L’appel: Le capitalisme et les Dix Paroles

Le magazine l’Appel vient de sortir! Y voici mon dernier article. Bonne lecture!

Liberté, propriété, responsabilité. Telle est l’intéressante devise du libéralisme économique, dont la stabilité dépend de l’association de ces trois piliers.  La crise de 2008 a provoqué la rupture du troisième principe, avec une intervention étatique de type « état providence » normalement réservée aux approches socialistes, orientée en revanche non pas vers les plus pauvres, mais vers les institutions bancaires en détresse. Les écarts sociaux se creusent. Les grèves se poursuivent en France. Bref, la religion néo-libérale a subi une mutation, et fait face à une crise sérieuse, elle entre en collision avec l’exigence de la justice sociale et l’imminence du changement climatique. Qu’en pense le judaïsme ?

Le capitalisme n’est pas sacré

« Tu n’auras pas d’autre « dieu » face à moi ». Telle est la deuxième des dix paroles (Ex. 20 :2). Il faut choisir. Soit l’Eternel, soit autre chose. Pas de syncrétisme. Il est possible d’adhérer à des idées capitalistes ou socialistes ou néo-libérales, mais ces idées ne peuvent être sacralisées, elles ne sont pas « une nouvelle religion ». Ou si elles le deviennent, il faut le reconnaitre, et admettre que nous avons quitté la tradition juive. Face aux idéologies, nous gardons notre entière liberté de jugement. Tel est le message de la première des dix paroles :

« Je suis l’Eternel ton « dieu » qui t’ai fait sortir du pays d’Egypte, de la maison d’esclavage ». Trois idées dans cette phrase concise : 1 – l’esclavage existe, 2 – il faut en sortir, 3 – le divin se définit par sa capacité à nous faire changer de système, nous permettre de « sortir d’Egypte ». Nous sommes égalitairement libres, le peuple entier, et ce principe est premier. Est-il prédominant sur le principe de la propriété privée ?

Primauté de la liberté humaine

« Tu ne voleras pas » est la huitième des dix paroles. Elle semble établir l’importance de la propriété privée. Est-ce exact ? Rachi précise dans son commentaire qu’ « il s’agit du vol de personnes ». Le vol d’objet est également répréhensible (Lev. 19 :11), mais il n’est pas mentionné dans les dix paroles. L’essentiel, ici encore, est la liberté, l’interdiction de voler des êtres humains pour les revendre, l’interdiction de l’esclavage.

Qui, de la liberté individuelle ou de la propriété, a la prédominance ? Pour que les esclaves hébreux sortent d’Egypte selon le texte biblique, il a fallu infliger dix plaies à Pharaon et à la terre d’Egypte. L’esclavagiste a été puni, et au contraire, le peuple esclave-libéré est sorti avec de grandes richesses. Cela semble juste.

Au contraire, au moment de l’abolition de l’esclavage en 1848, c’est le manque a gagner subi par les propriétaires d’esclaves qui a été pris en compte ; ce sont eux, et non les êtres humains-objectifiés et exploités qui ont reçu compensation. Transposé dans le récit biblique, cela reviendrait à quelque chose comme :

« L’Eternel parla à Moïse et lui dit : « Va chez Pharaon et dis-lui : Laisse partir mon peuple, je te le rachète. Vois, je transforme pour toi aujourd’hui le Mont Sinaï en montagne d’or, raccompagne mon peuple vers le désert, et sers-toi allègrement, cela compensera ta perte économique. »

Sortir du système

Lorsque nous sommes immergés dans un système, il est difficile d’en voir l’injustice. Il n’y avait pas dix justes à Sodome et Gomorrhe, car l’idéologie dominante rend difficile l’émergence de l’esprit critique et de la contestation. Pour cette raison, il faut parfois des destructions douloureuses comme ce symbolique déluge de feu, des plaies meurtrières comme en Egypte, pour que le changement de paradigme se produise.

Pourtant, ce n’est pas inéluctable. Nous pouvons aussi rester engagés dans nos traditions philosophiques et religieuses multimillénaires, qui nous permettent de garder du recul par rapport aux idolâtries du moment. Vu de ces hauteurs, les évolutions et les révolutions en cours ne sont pas menaçantes, pas dramatiques, ce n’est pas que « dieu est mort » et que « tout fout le camp », c’est juste qu’aujourd’hui, comme par le passé, les systèmes évoluent, et nos valeurs restent.

La menace ne vient pas du changement, mais de la sacralisation du passé. Notre sacré à nous, abstrait est inspirant, est un appui pour une évolution juste. Le monde repose sur trois piliers, disent les Pirké Avot (1 :18) : la justice, la vérité, et la paix.

Paracha Bo: Sommes-nous des menteurs ? Sortie d’Egypte, critique biblique mensonge, et liberté

Retour de la Paracha en vidéo sur la chaine youtube de JEM (abonnez-vous pour retrouver nos commentaires filmés). Voici la vidéo, ainsi que son contenu en version texte. Chabbat Chalom!

La vérité a beaucoup de crédit. Quelqu’un de bien ne dit pas de mensonges. Vraiment ? Cette position reflète-t-elle l’éthique juive ?

Si un mensonge est « l’énoncé délibéré d’un fait contraire à la vérité », notre paracha nous recommande précisément de mentir :

Exode 13 :7
On se nourrira de pains azymes durant ces sept jours; et l’on ne doit voir chez toi ni pain levé, ni levain, dans toutes tes possessions. 8 Tu donneras alors cette explication à ton fils: ‘C’est dans cette vue que l’Éternel a agi en ma faveur, quand je sortis de l’Égypte.’ 9 Et tu porteras comme symbole sur ton bras et comme mémorial entre tes yeux afin que la doctrine du Seigneur reste dans ta bouche, que d’un bras puissant, l’Éternel t’a fait sortir de l’Égypte.

ז מַצּוֹת, יֵאָכֵל, אֵת, שִׁבְעַת הַיָּמִים; וְלֹא-יֵרָאֶה לְךָ חָמֵץ, וְלֹא-יֵרָאֶה לְךָ שְׂאֹר–בְּכָל-גְּבֻלֶךָ. ח וְהִגַּדְתָּ לְבִנְךָ, בַּיּוֹם הַהוּא לֵאמֹר: בַּעֲבוּר זֶה, עָשָׂה יְהוָה לִי, בְּצֵאתִי, מִמִּצְרָיִם. ט וְהָיָה לְךָ לְאוֹת עַל-יָדְךָ, וּלְזִכָּרוֹן בֵּין עֵינֶיךָ, לְמַעַן תִּהְיֶה תּוֹרַת יְהוָה, בְּפִיךָ: כִּי בְּיָד חֲזָקָה, הוֹצִאֲךָ יְהוָה מִמִּצְרָיִם.

Êtes-vous réellement sortis d’Egypte ? Ce n’est en tout cas pas mon cas, je n’ai jamais été esclave en Egypte, je n’ai pas connu Pharaon, je n’ai aucunement contribué à la construction des pyramides.

Il m’est ordonné par la torah de « dire à mes enfants en ce jour : c’est pour cela que l’Eternel a agi ainsi pour moi lorsque je suis sortie d’Egypte ».

La loi juive également (le 21e du livre de l’Exode selon le sefer haHinouH rédigé au 13e siècle) : « raconter la sortie d’Égypte le 15 Nissan ». (pour un guide raccourci et des sources sur pessah, voir ce lien : https://rabbinchinsky.fr/pessah/)

Il m’est donc enjoint d’énoncer délibérément un fait contraire à la vérité ! Comment est-ce possible ?

Cela semble paradoxal, car nous savons toute l’importance que notre tradition attache à la parole, l’interdit du « mauvais langage » (lachon hara, לשון הרע) est fondamental, deux des dix paroles sont des lois concernant la parole, l’interdiction de prononcer le nom de « dieu » en vain et l’interdiction de porter un faux témoignage contre son prochain, il est interdit de tromper quelqu’un, et enfin, nous avons l’obligation d’utiliser un « bon langage », celui des bénédictions. A travers les « barouH ata adonaï » (  XXXX ברוך אתה      ) que nous prononçons, nous disons ce qui est de façon positive, nous nous réjouissons de ce que nous vivons, de ce que nous mangeons, des moments que nous partageons, nous nous réjouissons des missions que nous accomplissons, d’allumer les bougies du chabbat, de mettre les téfilines.

Ceci n’est pas la vérité, et ce n’est pas non plus un mensonge au sens juif, car l’intention n’est pas d’induire notre partenaire en erreur : tout le monde sait que je n’ai pas été esclave en Égypte, et tout le monde sait que j’ai une obligation de prononcer ces mots, personne ne croit que je dis LA vérité ou que j’essaie de tromper quiconque.

La parole ici obéit à une autre éthique. Pas à une vision descriptive, mais à une vision constructive. En parlant, je crée. Parler de façon éthique, ce n’est pas prétendre décrire la vérité, c’est être conscients de ce que notre parole créée. Si mes propos soutiennent la liberté, s’ils parlent de la sortie d’Egypte, de notre puissance créatrice, de notre liberté de décision, de notre pouvoir d’échapper à ce qui semble une fatalité, alors ma parole est éthique, selon les critères juifs. Si mes propos au contraire rabaissent mes interlocuteurs, leur dignité et leur liberté, ils ne sont pas éthiques.

Nos actes sont également des déclarations : nous mangeons de la Matsa, nous mettons les téfilines, pour soutenir notre vision de la liberté, pour susciter des questions, pour sortir de nos habitudes. Le philosophe John Austin dirait que nous devons être conscients de la dimension « perlocutoire » de nos paroles, et de nos actes.

D’où viennent nos propos ? D’où vient le contenu de nos propos (l’information est-elle vérifiée) ? D’où vient la tonalité de nos propos (je dis cela parce que je me sens enthousiaste, déprimée, en colère, engagée ?) quelle est l’intention de nos propos (je dis cela parce que je veux que tu te sentes bien, parce que je veux te communiquer une information, parce que j’espère que tu m’aideras ?).

Les « putes à clic » sont ces liens sur internet qui nous donnent tellement envie de cliquer. Leur contenu est généralement soit inexistant soit nocif pour les stars dont il est question, leur intention est de générer des revenus à la personne qui les a installées à travers les recettes publicitaires de leur site, leur effet est de faire circuler des idées nocives. Il semble évident que cliquer sur ces liens est interdit par la Torah, même lorsque leur contenu n’a rien de techniquement faux.

En revanche, nous avons en total droit à la poésie performative, nous pouvons raconter longuement une sortie d’Égypte qui n’a peut-être pas eu lieu, et nous pouvons la mettre en scène.

Ces paroles, destinées à encourager la liberté de prendre des décisions, la liberté d’agir sur le monde et la liberté de questionner, sont même une obligation dans notre tradition.

Comme le dit le Talmud  méguila 16a : celui qui cite ses sources amène la rédemption sur le monde. Dire « la sortie d’Egypte a eu lieu (ou pas) » est insuffisant et vain. Ce qui est intéressant en revanche, c’est de parler de : la sortie d’Égypte « telle que racontée dans la torah » », « l’absence de réalité historique de la sortie d’Egypte selon l’archéologie », ou « l’importance de l’acte de raconter et de mettre en scène pour faire réfléchir, dans la tradition juive. » En citant nos sources, nous clarifions l’origine de nos propos, ce qu’ils signifient pour nous, et nos intentions.

En tant que juifs modernes, que juifs libéraux, massorti ou modern orthodoxes, la vérité historique ne nous fait pas peur. Nous pouvons étudier les aspects historiques de la sortie d’Egypte, et constater, éventuellement, qu’elle n’a pas pu avoir lieu. Cela ne nous émeut pas. Car nous sommes bien certains, au contraire, que le récit de la sortie d’Egypte, lui, a des sources très anciennes, et que la hagada de PessaH, elle-même, d’origine dans plus de 2500 ans. La vérité historique, au contraire, nous donne des éléments de contexte du récits, éléments de contexte sans cesse recherchés depuis toujours par nos sages, depuis les tanaim jusqu’aux sages modernes en passant par rav Saadia Gaon et Rachi. Si la sortie d’Egypte n’a pas existé, son récit est encore plus puissant, notre fidélité à ce récit est encore plus impressionnante, l’importance que nous accordons à la liberté est souligné de façon saisissante.

La sortie d’Egypte n’a peut-être pas eu lieu, mais le récit de la sortie d’Egypte est une vérité incontestable.

Un juif, c’est quelqu’un qui répond à une question par une autre question, qui continue à interroger le sens de nos paroles et leur vérité relative. A vous de poursuivre cette mise en abîme trimillénaire !

Chabbat chalom

https://www.massorti.com/La-critique-biblique-et-la-foi

https://www.cairn.info/revue-diogene-2008-4-page-35.htm#

https://rabbinchinsky.fr/2019/04/12/pessah-seder-communautaire/

Saint Jacut: Religion et sexualité

Impossible de comprendre ces sources et la façon appropriée de les utiliser sans étude « vivante », sans explications directes d’un maître. Je les partage néanmoins avec vous, pour ceux qui voudraient les étudier en Hévrouta puis me poser leurs questions à la synagogue l’un de ces prochains chabbatot.
Chabbat chalom à toutes et tous, rendez-vous ce soir à Saint Jacut pour des offices marins, ou l’un de ces prochains chabbatot à surmelin.

Sources sexualité – Rabbin Floriane Chinsky, Judaïsme en Mouvement (MJLF+ULIF)

1 – Genèse – compagnonnage, reproduction, complexité, relation et responsabilité
Deuxième montée
Voici l’histoire des cieux et de la terre à leur création au jour ou l’Eternel-Forces fit la terre et les cieux…

  • Genèse 1 :26 – L’Eternel dit : faisons l’Adam à notre image et à notre ressemblance et ils dirigeront les poissons de la mer et les oiseaux du ciel et les animaux de toute la terre et tous les rampants qui rampent sur la terre. Et les Forces créa l’Adam à son image, à l’image des Forces il le créa, mâle et femelle il les créa. Et il les créa, les Forces, et il leur dit, les Forces : « faites des fruits et grandissez et remplissez la terre et conquérez-là et dirigez les poissons de la mer »… Et les Forces vit tout ce qu’il avait fait et voilà que c’était très bien et il y eut un soir et il y eut un matin, sixième jour.
  • Genèse 2 :18 – L’Eternel-Forces dit : il n’est pas bon que l’Adam soit seul, je lui ferai une aide face à lui, et l’Eternel-Forces créa à partir de la terre tous les êtres vivants des champs et tous les oiseaux des cieux et il les amena à l’Adam pour voir comment il les appellerait et tout ce que l’Adam appellerait les êtres vivants c’est son nom.
  • Troisième montée

  • Et l’Adam appela des noms à tous les animaux et à l’oiseau des cieux et à tous les êtres vivants des champs et à l’Adam il ne trouva pas d’aide face à lui. Et il fit tomber, l’Eternel-Forces, un sommeil sur l’Adam et il dormit et il prit l’un de ses côtes/cotés et il ferma une chair sous elle. Et l’Eternel-Forces construisit le coté qu’il avait pris de l’Adam en femme et il l’amena à l’Adam. Et l’Adam dit « ceci cette fois est l’essence de mon essence et la chair de ma chair, et celle-ci on l’appellera femme car elle a été prise de l’homme ».
  • Genèse 3 :1- Et le serpent était le plus Aroum de tous les êtres vivants des champes […] Et la femme vit que l’arbre était bon pour le manger et qu’il était désirable aux yeux et que l’arbre était agréable pour comprendre et elle prit de son fruit et mangea et elle en donna également à son homme avec elle et il mangea. Et leurs yeux à tous les deux s’ouvrirent et ils surent qu’ils étaient Aroumim et ils cousirent des feuilles de figuier et ils se firent des ceintures. Et ils entendirent la voix de l’Eternel-Forces qui allait dans le jardin au moment venteux de la journée et l’Adam et sa femme se cachèrent des faces de l’Eternel-Forces dans les arbres du jardin. Et l’Eternel-Dieu appela le Adam et lui dit : où es-tu ? Et il dit : j’ai entendu ta voix dans le jardin et j’ai eu peur car je suis Aroum et je me suis caché. Il dit : qui t’a dit que tu es Aroum ? Est-ce que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais dit de ne pas manger ? Et l’Adam dit : la femme que tu m’as donné avec moi, elle m’a donné de l’arbre et j’en ai mangé. L’Eternel-Forces dit à la femme : qu’as-tu fait ? et la femme dit : le serpent m’a trompée et j’ai mangé. Et l’Eternel-Fores dit au serpent : « parce que tu as fait cela tu es maudit… tu mangeras de la poussière… de l’animosité je mettrai entre toi et la femme… » A la femme il dit : « j’agrandirai énormément ta souffrance et ta grossesse, tu mettras au monde des enfants avec souffrance et ton désir ira à ton mari et il te dominera » et à l’Adam il dit : « parce que tu as écouté la voix de ta femme et tu as mangé de l’arbre au sujet duquel je t’avais ordonné « tu n’en mangeras pas » la terre est maudite à ton sujet, dans la souffrance tu en mangeras tous les jours de ta vie… à la sueur de ton nez tu mangeras du pain jusqu’à ce que tu retournes à la terre dont tu as été pris car tu es poussière et tu retourneras à la poussière » et l’Adam nomma sa femme Eve car elle était la mère de tout ce qui vie. Et l’Eternel-Forces fit pour l’Adam et sa femme des tuniques de peau et les en habilla.
  • Fin de la troisième montée
    2 – Désir

    1. Ecclésiaste Rabba  – 12 :5 : Le désir amène la paix entre l’homme et sa femme.
    2. Kala Rabati 2 – Le languissement amène le désir et le désir amène l’amour.
    3. Nida 31b –
    4. Contexte : Lévitique 15 – Quand un homme sera zav dans sa chair il sera impur… Quand une femme sera zava, elle aura du sang de zava dans sa chair, elle sera impure…
      Rabbi Méir disait : pourquoi la torah a-t-elle dit une séparation de sept jours ? Parce que s’il est habitué à elle, elle devient repoussante à ses yeux. La Torah a dit : qu’elle soit impure pendant sept jours pour qu’elle soit chère à son mari comme au moment où elle est rentrée sous le dais nuptial.

    5. Nida 17a – Rav Hisda a dit : il est interdit à un homme d’utiliser son lit pendant le jour comme il est dit « tu aimeras ton prochain comme toi-même » (lévitique 19 :18)
    6. Qu’est-ce qui nous le fait comprendre ?
      Abayé a dit : peut-être qu’il verra en elle une chose repoussante et elle lui apparaitra comme repoussante.
      Rav Houna dit : Israël est « saint » et ils n’utilisent pas leur lit pendant le jour.
      Rava a dit : et si la maison est sombre c’est autorisé et un étudiant des sages l’assombrit avec son vêtement et utilise.
      On a enseigné dans la michna : ou à la lumière d’une lampe. Dis qu’elle examine à la lumière d’une lampe ! Viens et entends : ma maison du roi Mounbaz ils faisaient trois choses qui sont rappelées de façon favorable : ils utilisaient leurs lits le jour, ils examinaient leurs lits avec de la laine de parva, et ils pratiquaient les lois de pureté relatives à la neige. On enseigne donc qu’ils utilisaient leur lit le jour.
      On peut dire qu’ils vérifiaient leurs lits le jour ! Au cas où il te semblerait qu’ils l’utilisaient, on le rappellerait de façon favorable ?!?  Mais c’est parce que, à cause de la contrainte du sommeil, elle lui semblerait repoussante.

      3 – work in progress
      BeraHot 62a – Rav Kahana entra, se coucha sous le lit de Rav, l’entendit discuter et jouer et achever son désir. Il lui dit : la bouche de Abba semble comme si elle n’avait jamais mangé de plat chaud ! Il lui dit : Kahana, tu es là ! Sors car ce n’est pas une façon de faire ! il lui dit : c’est un enseignement (Torah), et j’ai besoin d’apprendre.

    L’appel: Hanouka – Hareng, Messie et liberté!

    Dernier article paru dans le magazine l’Appel, d’actualité en cette période de préparatifs pour la fête! Le cours sur Hanouka de ce dimanche 11h05 à Ganénou est maintenu, il sera suivi d’un allumage des bougies avec les enfants du Talmud Torah. Apportez vos Hanoukiot!

    HANOUKA, Rallumer la flamme perpétuelle, Hareng, messies et liberté !

    L’humble miracle de l’huile magique

    A Hanouka, nous allumons de jolies bougies pendant huit jours, en chantant des chansons, en mangeant des beignets, et nous racontons l’histoire merveilleuse d’une lampe à huile dont la lumière a brillé miraculeusement huit fois plus longtemps que prévu.

    La fête des lumières juives coïncide avec la période de Noël et partage avec elle la mise en place de sources lumineuses au plein cœur de l’hiver, ainsi que la thématique de l’espoir.

    Le miracle-miraculeux est au cœur des deux fêtes, de façons très différentes. Alors que le christianisme célèbre la naissance merveilleuse d’un Dieu Sauveur, la tradition juive s’émerveille de la survivance d’une petite flamme.

    Une blague juive mentionne que, voulant récompenser ses soldats les plus vaillants, Napoléon leur proposa de réaliser l’un de leurs vœux. Le russe demanda un fief, le français demanda de devenir Général, le juif demanda… un hareng ! « Pourquoi un hareng, tu laisses passer ta chance ! », s’écrièrent ses compagnons. « Moi, au moins, j’ai une petite chance que mon vœu se réalise », répondit le soldat juif.

    Quel scepticisme ! Le judaïsme est-il donc dépourvu d’ambition, se contentant d’« huile magique » de Hanouka – ou de harengs ?

    Un messie-résistant

    La petite flamme dont il est question a son importance, puisqu’il s’agit de celle de la Ménorah, symbole du fonctionnement d’un Temple à peine reconquis. Le premier miracle de Hanouka, c’est justement cette reconquête, un miracle humain, celui de la résistance à l’oppression, de la défense des Libertés. Le livre des Maccabées, qui appartient au corpus biblique chrétien, décrit les décrets d’Antiochus : la désacralisation du Temple et l’interdiction d’y porter des offrandes, l’obligation de transgresser le Chabat, les fêtes et les règles d’alimentation cacher, l’interdiction de la circoncision et de l’étude de la Torah.  La victoire de guérilla de Juda Maccabée en -164 a permis d’inaugurer le Deuxième Temple – telle est la raison du nom de la fête, Hanouka signifie « inauguration » – et de mettre fin à ces décrets.

    Juda est donc un héros-sauveur, une figure politique de liberté défendant son peuple, comme les rois oints de l’Israël antique. Le mot « messie » en français vient de l’hébreu « machiaH » qui signifie « onction », et renvoie à l’acte accompli par les Prophètes à l’égard des Rois pour les introniser.

    Le « messie juif » est en ce sens une figure plutôt concrète, matérielle, politique et militaire, l’image héroïque de Juda s’inscrit bien dans cette veine. Le « messie chrétien » est différent, peut-être plus transcendant, plus poétique ou plus spirituel, il inspirera certains renouveaux messianiques juifs au cours de l’Histoire, jusqu’au messianisme Loubavitch contemporain. Au premier siècle, le miracle de la fiole d’huile raconté par le MasseHet Taanit ajoute une touche symbolique, chaleureuse et pacifique au miracle dramatique de la victoire armée.

    De quoi serons-nous partisans ?

    La question qui se cache derrière cette « concurrence des miracles » est celle de nos valeurs. Que considérons-nous comme un miracle ? Une flamme qui ne vacille pas ou la résistance aux oppressions ? Les deux peut-être ? L’huile de la ménorah ne s’est pas tarie. Le buisson ardent de Moïse brûlait sans se consumer. Les bougies fixées dans nos Hanoukiot domestiques ne s’éteignent jamais vraiment, renaissant plus nombreuses chaque soir, ressuscitant d’année en année. Les générations s’écoulent, mais l’étude juive ne s’épuise jamais. « Si [un ami] tombe, un ami sort de l’ombre à [s]a place » (Chant des Partisans), « Ne dis pas que tu marches sur ton dernier chemin, même lorsque les nuages noirs cachent le soleil, car l’heure que nous attendons viendra, et le rythme de nos pas dit  » Nous sommes là ! » » (Chant des Partisans Juifs). L’allumage des bougies de Hanouka au cœur de l’hiver nous dit : « Allume toi-même la lumière que tu veux voir surgir » et le récit de l’histoire de la fête nous dit : « Lève-toi pour protéger ta liberté ! ». Le temps passé à déguster les beignets traditionnels (ou des harengs), éclairés par ces petites flammes, nous encourage à réfléchir au sens ce ces mots pour nous aujourd’hui, en pensée, et en actes.

    Floriane CHINSKY, Docteure en Sociologie du Droit, Rabbin du Judaïsme En Mouvement

     

    Sacrée sexualité, vivre corps et âme, colloque interconvictionnel à Saint Jacut

    Vous êtes libres le dernier week-end de janvier?

    Bonne nouvelle: l’Abbaye de Saint Jacut nous propose de passer ensemble une fin de semaine passionnante et chaleureuse autour de la question de la sexualité et des religions. Ce week-end est interconvictionnel, et nous pourrons y célébrer des offices ce chabbat concentrés pour ceux qui le désirent. Inscrivez-vous, parlez-en à vos amis ou famille de toutes religions ou convictions, puis mettez-moi un petit commentaire à la fin de cet article pour que je sache combien de livres de prière apporter.

    Chabbat chalom!

    Télécharger le bulletin d’inscription ici: inscription saint jacut

     

     

     

     

     

    Paracha de Soukot – L’Union fait la Joie

    Fête du rassemblement et de l’ouverture, Soukot nous réjouit par ses merveilleux textes (Zacharie, Ecclésiaste, Paracha de chabbat Soukot) ainsi que les nombreux symboles du Loulav, de la Souka, des Ouchpizin et Ouchpizot. Nous évoquerons en prime un poème du poète persan Rummi, qui est particulièrement approprié à la fête. Moadim LéssimHa et chabbat chalom…

    Texte lié à ces questions disponible en fin d’article.

    2016 : Sur un pied! Paracha SimHat Torah: Où est le paradis?

    Texte écrit pour la Newsletter de l’ULIF :

    L’Union fait la Joie, quelques mots du Rabbin Floriane Chinsky pour ce Chabbat de Soukot

    Ce chabbat, nous associerons la douceur du chabbat à la plénitude de Soukot. De tous temps, la joie qui caractérise la fête résulte de notre rassemblement. Aujourd’hui, cette joie est démultipliée pour nous par l’union de nos synagogues au sein d’une association ombrelle, d’une Souka symbolique, le JEM.

    Petites cabanes construites dans la rue en Israël, dans nos cours, voire dans nos salons pour les parisiens dépourvus de jardins, nos soukot chamboulent notre expérience de vie. Pendant 7 jours, notre maison devient secondaire, notre cabane devient principale. Nos murs deviennent secondaires, nos fenêtres deviennent principales, pour reprendre le titre du livre de Marshall Rosenberg, fondateur de la Communication Non Violente : « Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) ».

    Nos mots sont-ils des fenêtres ou bien sont-ils des murs ? Les murs de nos maisons, de nos synagogues, de JEM, ont-ils pour but d’accueillir et de rassembler ou d’isoler de la réalité du monde extérieur ?

    Soukot est la fête de l’ouverture et de l’équilibre.

    Le bouquet des quatre espèces, le loulav, met en acte notre volonté d’unité intérieure en symbolisant les organes du corps (colonne vertébrale pour le palmier, yeux pour la myrte, bouche pour le saule, cœur pour le cédrat), mais aussi notre volonté d’unité sociale en rappelant différents caractères humains ( aimant l’étude pour le palmier, préférant l’action pour la myrte, indifférent pour le saule ou cumulant étude et action pour le cédrat). Cette unité est conjuguée avec le désir d’ouverture puisque nous agitons ce loulav dans les six directions du monde.

    Les murs fins de la souka-cabane proposent la juste mesure de rassemblement entre ceux qui sont dedans sans pour autant exclure ceux qui sont dehors. Son toit végétal et détendu protège légèrement du soleil pendant la journée tout en laissant admirer les étoiles la nuit venue.

    Enfin, chacun des jours de soukot est l’occasion d’accueillir de nouveaux hôtes, les sept « ouchpizin » traditionnels et les sept prophétesses mentionnées par le Talmud Babylonien Méguila. Après Abraham, Sarah, Myriam, Isaac, Jacob, Déborah, Hanna, Moïse, Aaron et Abigaïl, nous accueillons ce chabbat Joseph « le Juste » et Houlda « la Prophétesse ».

    Quelles qualités de Joseph sont-elles prépondérantes à vos yeux ? Son ambition, lorsqu’il partage ses rêves ? Son courage, lorsqu’il va retrouver ses frères malgré leur animosité ? Sa ténacité, lorsqu’il se relève de sa vente comme esclave puis de sa séquestration en prison ? Son ingéniosité, lorsqu’il guide le changement d’attitude de ses frères et leur réconciliation ? Sa sensibilité, lorsqu’il pleure au moment des retrouvailles ?

    Qu’admirons-nous chez Houlda ? Sa capacité de vision Prophétique lorsqu’elle identifie l’importance du « Livre de l’Alliance » retrouvé dans le Temple ? Son éloquence lorsqu’elle défend sa valeur ? Son influence historique, elle qui remet en avant un livre qui portera une influence décisive sur le monde pour les 2400 années suivantes ? Sa compassion, comme le souligne Rabbi Chila ?

    Toutes ces qualités, nous les possédons et nous les associons, et nous les mettons en avant à l’occasion de ce Chabat de demi-fête, comme nous allierons nos qualités pour l’année à venir.

    L’office du vendredi soir exprime notre désir de plénitude : « étends sur nous ton « pavillon de paix », ta  » Soukat Chalom » ». Ce chabbat, nous serons rassemblés sous le pavillon de paix spirituelle du chabbat autant que sous la souka concrète de soukot. Que nous puissions toutes et tous, avec nos différentes qualités, goûter la douceur de cette ouverture qui nous enrichit.

     

    Akadem: Greta Thunberg

    L’émission d’Akadem sur Greta Thunberg est en ligne… C’était un moment intéressant autour d’une jeune fille engagée, très critiquée, et d’une question qui nous engage tous et toutes: le climat.

    Vous pouvez la voir sur Akadem sur ce lien, ici, il suffit de cliquer 😉

    C’est complémentaire du commentaire que j’avais fait sur la paracha Nitsavim, à voir ici, sur ce lien.

    Je serai très heureuse de lire vos commentaires. Moadim LéssimHa!

    P.S. SimHat Torah sera dimanche soir en Israël et dans les communautés libérales du monde entier, rejoignez ce moment de joie et de danse si le coeur vous en dit…