Célébrer le passé et le futur, c’est tout un art! Rachi, ce samedi 5 septembre

Faire le point, faire une petite pause, prendre le temps de regarder en arrière, de contempler le chemin parcouru, de se réjouir des résultats de nos efforts…

La célébration est essentielle dans nos vie, elle est l’un des plus beaux moteurs de changement et d’évolution.

Notre paracha nous invite à cultiver l’art de la célébration.

Rachi nous détaille les ingrédients qui la composent.

Pour que nos efforts et leurs réussites aient un parfum délicieux.

La feuille de source est disponible ici: 1 Rachi ki tavo célébrer

A samedi (accueil 9h15, début 9h30) et …שבת שלום

Téchouva pédagogique!

Les vacances nous offrent en cadeau une relation parentale libérée des contraintes du quotidien.
Elles nous permettent de préparer l’année à venir, et en particulier les événements de la rentrée.

La rentrée juive est un soutien pédagogique extraordinaire aux valeurs que nous défendons auprès de nos enfants.

Tichri nous invite à approcher la pensée et l’étude des questions fondamentales de la vie avec joie, c’est SimHat Torah, la fête des enfants dans laquelle les grands trouvent une liberté du bonheur partagé.
Tichri nous introduit également dans l’introspection, la critique bienveillance de nous-même. Ce sont les « jours redoutables », Roch Hachana et Yom Kipour, des fêtes pour adultes, grâce auxquelles les enfants peuvent apprécier l’importance que nous accordons au fait de toujours chercher à « grandir » et à nous améliorer, quel que soit notre âge.

Nous avons développé ces questions dans les deux précédents articles.
Voyons comment notre exemple peut également inspirer nos enfants dans leur cheminement.

En tant que parent, nous pouvons choisir de partager nos espoirs, nos réussites et nos échecs avec nos enfants, dans une mesure adaptée à leur compréhension bien sûr.

C’est une façon certaine de leur témoigner du respect que nous avons pour l’introspection, de la bienveillance avec laquelle nous jugeons nos échecs et nos imperfections, de l’importance à nos yeux de toujours chercher à mieux faire, sans juger.

Les textes de Roch hachana sont emplis de ces invitations à la bienveillance et à l’amélioration:
Si nous avons commis des erreurs, c’est sans le vouloir.
Nous nous invitons par le chofar, l’étude des textes, l’immersion dans un mikvé, et les offices, à recommencer à nous construire avec de nouvelles forces.
Tel est le sens de cette « téchouva », ce retour au meilleur de nous-même, que nous entreprenons à l’occasion des fêtes de Tichri.

Un autre élément fondamental de cette période est la réconciliation.
Chacun est censé demander pardon, reprendre sur de nouvelles bases non seulement au niveau personnel mais également au niveau relationnel.
Cet aspect n’est pas toujours évident à mettre en œuvre car nos partenaires amoureux, amicaux, familiaux ou professionnels ne sont pas toujours ouverts à cette question.

On peut, en souhaitant une bonne année aux uns et aux autres, ouvrir la discussion avec prudence. « Je voulais te souhaiter une bonne année, nous avons passé du temps ensemble en tant que collègues, et à l’occasion de cette fin d’année, je me demandais si nous pourrions améliorer notre façon de travailler ensemble ? Peut-être as-tu eu l’occasion d’y penser ? Voudrais-tu que nous en parlions à l’occasion ? »
Bien sûr, il nous appartient d’être juges de l’opportunité d’ouvrir ce dialogue et de le conduire au mieux.
Tichri nous invite à nous interroger sur la meilleure attitude à adopter pour permettre une fluidification des relations.

Pour ce qui est de nos enfants, la question est plus simple puisque nous nous appuyons sur notre devoir d’éducation pour leur transmettre ce qui nous tient à cœur. En principe, ils sont convaincus de notre bienveillance à leur égard.

Nous pouvons alors probablement soulever certaines questions. Le principe du fait que nous les aimons et que nous les acceptons dans les différentes composantes de leur personnalité doit être posé de façon évidente. Ceci établi, il est légitime de partager nos expériences…
Qu’aimons-nous dans leur attitude ? Qu’est-ce qui nous est difficile ? Et eux, qu’aiment-ils ? Quels seraient leurs désirs ? Il est normal d’avoir des désaccords, tout ne doit pas être résolu.

Il est des questions à propos desquels nos enfants n’ont pas la maturité pour définir leur meilleur intérêt, et d’autres pour lesquelles nous pouvons de façon discrétionnaire décider de ce qui est ou non acceptables dans nos murs. Ils ont le droit de ne pas être d’accord, et peuvent choisir la meilleure façon pour eux de gérer leur désaccord. Mais dans beaucoup de cas, il est possible d’identifier les besoins de chacun et de trouver les stratégies adéquates pour les satisfaire d’une façon acceptable par le collectif familial en général et par les parents en particulier.

Quel meilleur temps que les vacances, ce moment ensemble, ce moment sans contraintes, pour poser les bases d’un renouveau personnel et relationnel ? Nous pourrons alors ancrer toutes ces discussions et toutes ces décisions en les écrivant, en les racontant, en venant en parler au rabbin et de toute façon qui puisse vous convenir.

N’hésitez pas en tout cas à me faire part de vos commentaires, pour que nous puissions partager nos expériences !

Bonnes vacances 5775, et très bons préparatifs pour 5776 !

Fabriquer du sacré, sans jamais se sacrifier ! Paracha Vayikra

Nous aimons nous sentir généreux et altruistes, agir seulement dans l’intérêt du bien, mais nous n’y arrivons pas toujours.
La paracha Vayikra nous parle des sacrifices, ces actes qui doivent nous permettre de « rattraper nos erreurs ».
Pourtant, nous nous souvenons que les premières offrandes et les premiers sacrifices ont mené au premier meurtre, au premier fratricide. Caïn, l’initiateur de la première offrande, a tué son frère Abel, justement à cause de « guerres d’offrandes ».

Alors, le sacrifice nous mène-t-il au pardon de la faute, comme le dit Vaykra, le lévitique, ou à la faute suprême, comme le dit la Génèse ? Les offrandes à Dieu amènent-elles la paix ou bien la guerre ?
Ces questions sont plus que jamais d’actualité.
Les sacrifices servent-ils à quelque chose, et si oui, à quoi ?

Lorsque les pirké avot disent « le monde repose sur trois choses », les trois choses mentionnées sont (selon chimon hatsadik): Torah, Avoda, Guémilout Hassadim.
Torah, l’étude, la guémilout Hassadim, le fait de faire du bien autour de soi et la Avoda.
על שלושה דברים העולם עומד–על התורה, ועל העבודה, ועל גמילות החסדים

Qu’est-ce que la Avoda ? Il s’agit du « service », de ce que nous faisons « pour Dieu », du culte que nous faisons au temple à l’époque où il existait et le « service du cœur », la prière, que nous chantons ensemble à la synagogue à notre époque.
Le monde reposait sur les sacrifices et repose sur le service du cœur qui l’a remplacé.

Les sacrifices au temple avaient des objectifs divers : Les olot marquaient les transitions de la vie, les naissances, les conversions, les guérisons… Les chélamim étaient les offrandes festives, consommées par toute la famille au temple. Les Hatat étaient amenée pour tourner la page après avoir commis une faute. Le acham s’adressait aux réparations, en plus des offrandes quotidiennes qui permettaient aussi aux prêtres de se nourrir.

Aujourd’hui encore, nous avons besoin de marquer les transitions, d’investir dans les fêtes en famille et entre amis, de réparer nos erreurs, de nous pardonner, et de faire vivre nos maîtres, nos enseignants, nos penseurs et nos thérapeutes et médecins.

Cela nous permet de nourrir à la fois le bonheur et la précision morale.
Cela nous permet de rendre nos vies sacrées, sacer-fere, dans toutes leurs dimensions, joyeuses et douloureuses.
Cela nous rapproche, karev, de nous-mêmes et des autres.

Se sacrifier, c’est se mettre dans une position de faiblesse, et peut-être aussi attendre des autres une reconnaissance, se mettre en état de victime, pousser les autres à une condition de persécuteur ou de sauveur, le trio infernal et fluctuant que démonte la théorie des jeux de l’analyse transactionnelle. Le « sacrifice » victimaire appelle le meurtre ou le suicide, comme dans l’histoire de Caïn et Abel, comme les meurtriers sacrifiés qui commettent des attentats.

Faire un Korban, ce n’est pas sacrifier quoi que ce soit, faire une offrande, ce n’est pas perdre quelque chose. C’est établir une proximité à travers le marquage des transitions de la vie, à travers la consommation de repas ensemble, à travers le rapprochement avec nos valeurs.
Notre tradition refuse le sacrifice au sens martyrologique du terme et nous invite au contraire à nous rapprocher, à faire des kornanot.

Puissions-nous toujours agir dans la liberté en rendant nos vies sacrée, avec l’aide de la merveilleuse pensée de notre tradition.
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Alors interrogeons-nous. Qu’est-ce qui aujourd’hui nous permet de nous rapprocher ? De nous rapprocher de notre idéal moral en réparant nos faiblesses ? De nous rapprocher de nous-mêmes en nous pardonnant nos faiblesses ? De nous rapprocher des autres en partageant des moments de joie avec nos proches, et avec les « étrangers » ceux qui sont un peu moins proches et peuvent avoir besoin eux aussi de notre chaleureuse amitié ?
La table familiale est censée remplacer l’autel depuis la destruction du temple. Lui donnons-nous cette fonction ? Suffit-elle à nous rapprocher ?
La prière est réputée remplacer le service des offrandes au temple. Arrivons-nous à l’investir de cette façon ? Y aurait-il d’autres choses à faire ?
L’étude nous permet-elle de nous élever comme nous le voudrions ? L’écoute attentive d’un rabbin suffit-elle à nous redonner courage ?
Que pouvons-nous faire pour ne jamais être des victimes, mais toujours des personnes qui prennent en main le caractère sacré de chaque instant de notre vie ?
Voici quelques questions à partager…

Célébrons les miracles de demain !

Reprenez votre toupie de Hanouka. Les lettres noun, guimel, hé, ornent trois de ses côtés. Elles représentent les mots Ness (un miracleנס), Gadol (grand גדול), haya (il y eut היה). Mais quelle est la quatrième lettre ? S’agit-il d’un  pour Po (ici פה, pour les toupies israéliennes) ou d’un Chin pour Cham (là-bas שם, pour les françaises) ?

L’allumage des bougies à nos fenêtres a pour but la publication DU miracle. « LE miracle » ? Oui, mais lequel ?

Célébrons-nous le prodige d’une huile qui brûle sans se consumer, la ménorah du Temple à l’époque hasmonéenne, d’après le Talmud ? La victoire sur des ennemis plus nombreux, les makabim ayant vaincu les grecs, comme dans le Al hanissim ? La ré-inauguration du Temple, selon le livre des makabim ? Notre survie physique et spirituelle malgré les épreuves de l’histoire ? La renaissance de l’Etat d’Israël ? Célébrerons-nous également les petits miracles du quotidien, celui d’une personne qui franchit pour la première fois le seuil d’une de nos synagogues, d’un enfant qui trouve le courage de prendre sa place le jour de sa Bar/bat Mitsva, celui d’une main qui se tend quand on en a besoin ?

Nous chanterons cette année encore « sévivon sov sov » en famille et en communauté. Finirons-nous la chanson par « un grand miracle eut lieu là-bas », en Israël ou « ici », en France, et dans tous les pays ou l’existence juive poursuit son cours? Penserons-nous uniquement aux miracles de ces jours-là,  בימים הה, ou également à ceux qui se déroulent à notre époque, בזמן הזה ? A ceux réalisés par nos ancêtres pour que nous existions ? Ou à ceux qui restent à accomplir pour faire vivre un judaïsme de bonheur et d’engagement pour les générations futures ?

L’idéal juif est encore en chemin, et nous en sommes les porteurs.

Hag Ourim SaméaH ! Bonne fête des lumières ! Bonne construction communautaire !

5 cours commencent cette semaine à Surmelin/ MJLF-est!

Hébreu – samedi 11 octobre 9h/9h30 Surmelin

S’il vous plait, ne révisez pas votre alphabet !
Si vous avez des notions d’hébreu, préparez-vous plutôt à laisser vos connaissances se réorganiser pour en tirer le meilleur parti. Lire la suite ici

Quizz de préparation: Avez-vous vraiment observé l’aleph-beth? Faire le quizz ici

Culture J – mardi 7 octobre 20h/21h30 Surmelin

« Le peuple juif est le peuple DES livres »
Que représente la tradition orale pour le peuple juif ?
En quoi cela est-il fondamental d’un point de vue identitaire, philosophique, historique ? Que peut-on en tirer au quotidien ? Lire le texte de préparation ici, détails du cours de ce soir ici

Identité juive : Un atout pour nos enfants – dimanche 12 octobre 10h15/11h30 Ganénou-Nation

Nous voulons le meilleur pour nos enfants. Quelle chance que de pouvoir puiser dans une tradition qui met l’éducation et l’avenir au cœur de ses préoccupations depuis trois millénaires ! Le dimanche matin, à nation, un cours-séminaire pour remettre à notre disposition, d’une façon moderne, des outils de toujours.
« Evoquer la violence à travers les histoires de la Bible » ce dimanche
Cours suivant « Se vacciner contre l’antisémitisme à l’aide des histoires de la Bible » (9 nov)

Talmudez-moi – mercredi 8 octobre 12h30/13h30 Café des Psaumes-St Paul

Le Talmud a formé la tête juive depuis 2000 ans. Le raisonnement talmudique est certainement plus proche de vous que vous ne l’imaginez…
« Quand la Loi prescrit de transgresser la Loi: le PikouaH Nefech » détails sur ce lien

Et Rachi reprend:

Rachi – samedi 11 octobre 9h30/10h15 – Surmelin

détails ici

Ne révisez pas votre aleph-beth!

Bonjour à tous,

Pendant ces quelques heures qui séparent Kipour (ce samedi) de Soukot (à partir de mercredi soir, office 18h45), je souhaite partager avec vous tout ce qu’il faut pour que notre premier cours d’hébreu de ce samedi soit mémorable…

S’il vous plait, ne révisez pas votre alphabet !

Si vous avez des notions d’hébreu, préparez-vous plutôt à laisser vos connaissances se réorganiser pour en tirer le meilleur parti.
Si vous êtes de vrais débutants, vous pouvez simplement vous rendre ouverts à découvrir un autre système de langage, vous interroger sur ce que peut-être une langue « non latine ».
En 2011, une jeune fille qui ne savait pas un mot ni une lettre d’hébreu a décidé de célébrer sa Bat Mistva l’année suivante. Faire sa bat/bar Mitsva, c’est savoir diriger de nombreuses prières en hébreu ! Pour elle…. Lire la suite ici

Quizz de préparation: Avez-vous vraiment observé l’aleph-beth? Faire le quizz ici

Présentation du cours et calendrier: Cliquez ici

Partagez cet email avec tous ceux qui veulent tester leurs connaissances ou vous accompagner au cours!

Nos enfants au coeur du développement communautaire – Entretien avec Révital Shloman

Entretien avec Révital Shloman, Directrice du Talmud Torah du MJLF

Revital Shloman Talmud Torah MJLF

Bonjour Révital, pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?

Shalom ! Je commence avec mon prénom Révital, Tal en hébreu c’est la rosée et Révi c’est absorbée comme les plantes qui absorbent la rosée, c’est le choix de mes parents et cela expliquer le chemin que j’ai fait comme éducatrice, absorber tout ce que je peux pour partager cette connaissance avec les enfants et avec leurs parents.

Je veux ajouter que depuis longtemps je suis spécialisée dans l’éducation informelle, c’est une notion qui est très développée en Israël. Mon expérience est diversifiée dans tous les groupes d’âges en matière d’éducation juive. En plus des outils pédagogiques classiques, nous avons donc à notre disposition beaucoup d’autres compétences. Mais le plus important est notre capacité à comprendre ce que l’enfant veut; il est au centre de notre travail et il est important d’adapter le programme à ses besoins et non seulement en fonction de notre compréhension de l’éducation.

Je prépare toujours des éléments qui sont intéressants aussi pour les parents de façon à leur permettre de continuer à la maison avec leurs enfants.

Une des choses importantes pour moi est d’apprendre des autres, et j’en ai l’occasion avec les enfants et les parents ainsi que nos collègues, quelles que soient leur background pédagogique, leurs univers personnels et leurs univers religieux.

Révital, comment êtes-vous arrivée au MJLF ?

C’était assez bizarre mais très juif ! , je suis arrivée il y a trois ans et demi. En arrivant, j’ai commencé à étudier le français et j’ai commencé à chercher un travail dans le domaine de l’éducation. J’étais très impliquée avec mon mari dans la communauté Adath Shalom et j’ai entendu qu’ils cherchaient des enseignants pour l’école moderne juive, j’ai rencontré Josy Waisbrot et Gabrielle qui m’ont engagée, ce sont eux qui m’ont prévenue que le MJLF cherchait une directrice du Talmud Torah. Je suis arrivée ici par le networking juif !

Quelles étaient vos premières impressions en arrivant au MJLF ?

Quand je suis arrivée la première fois, c’était en vue de douze heures d’entretien pour un rendez-vous avec tous les dirigeants du MJLF et c’était très long, un défi avec le français, j’ai compris la moitié de ce qui était dit, mais j’ai vu qu’ils étaient tous motivés pour faire le meilleur talmud torah et c’est justement ce que je cherchais. La communication non verbale m’a permis de comprendre que je pourrais travailler de façon pluraliste, très ouverte et avec cela très professionnel. Mes premières impressions m’ont donc convaincue que je pourrais travailler ici en exprimant mon amour pour mon métier. Bon, ouvert et pluraliste. Il y avait à la fois beaucoup de potentiel et beaucoup de défi, en contribuant à ce qui compte le plus pour moi, contribuer à créer la communauté. C’est ce dont j’avais besoin.

Comment décririez-vous le Talmud Torah aujourd’hui ?

Je pense que nous avons aujourd’hui un Talmud torah très ouvert, pluraliste, et professionnel et qui a la volonté de se développer encore davantage dans ces directions. Notre talmud torah est aussi communautaire et familial, avec une place pour chaque membre de la famille. Il y a aussi une implication grandissante de la conjonction entre l’investissement des membres de la communauté et le talmud torah. Il y a le chabbat aleph, la keitana, les activités pour la jeunesse dirigés par Oren Giorno  les cours pour les parents pendant le talmud torah. Le talmud pour moi c’est le cœur de la communauté et j’espère trouver les meilleurs chemins de transmettre ces messages. Les parents commencent à comprendre que nous sommes à leur écoute pour les accueillir dans les programmes qui leur conviennent et même pour en créer de nouveaux en fonction des besoins. La grande famille du Talmud Torah c’est les rabbins, les familles du MJLF, les familles du talmud torah et du MJLF les administrateurs, les permanents du MJLF, et bien sûr également les enseignants et moi-même. Je pourrais raconter de nombreux exemples de parents qui ont participé à des événements où ils ont transmis à la fois à leur propre enfant mais aussi à tous les enfants de la communauté. Chacun d’entre nous a beaucoup à apprendre et aussi beaucoup à enseigner. Le talmud torah est le lieu idéal pour ce partage.

Comment voyez-vous le rôle du talmud torah et du MJLF ?

Du point de vue juif, notre place est fondamentale dans le paysage éducatif juif français. Nous sommes un modèle d’éducation de nos enfants autour de leur identité  et nos valeurs sans jugement, sans critique des autres communautés. Nos rabbins forment également les enseignants et nous préparons

D’un point de vue civique, nos enfants ont souvent une origine mixte. Le choix de faire une éducation juive n’est pas évident aujourd’hui, et nous sommes un cadre qui leur facilite l’accès à l’identité. Le Talmud Torah n’est pas uniquement une préparation à la BM , c’est une rencontre avec notre origine et avec notre patrimoine, les enfants ont besoin de cela, besoin d’être accueillis, de cultiver la force et la fierté de leur identité. Il faut leur offrir la possibilité de devenir des adultes heureux de leur identité ce qui est vraiment un cadeau précieux. J’aimerais que tous les parents et les enfants puissent faire ce choix et pour cela que notre talmud torah soit vraiment connu. Nos communautés développent des programmes qui parlent aux juifs français, le potentiel de développement est impressionnant, j’espère que nous réussirons à toucher tous ceux qui ont besoin de nous.

Révital, je vous laisse le mot de la fin…

Je voudrais inviter chacun à comprendre le potentiel communautaire et à prendre ses responsabilités pour l’avenir de nos enfants car c’est cet avenir qui va être décisif pour l’avenir du judaïsme, nous sommes dans une période difficile pour chaque famille et c’est justement une période où il est important de se mobiliser. Le Talmud Torah, c’est le centre de toute la communauté et ceux qui veulent s’y investir sont les bienvenus. Ma porte est toujours ouverte, littéralement, elle est toujours ouverte, pour les gens, pour les enfants et pour des idées. Je veux aussi remercier Léa Jacquelin qui a pris la responsabilité du talmud torah de Ganénou, Elle a grandi au MJLF et  devenue une partenaire  avec tout l’équipe de notre Talmud Tora pour la transmission de ce message éducatif avec les rabbins, les familles et les administrateurs. Transmission des valeurs qui crée la famille du MJLF, Toda Raba pour cette confiance et cette collaboration.

LIRE L ARTICLE concernant l’éducation écrit par le Rabbin Floriane Chinsky

 

Faisons de nombreux élèves ! Apprendre avec nos enfants

L’éducation est au cœur de l’identité juive.

Le « talmud torah » au sens large, l’ « étude de la torah », nous soutient dans notre identité depuis les débuts de notre histoire. En 1882, Jules Ferry a rendu l’école obligatoire pour tous en France. Sept siècles avant l’EC, la Torah portait à l’écrit l’obligation « et tu raconteras à ton fils » « והגדת לבנך » (Ex.13 :8). En 64, Chimon ben Gamla instituait l’obligation pour chaque ville de créer une école primaire, pour permettre aux parents d’accomplir leur devoir d’enseignement.

Le « rite initiatique » juif (Bar et Bat Mitsva) est centré sur la culture : l’enfant doit savoir lire pour lui-même et pour les autres afin de prouver sa valeur dans le monde adulte. Savoir lire, étudier, cela fait partie de la vie juive, au même titre que se marier et chercher un métier. La michna Avot (5 :21) nous décline le programme de la vie «  à l’âge de cinq ans on apprend la bible, à dix ans on étudie la michna, à treize ans on s’occupe des commandements, à quinze ans on étudie le talmud, à dix-huit ans on se marie, à vingt ans on cherche un travail, à trente ans on atteint la force, à quarante ans la sagesse, à cinquante ans les capacités de conseiller… ».

Tous les acteurs communautaires sont engagés dans l’étude, le rabbin, les volontaires, les fidèles…

En tant que Rabbin, je voulais partager avec chacun ce sentiment d’engagement vis-à-vis de l’éducation, de l’ « éducation permanente » à tous les âges de la vie.

J’ai donc demandé à Révital Shloman, Directrice du Talmud Torah MJLF, de nous parler de sa vision de l’éducation juive et du Talmud Torah au MJLF, pour alimenter notre réflexion commune.

Je la remercie pour ses paroles, qui nous permettent de nous sentir proches les uns des autres et d’apprendre à toujours mieux nous connaitre pour agir de la façon la plus simple et la plus entousiaste.

Elle met en avant la célèbre maxime de Ben Zoma : le sage est celui qui apprend de chacun (avot 4 :1).

Avec elle, je nous souhaite de pouvoir respecter l’injonction que nous faisait déjà la grande assemblée, la knésset haguedola au troisième siècle avant l’EC : « Faites de nombreux élèves ! » (avot 1 :1)

LISEZ ICI L’INTERVIEW de Révital Shloman, directrice du Talmud Torah du MJLF

 

Etude pour adultes, au moment où nos enfants étudient, un dimanche par mois, de 10h30 à 11h30 

L’identité juive : un atout pour l’avenir de nos enfants

Nous voulons le meilleur pour nos enfants. Quelle chance que de pouvoir puiser dans une tradition qui met l’éducation et l’avenir au cœur de ses préoccupations depuis trois millénaires ! Le dimanche matin, à Nation, un cours-séminaire pour remettre à notre disposition, d’une façon moderne, des outils de toujours.

 

 

Message des administrateurs

13/05/2014                                                                                 Téléchargez ici Article pour la lettre

MJLF Est

Francis Moïsi,  Francine Emschwiller, Roger Mattatia

Le MJLF-Est entame une nouvelle phase de développement autour du  Rabbin Floriane Chinsky.

Après le départ du rabbin Stephen Berkowitz à l’été 2013,  la communauté du MJLF-Est rue du Surmelin avait besoin d’un leader spirituel pour rebondir et s’inscrire dans une nouvelle dynamique.

Le plan de développement proposé au Conseil d’Administration par le MJLF-Est a été approuvé à la séance du 30 avril 2014 : il se donne pour objectif de créer, à l’Est de Paris, une Maison Communautaire regroupant synagogue, Talmud Tora, et salle polyvalente, qui constituera un lieu du rayonnement du judaïsme libéral dans l’est parisien.

Le recrutement d’un Rabbin est la première étape de ce plan: le Rabbin Floriane Chinsky est engagée pour prendre la direction spirituelle du MJLF -Est.

Un des objectifs du plan est  que  le MJLF-Est atteigne l’équilibre financier en 2016, soutenu par l’ensemble du MJLF.

Pour ce faire, de nombreuses actions sont à lancer :

accroissement du nombre d’adhérents, développement du Talmud Torah, recherche d’un local mieux situé (secteur Nation). Pour mener à bien le projet, un premier groupe d’une trentaine de « bâtisseurs » s’est constitué et va se mobiliser, en liaison avec le Rabbin. Les bâtisseurs se sont engagés à consacrer au développement du MJLF-Est, selon leurs possibilités,  temps, énergie, imagination et moyens financiers. Bien entendu tous ceux qui souhaitent aussi apporter leur contribution à la réussite du projet sont invités à rejoindre dès que possible ce groupe.

Le Rabbin Floriane Chinsky a été formée au séminaire Massorti en Israël. Elle a donné des formations  en Israël auprès de soldats et de civils et exercé dans différentes synagogues tant massorties que libérales à Jérusalem, à Bruxelles et en région parisienne. Elle est également titulaire d’un doctorat en Sociologie du Droit. Le Rabbin Chinsky officie depuis huit mois à temps partiel dans la synagogue de Surmelin.

Elle a animé avec beaucoup de kavannah et de dynamisme offices, cercles d’études, événements familiaux, relations avec les fidèles.  Son apport a été tel que la communauté de l’Est a demandé au Conseil d’Administration de l’engager pour être le pivot de son développement.

Le MJLF-Est remercie le Conseil d’Administration, et en particulier son Président pour leur soutien apporté dans cette période de transition, soutien confirmé par le vote du 30 avril.

Nous nous réjouissons de ce renouveau.

Nous sommes impatients de le partager avec vous et de pouvoir ensemble offrir à tous une expérience juive intense et chaleureuse.

Prière de Chehehianou en hébreu et en français.

Terouma – Une seule construction, plusieurs matériaux

Dracha du vendredi 31 janvier 2014

Comme vous avez pu le constater, le ton de mes drachot est généralement libre et détendu.

Cependant, aujourd’hui est une occasion spéciale.

Nous venons de signer un contrat par lequel je serai présente au MJLF deux fois par mois pour les cinq prochains mois, et à cette occasion, je souhaite évoquer quelques enseignements importants, émanant de notre identité, liés à la paracha et fondements de mon action et de notre collaboration.

Nous partageons aujourd’hui un questionnement autour de la construction communautaire, c’est parce que la communauté de Surmelin se trouve face à ce magnifique défi : construire, re-construire, développer la communauté.

Nous allons devoir réfléchir à ce que seront nos objectifs, au sens pratique, et au sens symbolique. Construire la synagogue la plus haute ? La plus stable ? La plus colorée ? La plus accueillante ? La plus éduquée ? Une communauté de savoir ? D’étude ? D’entre-aide ? De chant ? De joie ?

Il faudra réfléchir à ces objectifs.

A ce sujet, je souhaite partager avec vous une fausse mauvaise nouvelle : il est impossible que nous ayons tous des objectifs identiques.

Il s’agit d’une vraie bonne nouvelle : cela signifie que chacun a quelque chose de différent à apporter à l’édifice.

Nous mettrons dans le panier de la mariée de nombreux cadeaux merveilleux.

Dans notre paracha, la construction du temple et des outils du service se prépare.
Chacun est invité à donner ce qu’il a de meilleur.
L’or, l’argent et le cuivre vont être apportés à profusion pour réaliser des œuvres d’art digne de l’engagement des enfants d’Israël pour leur identité naissante.

Parlons un moment des métaux dont nous allons disposer pour créer un espace de kodech קודש  au sein de notre synagogue.

Tout d’abord il faut compter les bases de l’identité de Surmelin, son appartenance au libéralisme, son appartenance au MJLF, son caractère spécifique développé depuis sa naissance. Je compte sur vous pour continuer à me faire connaitre cette identité particulière.

Parmi ces trésors nous devrons également nous appuyer sur les qualités personnelles de tous ceux à qui le projet Surmelin tient à cœur. Votre savoir juif, votre savoir général, votre histoire, sont des éléments fondamentaux que je souhaite mieux connaitre. Prenons contact de façon personnelle, je tiens à découvrir ces trésors.

Enfin, vous pouvez compter également sur ce que mon expérience me permet de partager avec vous. Nous apprendrons ensemble comment en faire bénéficier la communauté.

Je connais bien le monde libéral, le monde orthodoxe et le monde massorti grâce à mes études rabbiniques, mes recherches de doctorat et mon parcours personnel.

Commençons par le monde libéral. Ma grand-mère priait à Copernic, elle a longtemps accueilli son Talmud Torah pour Soukot et pour PessaH. J’y ai célébré ma bat mitsva, et j’ai prié au MJLF-est lorsqu’il était encore rue Pétion.

Je connais également le monde orthodoxe dans sa diversité.
Un monde orthodoxe dont j’apprécie les qualités lorsqu’il s’inscrit dans une orthodoxie ouverte parfois égalitaire, ou au moins respectueuse des femmes,  intelligente, engagée. Un monde auquel nous nous opposons lorsqu’il privilégie des politiques d’exclusion au mépris de la halaHa elle-même.

Enfin, et il s’agit d’un élément très important et dont je sais qu’il suscite des questions, j’amène dans mes bagages mon identité massorti.

C’est le mouvement massorti qui m’a amenée à envisager le rabbinat. C’est au sein du séminaire rabbinique massorti israélien que j’ai pu acquérir mes connaissances des sources, et une connaissance de la loi juive qui me permet de m’opposer à certaines déviances.
Ce sont des synagogues massortiot en Israël, et aujourd’hui à Bruxelles et à Saint-Germain-en-Laye qui m’ont permis de développer une approche spécifique du rabbinat, au cours des treize dernières années.

Je ne serai pas ce que je suis sans le mouvement massorti que j’ai choisi, et je ne le serais pas non plus sans le mouvement libéral au sein duquel j’ai grandi.

Ces deux mouvements sont à mon sens fondamentaux pour l’avenir du Judaïsme.

Les libéraux ont choisi de défendre avant tout la liberté de conscience.
Les massorti ont mis en avant la loi juive et sa souplesse, et inscrit la modernité dans le cadre de la tradition.

Ce combat est exigeant, et ceux qui placent ces valeurs comme leur priorité doivent travailler ensemble, dans le respect des différences.

Le sectarisme est un obstacle sur le chemin de l’identité juive. Les défis du judaïsme d’aujourd’hui ont besoin de toutes nos forces.

Nous avons la chance de pouvoir mettre en œuvre une collaboration à la juive, dans la maHloket léchem chamaim, מחלוקת לשם שמים   une conscience des différences d’approches et un engagement vis-à-vis du bien commun.

J’estime que nous sommes tous particulièrement chanceux d’avoir un rabbinat ouvert de ce point de vue, tant du côté massorti que du côté libéral.

Ainsi, nous pourrons associer les offrandes de   (Ex.25 : 2) כָּל-אִישׁ אֲשֶׁר יִדְּבֶנּוּ לִבּוֹ,   de tous ceux qui y sont portés par leur cœur, pour trouver à chacune de nos qualités une juste place dans l’édifice communautaire.

Si nous réussissons, nous aurons, à notre façon, accompli la promesse de notre paracha (Ex. 25 :8),  וְעָשׂוּ לִי, מִקְדָּשׁ; וְשָׁכַנְתִּי, בְּתוֹכָם,   nous aurons construit un endroit sacré où ne résidera pas la présence divine.

Car la présence divine résidera, parmi nous, en nous, de par le travail de construction que nous aurons mené à bien dans la collaboration fraternelle.

Au-delà de la communauté de Surmelin, c’est l’ensemble du judaïsme de demain que nous construisons, avec tous ceux qui veulent se rappeler combien les notions de Klal Israël, כלל ישראל (Israël dans son ensemble) ainsi que le commandement positif de Ahavat Israël, אהבת ישראל (amour du peuple dans sa globalité, aimer son prochain comme soi-même) sont fondamentales dans notre tradition.

Je souhaite que nous ayons le mérite de pouvoir mettre en commun tout ce que nos cœurs veulent apporter à la communauté, je formule ce souhait pour nous et pour toutes les communautés d’Israël. Amen.