Table ronde sur Esther aux Bernardins

Regards croisés sur Esther, selon la Bible juive, selon la vision chrétienne et selon l’approche d’Edith Stein.

Ce jour-là, nous ne resterons pas « cachés » derrière notre image, mais nous nous dévoilerons, pour confronter la richesse, pas toujours uniforme, de nos traditions.

Inscriptions pour la journée ici:
https://www.collegedesbernardins.fr/content/journee-edith-stein-edith-stein-et-la-bible

Paracha Emor : Avons-nous besoin d’une élite ?

La Paracha Emor est consacrée aux devoirs des prêtres. Quelle est l’origine de cette « élite »? Quelles règles doit-elle appliquer? A l’heure ou l’ENA est repensée, que dit notre tradition de l’égalité, de la spécialisation de certains pour certaines tâches, d’un éventuel « devoir de perfection » de ceux qui se consacrent au service public?

Vastes sujets que notre commentaire de la Paracha de la semaine éclairera de quelques considérations bibliques.

Graves pensées en ce jour de Yom hazikaron et chabbat chalom

 

Emor 2015: Qui définit l’agenda divin?

Emor 2016: Est-il bon d’être un martyr ?

Références: http://www.sefarim.fr/

 

21 1 L’Éternel dit à Moïse: « Parle aux pontifes, fils d’Aaron, et dis-leur: Nul ne doit se souiller par le cadavre d’un de ses concitoyens

7 Une femme prostituée ou déshonorée, ils ne l’épouseront point; une femme répudiée par son mari, ils ne l’épouseront point: car le pontife est consacré à son Dieu.

22 17 « Parle ainsi à Aaron: Quelqu’un de ta postérité, dans les âges futurs, qui serait atteint d’une infirmité, ne sera pas admis à offrir le pain de son Dieu

3 Dis-leur: à l’avenir, quiconque de toute votre famille, étant en état de souillure, s’approcherait des saintetés que les enfants d’Israël consacrent à l’Éternel, cette personne sera retranchée de devant moi: je suis l’Éternel.

 

Osée chap. 1 et 2: 1 Parole de l’Eternel qui fut adressée à Osée, fils de Beéri, du temps d’Ouzia, de Jotham, d’Achaz et d’Ezéchias, rois de Juda, et du temps de Jéroboam, fils de Joas, roi d’Israël. 2 Lorsque l’Eternel commença à s’adresser à Osée, il lui dit: « Va, unis-toi à une femme prostituée, et [qu’elle te donne] des enfants de prostituée, car ce pays se prostitue vraiment en délaissant l’Eternel. » 3 II alla et épousa Gomer, fille de Diblaïm; elle conçut et lui enfanta un fils. 4 Et l’Eternel lui dit: « Appelle-le Jezreël, car encore un peu et je demanderai compte du sang de Jezreël à la maison de Jéhu, et je ferai disparaître la dynastie de la maison d’Israël. 5 Ce jour-là, je briserai l’arc d’Israël dans la vallée de Jezreël. » 6 Elle conçut encore et enfanta une fille et [Dieu] lui dit: « Appelle-la Lo Rouhama (« non chérie »), car je ne continuerai pas à chérir la maison d’Israël, de façon à lui accorder un plein pardon. 7 Quant à la maison de Juda, je la chérirai et j’assurerai son salut par l’Eternel, son Dieu; mais je ne la sauverai ni par l’arc et le glaive, ni par les combats, les chevaux et les cavaliers. » 8 Elle sevra Lo Rouhama, puis elle conçut et enfanta un fils. 9 Et [Dieu] dit: « Appelle-le Lo Ammi (« non mon peuple »), car vous n’êtes plus mon peuple, et moi, je ne serai plus à vous. » 1 Il arrivera que la multitude des enfants d’Israël égalera le sable de la mer, qu’on ne peut ni mesurer, ni compter; et au lieu de s’entendre dire: « Vous n’êtes point mon peuple », ils seront dénommés « les Fils du Dieu vivant. » 2 Et les enfants de Juda et ceux d’Israël, ensemble réunis, se donneront un même chef et sortiront du pays, car il sera grand, le jour de Jezreël. 3 Appelez vos frères Ammi (« mon peuple ») et vos sœurs Rouhama (« chérie »)! 4 Prenez-vous-en à votre mère, oui, prenez-vous-en à elle, si elle n’est plus ma compagne, si je ne suis plus son époux! Qu’elle bannisse de sa face la prostitution, de son sein l’adultère! 5 Sinon, je la dépouillerai de ses vêtements et la mettrai à nu comme au jour de sa naissance; et je la ferai semblable à un désert, je la rendrai comme un sol aride, et je la ferai périr de soif. 6 Ses enfants, je n’en aurai point pitié, car ce sont les enfants de la débauche. 7 Car elle est débauchée, leur mère, éhontée, celle qui les a conçus; car elle a dit: « Je m’attacherai aux pas de mes amants, qui me pourvoient de pain et d’eau, de laine et de lin, d’huile et de liqueurs. » 8 Eh bien! moi, j’embarrasserai son chemin de broussailles, j’y élèverai une clôture, et elle ne reconnaîtra plus ses sentiers. 9 Elle courra après ses amants, elle ne pourra les atteindre; elle les cherchera, elle ne les trouvera point. Alors elle dira: « Allons, revenons à mon premier époux: j’étais jadis plus heureuse qu’aujourd’hui. »

Isaïe 1 10 Ecoutez la parole de l’Éternel, magistrats de Sodome; soyez attentifs à l’enseignement de notre Dieu, peuple de Gomorrhe! 11 Que m’importe la multitude de vos sacrifices? Dit le Seigneur. Je suis saturé de vos holocaustes de béliers, de la graisse de vos victimes; le sang des taureaux, des agneaux, des boucs, je n’en veux point. 12 Vous qui venez vous présenter devant moi, qui vous a demandé de fouler mes parvis? 13 Cessez d’y apporter l’oblation hypocrite, votre encens m’est en horreur: néoménie, sabbat, saintes solennités, je ne puis les souffrir, c’est l’iniquité associée aux fêtes! 14 Oui, vos néoménies et vos solennités, mon âme les abhorre, elles me sont devenues à charge, je suis las de les tolérer. 15 Quand vous étendez les mains, je détourne de vous mes regards; dussiez-vous accumuler les prières, j’y resterais sourd: vos mains sont pleines de sang. 16 Lavez-vous, purifiez-vous, écartez de mes yeux l’iniquité de vos actes, cessez de mal faire. 17 Apprenez à bien agir, recherchez la justice; rendez le bonheur à l’opprimé, faites droit à l’orphelin, défendez la cause de la veuve.

 

Questions fondamentales pour le judaïsme de demain…

Savons-nous expliquer notre conception du judaïsme d’aujourd’hui? Tous les juifs sont-ils d’accord avec notre vision? Comment défendre nos idées dans le « débat public juif »? Comment expliquer nos conceptions à nos enfants? Comment discuter dans le respect?

Le judaïsme d’aujourd’hui soulève des questions, parfois difficiles, qui nous concernent tous.

Nous en parlerons ensemble ce dimanche, à Ganénou.

Evènement facebook ici: https://www.facebook.com/events/2154962864616859/

 

Torah Personnelle, Torah d’Israël, Torah Universelle! Samedi 9 juin 20h

 

Quelle Torah voulez-vous recevoir cette année? La Torah d’Israël? La Torah Universelle? Une Torah personnelle?

Une « Torah », c’est un enseignement, des principes, des règles de comportement, que notre tradition nous invite à remettre sur le chantier tous les ans. Nous parlerons de la Torah et du dan de la Torah au Mont Sinaï tel qu’il est vu dans la Torah écrite et dans le Midrach, pour comparer cette Torah du peuple juif aux règles universelles d’une part, et aux principes que nous appliquons activement dans notre vie, de l’autre.

Chavouot, une remise sur le chantier de nos comportements et de leur raison d’être.
Nos réflexions seront alimentées par des études sur texte et des discussions.

Si vous me faites part de votre présence, je pourrai m’en réjouir dés maintenant, répondez à ce Post ou participez sur facebook : https://www.facebook.com/events/1064845303715228/

Paracha Kédochim :  » Nous sommes les meilleurs! » – Vraiment?


La Paracha Kédochim nous enjoint d’être « spéciaux », et précise une série de commandements fondamentaux, et en particulier: « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » et « tu aimeras l’étranger ». Alors devons-nous être « les meilleurs », les « plus spéciaux », les « plus saints », ou devons-nous nous considérer comme égaux à tous les autres? Nous défendrons bien sûr l’égalité, dans le respect de la tradition exprimée dans la michna Sanhédrin.

Désolée pour le retard dans la publication de la vidéo. Yom Hashoa a demandé toute notre énergie. Chabbat Chalom à toutes et à tous, שבת שלום


Kédochim 2016: L’amour peut-il suffire ?

Kédochim 2015: Être différents ou être comme les autres?

Lettre au Créateur (Discours de Yom Hashoa)

Cher Dieu,

Toi qui n’existes pas, toi dont le nom n’existe pas, Toi que nous mentionnons sans cesse dans nos prières, Toi dont nous respectons les commandements,

Cher Dieu,

Toi dont nous ne savons que faire en ce jour face à la tragédie du passé.

Cher Dieu,

Aujourd’hui, nous pleurons l’assassinat de chacun et de chacune des déportés, la disparition de chacune de leurs pensées, chacun de leurs sentiments, de leurs savoirs, de l’univers émotionnel et culturel qu’ils portaient, de leur importance pour eux-mêmes, pour leurs proches, pour l’équilibre du monde.

Aujourd’hui, nous faisons face aux souffrances qu’ils ont endurées, celles de leur proches qui les ont espérés, attendus, perdus.

Aujourd’hui, nous portons devant toi les souffrances des rescapés, des enfants de rescapés et de leurs petits-enfants.

Aujourd’hui nous rappelons chacun des actes constitutifs de ce génocide et chacune de ses conséquences.

Nous nous souvenons de l’horreur de ce crime, cette destruction des juifs parce qu’ils étaient juifs, de cette plaie encore ouverte dans l’identité juive et dans l’humanité toute entière.

Aujourd’hui, nous portons devant toi le deuil et le bouleversement de nos cœurs.

Cher Dieu,

En ce jour de sinistre commémoration, j’aimerais faire le bilan de ton ouvrage. Ton ouvrage, c’est nous.

Tes serviteurs, nos sages, Hillel et Chamai, se sont interrogés pendant 2 ans et demi pour savoir si tu avais eu raison de créer l’être humain. Contrairement à leur habitude, ils sont finalement tombés d’accord : c’était une erreur, il aurait mieux valu ne pas créer l’humanité, mais maintenant que nous sommes là, il nous appartient de serrer les dents et de faire de notre mieux.

Cher Dieu,

En ce jour de sinistre commémoration, j’aimerais également faire le bilan de notre ouvrage. Notre ouvrage, c’est toi.

D’après notre tradition, nous sommes pour toi, tu es pour nous, nous portons des téfilines affirmant ton unité, tu portes des téfilines affirmant la nôtre, et si on peut s’interroger sur l’utilité d’avoir créé l’homme, en toute réciprocité, nous pouvons questionner également l’opportunité pour l’humanité d’avoir créé « dieu ».

Fallait-il créer « Dieu » ? Quel serait ce Dieu unique et unificateur, qui laisserait ses enfants s’entre-détruire?

Yom hachoa, l’immensité de la blessure ouverte par l’humanité, dans le corps même de l’humanité, il y a 70 ans nous pousse à ces questions dramatiques. Fallait-il créer l’être humain ? Fallait-il créer « dieu » ? Si le meilleur de l’humain est incarné par l’image de dieu, l’humain, comme le divin, ont été assassinés dans les camps, six millions de fois. Il est clair maintenant que, contrairement à la recommandation de Hillel et Chamai, nous n’avons pas « tiré le meilleur parti » de la nature humaine et de l’inspiration divine censée la guider.

Le dommage est-il réparable ? Cher Dieu, qu’en dis-tu ? Pour toi qui es si inaccessible, 6 millions sont-ils comme une goutte d’eau dans l’océan ? 4 ans de choa sont-ils un instant fugace dans l’histoire de l’univers ?

Cher Dieu, qu’en dis-tu ? Toi qui es si proche de nous, n’as-tu pas lu dans le Talmud que la mort d’une seule personne équivaut à la mort d’un monde entier, d’une humanité entière ?

Tes serviteurs, nos sages, dans leur grande sagesse, nous ont enseigné qu’une chose impropre pouvait être « annulée » si elle était diluée dans 60 fois son volume.

La Choa pourrait-elle être diluée ?

Nous craignons qu’elle ne soit diluée, oubliée, perdue, diluée par 60 fois son volume d’infox, de fake news, de manipulation, de jeux sur la peur, de mensonge, de lâcheté, de souffrances futures, de souffrances de notre peuple, de souffrances de l’humanité, de nouveaux crimes génocidaires, dans 60 fois plus de repli.

La choa ne doit pas être diluée.

Au contraire, elle doit nous mobiliser, pour que la lâcheté, le silence et l’indifférence d’alors nous inspirent 60 fois plus de courage, 60 fois plus de solidarité, 60 fois plus de force bienveillante dans notre peuple, et 60 fois plus de force bienveillante dans l’humanité.

En prononçant nom après nom, âge après âge, l’identité des déportés pendant les 24 prochaines heures, nous devons aussi espérer. J’aimerais que pour chacun de ces noms, soixante personnes s’emparent des valeurs de l’anti-choa.

Laissons résonner quelques mots d’Edmond Fleg. Ces mots, il les adressait aux jeunes juifs engagés dans la résistance, ils ont été recueillis par la suite dans son livre « le chant nouveau », Chir Hadach. Ces paroles, exprimées au cœur de la tourmente, restent pleinement valides :

« Ce que vous souhaitez sans doute, c’est un chant nouveau de courage et d’espérance : « Chantons, dit le Psalmiste, un chant nouveau ! » (Psaume CXLIX) (…)

La chose ne serait possible que si l’on parvenait à dégager ce Chant Nouveau, capable d’émouvoir également toutes les âmes juives. Le passé nous a laissé un immense trésor de foi, de savoir et de faits, qui demeure ouvert devant nous. Dans ce trésor, essayons de découvrir ce qui, traduit en langage d’aujourd’hui, peut parler efficacement à un juif d’aujourd’hui, pour l’aider à reconstruire, en son âme, le judaïsme, et à collaborer, pour sa modeste part, à la résurrection de la patrie et de l’humanité. Peut-être, alors, nous sera-t-il possible de chanter, pour nous et pour tous, le Chant Nouveau. »

 

70 ans après la choa, il est évident que le « plus jamais ça » est loin d’avoir gagné. Pour remporter la victoire, en tant qu’armée de paix, « tseva chalom », il est nécessaire de traduire l’aspiration de Fleg à un niveau plus large, au niveau universel, si bien que :

« La chose ne sera possible que si l’on parvient à dégager ce Chant Nouveau, capable d’émouvoir également toutes les âmes humaines. Dans ce trésor, essayons de découvrir ce qui, traduit en langage d’aujourd’hui, peut parler efficacement à l’humanité d’aujourd’hui, pour l’aider à reconstruire, en son âme, l’identité humaine. Peut-être, alors, nous sera-t-il possible de chanter, pour nous et pour tous, le Chant Nouveau. »

Cher Dieu,

Aujourd’hui, nous ne quitterons pas ton côté, car tu incarnes pour nous l’unité de l’humanité, le meilleur de nous-mêmes. Nous nous tiendrons à ton côté, et nous considérerons que tu te tiens au nôtre, durant ces 24 heures.

Nous serons là pour évoquer la mémoire.

Notre but, comme le disait le prophète MiHa, reste d’œuvrer à la justice, d’aimer la bonté et de progresser humblement aux côtés de notre Dieu.

Cher Dieu, en ce jour de yom hachoa véhagvoura, progressons humblement ensemble, ainsi que nous le faisons, en ce jour et tous les jours, cette année et toutes les années, dans cette génération et dans toutes nos générations, depuis 3000 ans.

En dépit de la tragédie que nous commémorons aujourd’hui, nous affirmons, comme par le passé, et pour l’avenir : Itgadal véitkadach chémé rabba, mir zeinen do, Nous sommes là !

Paracha AHaré Mot : Comment vivre après la mort?

Nous sommes confrontés à la mort, nous ne comprenons pas la raison de tant de morts inutiles, parmi nos proches, ou dans le monde, par maladie, guerres ou attentats. Comment vivre après la mort, comment retourner à la vie après la disparitions d’êtres chers, ou les meurtres racistes perpétrés dans le monde? Retrouver la confiance nécessite la mise en oeuvre d’une régénération de nos valeurs, dans laquelle les dirigeants comme tous les membres du peuple doivent assumer leurs erreurs. Nous évoquerons ces thématique à l’occasion de cette courte vidéo youtube sur la paracha de la semaine, AHaré Mot.

NB: J’ai créé des sous-titres pour cette vidéo, avec translittération des mots en hébreu et écriture en lettres hébraïques, à destination de tous et aussi des malentendants. Une traduction des sous-titres en anglais, et souvent en hébreu, est disponible, utilisez-là pour vous ou les personnes qui pourraient être intéressées. Pensez à liker et à partager, pour que tous ceux qui s’intéressent à ces sujets puissent bénéficier de ces vidéos « sur un pied », sur la paracha de la semaine !

AHaré Mot 2016: La justice divine est-elle aveugle ?