais ce cycle s’inscrit dans une dynamique qui va de l’avant, le « chemin juif », la « halaHa » הלכה.

Effectivement, la tradition juive nous « fait marcher », et particulièrement à l’occasion des « trois fêtes de pèlerinage », les « chaloch régalim », שלוש רגלים, les « trois pieds » en traduction littérale. Pour nous faire avancer, elle nous demande de nous appuyer sur la régularité du pas, et si le pied qui peut nous mener loin porte le nom de regel, רגל, l’habitude est désigné de celui de « hergel », הרגל. Et bien que l’étymologie n’autorise pas ce rapprochement, mentionnons (au passage) que ces chemins sont pour nous ceux de la joie, que les « regalim » ont pour fonction de nous « régaler » ! Nous avons l’habitude de nous déplacer, et notre mouvement s’inscrit dans cette tradition du renouveau qui est la nôtre, en tant non que juifs « errants », mais que juifs voyageurs.

Après le cycle des fêtes vient celui du mois, du « Hodech », חודש du « renouvelé », puisque le mois renait chaque foi à nouveau en compagnie de la nouvelle lune, sans cesse semblable et sans cesse différente. Le chabat, שבת   dont le nom même signifie « arrêt », nous invite chaque semaine à la rupture d’un rythme quotidien, qui lui-même malgré son retour incessant s’inscrit dans le changement permanent comme le dit la prière du soir : « Eternel, tu renouvelles chaque jour et en permanence l’œuvre de création du monde. »

Que signifie donc notre rituel ? Comme le dit l’enfant « méchant » de PessaH, « Qu’est-ce que ce travail pour vous ? ». Pour nous, le retour de nos fêtes cycliques, de nos trois fêtes de pèlerinage, est une invitation sans cesse réitérée à nous abriter dans la chaleur des traditions séculaires pour nous délivrer des pressions du quotidien, et pour nous resituer dans un autre type de vulnérabilité : celui du partage des questions essentielles. Soutenus par le rythme rassurant de la communauté en prière, nous retrouvons l’audace de créer de nouveaux chemins de pensée. Sur cette « ancienne-nouvelle » terre, cette altneuland qu’est l’univers de la sagesse juive, nous nous tournons vers l’infini des possibles de l’humain, qui fait face à l’infinité des facettes du divin, représenté par un Dieu qui se donne pour nom : « Je serai ce que je serai ».

Qui peut savoir ce que nous deviendrons, chacun et chacune, ou ce que sera le peuple juif, dans l’avenir proche et lointain ? Mais nous avons au moins la certitude que cette identité en devenir perpétuel est sculptée par le meilleur de nous-mêmes à travers les siècles, grâce aux retrouvailles intenses et nourrissantes que nous ménage notre calendrier.