Quelques sources pour penser l’amour et la rencontre

Voici quelques sources pour soutenir nos réflexions concernant l’amour…

prénom et une bonne chose (good and new, cocounselling)

1 Bénédiction ahavat olam : rapport de la loi et de l’amour, quelle loi est la plus fondamentale à vos yeux, pour l’humanité ou à titre personnel ? Une loi que vous avez introduite dans votre vie? (en commentaire)

Tu as aimé la maison d’Israël d’un amour éternel, tu nous as enseigné un enseignement (torah) et des commandements, des lois et des jugements.

 אַהֲבַת עוֹלָם בֵּית יִשְׂרָאֵל עַמְּךָ אָהַבְתָּתּוֹרָה וּמִצְוֹת חֻקִּים וּמִשְׁפָּטִים אוֹתָנוּ לִמַּדְתָּ

Un principe fondamental de la rencontre

2 La Torah « sur un pied » (chabbat 31a), enseignement écrit et enseignement oral, faits et interprétations, judo relationnel, l’étranger

« Encore une histoire d’un étranger qui s’est présenté devant Chamaï et lui a dit : « Convertis-moi dans la perspective que tu m’enseignes tout l’enseignement (תורה) dans son entier sur un pied. » Il l’a repoussé avec le niveau de maçon qu’il avait en main.

Il s’est présenté devant Hillel, qui l’a converti. Il lui a dit : « Ce que tu détestes ne le fais pas à ton prochain, voilà, c’est l’enseignement tout entier, le reste c’est un commentaire, lève-toi et va l’apprendre ! »

 שוב מעשה בנכרי אחד שבא לפני שמאי א »ל גיירני ע »מ שתלמדני כל התורה כולה כשאני עומד על רגל אחת דחפו באמת הבנין שבידו בא לפני הלל גייריה אמר לו דעלך סני לחברך לא תעביד זו היא כל התורה כולה ואידך פירושה הוא זיל גמור.

3 Tu aimeras ton prochain comme toi-même (Lévitique 19) http://www.sefarim.fr/

Une chose que j’aime en moi-même

18 Ne te venge ni ne garde rancune aux enfants de ton peuple, mais aime ton prochain comme toi-même: je suis l’Éternel.

ח לֹא-תִקֹּם וְלֹא-תִטֹּר אֶת-בְּנֵי עַמֶּךָ, וְאָהַבְתָּ לְרֵעֲךָ כָּמוֹךָ: אֲנִי, יְהוָה.

contexte:

13 Ne commets point d’extorsion sur ton prochain, point de rapine; que le salaire du journalier ne reste point par devers toi jusqu’au lendemain. 14 N’insulte pas un sourd, et ne place pas d’obstacle sur le chemin d’un aveugle: redoute ton Dieu! Je suis l’Éternel. 15 Ne prévariquez point dans l’exercice de la justice; ne montre ni ménagement au faible, ni faveur au puissant: juge ton semblable avec impartialité. 16 Ne va point colportant le mal parmi les tiens, ne sois pas indifférent au danger de ton prochain: je suis l’Éternel. 17 Ne hais point ton frère en ton cœur: reprends ton prochain, et tu n’assumeras pas de péché à cause de lui. 18 Ne te venge ni ne garde rancune aux enfants de ton peuple, mais aime ton prochain comme toi-même: je suis l’Éternel

33 Si un étranger vient séjourner avec toi, dans votre pays, ne le molestez point. 34 Il sera pour vous comme un de vos compatriotes, l’étranger qui séjourne avec vous, et tu l’aimeras comme toi-même, car vous avez été étrangers dans le pays d’Egypte je suis l’Éternel votre Dieu. 35 Ne commettez pas d’iniquité en fait de jugements, de poids et de mesures.

4 par empathie ou par principe? (Béréchit Rabba 24:7), l’intérêt commun de l’amour de soi-même, d’Autrui, et de « dieu ».

à l’image de l’absolu: voir en l’autre le visage de l’humanité, une minute

Ben Azai dit: «  »voici le livre des engendrements de l’humain » est un grand principe dans l’enseignement. »

Rabbi Akiva dit: «  »Tu aimeras ton prochain comme toi-même », c’est un grand principe dans l’enseignement, pour que tu ne dises pas: « puisque j’ai été méprisé que mon ami soit méprisé comme moi, puisque j’ai été insulté que mon ami soit insulté avec moi. »

Rabbi TanHouma dit:  » Si tu l’as fait, sache qui tu as méprisé, « à l’image de dieu il le créa ».

בן עזאי אומר: זה ספר תולדות אדם, זה כלל גדול בתורה.

ר’ עקיבא אומר: (ויקרא יט) ואהבת לרעך כמוך, זה כלל גדול בתורה, שלא תאמר הואיל ונתבזיתי יתבזה חבירי עמי, הואיל ונתקללתי יתקלל חבירי עמי.

אמר רבי תנחומא: אם עשית כן, דע למי אתה מבזה, בדמות אלהים עשה אותו.

Conclusion:

Une chose que je garde, sur le site

La difficulté d’aimer

Dialogue intérieur: Les personnes que nous avons du mal à aimer les personnes dont les personnages dominants sont les personnages refoulés chez nous : ne pas aimer est un bon indicateur de ce que nous avons à travailler

Co-conseil: Les personnes qui suscitent en nous des sentiments extrêmes sont celles qui nous renvoient à des traumatismes antérieurs sur lesquels nous pouvons travailler en session. Il est important de réindentifier la personne pour ce qu’elle est et de la séparer des sentiments que nous lui apposons, ID check.

L’autre est « une aide face à nous », pour nous soutenir ou pour nous remettre en question.

Aimer l’autre dans son droit à l’altérité

John Heron: Aimer c’est vouloir contribuer à ce que l’autre avance pour devenir ce qu’il veut être

Marshall Rosenberg: Aimer c’est quand donner et recevoir sont équivalent (ce n’est pas une citation, c’est ce que je comprends de son approche et de la chanson de Ruth Bebermeyer)

Bonus: Thérapie radicale de Claude Steiner: dix commandements à méditer:

THE TEN COMMANDMENTS OF EMOTIONAL LITERACY

(http://emotional-literacy-training.com/wp-content/uploads/2015/09/Steiner-Emotional-Literacy.pdf)

Place love at the center of your emotional life. Heart-centered emotional intelligence empowers everyone it touches.
Love yourself, others and truth in equal parts. Never sacrifice one to the other.
Stand up for how you feel and what you want. If you don’t, it is not likely that anyone else will.
Respect the ideas, feelings and wishes of others as much as you do your own.Respecting ideas does not mean that you have to submit to them.
Emotional Literacy requires that you not lie by omission or commission. Except where your safety or the safety of others is concerned, do not lie.
Emotional Literacy requires that you do not power play others. Gently but firmly ask instead for what you want until you are satisfied.
Do not allow yourself to be power played. Gently but firmly refuse to do anything you are not willing to do of your own free will.
Apologize and make amends for your mistakes. Nothing will make you grow faster.
Do not accept false apologies. They are worth less than no apologies at all.
Follow these commandments according to your best judgment. After all, they are not written in stone.

Partizanlied – accompagner les moments difficiles (Hirsch Glick)

Vivre est en soi un héroïsme. Tant de peurs, de difficultés, de préjugés, de nœuds émotionnels et organisationnels à dépasser et à dénouer. Une fois par an, pendant les fêtes de Tichri, à travers les seliHot, Roch hachana, Yom kipour, nous faisons se travail en nous appuyant sur la tradition, sur le collectif, sur tous les éléments qui peuvent nous soutenir. Car si nous n’influons pas le cours de nos vies à Roch hachana, quand le ferons-nous? Quel moment est plus propice?

Pour cela, la courage et l’espoir sont essentiels. Le chant des partisans juifs est une inspiration que je vous invite à partager. La dignité de ceux qui se sont battus nous interpelle et nous donne la force de faire plus que notre mieux, pour nous mêmes, pour nos proches, et pour ceux que nous ne connaissons pas.

——–

La traduction de Charles Dobzynski, « Le miroir d’un peuple, anthologie de la poésie yiddish »

Nous sommes là, chant du ghetto de Varsovie

Ne dis jamais que tu vas de ton dernier pas,
Quand les jours bleus sont écrasés sous un ciel bas,
L’heure viendra, que nous avons tant espérée,
Frappant le sol, nos pas diront: Nous sommes là!

Des palmiers verts jusqu’aus lointains pays neigeux,
Nous sommes là! Le coeur en peine et douloureux,
Où notre sang, goutte après goutte, fut semé,
Notre courage et notre force vont germer.

Soleil futur tu embellis le jour présent,
Hier est l’ombre où disparaîtront nos tyrans,
Si le soleil se perd avant le jour levant,
Tel un appel d’âge en âge soit notre chant.

Il fut écrit, ce chant, par le sang, par le feu,
Ce n’est pas le chant d’un oiseau dans le ciel bleu,
Quand tout brûlait, parmi les murs qui s’écroulaient,
Fusil en main mon peuple a chanté ces couplets.

Ne dis jamais que tu vas de ton dernier pas,
QUand les jours bleus sont écrasés sous un ciel bas,
L’heure viendra que nous avons tant espérée,
Frappant le sol nos pas diront: Nous sommes là!

(Hirsh Glik: Né à Wilno (Lituanie) en 1922, mort au combat en Estonie pendant l’été 1944. Sous l’influence de son voisin, Leiser Wolf, se mit à écrire en yiddish en 1936. Publia en 1939 la revue éphémère Jeune Forêt, organe du groupe littéraire du même nom. Ses poèmes acquirent une immense popularité dans le ghetto de Wilno et le plus fameux d’entre eux « Ne dis jamais… » devint l’hymne de l’organe de protestation armée de la résistance juive dans les ghettos de Wilno, et de Varsovie. Il fut traduit dans toutes les langues et inspira des oeuvres de Markish et de Sutzkever.) Oeuvres: Chants et Poèmes, New York, 1953)

Lien vers différentes versions musicales bien faites ici.

Zog nit keynmol az du
gayst dem
letzten veg,
Ven himlen blayene farshteln bloye
teg;
Vayl kumen vet noch undzer
oysgebenkte shuh,
Es vet a poyk tun undzer trot – mir
zaynen do!

Fun grinem palmenland biz land fun
vaysen shney,
Mir kumen un mit undzer payn, mit
undzer vey;
Un voo gefalen iz a shpritz fun
undzer blut,
Shpritzen vet dort undzer gvure,
undzer mut.

Es vet di morgenzun bagilden undz
dem haynt,
Un der nechten vet farshvinden mitn
faynt;
Nor oyb farzamen vet di zun in dem
ka-yor,
Vi a parol zol geyn dos leed fun
door tzu door.

Geshriben iz dos leed mit blut
und nit mit bly,
S’iz nit keyn leedl fun a foygel
oyf der fry;
Dos hut a folk tzvishen falendi-ke
vent,
Dos leed gezungen mit naganes in di
hent.

Zog nit keyn mol az du gayst dem
letzten veg,
Ven himlen blayene farshteln bloye
teg;
Kumen vet noch undzer oysgebenkte
shuh,
Es vet a poyk tun undzer trot — mir
zaynen do!

Traduction parfois utilisée en Belgique:

Le chant des partisans juifs, Hirsch Glick et Dmitry Pokrass

Ne dis jamais que c’est ton dernier chemin
Quand les jours bleus sont écrasés sous un ciel bas
L’heure que nous avons tant espérée
Frappant le sol nos pas diront: « Nous sommes là! »

Des palmiers verts jusqu’aux pays blancs neigeux
Nous arrivons avec notre peine et notre douleur
et là où est tombé notre sang
là se manifestera notre courage et notre force

L’aube à venir embellira notre présent
Et nos tyrans disparaîtront dans les ténèbres
Si le soleil se perd avant l’aube
Puisse notre chant tel un appel se transmettre de génération en génération

Ce chant a été écrit avec du sang pas avec du plomb
Ce n’est pas le chant d’un oiseau libre
Il a été écrit par un peuple parmi les murs qui s’écroulaient
Cet appel chanté par mon peuple, le fusil à la main

Ne dis jamais que c’est ton dernier chemin
Quand les jours bleus sont écrasés sous un ciel bas
L’heure que nous avons tant espérée
Frappant le sol nos pas diront: « Nous sommes là! »

http://www.lastfm.fr/music/Cipe+Lincovsky/_/Sog+nit+kejnmol+(Partisaner+Lied)+Partizan+1961

Une version en hébreu, intéressante musicalement: http://www.zemer.co.il/song.asp?id=162

http://www.youtube.com/watch?v=x9UPgdOeBnM&feature=related

http://www.youtube.com/watch?v=-wgYnYSg3Zs&feature=related

Une interview de celle qui a composé la musique du chant des partisans français (le sujet est un peu éloigné, mais cette archive INA est intéressante): http://www.ina.fr/art-et-culture/musique/video/CAC00034282/anna-marly-et-le-chant-des-partisans.fr.html

http://www.ina.fr/video/AFE00001971/le-chant-des-partisans.fr.html

Un site bien fait, avec texte et partitions mais, me dit-on, quelques imprécisions:

http://www.diasporim-zinger.com/index.php?chorale=musiques&musique=Zog+nisht+kein+mol+::+MP3,+partitions+et+paroles&partitions=instrumental/zog/

Strophes pour se souvenir (Aragon)

Lorsque nous faisons le bilan du monde, nous pouvons nous appuyer sur la force de ceux qui l’aiment si fort qu’ils sont prêts à tout pour garder leur dignité.
Au cours des « fêtes solennelles », des yamim noraim, ימים נטוראים, nous faisons le bilan de nos vies et recherchons ce qui fait leur valeur. Sommes-nous au meilleur de nous-mêmes, de notre capacité à augmenter la solidarité et la paix dans le monde, très largement, et plus particulièrement autour de nous?
Raconter les actes d’héroïsme de nos grands maîtres nous encourage au militantisme. Loin dans le passé, mais également à une période récente, il y a eu des justes, des héros, juifs ou non, dont la capacité de ne pas renoncer à leur dignité et à leur amour pour le monde nous inspire.
Parmi les textes non juifs qui nous accompagnent dans cette quête, le texte « Strophes pour se souvenir » d’Aragon, est un incroyable chant d’espoir, que nous lisons à plusieurs moments de la liturgie de Kipour.

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Strophes pour se souvenir
Louis Aragon

Vous n´aviez réclamé la gloire, ni les larmes
Ni l´orgue, ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà, que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servis simplement de vos ames
La mort n´éblouit pas les yeux des Partisans

Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit, hirsutes, menaçants
L´affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu´à prononcer, vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants

Nul ne semblait vous voir Français de préférence
Les gens allaient, sans yeux pour vous, le jour durant
Mais à l´heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents

Tout avait la couleur uniforme du givre
A la fin février pour vos derniers moments
Et c´est alors que l´un de vous dit calmement
Bonheur à tous ! Bonheur à ceux qui vont survivre !
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand !

Adieu la peine et le plaisir, Adieu les roses
Adieu la vie, adieu la lumière et le vent
Marie-toi, sois heureuse, et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erivan

Un grand soleil d´hiver éclaire la colline
Que la nature est belle, et que le cœur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants !
Ma Mélinée, ô mon amour, mon orpheline
Et je te dis de vivre et d´avoir un enfant

Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient le cœur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s´abattant

http://fr.wikipedia.org/wiki/Affiche_rouge

http://www.youtube.com/watch?v=fXLKTjcgJVE – témoignage d’un résitant

http://www.youtube.com/watch?v=6HLB_EVtJK4&feature=related – entendre l’affiche rouge, Léo Ferré

Défendre la liberté de conscience en Israël

Pour ceux qui sont attachés à la liberté religieuse en Israël, je vous invite à lire le texte suivant et à compléter le formulaire accessible sur ce lien , et à partager avec ceux qui défendent ces mêmes valeurs, la liberté religieuse, le respect de chacun indépendamment de sa religion etc…

שבת שלום

Traduction personnelle du texte:

« A chaque mariage juif, sept bénédictions sont récitées souhaitant au couple la réussite dans la construction d’une vie et d’une maison juive ensemble. La dernière de ces bénédictions inclut l’espoir que le couple bénéficie d’une vie d’amour, de compagnonnage, de paix et d’amitié.

« Nous à « Ruach Hiddush », « Esprit de renouveau », une organisation de plus de 350 Rabbins et Hazanim de toute dénominations et ceux qui partagent nos préoccupations, nous nous interrogeons sur le rôle de l’amour, du compagnonnage, de la paix, de l’amitié dans les questions relatives aux mariages dans l’Etat d’Israël qui nous est cher.

« Nous, qui nous tenons avec Ruach Hiddush, ainsi que tous nos membres, nous sommes particulièrement concernés à propos de la récente détention et de l’interrogatoire du Rabbin Dov Haiyun, un rabbin Conservative-Massorti, pour avoir transgressé la loi qui interdit la célébration d’un mariage en dehors de la supervision du Grand Rabbinat.

« Nous sommes choqués que le Rabbin Haiyun ait été pris pour cible pour la violation de cette loi alors qu’il est avéré que de nombreux rabbins orthodoxes israéliens ont célébré des mariages en dehors des cercles du Grand Rabbinat sans que cette loi ne leur soit appliquée.

« La loi elle-même apparaît comme contraire à la Déclaration d’Indépendance de l’Etat d’Israël qui garantit que les citoyens israéliens sont investis d’une « … complète égalité de droits sociaux et politiques pour tout ses habitants indépendamment de leur religion, leur ethnie, leur genre; il garantira la liberté de religion, de conscience, de langage, d’éducation et de culture ». Effectivement, dans un sondage de 2017 de Hiddush, des israéliens juifs et arabes, qui ne peuvent actuellement être mariés que par leurs autorités religieuses respectives, ont été interrogés sur leur accord avec la déclaration: « Tous les résidents d’Israël ont le droit d’être mariés en Israël, avec la personne de leur choix, de la façon qui leur convient et en accord avec ses croyances. » La majorité des israéliens juifs et arabes ont répondu par l’affirmative.

La nouvelle réalité créée par la détention du Rabbin Haiyun et son interrogatoire nous inquiète énormément car nous aimons et soutenons Israël et nous croyons que la détention et l’interrogatoire du Rabbin Haiyun sont contraires à la Déclaration d’Indépendance sur laquelle l’Etat d’Israël moderne a été créé.

Nous sommes également très inquiets de l’effet négatif de l’inégalité et la coercition religieuse, qui éloignent d’Israël de nombreux israéliens et de nombreux juifs de diaspora.

En considération de tout cela, nous signons la protestation ci-dessous contre la façon dont a été traité le Rabbin Haiyun et contre la coercition religieuse en Israël; qu’autorise un Etat qui soutient une vision unique du judaïsme, contrôlée principalement par le Grand Rabbinat et ses soutiens Harédim.

http://rrfei.org/petitions/protest-letter-against-treatment-of-rabbi-haiyun/

Le sens au prix de la souffrance ? (Edmond Fleg)

Edmond Fleg est un grand personnage de la pensée juive. Ses recueils de poèmes, « Ecoute Israël », « L’Eternel est notre Dieu », « L’Eternel est un », sont une interprétation profonde des grands événements de la Bible.
La ligature d’Isaac, son « non-sacrifice », est l’un des épisodes les plus complexes de la Torah, au centre de la fête de Roch Hachaha.
Comment comprendre cette soi-disant « demande » de Dieu, et alors que nous soulignons comme le fait le midrach la leçon de « non-sacrifice », la question de cette demande inacceptable reste puissante.
Chaque année, le deuxième matin de Roch hachana, nous relisons l’histoire et la commentons à nouveau à la synagogue pour en tirer des conclusions qu’il serait difficile de retranscrire ici en quelques mots.
Le courage retracé dans ce poème nous rappelle également ce que les achkénazes appellent « martyrologie », ces passages qui retracent les actes de dignité de nos sages au cours des pogroms, qui sont traditionnellement lus pendant la journée de Kipour.
Il convient néanmoins de partager la « vision d’Isaac », d’Edmond Fleg, la « vision d’Edmond Fleg » concernant cet épisode. Serions-nous prêts à renoncer au confort et à l’innocence au profit de la douleur de la lucidité? Telle est la question que se posent les philosophes, telle est la question que soulève Edmond Fleg à travers ce magnifique – et difficile – poème. Il ne répond pas à toutes les questions, mais il sait les ouvrir, il nous touche.

 

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Isaac bénit Jacob, ses fils et leur semence,
Puis se tourna vers le mur, en silence;
Et faible sur sa couche, aveugle et sourd.
Ayant connu pour Dieu des maux très lourds,
II attendit la mort, rassasié de jours.

Or, l’Ange d’Élohim vint, à l’heure dernière,
Toucher sa tempe et sa paupière,
Et, rendue un instant à ses forces premières,
Son âme retrouva les sons et la lumière.
Et le mur s’entrouvrit, plein d’esprits et de cris ;

Et le Père mourant vit tous ceux de sa race,
Dispersés et meurtris dans le temps et l’espace.
Et sur les bords des mers et sur les fleuves clairs
Sur les monts et les plaines et les villes lointaines,

Et tout le long des ans sur les jours ondoyants,
et tout le long des âges, sur les siècles sauvages
Le Père se penchait, — pour écouter
La plainte qui montait de sa postérité :

« Isaac ! Isaac ! Pourquoi nous as-tu mis au monde ?
Nous allons, sans abri ;
Nous n’avons point de part à la terre féconde,
Et sur le sol natal nous sommes des proscrits.
Le faible nous insulte, le poltron nous brave,
L’enfant siffle contre nous ;
Et nous avons pris des âmes d’esclaves,
à force d’user nos genoux.
Au long des chemins nous cherchons des frères ;
Mais nos cœurs, en lambeaux,
Dans la nuit sans fin n’ont d’autres lumières
Que les bûchers en flamme et l’éclair
des couteaux.
Et nous levons au ciel nos mains épouvantées,
Sans qu’une main d’en haut nous vienne secourir ;
Et sans vivre les joies que d’autres ont chantées,
Nous tombons au sépulcre avant que de mourir. »

Ainsi montait la plainte, sans trêve.
Et le Père gémit dans la voix de son rêve :

« Tu leur avais promis, Seigneur, après ma mort,
Un pays de palmiers où coule l’huile d’or.
L’ont-ils déjà perdu ? Le cherchent-ils encore ?
Comme ils ont dû pécher, pour mériter leur sort.
Lorsqu’au mont Morïah, victime volontaire,
Sous l’angoisse plié,
J’offrais ma gorge au couteau de mon père,
Par ton ange, Élohim, mon corps fut délié;
Mais regarde mes fils ! A quoi bon ta clémence,
S’il faut que mon supplice, après moi, recommence? »

Alors Dieu dit au moribond:

« Isaac, si pour tes fils ta douleur le demande,
Je puis, t’épargnant l’épreuve trop grande,
choisir une autre chair pour y marquer mon Nom,
Et tes enfants seront ce que les heureux sont.
Ils posséderont un coin de la terre,
Et d’autres marcheront exilés du soleil;
Ils se rassasieront au froment salutaire,
Et d’autres souffriront le jeûne sans sommeil.
Ils ne seront point mangés par l’épée,
D’autres nourriront la flamme et le fer ;
Ils auront l’âme claire, au feu d’orgueil trempée,
D’autres paraîtront vils à l’univers.
Ils ne connaîtront rien des tristesses profondes
Qui les pouvaient rendre immortels,
Mais d’autres feront sonner au monde,
La voix de l’Éternel! »

Ainsi tonnait dans l’étendue
La parole du Dieu fort.
Mais, montrant ses fils de sa main tendue,
Isaac supplia dans la mort :

« Élohim! Élohim! ne change pas leur sort!
Qu’ils vivent, s’il le faut, condamnés au servage ;
Qu’ils errent en sanglots par les lieux et les âges,
Mais qu’ils te louent, Dieu juste, et qu’ils voient ton visage! »
Et Dieu ferma les yeux du Père des souffrants,
Et Jacob mit ses os dans la tombe, en pleurant. »

Sommes-nous tous des passagers clandestins? (Hava Alberstein)

Qu’elle se décline au passé ou au présent, la question des réfugiés est lourde et douloureuse dans nos cœurs, elle nous questionne en tant qu’humanité sur notre capacité de solidarité et en tant que juifs sur notre capacité à  » Connaitre le cœur de l’étranger car nous avons été étrangers en pays d’Egypte ».
Les fêtes de Tichri sont celles de la solidarité, nous considérons que nous sommes jugés individuellement mais aussi collectivement, les ressources d’humanité de l’Humanité seront-elles suffisantes pour que nous puissions garder un espoir de grandir, pour que nous ayons une chance de repousser le cercle vicieux de la misère et de l’égoïsme et enclencher au contraire des cycles collaboratifs dans lesquels les intérêts des uns et des autres se rejoignent dans l’intérêt collectif?
La très belle chanson de Hava Halberstein nous accompagne dans ces questions, et nous connecte à notre besoin de sécurité et de solidarité qui fait notre condition humaine.
Il fait écho à la fois à la prière « ountané tokef » que nous disons les matins de Roch Hachana et de Kipour, aux séliHot que nous disons le matin et qui nous font prendre conscience de notre fragilité, et bien évidemment à l’histoire de Jonas, réfugié dans le ventre du poisson, qui est la haftara de l’après-midi de Kipour.

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Voyageur clandestin – Hava Halberstein/Yéhoudit Ravitz …    écoutez cette belle chanson sur you tube
נוסע סמוי
לחן: יהודית רביץ
מילים: חוה אלברשטיין

Profond dans le ventre du bateau
Dans la chaleur pesante, l’obscurité
Un homme très abattu a trouvé refuge
Rescapé d’un grand danger
En voyage vers l’inconnu
Y a-t-il un port qui l’accueillerait ?
Passant des nuits sans sommeil
Sans sourire, sans un mot
Que sera sa destinée ?Être un visage sans nom
Vivre toujours dans l’ombre
Qu’il est dur de fuir dans ce monde
S’il est découvert il sera jeté à la mer
Qu’il est dur de fuir dans ce monde

Et si toi aussi tu étais
Capitaine d’un grand navire
T’approcherais-tu de l’Etranger
Lui donnerais-tu nourriture et boisson
Un lit, quelque chose qui le couvre
Toutes ces choses interdites, mais possibles

L’être humain n’est-il pas une bête traquée
L’être humain n’est-il pas une feuille balayée par le vent
Que sera sa destinée ?

עמוק בבטן הספינה
בחום כבד בחשכה
אדם נואש מאוד מצא מחבוא
נמלט מסכנה גדולה
נוסע אל הלא נודע
היש נמל גם בשבילו
עושה לילות ללא שינה
ללא חיוך ללא מילה
מה יעלה בגורלו

להיות פרצוף בלי שם
לחיות תמיד בצל
קשה לברוח בעולם
אם יתגלה יושלך לים

קשה לברוח בעולם
ולו היית גם אתה
קברניט של אוניה גדולה
האם היית מתקרב לזר
נותן לו אוכל ומשקה
נותן מיטה ומחסה

את כל מה שאסור אבל אפשר

הלא האיש אדם נירדף
הלא האיש עלה נידף
מה יעלה בגורלו

Isaac – Ne pas sacrifier les générations futures! (Léonard Cohen)

On ne rappelle jamais assez combien le mot Korban, קורבן, devrait être traduit par le mot « offrande de rapprochement (le mot karov veut dire proche en hébreu) et non pas par le mot sacrifice.
Le non sacrifice d’Isaac est l’un des fondements de la pensée et de la pratique juive.
Le premier matin de Roch hachana, on lit dans la Torah l’histoire d’Ismaël et de Agar, le deuxième matin, on lit l’épisode de la ligature d’Isaac, et pendant ces deux jours, comme pendant la période des seliHot et à la conclusion de Kipour, on sonne du Chofar qui rappelle cet épisode.

Léonard Cohen a écrit un chant militant sur la question des sacrifices, que nous associons à nos prières lors des fêtes. Je partage avec vous aujourd’hui ce midrach moderne.
——
Ecouter Léonard Cohen: https://www.youtube.com/watch?v=tr0HCqiD1C8

The door it opened slowly,
My father he came in,
I was nine years old.
And he stood so tall above me,
His blue eyes they were shining
And his voice was very cold.
He said, « I’ve had a vision
And you know I’m strong and holy,
I must do what I’ve been told. »
So he started up the mountain,
I was running, he was walking,
And his axe was made of gold.Well, the trees they got much smaller,
The lake a lady’s mirror,
We stopped to drink some wine.
Then he threw the bottle over.
Broke a minute later
And he put his hand on mine.
Thought I saw an eagle
But it might have been a vulture,
I never could decide.
Then my father built an altar,
He looked once behind his shoulder,
He knew I would not hide.You who build these altars now
To sacrifice these children,
You must not do it anymore.
A scheme is not a vision
And you never have been tempted
By a demon or a god.
You who stand above them now,
Your hatchets blunt and bloody,
You were not there before,
When I lay upon a mountain
And my father’s hand was trembling
With the beauty of the world.And if you call me brother now,
Forgive me if I inquire,
« Just according to whose plan? »
When it all comes down to dust
I will kill you if I must,
I will help you if I can.
When it all comes down to dust
I will help you if I must,
I will kill you if I can.
And mercy on our uniform,
Man of peace or man of war,
The peacock spreads his fan.

Lentement la porte s’ouvrit
Mon père fit son entrée
J’avais neuf ans alors
Et devant moi il était si grand
Ses yeux bleus étaient brillants
Et sa voix était glaciale.
Il dit :  » J’ai eu une vision
Et tu sais que je suis saint et fort
Je dois obéir aux ordres.  »
Il se mit donc à gravir la montagne
Moi je courais et lui marchait
Et sa hache était en or.

Les arbres se firent tout rabougris
Le lac Lin miroir de dame
Nous fîmes halte pour boire du vin.
Puis il jeta la bouteille
Qui se brisa une minute ‘ après
Et sur la mienne il mit sa main.
Il me sembla Voir Lin aigle
Mais peut-être était-ce un vautour
Jamais je ne pus discerner.
Puis mon père bâtit un autel
Il regarda une fois derrière son épaule
Sûr que je n’irais pas me cacher.

Vous qui bâtissez les autels à présent
Pour sacrifier ces enfants
Vous ne devez plus jamais le faire.
Un projet n’est pas une vision
Et jamais vous n’avez eu de tentation
Ni par le ciel ni par l’enfer.
Vous qui êtes debout devant eux maintenant
Vos hachettes émoussées et sanglantes
Vous n’étiez pas là hier.
Lorsque je gisais sur une montagne
Et que la main de mon père était tremblante
De la beauté du verbe.

Et si maintenant vous m’appelez frère
Pardonnez-moi si je m’enquiers
En vertu de quelle volonté ?
Quand tout cela tombera en poussière
S’il le faut je vous tuerai
Si je le peux je vous aiderai.
Quand tout cela tombera en poussière
S’il le faut je vous aiderai
Si je le peux je vous tuerai.
Et pitié pour notre uniforme
Homme de paix ou homme de guerre
Le paon fait la roue.