Autour des questions d’antisémitisme…

Mes petites contributions sur la questions cette semaine et la semaine dernière sont disponibles ici:

Ceci dit, en cette veille de chabbat, il est important également de mettre un petit peu de musique dans nos vies… Pour ceux qui veulent faire cela tout en renforçant leur compréhension de l’hébreu, cette vidéo (ou les précédentes de la playlist, qui sont par ordre croissant de difficulté) peut être une bonne idée!

Strophes pour se souvenir (Aragon)

Lorsque nous faisons le bilan du monde, nous pouvons nous appuyer sur la force de ceux qui l’aiment si fort qu’ils sont prêts à tout pour garder leur dignité.
Au cours des « fêtes solennelles », des yamim noraim, ימים נטוראים, nous faisons le bilan de nos vies et recherchons ce qui fait leur valeur. Sommes-nous au meilleur de nous-mêmes, de notre capacité à augmenter la solidarité et la paix dans le monde, très largement, et plus particulièrement autour de nous?
Raconter les actes d’héroïsme de nos grands maîtres nous encourage au militantisme. Loin dans le passé, mais également à une période récente, il y a eu des justes, des héros, juifs ou non, dont la capacité de ne pas renoncer à leur dignité et à leur amour pour le monde nous inspire.
Parmi les textes non juifs qui nous accompagnent dans cette quête, le texte « Strophes pour se souvenir » d’Aragon, est un incroyable chant d’espoir, que nous lisons à plusieurs moments de la liturgie de Kipour.

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Strophes pour se souvenir
Louis Aragon

Vous n´aviez réclamé la gloire, ni les larmes
Ni l´orgue, ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà, que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servis simplement de vos ames
La mort n´éblouit pas les yeux des Partisans

Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit, hirsutes, menaçants
L´affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu´à prononcer, vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants

Nul ne semblait vous voir Français de préférence
Les gens allaient, sans yeux pour vous, le jour durant
Mais à l´heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents

Tout avait la couleur uniforme du givre
A la fin février pour vos derniers moments
Et c´est alors que l´un de vous dit calmement
Bonheur à tous ! Bonheur à ceux qui vont survivre !
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand !

Adieu la peine et le plaisir, Adieu les roses
Adieu la vie, adieu la lumière et le vent
Marie-toi, sois heureuse, et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erivan

Un grand soleil d´hiver éclaire la colline
Que la nature est belle, et que le cœur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants !
Ma Mélinée, ô mon amour, mon orpheline
Et je te dis de vivre et d´avoir un enfant

Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient le cœur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s´abattant

http://fr.wikipedia.org/wiki/Affiche_rouge

http://www.youtube.com/watch?v=fXLKTjcgJVE – témoignage d’un résitant

http://www.youtube.com/watch?v=6HLB_EVtJK4&feature=related – entendre l’affiche rouge, Léo Ferré

Une victoire de la démocratie pour ce 8 mai 2017?

Chers amis, chères amies,

Nous souhaitons célébrer lundi prochain la victoire de 1945 en même temps que le triomphe renouvelé de la démocratie.

Edmond Fleg définit la victoire dans son « dayénou »:
« Lorsque, rendus dés longtemps aux fraternités des peuples, nous aurons fait avec toi, avec tous les hommes, sur toute la terre, toute la paix, dans toute la justice, alors, seulement, Éternel notre Dieu, roi du monde, assez pour nous! »

La route est longue, et nous y sommes engagés depuis déjà plus de deux millénaires.
Il revient à notre génération de faire face aux enjeux du présent, et en particulier dans ce droit de vote et cette dimension citoyenne qui sont au cœur de nos valeurs. A travers la paracha de ce chabbat, « kédochim », nous nous rappelons que certaines de nos valeurs sont « kadoch », « sacrées », intouchables, et inaliénables.

Pour ceux qui souhaiteraient y réfléchir, je vous rappelle la célèbre phrase de David Ben Gourion. Il était alors pris en tenailles entre la menace Nazie d’un côté, et de l’autre un mandat britannique qui dans son « livre blanc » interdisait l’entrée en Palestine des réfugiés juifs  alors que la Shoa battait son plein. Il s’exclama alors : « Le Yichouv luttera aux côtés des anglais dans la guerre comme s’il n’y avait pas le livre blanc, et contre les anglais à propos du livre blanc comme s’il n’y avait pas la guerre. » Les aspects composites et paradoxaux des situations humaines n’excuseraient pas notre désengagement. C’est la raison pour laquelle j’ose ces quelques mots, dans le plus grand respect pour les différents raisonnements souvent très complexes qui nous animent aujourd’hui.

Nos prières parlent sans cesse de « tséva shalom » צבא שלום, une armée de paix, et c’est pour cette paix que nous nous mobilisons.

Je relaie donc en cette heure grave l’appel de la Présidente du MJLF, Danielle Cohen, que vous trouverez également sur le site du MJLF, en cliquant sur ce lien.

Paris, le 3 mai 2017
Chers amis,
Il y a 10 jours, nous avons lu pendant 24h les noms des déportés juifs de France des convois 32 à 70 et avons ainsi rendu hommage à ces hommes, à ces femmes, à ces enfants, victimes de la barbarie nazie et de la complicité active du régime de Vichy.
Je m’adresse à vous aujourd’hui parce que l’heure est grave :
notre République est menacée par le fascisme qui est à la porte du pouvoir.
Jusqu’à maintenant, je me suis toujours interdit de mêler la politique à notre vie associative.
Parce que nous vivons un moment exceptionnel, je déroge à cette ligne de conduite et vous dis simplement que
je voterai pour Emmanuel Macron dimanche prochain
et vous engage à le faire aussi.
Je sais que l’on gagne une élection avec 50,01 % des votes exprimés,
Je sais qu’une élection est gagnée ou perdue lorsque le ministère de l’Intérieur a proclamé les résultats officiels,
Je sais que l’abstention favorisera Marine Le Pen.
Certains d’entre vous se souviennent peut-être d’une chanson interprétée par Serge Reggiani en 1967 : « Les loups sont entrés dans Paris ».
Je vous en supplie, faites en sorte que les loups n’entrent pas dans Paris,
reportez vos déceptions et votre mauvaise humeur éventuelles au lundi 8 mai…
lorsque nous nous réveillerons en démocratie …et pas en dictature.
Bien à vous,

Danielle Cohen
Présidente du MJLF

Célébrerons-nous la victoire de la démocratie le 8 mai 2017?

Chers amis, chères amies,

Nous souhaitons célébrer lundi prochain la victoire de 1945 en même temps que le triomphe renouvelé de la démocratie.

Edmond Fleg définit la victoire dans son « dayénou »:
« Lorsque, rendus dés longtemps aux fraternités des peuples, nous aurons fait avec toi, avec tous les hommes, sur toute la terre, toute la paix, dans toute la justice, alors, seulement, Éternel notre Dieu, roi du monde, assez pour nous! »

La route est longue, et nous y sommes engagés depuis déjà plus de deux millénaires.
Il revient à notre génération de faire face aux enjeux du présent, et en particulier dans ce droit de vote et cette dimension citoyenne qui sont au cœur de nos valeurs. A travers la paracha de ce chabbat, « kédochim », nous nous rappelons que certaines de nos valeurs sont « kadoch », « sacrées », intouchables, et inaliénables.

Pour ceux qui souhaiteraient y réfléchir, je vous rappelle la célèbre phrase de David Ben Gourion. Il était alors pris en tenailles entre la menace Nazie d’un côté, et de l’autre un mandat britannique qui dans son « livre blanc » interdisait l’entrée en Palestine des réfugiés juifs alors que la Shoa battait son plein. Il s’exclama alors : « Le Yichouv luttera aux côtés des anglais dans la guerre comme s’il n’y avait pas le livre blanc, et contre les anglais à propos du livre blanc comme s’il n’y avait pas la guerre. » Les aspects composites et paradoxaux des situations humaines n’excuseraient pas notre désengagement. C’est la raison pour laquelle j’ose ces quelques mots, dans le plus grand respect pour les différents raisonnements souvent très complexes qui nous animent aujourd’hui.

Nos prières parlent sans cesse de « tséva shalom » צבא שלום, une armée de paix, et c’est pour cette paix que nous nous mobilisons.

Je relaie donc en cette heure grave l’appel de la Présidente du MJLF, Danielle Cohen, que vous trouverez également sur le site du MJLF, en cliquant sur ce lien.

Paris, le 3 mai 2017
Chers amis,
Il y a 10 jours, nous avons lu pendant 24h les noms des déportés juifs de France des convois 32 à 70 et avons ainsi rendu hommage à ces hommes, à ces femmes, à ces enfants, victimes de la barbarie nazie et de la complicité active du régime de Vichy.
Je m’adresse à vous aujourd’hui parce que l’heure est grave :
notre République est menacée par le fascisme qui est à la porte du pouvoir.
Jusqu’à maintenant, je me suis toujours interdit de mêler la politique à notre vie associative.
Parce que nous vivons un moment exceptionnel, je déroge à cette ligne de conduite et vous dis simplement que
je voterai pour Emmanuel Macron dimanche prochain
et vous engage à le faire aussi.
Je sais que l’on gagne une élection avec 50,01 % des votes exprimés,
Je sais qu’une élection est gagnée ou perdue lorsque le ministère de l’Intérieur a proclamé les résultats officiels,
Je sais que l’abstention favorisera Marine Le Pen.
Certains d’entre vous se souviennent peut-être d’une chanson interprétée par Serge Reggiani en 1967 : « Les loups sont entrés dans Paris ».
Je vous en supplie, faites en sorte que les loups n’entrent pas dans Paris,
reportez vos déceptions et votre mauvaise humeur éventuelles au lundi 8 mai…
lorsque nous nous réveillerons en démocratie …et pas en dictature.
Bien à vous,

Danielle Cohen
Présidente du MJLF

L’amour est-il encore d’actualité?

Publié dans la magazine chrétien de Gabriel Ringlet en février 2017… L’amour est-il encore d’actualité?

Liberté juive

appel1articleLe magazine « l’Appel » est un magazine chrétien qui s’intéresse à l’actualité et au dialogue interconvictionnel. Il m’a demandé une contribution pour les prochains mois. Voici ma contribution pour le numéro de février. Mon titre initial était « l’amour est-il encore d’actualité ».

L’un des initiateur de ce magazine est Gabriel Ringlet, avec lequel j’avais eu le plaisir de partager une cérémonie co-créée et une conférence au Prieuré Malèves Sainte Marie.

Pour télécharger l’article, cliquez sur le lien suivant: article l’appel: l’amour est-il encore d’actualité

Voir l’article original

Les religions dans la tourmente – Nous étions à l’ENM ce vendredi

ENMCe vendredi 7 octobre, l’École Nationale de la Magistrature concluait une session de formation d’une semaine avec une table ronde « Les religions dans la tourmente en France après l’été 2016 ». Cette formation portait sur les monothéismes dans leurs histoires et leurs relations au monde contemporain, qu’elle était organisée par l’IESR pour le service de formation continue de l’ENM. J’ai eu la chance de pouvoir y participer avec différents intervenants passionnants.

La table ronde était menée par Philippe Gaudin, qui est agrégé de Philosophie et Directeur adjoint de l’IESR (EPHE).
La formation réunissait des magistrats et d’une façon plus générale des personnes travaillant au Ministère de la Justice.
La terreur nous confronte à des situations de dilemme, puisque nous devons à la fois prendre des mesures contre des terroristes (alors qu’il n’est pas toujours facile de les identifier) et protéger l’État de Droit qu’est la France (en évitant de se fonder sur une « dangerosité présumée » et en restant proche des infractions réelles et objectives commises).
Le Ministère de la Justice dans ses différentes branches est au cœur de cette double responsabilité. C’est donc avec un sentiment de profond respect pour l’institution et ses participants que j’ai eu la possibilité d’ouvrir le débat.

Ainsi que l’avait demandé Philippe Gaudin, les intervenants se sont d’abord présentés avant de partager l’expérience de leurs coreligionnaires dans les troubles qui nous agitent.

Parmi les grands défis des religions aujourd’hui, j’ai mentionné plusieurs questions fondamentales:
– La relation Tradition/Modernité et de façon connexe la question Croyance/Raison.
– Le défi d’exister en tant que minorité qui refuse à la fois l’assimilation et la communautarisation-fermeture, et qui cultive à la fois son identité humaniste et française et son identité particulière. (Défendre des spécificités culturelles étant également une façon de contribuer à la pérennité de la liberté de penser et de la liberté religieuse, qui comme la liberté de la presse « ne s’usent que quand on ne s’en sert pas ».)
– Notre besoin de contribuer à une limitation de l’impact du terrorisme: comment aider à « réparer » au moins dans la mesure du possible les traumatismes liés à la violence et à la peur? Quels outils les religions peuvent-elles apporter pour limiter la violence? Et en particulier, notre violence intérieure en réaction à ces violences insupportables, la violence liée au risque du repli communautaire, et la violence de l’exclusion, du racisme et de la fracture sur des critères « identitaires » qui menacent au niveau national. Les communautés religieuses ont un rôle à jouer sur ces questions, aux côtés des autorités nationales et des associations de défense des droits de l’homme ou des autres groupes porteurs d’engagement humaniste.

J’ai pu raconter de quelle façon notre mouvement mène des actions de grande ampleur comme les voix de la paix,  et comment nos synagogues s’impliquent dans des actions de terrain comme les dîners chabbatiques « identités multiples » que nous organisons au MJLF-est pour mettre en relation des individus de différentes origines et tradition autour de thématiques transversales (Qu’est-ce que le temps sacré? La culpabilité: oui? non? pourquoi?…) et autour d’associations (Les bâtisseuses de paix, Cordoba, la LICRA….).

Les trois heures que nous avons pu partager ont été très intenses et instructives. Les participants ont partagés quelques unes de leurs actions pour lutter contre l’effet du terrorisme sur leur pratique, que ce soit par une sensibilité accrue aux besoins des justiciables, un travail personnel pour rester impartial ou un effort de formation permanente.

Il est bon d’appartenir à des « communautés » qui partagent nos valeurs. Le séminaire de formation de l’ENM était sans aucun doute la preuve que nous sommes capables de créer des « communautés d’étude et de soutien » qui transcendent les communautés religieuses (si je peux m’exprimer ainsi!), qui défendent les particularismes culturels et religieux en reconnaissant à la fois les spécificités et les ressemblances, et en particulier notre attachement commun et essentiel aux valeurs humanistes.

Pour beaucoup d’entre-nous, le meilleur rempart contre la peur, c’est l’action, merci donc à toutes celles et ceux qui d’une façon directe ou indirecte, en tant que membres, bénévoles ou permanents, permettent à nos communautés de s’exprimer et d’apporter leur soutien aux forces de la démocratie.

Table ronde : les religions dans la tourmente en France après l’été 2016
– Madame Bariza KHIARI, sénatrice, directrice de l’institut des cultures d’islam
– Monsieur Nicolas de BREMOND D’ARS, prêtre catholique du diocèse de PARIS,sociologue au CESOR.
– Monsieur Marc BOSS, théologien et philosophe, Institut protestant de théologie de PARIS
– Madame Floriane CHINSKY, rabbin du Mouvement juif libéral de France

Les religions et le sens de la vie, conférence interreligieuse féminine!

Contact: Michel Haim: 06 09 28 29 19cordoba