Soukot – SimHat Torah – cours demain 11h et fêtes

Bonjour à toutes et à tous!

Nous poursuivons le marathon des fêtes, avec soukot, simHat Torah, et toutes les réflexions et les joies de ces grands moments. Demandez le programme!

Demain soir, Soukot:

  • 17h45 – rencontre interreligieuse avec des chrétiens du quartier, explications sur l’aspect universel de la fête.
  • 18h45 – office de fête, très court, avec kidouch sous la souka

Lundi matin, Soukot:

  • 10h – office, hallel, cérémonie du Loulav, belle lecture du Prophète Zacharie en haftara, début de la lecture de l’Ecclésiaste, venez nombreux et prévenez-moi de votre présence si possible avec le doodle (cliquez ici)

Chabbat Hol hamoed à ne pas manquer, puis mêmes horaires la semaine prochaine pour SimHat Torah, avec un office plus long et plein de danses le dimanche soir, et la lecture de la fin et du début de la Torah le lundi matin.

Pour le cours de demain 11h à Ganénou: « Soukot, SimHat Torah, construire sa maison », nous parlerons entre autre des invité.e.s de Soukot, et l’une des feuilles de sources est disponible sur le lien suivant: meguila 14a les 7 prophetesses partiel

Retrouvez les chants de SimHat Torah sur la playlist suivante ainsi que le hallel ici et les hakafot ici.

Chavoua Tov… et Hag SaméaH!

 

puzzle soukot simhat torah

Maîtres du temps? seliHot et cours à 10h

Vous avez juste le temps de boire un petit café et de nous rejoindre!

Nous chanterons quelques seliHot en expliquant leur sens, avant de faire un court office du matin, puis de passer une heure et demie d’étude et de partage autour du calendrier juif et de ce qu’il  nous apprend de notre structuration du temps.

Bon, nous sommes d’accord, la translittération, comme ça, c’est un peu « brut ». Mais on va tout expliquer dans quelques minutes, à 10h, à Nation, alors n’hésitez pas à nous rejoindre! Par ailleurs, il existe des programmes d’étude de l’hébreu pour rentrer directement dans l’alphabet hébraïque. A partir du moment où vous pensez passer plus de dix heures à un office dans votre vie, cela vaut la peine d’utiliser ces méthodes plutôt que de se fatiguer à « apprendre la translittération ». Je dis « apprendre » car c’est vraiment un apprentissage, alors autant prendre 10 minutes par jour pendant deux semaines et entrer dans les bases de la lecture directe. Contactez-moi en répondant à cet article si cela vous intéresse (je ne publierai pas les adresses email, numéros de téléphones et noms).

Chavoua Tov! שבוע טוב

selihot et office translittération

cours ganénou roch hachana kipour

Selihot à Ganénou

  1. Adonaï hou haélohim
  2. Adonaï MéleH adonaï MalaH adonaï YmloH léolam vaèd
  3. VésalaHta laavoni ki rav hou
  4. 13 Attributs Ex. 34 :6 (et Nb 14 :18) Adonaï Adonaï el raHoum véHanoun EreH apaim vérav Héssed véémet, notser Héssed laalafim, nossé avon vafécha véHata vénaké.
  5. Vidouï

Elohénou vélohé avoténou ana tavo léfanéHa téfilaténou veal titalam mitHinaténou chein anaHnou azé fanim oukéché orèf lomar léfanéha adonaï élohénou vélohé avoténou tsadikim anaHnou vélo Hatanou aval anaHnou Hatanou
Achamnou bagadnou gazalnou dibarnou dofi héévinou vehirchanou zadnou Hamasnou tafalnou chéker yaatsnou ra kizavnou lasnou maradnou niatsnou sararnou avinou pachanou tsararnou kichinou oref rachaanou chiHatnou tiavnou tainou titanou
Véal koulam éloha seliHot slaH lanou meHal lanou Kaper lanou

  1. Avinou malkénou

Avinou malkénou Hanénou véanénou ki ein banou maassim, assé imanou tsédaka vaHessed véhochiénou.

  1. Adon hasseliHot – Chatanu lefaneicha rachem aleinu.

Adon haselichot, bochen levavot, goleh amukot, dover tzedakot

Hadur benifla’ot, vatik benechamot, zocher b’rit amo, choker kelayot

Male zakiyut, nora tehinot, tzone’ach avonot, oneh be’etzavot

  1. Chomer Israël

((Chomer *2)  Israël  Chmor chéérit israël *2)
(veal yovad *2) Israël haomrim béHol yom chéma Israël
-((Chomer *2)  Goy éHad Chmor chéérit Goy éHad *2) (veal yovad *2) Goy éHad haomrim béHol yom adonaï élohénou adonaï éHad
-((Chomer *2)  Goy Kadoch Chmor chéérit Goy Kadoch *2)
(veal yovad *2) Goy Kadoch haomrim béHol yom kadoch kadoch kadoch
-((Chomer *2) Goy Rabba  Chmor chéérit Goy Rabba *2)
(veal yovad *2) Goy Rabba haomrim béHol yom amen yéhé chémé rabba

  1. Kadich titkabal

Ytgadal véytkadach chémé raba AMEN
Béalma di vera Hirouté véyamliH malHouté AMEN
béHayéHon ouvéyoméHon ouvHayé déHol beit Israel baagala ouvizman kariv véimérou amen AMEN
yéé chemé rabba mévaraH léalam ouléalmé almaya
ytbaraH véYchtabaH véYtpaar véYtromam véitnassé véitadar véitalé véhithallal chemé dékoudécha beriH hou
lééla oulééla mikol birHata véchirata touchbéHata vénéHémata daamiran béalma véimrou amen AMEN
Titkabak Tslotéhon ouvaoutéhou déHol beit Israel kadam avouon di vichmaya véimérou amen AMEN
yé chéléma rabba min chéémaya véHaim alénou veal kol Israel véimrou amen AMEN
ossé chalom bimromav hou yaassé chalom alénou veal kol Israel véimrou amen AMEN

 

Office du matin

  1. BIRKOT hACHAHAR Ma tovou ohaléHa yaakov michkénotéHa israel (Nb 24 :5 bilam)
  2. Adon olam acher malaH bétérem kol yétsir nivra léet naassa béHeftso kol azaï méleH chémo nikra véaHaré kiHlot hakol lévado imloH nora véhou aya véhou ové véhou yiyé bétifara véhou éHad véein chéni léhamchil lo léaHbira béli réchit béli taHlit vélo haoz véhamissra véhou éli véHaï goali vétsour Hévlit béet tsara véhou nissi oumanos li ménat kossi béyom ékra béyado afkid rouHi béet ichan véaira véim rouHi géviati adonaï li vélo ira.
  3. PSOUKE DEZIMRA Halélouya halélouyé bétsiltsélé chama haléloouya halélouya bétsiltsélé téroua kol hanechama téhalel ya hallélouya   (ps 150)
  4. CHEMA ET BENEDICTIONS    barouH adonaï hamévoraH léolam vaèd
  5. kadoch kadoch kadoch adonaï tsévaot mélo kol haaret kévodo / barouH kévod adonai mimékomo (Ezechiel 3 :11)
  6. Chéma Israël adonaï élohénou adonaï éHad
  7. Mi HamoHa baélim adonaï mi kammoHa néédar bakodech nora téhilot ossé félé / adonaï imloH léolam vaèd (Exode 15 :11)
  8. AMIDA   Lédor vador naguid godléHa oulenétsaH nétsaHim kédouchatéHa nakdich
  9. Sim chalom tova ouvraHa Haim Hen vaHessed Hen vaHessed véraHamim ki béor panéHa natata lanou adonaï elohénou torat Haim véahavat Hessed outsdaka ouvraHa véraHamim véHaim véchalom
  10. Ossé chalom bimromav hou yaassé chalom alénou véal kol israel véimérou amen
  11. FIN    Ein k élohénou Ein k adonénou Ein k émalkénou Ein k émochiénou / mi / nodé / barouH / ata hou

autres ressources: texte de seliHot (PDF)

Ouvrez-vous, portes du monde! Séou chéarim à Kipour

Nous aimons joindre le geste à la parole. Lorsque nous ouvrons les portes du Aron hakodech, ארון הקודש, de l’Arche de la Torah, nous joignons à ce geste une parole tonitruante: « Ouvrez-vous, portes du monde! ».

Pendant les seliHot, à Roch hachana, à Yom Kipour, nous concentrons toute notre volonté sur le désir de changement, en nous-mêmes, et pour un monde meilleur. Et nos efforts et nos souhaits se libèrent à quelques moments phares, lorsque nous espérons la réussite de notre travail. Nous souhaitons que  » s’ouvrent les portes ». Le dernier moment concerné est celui de Néila, juste avant que Kipour ne se termine, juste avant que « les portes ne se referment ». Mais tout au long du mois de Eloul et de Tishri, nous chantons avec enthousiasme notre espoir dans le chant « séou chéarim », au moment de la sortie de la Torah, les deux matins de Roch hachana et le matin de Kipour.

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Ecouter sur you tube sur ce lien

Ouvrez-vous, Portes du monde ! Pour que le Roi de Gloire puisse entrer !

On pourrait avancer la théorie que nous sommes tous plus ou moins mégalomanes. Comme le dit l’homme éméché : « Je suis maître de moi comme de l’univers ! ». Nous ne sommes pas maîtres de l’univers, et nous devons même lutter pour être maîtres de nous-mêmes. « Qui est le fort ? -interrogent les chapitres des pères- Celui qui se conquiert lui-même ! ». C’est ce que nous tentons de faire à Kipour : Contenir nos instincts. Le jeûne est l’une des façons de pratiquer cette maitrise et d’affirmer qu’autre chose que notre propre confort peut animer nos actes. Et puisque nous ne sommes pas les maîtres du monde, nous pouvons néanmoins essayer de contribuer à la rendre meilleur. Ainsi, nous clamons : « Qu’entre le Roi de Gloire ! » Pour certains, c’est peut-être Dieu lui-même qui prend sa place parmi nous alors que nous sortons la Torah. Pour d’autres, c’est une invocation à faire entrer en nous-même les plus hautes valeurs, celles qui font notre gloire lorsque nous réussissons à les atteindre. Ouvrez-vous, portes du monde !

Sé’ou Shéarim Rasheikhem

Véhinas’ou Pit-hey Olam

Veyavo Melekh Hakavod

Veyavo Melekh Hakavod

Mi Zé Melekh Hakavod

Mi Zé Melekh Hakavod

Mi Zé Melekh Hakavod

Mi Zé Melekh Hakavod

Mi Zé Melekh Hakavod

Adonay Izouz Veguibor Adonay Guibor

Guibor Milhama

 

Sé’ou Shéarim Rasheikhem

Ousé’ou Pit-hey Olam

Veyavo Melekh Hakavod

Veyavo Melekh Hakavod

Mi Zé Melekh Hakavod

Mi Zé Melekh Hakavod

Mi Zé Melekh Hakavod

Mi Zé Melekh Hakavod

Mi Zé Melekh Hakavod

Mi Hou Zé Melekh Hakavod

AdoNay Tsévaot Hou Mélekh

Hakavod

Hakavod Selah

Hou Mélekh Hakavod

Hou Mélekh Hakavod

Hou Mélekh Hakavod Selah

Hakavod Selah

שְׂאוּ שְׁעָרִים רָאשֵׁיכֶם

וְהִנָּשְׂאוּ, פִּתְחֵי עוֹלָם

וְיָבוֹא מֶלֶךְ הַכָּבוֹד

וְיָבוֹא מֶלֶךְ הַכָּבוֹד

מִי זֶה מֶלֶךְ הַכָּבוֹד

מִי זֶה מֶלֶךְ הַכָּבוֹד

מִי זֶה מֶלֶךְ הַכָּבוֹד

מִי זֶה מֶלֶךְ הַכָּבוֹד

מִי זֶה מֶלֶךְ הַכָּבוֹד

אֲדֹנַי עִזּוּז וְגִבּוֹר אֲדֹנַי

גִּבּוֹר מִלְחָמָה

 

שְׂאוּ שְׁעָרִים רָאשֵׁיכֶם

וּשְׂאוּ, פִּתְחֵי עוֹלָם

וְיָבֹא מֶלֶךְ הַכָּבוֹד

וְיָבֹא מֶלֶךְ הַכָּבוֹד

מִי הוּא זֶה מֶלֶךְ הַכָּבוֹד

מִי הוּא זֶה מֶלֶךְ הַכָּבוֹד

מִי הוּא זֶה מֶלֶךְ הַכָּבוֹד

מִי הוּא זֶה מֶלֶךְ הַכָּבוֹד

מִי הוּא זֶה מֶלֶךְ הַכָּבוֹד

אֲדֹנַי צְבָאוֹת הוּא מֶלֶךְ

הַכָּבוֹד  סֶלָה

הוּא מֶלֶךְ הַכָּבוֹד

הוּא מֶלֶךְ הַכָּבוֹד

הוּא מֶלֶךְ הַכָּבוֹד סֶלָה

הַכָּבוֹד סֶלָה

 

 

Autres liens:

Seu Shearim http://www.zemereshet.co.il/song.asp?id=3704 Séou Shéarim + phonétique

Amida Tishri Amida complète 4p 

Adon Olam http://www.piyut.org.il/tradition/132.html?currPerformance=148 Adon’ Olam, partition originale

El Nora Alila El Nora Alila

Kadich Hassidique 

Fichiers son: cliquez ici Adon Olam: Alto, ténor, basse, soprane et baryton en cliquant sur ce lien

Ainsi que: Amida: Ledor vador, oz béyadéHa, ata véHartanou et sim chalom

 

Sommes-nous tous des passagers clandestins? (Hava Alberstein)

Qu’elle se décline au passé ou au présent, la question des réfugiés est lourde et douloureuse dans nos cœurs, elle nous questionne en tant qu’humanité sur notre capacité de solidarité et en tant que juifs sur notre capacité à  » Connaitre le cœur de l’étranger car nous avons été étrangers en pays d’Egypte ».
Les fêtes de Tichri sont celles de la solidarité, nous considérons que nous sommes jugés individuellement mais aussi collectivement, les ressources d’humanité de l’Humanité seront-elles suffisantes pour que nous puissions garder un espoir de grandir, pour que nous ayons une chance de repousser le cercle vicieux de la misère et de l’égoïsme et enclencher au contraire des cycles collaboratifs dans lesquels les intérêts des uns et des autres se rejoignent dans l’intérêt collectif?
La très belle chanson de Hava Halberstein nous accompagne dans ces questions, et nous connecte à notre besoin de sécurité et de solidarité qui fait notre condition humaine.
Il fait écho à la fois à la prière « ountané tokef » que nous disons les matins de Roch Hachana et de Kipour, aux séliHot que nous disons le matin et qui nous font prendre conscience de notre fragilité, et bien évidemment à l’histoire de Jonas, réfugié dans le ventre du poisson, qui est la haftara de l’après-midi de Kipour.

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Voyageur clandestin – Hava Halberstein/Yéhoudit Ravitz …    écoutez cette belle chanson sur you tube
נוסע סמוי
לחן: יהודית רביץ
מילים: חוה אלברשטיין

Profond dans le ventre du bateau
Dans la chaleur pesante, l’obscurité
Un homme très abattu a trouvé refuge
Rescapé d’un grand danger
En voyage vers l’inconnu
Y a-t-il un port qui l’accueillerait ?
Passant des nuits sans sommeil
Sans sourire, sans un mot
Que sera sa destinée ?Être un visage sans nom
Vivre toujours dans l’ombre
Qu’il est dur de fuir dans ce monde
S’il est découvert il sera jeté à la mer
Qu’il est dur de fuir dans ce monde

Et si toi aussi tu étais
Capitaine d’un grand navire
T’approcherais-tu de l’Etranger
Lui donnerais-tu nourriture et boisson
Un lit, quelque chose qui le couvre
Toutes ces choses interdites, mais possibles

L’être humain n’est-il pas une bête traquée
L’être humain n’est-il pas une feuille balayée par le vent
Que sera sa destinée ?

עמוק בבטן הספינה
בחום כבד בחשכה
אדם נואש מאוד מצא מחבוא
נמלט מסכנה גדולה
נוסע אל הלא נודע
היש נמל גם בשבילו
עושה לילות ללא שינה
ללא חיוך ללא מילה
מה יעלה בגורלו

להיות פרצוף בלי שם
לחיות תמיד בצל
קשה לברוח בעולם
אם יתגלה יושלך לים

קשה לברוח בעולם
ולו היית גם אתה
קברניט של אוניה גדולה
האם היית מתקרב לזר
נותן לו אוכל ומשקה
נותן מיטה ומחסה

את כל מה שאסור אבל אפשר

הלא האיש אדם נירדף
הלא האיש עלה נידף
מה יעלה בגורלו

Toute fin est un commencement (Léa Naor)

Est-ce un poème? Est-ce un chant pour enfant? Ce texte de Léa Naor nous parle des changements.
Un joli poème à lire pour soi-même ou en famille, en préparation des changements des vacances, du renouveau de l’année scolaire, et du renouveau de l’année juive.
Ce texte est également lu chez nous entre Yzkor et Néila, à la fin de l’office de Kipour, si vous souhaitez le lire avec nous à la synagogue, vous aurez l’occasion de l’entendre dans le renouveau solennel des fêtes de Tichri…

Une fin, c’est toujours un commencement
Pour un mieux ? pour un pire ?
Je n’en sais plus rien
Quelque chose de différent

Quand le chemin se termine, un sentier commence
Quand la nuit se finit c’est le jour qui s’avance
Quand se termine une heure, arrive une nouvelle heure
Quand s’arrête le savoir, alors survient l’erreur

La fin est toujours le début d’autre chose

Il y a un lendemain à chaque jour qui passe
A chaque vieux rêve succède un rêve nouveau
Quand une année prend fin, une autre la remplace
Les réponses commencent à la fin des questions

Car la fin est toujours le début d’autre chose

Quand le film se termine, on reprend notre vie
Quand c’est la fin des mots, alors les chants s’élèvent
Quand une musique s’arrête, une nouvelle s’épanouit
Quand les chants cesseront, parler prend la relève

Une fin, c’est toujours un commencement
Pour un mieux ? pour un pire ?
Je n’en sais plus rien
Quelque chose de différent (Traduction Floriane Chinsky)

סוף זה תמיד התחלה
הופה היי
מילים: לאה נאור
לחן: יורם צדוק

סוף זה תמיד התחלה של משהו אחר.
– טוב יותר?
– רע יותר?
– לא יודעת מה יותר.
משהו אחר.
כשהדרך נגמרת מתחיל איזה שביל,
כשהלילה נגמר אז הבוקר מתחיל,
כשנגמרת שעה, עוד שעה מגיעה,
רק בסוף הידיעה מתחילה השגיאה.
סוף זה תמיד התחלה של משהו אחר.
יש תמיד יום מחר לכל יום שעובר,
כל חלום משומש מחליפים באחר.
כשנגמרת שנה, עוד שנה מתחילה,
כל תשובה מתחילה רק בסוף שאלה.
כי סוף זה תמיד התחלה של משהו אחר.
כשהסרט נגמר החיים מתחילים,
הצלילים מתחילים כשאין כבר מלים.
כשנגמור את הצלילי אז נתחיל צליל אחר.
כשנגמור את השיר אז נתחיל לדבר.
סוף זה תמיד התחלה של משהו אחר.
– טוב יותר? רע יותר?
– לא יודעת מה יותר.
משהו אחר.

http://www.youtube.com/watch?v=ACa74tJVWm0

Nous ne ferons pas « Téchouva » ! Dracha de Yom Kipour

Là où ceux qui ont fait téchouva se tiennent, même les justes parfaits ne sauraient se tenir (braHot 34b).

« Les justes parfaits » ? Mais de quoi s’agit-il ? Pour m’aider à comprendre, je propose une petite expérience, j’aimerais que les justes parfaits de l’auditoire se lèvent : oh, il n’y en a pas ! Alors à quoi sert cette phrase ?

Nous voyons que la perfection n’existe pas. Et que même si elle existait, ce n’est pas elle qui aurait les honneurs. C’est au contraire le désir de nous améliorer qui est mis en valeur. L’essentiel, comme le dit Rabbi NaHman de bratslav, c’est la question, la chééla, et non pas la réponse, la téchouva.

« Qui sommes-nous ? d’où venons-nous ? ou allons-nous ? qu’attendons-nous ? Qu’est-ce qui nous attend? »

Voici les questions que le philosophe Ernst Bloch pose à l’ouverture même de son livre, « le principe espérance » en 1954.

La chanteuse-compositrice Barbara, qui nous a quittée cette année en dit autant dans l’une de ses chansons, choisie pour l’hommage national aux victimes de l’attentat du Bataclan : « pour qui, comment quand et pourquoi, contre qui comment contre quoi, c’en est assez de vos violences ! ».

Le vidouï de la prière de Néila, que nous dirons demain soir pose les mêmes questions :

Que sommes-nous, qu’est-ce que notre vie, qu’est-ce que notre bonté, notre force ?

Nous parlions à Roch Hachana de l’équilibre entre l’individu et le groupe, nous avons parlé de la tsédaka qui implique la société, nous nous tournons aujourd’hui vers l’individu.

Qui suis-je ? Quel est le sens de ma vie ?

Yom Kipour nous met face à cette douloureuse question. Il peut-être tentant de la fuir.

Ernst Bloch poursuit :

Qui sommes-nous ? d’où venons-nous ? ou allons-nous ? Qu’attendons-nous ? Qu’est-ce qui nous attend ?

« Beaucoup en restent perplexes. Le sol vacille, ils ne savent ni pourquoi ni comment. Leur état est angoisse ; s’il se précise il devient crainte… »

Comment faire face à cette crainte ? Les antidépresseurs, les drogues, les addictions, y compris aux écrans, à l’ordinateur ou au travail prennent leur essor. De la même façon, les sectes et les extrémismes se tiennent en embuscade comme le meurtre et la jalousie étaient tapis à la porte de Caïn.

Le judaïsme de superstition  risque alors de s’emparer du judaïsme de courage.

Nous serions tentés de « faire téchouva », d’adopter des réponses toutes prêtes, au lieu de faire vraiment téchouva, de faire retour, de réfléchir, pour accéder à de nouvelles compréhensions.

Nous risquons nous tourner vers une pratique obsessionnelle au lieu nous ouvrir à des pratiques et à des sens renouvelés, en toute conscience.

« Il a fait téchouva » signifie souvent de nos jours « la table de ses parents n’est plus assez cacher, il ne fait plus la bise à sa sœur ».

Faire téchouva n’est pas se rattacher frénétiquement à un cadre solide, extérieur, dicté.

Le cadre de la sagesse juive ne doit pas nous enfermer mais nous porter.

Et dans ce chemin-là également, Ernst Bloch nous accompagne :

« Mais maintenant, sans plus tenir compte des artisans de la peur, c’est un sentiment plus digne de nous qu’il est temps d’apprendre. Il s’agit d’apprendre à espérer. »

Espérer, c’est prendre un risque, et c’est se mettre en danger, nos espoirs peuvent se réaliser, mais ils peuvent échouer, et comment affronterons-nous la déception ?

Deux histoires illustrent deux façons d’affronter le danger.

Une histoire zen, et une histoire juive.

C’est l’histoire d’un moine boudhiste qui se promène sereinement, immergé dans ses méditations, lorsqu’il entend un rugissement, il se retourne, c’est un tigre, il court vers lui ! il le poursuit ! le moine se met à courir pour échapper au tigre, qui pourtant gagner du terrain, se rapproche, l’attrape presque mais là… Le moine sent la terre se dérober sous ses pieds, il tombe au fond d’un gouffre, essaie de se raccrocher, saisit une branche qui dépasse, c’est une vigne, elle est en train de se déraciner, elle va bientôt lâcher sous le poids du moine, il regarde, il y a du raisin, le raisin est mûr, il tend la main, admire le raisin, le porte à sa bouche, et s’écrie : « quel délicieux grain de raisin ! »

Dans l’histoire juive, c’est juste un juif lambda qui tombe dans le puits, il se raccroche à la branche et crie « à l’aide ! à l’aide » et, miracle, une voix lui répond ! « C’est moi, l’Eternel ton dieu, j’ai entendu ta voix mon fils, je suis là. Lâche la branche, je vais te rattraper ! » Alors le juif regarde vers le haut du puits et s’écrie : « y a pas quelqu’un d’autre ? »

Ces deux histoires sont des histoires juives. La première parce qu’elle met en avant la gratitude. Nous devons profiter de ce monde et de ses bénédictions. La deuxième parce qu’elle est décalée, humoristique, qu’elle cherche la survie à tout prix, et qu’elle ne croit pas aux miracles abstraits mais à l’action concrète.

Face aux questions existentielles, le puits du vide pourrait nous engloutir. Si nous sommes jetés sans préparation dans l’arène des interrogations et des craintes, nous courrons le risque qu’elles nous dévorent.

Mais jeté dans la fournaise de Nemrod, Abraham ne s’est pas consumé, balancé dans la fosse aux lions, Daniel n’a pas été dévoré, et nous de même, nous ne serons pas consumés ni dévorés par ces questions, nous leur ferons face, et nous en sortirons vainqueurs à la fin de cette journée.  Cet espace nous soutiendra, la présence bienveillante de la communauté nous portera, nos chants nous embrasseront.

Tel est le sens de toutes ces prières, de toutes ces cérémonies qui nous accompagnent dans le voyage de 25 heures que l’on nomme Yom Kipour.

Le texte des prières évoque les qualités de dieu. Pas pour le flatter ou pour nous rabaisser, mais pour appeler en nous-mêmes ces qualités ! Pour nous en saisir et nous appuyer sur elles pour remonter du puits, comme le dit rabbi yéhouda halévi.

Le texte des prières évoque nos fautes. Pas pour nous humilier, mais pour affirmer l’humanité de nos sentiments, et pour permettre l’expression émotionnelle nécessaire au changement, comme le dit le rav Soloveitchik.

La téchouva n’est pas une invitation à rentrer dans le rang, mais un encouragement à oser être nous-mêmes, briser les entraves et les limitations, comme le dit le rav Kook.

Le vidoui, l’aveu des fautes ne prouve pas que nous sommes coupables, mais que nous sommes courageux et déterminés à nous rendre meilleurs comme le dit Rech Lakich : la téchouva nous permet de transformer nos erreurs en mérites.

Ce courage nous délivre de la chape des apparences qui nous oblige à toujours faire semblant, à toujours nous justifier, à ne jamais être aimés pour ce que nous sommes réellement. Ce courage contribue à délivrer le monde du dictat de la perfection, cette illusion qui nous rend passifs et fait de nous des robots.

Cette année, nous avons été courageux. Nous sommes montés sur la téva pour célébrer notre Bar ou Bat Mitsva, et pris des risques. Nous sommes montés sur la téva pour dire le Kadish à la mémoire de nos proches disparus. Nous nous sommes engagés dans des démarches de conversion et de régularisation d’identité et pris le risque d’être rejetés. Nous avons décidé de nous marier, ou de mettre un enfant au monde. Nous avons changé de carrière, ou mobilisé le courage de rester dans notre métier. Nous avons pris toutes sortes de risques qui nous ont obligés à murir, à évoluer, à faire téchouva, à répondre à l’appel de la vie. Prenons un petit instant pour y penser, puis un petit instant pour partager l’un de ces défis dont nous sommes fier.e.s avec notre voisin ou notre voisine.

Selon Rabbi Abahou, Dieu a créé la téchouva avant d’avoir créé le monde, il a créé le principe espérance, le potentiel de la liberté et c’est cela qui donne un sens à nos existences.

Cette liberté n’a pas de limites, et lorsque nous aurons fait téchouva, nous aurons gagné l’occasion… de faire téchouva à nouveau. Lorsque nous aurons de nouveaux outils de liberté, nous comprendrons quels autres outils nous pourrons mettre en œuvre, et nous irons, à nouveau, les chercher, ajoutant indéfiniment des qualités et des courages futurs à nos qualités et à nos courages présents, la téchouva est un processus permanent, comme le dit rabbi naHman de Bratslav, et nous pouvons être fiers de partir cette année encore à la recherche du meilleur de nous-mêmes.

 

La relation entre nous et le transcendant devrait être une relation d’amour et de passion. L’amour a besoin de surprise. Faisons téchouva.

La téchouva n’est pas la réponse, mais la question.

La téchouva n’est pas la soumission, mais la responsabilité.

La téchouva n’est pas le retour au rituel, mais l’accès, à travers le rituel, à des dimensions imprévues.

Faire téchouva, c’est surprendre Dieu et plus important encore peut-être, c’est me surprendre moi-même.

Alors que tous ceux et toutes celles qui ont fait téchouva cette année, qui ont fait face aux défis de leur vie, de leur mieux, se lèvent en cet instant.

Et répétons-le : là où ceux qui ont fait téchouva se tiennent, même les justes parfaits ne sauraient se tenir.

Nous avons fait de nombreuses téchouvot. Soyons-en fiers aujourd’hui. Et puissions-nous avoir la chance de nous tenir ici, l’année prochaine, grandis encore davantage par les défis que nous aurons relevés cette année.

Gmar Hatima tova à chacun et à chacune.

La Tsédaka, Changer le monde: Dracha de Roch Hachana

Chères amies, chers amis,

Que ce début d’année soit pour vous intense, et nous emmène vers un Yom Kipour plein de sens.

Voici la version écrite de la dracha que j’ai prononcée mercredi soir au MJLF-surmelin. Elle a été enregistrée au préalable au MJLF-Beaugrenelle, ce qui nous permet d’en avoir également une version vidéo.

Bien sûr, les versions vidéo, live et papier sont parfois différentes, en fonction du média et du moment.

Au plaisir de vous retrouver très bientôt pour Yom Kipour.

Êtes-vous certains que cette année encore le monde « penchera du bon côté », que les plateaux de la balance de la justice s’équilibreront ? Et qu’y faire ? Et votre voisin, juste à côté de vous sur ce siège, dans la synagogue parée en l’honneur des fêtes, sa vie penchera-t-elle du bon côté ? Et nous-mêmes, saurons-nous faire face aux évènements que la vie portera jusqu’à nous au cours de l’année qui vient ?

De quelle façon le monde devrait-il changer pour qu’il penche du bon côté ? Et qui pourra opérer ce changement ? Moi, en tant qu’individu, ou nous, en tant que société ?

Changer le monde c’est articuler la société et l’individu

Lorsque j’étais enfant, au talmud torah de l’ULIF, ma professeure , Laurence Benzaken, nous parlait du Maguen David comme du symbole de l’articulation entre la société et l’individu.

Le Magen David est composé de deux triangles, dont la pointe est tournée, pour le premier, vers le haut, pour le second, vers le bas. La pointe du triangle peut symboliser l’individu. Sa base peut symboliser le collectif. Le premier triangle nous enseigne donc que parfois, l’individu doit être positionné au-dessus du collectif, le second nous enseigne qu’au contraire, parfois, c’est le collectif qui doit prendre le pas sur l’individu. A l’époque où j’étais enfant, cela se traduisait dans notre société comme deux modèles politiques : celui du système communiste, dans lequel le collectif est prédominant, et celui du capitalisme, dans lequel c’est l’individu qui a le dessus.

Aujourd’hui, cette distinction semble dépassée, mais ce questionnement reste pertinent. Les solutions aux grandes questions que nous nous posons reposent-elles davantage sur l’individu ou sur la société ? Si nous souffrons, devons-nous nous tourner vers la thérapie et le développement personnel, nous occuper surtout de nous, pour mieux vivre la situation ? Ou devons-nous au contraire parler ensemble de nos problèmes et trouver des remèdes au niveau collectif ? Devons-nous nous tourner vers la méditation ou vers la révolution ? Devons-nous trouver un coach personnel ou fréquenter nos associations de quartier ?

La réponse rabbinique ne vous surprendra pas et je dirai bien sûr que ceux qui penchent pour la médiation ont raison. Et que ceux qui penchent pour la révolution n’ont pas tort. Et que ceux qui pensent à associer les deux sont sur la bonne voie. Car l’année à venir, nous dit la tradition, repose sur le travail intérieur, la téchouva (s’examiner soi-même), et la téfila (la médiation et la prière), mais également sur le travail collectif, le tikoun olam, la « réparation du monde » et la tsédaka, l’établissement d’une société juste.

La michna rosh hachana autant que la prière ountané tokef nous le rappellent tout au long de ces journées de mobilisation.

Les trois piliers du changement sont donc la téfila (prière, médiation, cri), la téchouva (introspection, travail sur soi) et la tsédaka (mobilisation pour la justice sociale).

On peut dire à ce sujet que Rosh Hashana étant l’anniversaire de la création du monde, c’est le moment de la mobilisation collective, centrée avant tout sur la tsédaka.

Lorsqu’on parle de changer le monde, on parle de faire entrer dans ce monde qui est le nôtre un monde idéal, qui n’existe pas encore, et c’est la définition même d’une utopie.

Comment faire exister ces mondes meilleurs dans nos esprits, pour pouvoir les amener, autant que possible, dans nos réalités ?

Le très beau texte de Michel Foucault peut nous être une inspiration, et inscrire le rêve juif dans la grande famille des rêves humains, qu’il définissait en ces termes, en  1966, sur France Culture :

« Il y a donc des pays sans lieu et des histoires sans chronologie; des cités, des planètes, des continents, des univers, dont il serait bien impossible de relever la trace sur aucune carte ni dans aucun ciel, tout simplement parce que ils n’appartiennent à aucun espace. Sans doute ces cités, ces continents, ces planètes sont-ils nés, comme on dit, dans la tête des hommes, ou à vrai dire, dans l’interstice de leurs mots, dans l’épaisseur de leurs récits, ou encore dans le lieu sans lieu de leurs rêves, dans le vide de leurs cœurs; bref, c’est la douceur des utopies. Pourtant je crois qu’il y a – et ceci dans toute société – des utopies qui ont un lieu précis et réel, un lieu qu’on peut situer sur une carte; des utopies qui ont un temps déterminé, un temps qu’on peut fixer et mesurer selon le calendrier de tous les jours. Il est bien probable que chaque groupe humain, quel qu’il soit, découpe, dans l’espace qu’il occupe, où il vit réellement, où il travaille, des lieux utopiques, et dans le temps où il s’affaire, des moments uchroniques. »

 

Les fêtes de Tishri sont sans aucun doute des temps hors du temps, où se créent tous les temps qui n’existent pas encore et que nous voulons inviter dans nos vies.

Nos synagogues sont des lieux hors des lieux, qui nous permettent de commencer à construire la réalité dans laquelle nous souhaitons vivre.

C’est dans cet esprit qu’Abraham Yoshua Heshel a écrit l’une de ses œuvres majeures : « Les bâtisseurs du temps ».

Et nous ne faisons pas autre chose en partageant nos semaines entre le travail des six jours et le repos du chabat.

Car il existe un temps pour tout, comme le dit l’Ecclésiaste, un temps pour faire vivre les rêves dans nos esprits, et un temps pour les faire vivre non plus dans nos esprits, mais dans la réalité de nos vies.

Et tel est le sens de l’obligation mentionnée dans la torah : « six jours, tu travailleras ». Ce travail n’est pas un travail de servitude, une avdout, mais un travail de construction du monde, une avoda. Ce n’est pas le travail d’un animale laborans, d’une personne interchangeable qui effectue un travail machinal qui disparaitra bientôt. C’est au contraire le travail d’un homo faber, une édification créative humaine qui dépasse la réalité de la nature et qui se transmettra aux générations future. Tel est le travail que nous devons faire pendant 6 jours, avant de faire le point chaque chabat, tel est la nature de ce que nous réalisons pendant l’année, et dont nous rendons compte à Rosh hashana.

Par notre action de cette année, avons-nous réussi à faire entrer nos rêves dans le possible, avons-nous tendu la main à des personnes qui sans nous auraient peut-être chancelé, avons-nous saisi la main de ceux qui pouvaient nous aider pour nous permettre d’avancer ?

 

Nous nous interrogeons aujourd’hui sur ce qu’est le travail, sa nature, son utilité sociale, la façon dont nous devrions le répartir, et la façon dont nous souhaiterions répartir les richesses de la société française autant que les richesses du monde, de la façon de les utiliser à bon escient.

L’idée de tsédaka nous invite à envisager la richesse comme un moyen de permettre la liberté.

La générosité est évoquée dans la torah lorsqu’on parle de la remise des dettes, de la chemita. Le deutéronome nous invite à faire avec lui le pari de la réussite. En ouvrant notre main à ceux qui ont tout perdu, nous leur donnons la chance de se relever, de se remettre à pied d’œuvre, de reprendre une action active dans la construction du monde. Et nous sommes certains qu’à l’arrivée de la septième année, ils auront réussi à rembourser leur dette. Et si tel n’était pas le cas, leur dette serait effacée, pour qu’ils puissent repartir avec une ardoise neutre, ouvrir une nouvelle page. N’existe-t-il pas un risque d’abus ? Le seul abus que la Torah envisage est celui du prêteur, qui pourrait refuser sa confiance. Des études récentes citées par Rutger Bregman dans son livre : « Les utopies pour ceux qui veulent les réaliser », prouvent qu’effectivement, à Londres, des SDF ayant reçu 3000 livres sterling se sont achetés des dictionnaires et ont réussi à mettre un toit au-dessus de leur tête.

La question est tellement sérieuse que pour nos commentateurs, la cause de la destruction de Sodome et Gomorrhe est justement l’absence de tsédaka, le refus de donner une nouvelle chance à ceux qui, malmenés par les circonstances de la vie, ont tout perdu.

Et nous en arrivons à la célèbre expression que cite le talmud chabbat : la tsédaka sauve de la mort.

C’est sans doute le cas dans l’exemple de Sodome et Gomorrhe.

C’est également ce que nous dit la prière ountané tokef, que nous chanterons demain.

La tsadaka sauve de la mort : il ne s’agit pas là d’une affirmation médicale. La tsédaka ne nous permet pas de lutter contre les maladies du corps. Mais elle nous permet de lutter contre une maladie qui nous touche trop souvent : le sentiment d’impuissance.

La tsédaka nous permet de nous sentir libres et vivants, de par notre pouvoir d’aider les autres.

Elle nous permet de nous sentir en sécurité, car grâce à elle, nous vivons dans un monde où celui qui trébuche et tombe n’est pas écrasé par la foule, mais relevé par ceux qui l’entourent. Et si cela nous arrivait à nous, des mains se tendraient pour nous secourir, de même que nous avons-nous même tendu la main vers d’autres en pareille circonstance.

 

La tsédaka sauve de la mort parce qu’elle nous éloigne de la fatalité, et nous rapproche de la liberté.

Elle est liée dans le talmud à cette autre phrase fondatrice : il n’y a pas de destinée pour israël. Quoi que dise l’astrologie, la psychologie, la sociologie, nous pouvons nous extraire des statistiques et garder notre liberté.

La misère est une menace pour tout le monde, et ce risque nous entraine dans une course à l’accumulation, alors que le sentiment de sécurité nous permet de travailler raisonnablement à la satisfaction de nos besoins réels.

L’argent nous permet de nous accomplir dans nos vies, et de nous mettre en relation avec les autres et avec notre liberté.

Il ne doit pas constituer un obstacle, comme dans la scène final du « Dibouk ». Le rabbin conduit une personne très aisée mais peu généreuse, devant la fenêtre. « Que vois-tu ? » « Des enfants qui rient, des hommes, des femmes, la vie ». Il la conduit vers un miroir. « Que vois-tu ? » « Je ne vois que mon image. » «  C’est exactement cela, parfois, il suffit d’un peu d’argent sur la vitre par laquelle on voit le monde pour que tout devienne opaque, et qu’on voit plus qu’une seule chose : soi-même. »

Revenons aux basiques. Comme le dit Hillel : si je ne suis pas pour moi, qui le sera ?, nous souhaitons cette année veiller à notre propre bien-être, à celui de nos proches, à celui de notre communauté. Mais Hillel continue : si je ne suis que pour moi, que suis-je ? Tournant en roue libre, enfermé dans mon propre esprit, je reste loin de la vie et du mouvement. Nous devons nous occuper de nous-mêmes, mais aussi des autres, de nos proches, et de ceux qui le sont moins, de notre communauté, et d’autres communautés, dans le monde juif, dans le monde interreligieux et dans le monde associatif. Et Hillel de conclure : et si ce n’est pas maintenant, quand ? L’heure de l’action, c’est maintenant. Maintenant pour faire exister nos rêves dans nos esprits, pendant ces jours de fête, et pour les transposer dans nos réalités, lorsque le vrai « travail » reprendra.

Suivons donc la recommandation de Hillel, en nous souhaitant à nous-même, intérieurement, une année pleine de renouveau, puis en nous souhaitant mutuellement, les uns aux autres, une année de bonheur, avant de nous tourner vers ceux de nos voisins que nous connaissons moins et d’envisager de poursuivre nos actions, en nous mettant parfois sur le dessus du magen david, et parfois au contraire, en nous mettant en retrait, pour faire exister ensemble l’individuel et le collectif.

 

Chana Tova oumétouka