Que savez-vous de l’histoire des juifs de France?

Au lendemain du 14 juillet et en pleine finale de la coupe du monde France-Croatie, nous sommes en position idéale pour évoquer l’histoire des juifs de France.

Devenir Juif, Devenir Juive

Avec la révolution, la France a créé la citoyenneté. Comment comprenons-nous aujourd’hui la célèbre phrase de Stanislas de Clermont-Tonnerre ? « Il faut tout refuser aux Juifs comme nation ; il faut tout leur accorder comme individus ; il faut qu’ils soient citoyens. », tout accorder à la liberté individuelle, mais rien au titre du groupe. La France a changé, de nouvelles questions se posent, les choix qui s’offrent à nous doivent être éclairés par la connaissance du passé. Que savons-nous exactement de l’histoire des juifs en France ? Voici l’occasion de faire un petit bilan, et de remettre sur le chantier cette question éternelle : Que signifie être juif ? Que signifie être français ? En quoi nos identité nous éclairent-elles sur la condition humaine…

  1. Depuis quand y a-t-il des juifs en France ?
  2. Quels étaient initialement les rapports entre juifs et chrétiens ?
  3. Quelles lois ont-elles été imposées au cours des conciles pour séparer les juifs des…

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Toute fin est un commencement (Léa Naor)

Est-ce un poème? Est-ce un chant pour enfant? Ce texte de Léa Naor nous parle des changements.
Un joli poème à lire pour soi-même ou en famille, en préparation des changements des vacances, du renouveau de l’année scolaire, et du renouveau de l’année juive.
Ce texte est également lu chez nous entre Yzkor et Néila, à la fin de l’office de Kipour, si vous souhaitez le lire avec nous à la synagogue, vous aurez l’occasion de l’entendre dans le renouveau solennel des fêtes de Tichri…

Une fin, c’est toujours un commencement
Pour un mieux ? pour un pire ?
Je n’en sais plus rien
Quelque chose de différent

Quand le chemin se termine, un sentier commence
Quand la nuit se finit c’est le jour qui s’avance
Quand se termine une heure, arrive une nouvelle heure
Quand s’arrête le savoir, alors survient l’erreur

La fin est toujours le début d’autre chose

Il y a un lendemain à chaque jour qui passe
A chaque vieux rêve succède un rêve nouveau
Quand une année prend fin, une autre la remplace
Les réponses commencent à la fin des questions

Car la fin est toujours le début d’autre chose

Quand le film se termine, on reprend notre vie
Quand c’est la fin des mots, alors les chants s’élèvent
Quand une musique s’arrête, une nouvelle s’épanouit
Quand les chants cesseront, parler prend la relève

Une fin, c’est toujours un commencement
Pour un mieux ? pour un pire ?
Je n’en sais plus rien
Quelque chose de différent (Traduction Floriane Chinsky)

סוף זה תמיד התחלה
הופה היי
מילים: לאה נאור
לחן: יורם צדוק

סוף זה תמיד התחלה של משהו אחר.
– טוב יותר?
– רע יותר?
– לא יודעת מה יותר.
משהו אחר.
כשהדרך נגמרת מתחיל איזה שביל,
כשהלילה נגמר אז הבוקר מתחיל,
כשנגמרת שעה, עוד שעה מגיעה,
רק בסוף הידיעה מתחילה השגיאה.
סוף זה תמיד התחלה של משהו אחר.
יש תמיד יום מחר לכל יום שעובר,
כל חלום משומש מחליפים באחר.
כשנגמרת שנה, עוד שנה מתחילה,
כל תשובה מתחילה רק בסוף שאלה.
כי סוף זה תמיד התחלה של משהו אחר.
כשהסרט נגמר החיים מתחילים,
הצלילים מתחילים כשאין כבר מלים.
כשנגמור את הצלילי אז נתחיל צליל אחר.
כשנגמור את השיר אז נתחיל לדבר.
סוף זה תמיד התחלה של משהו אחר.
– טוב יותר? רע יותר?
– לא יודעת מה יותר.
משהו אחר.

http://www.youtube.com/watch?v=ACa74tJVWm0

Profitez des vacances pour lire dans la Torah!

Le prochain chabbat kéhilati aura lieu le 24 et 25 août. La paracha Ki tétsé nous prépare aux fêtes de tichri à travers le rappel du respect de la justice et de la bienveillance. Profitez des vacances pour préparer une petite lecture de trois versets et commencer la rentrée en beauté!

Pour la lecture de la Torah du chabbat de rentrée, retrouvez:

Vous trouverez également les vidéos des chabbatot kéhilatiim suivants sur ma chaine youtube, ainsi que le texte des montées ici: vayera 1 Hayé Sarah 1

Enfin, le lien avec TOUTES LES REFERENCES des Kéhilatiim et les explications, se trouve ici.

D’ici-là, excellentes vacances à toutes et à tous!

 

Quelques notions juives au service des soignants et des infirmiers

Suite à mon intervention d’hier à l’IFSI de Troyes, voici les grandes lignes de ma présentation:

Introduction:

1 -« Herschel Ostropoler doit enterrer sa femme » (histoire juive): L’importance de la vie avant tout, l’importance d’avoir du recul, l’humour dans le judaïsme.
2 – « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Lévitique chapitre 19): S’aimer soi-même pour pouvoir aimer l’autre, prendre soin de soi pour pouvoir prendre soin des malades.

Le judaïsme

– Le judaïsme ancien est plus ancien que le Christianisme récent, mais le judaïsme d’aujourd’hui n’est ni plus ancien, ni plus nouveau, que toutes les autres traditions ou choix philosophiques contemporains.
– Si vous savez qu’un patient est juif, vous en savez peu de choses, s’agit-il d’un attachement de croyance, de pratique, de fidélité aux valeurs familiales, de partage du traumatisme de la Choa, avec une importance de la communauté ou avec un attachement premier à une discrétion qui place la citoyenneté française au premier plan comme le disait le diction « heureux comme juif en France ».
– Le judaïsme aujourd’hui encore en France reprend les courants nés au milieu du 18e siècle: Libéraux/ Orthodoxes

Judaïsme et relation au corps

Le sacré dans la tradition juive, c’est la vie, dont le corps est le support. Il faut profiter de ce que nous offre la vie, remercier pour le bien, reconnaitre la souffrance, reconnaitre l’incertitude. L’ « impureté » est le mot dont on caractérise l’altération du rapport avec la vie. Le fait de nommer cette perturbation permet de la reconnaître et de la canaliser. Par principe, elle intervient lorsqu’on se retrouve en relation avec la mort mais on peut l’étendre à d’autres situations. La conséquence est l’impossibilité de faire des offrandes au Temple de Jérusalem, détruit en 70. On peut l’étendre à la capacité d’effectuer des soins auprès du public. La thérapie de cela est symbolique et corporelle, il s’agit de l’immersion dans une étendue d’eau, un Mikvé, de la même racine que le mot « espoir » en hébreu. Pour tous les professionnels, et plus encore peut-être pour ceux qui prodiguent des soins, il est important d’avoir des lieux de ressourcement, qui, comme le Mikvé, permettent le rétablissement d’un lien entier avec nos vies et de notre entière capacité à donner le meilleur de nous-mêmes.
Le travail autour du soin du corps est un travail sacré, les prêtres ont dans le Lévitique un rôle d’examen des plaies, on remarque qu’une plaie stable peut-être déclarée « pure », alors qu’une plaie en évolution est considérée comme impure, c’est le changement qui est source d’angoisse.

La visite des malades comme commandement:

L’importance des commandements, au centre du judaïsme, la visite des malades est un commandements, voir  » Voici les commandements dont les fruits nous bénéficient dans ce monde et dont le fond reste pour vous dans le monde futur: le respect des parents, les actes d’entraide, la visite des malades, accueillir des invités, se lever tôt pour être à l’heure à la synagogue, promouvoir la paix entre les gens, l’Etude de la Torah.
Le vidouï est le texte que l’on propose de dire lorsque l’on craint que la mort ne soit au tournant, textes et explications sont disponibles sur ce lien.

Le rapport à la souffrance:

Histoires de BeraHot 5b: « Je n’aime ni mes souffrances ni leur récompense », la « normalité » de la souffrance, pleurer ensemble sur le caractère éphémère de la beauté, puis guérir.

Voici les grandes lignes de ce très beau partage, il est doux de contribuer à la formation de professionnels qui font un travail aussi dur et important que les soins infirmiers…

Chabbat chalom

Peut-on parler de l’autre?

Le rapport à l’autre est un défi permanent.

J’ai eu l’occasion de développer ces thèmes dans le cadre d’études de textes et de cours autour du Lashon hara, le « mauvais langage », à plusieurs reprises.

L’objectif de ce petit article est d’aborder les choses sur un plan beaucoup plus concret.

La tradition juive insiste sur l’importance de la parole, le pouvoir de la parole créatrice, le danger de la parole destructrice.

En principe, il n’y a pas de raisons de parler les uns des autres. Il y a au contraire de bonnes raisons pour ne pas le faire. Le לשון הרע, le mauvais langage, nuit à celui qui tient ces propos déplacés, à celui qui les écoute et à celui dont on parle. Cette pratique encourage l’habitude de se plaindre plutôt que de régler les problèmes, l’hypocrisie, la confusion, l’incompréhension et la méfiance.

Il comprend des exceptions, par exemple l’échange de données objectives, avant l’établissement de relations commerciales.
Il est pourtant tentant d’outrepasser ces lois. Dans une situation difficile, on cherche du soutien, on veut être compris, et on exprime ses difficultés relationnelles en parlant des autres. Ou bien on veut aider, on pense que quelqu’un a une difficulté et on essaie de la résoudre. Ou bien on craint l’influence néfaste d’une personne et entreprend de la contrer. Ou encore on veut rendre service et on passe le message d’une personne à l’autre. « Colporter » des histoires peut aussi bien partir d’une bonne intention.
Cependant en toute hypothèse, ce type de parole introduit de la confusion. La personne qui parle projette ses croyances et ses propres craintes sur une situation qu’elle ne maîtrise pas. Très souvent, même lorsqu’on est personnellement impliqué dans une relation, on n’en connait en réalité que son côté, sans savoir ce qui se joue auprès de l’autre. Deux personnes dansent peut-être le même tango, mais elles n’en ont pas sans doute pas la même expérience.
En tant que Rabbin, on vient souvent me parler de situations qui concernent des tiers. Cela peut être justifié dans une certaine mesure, que je souhaite expliciter dans cet article.
Voici le cadre dans lequel il est possible de se tourner vers moi et de parler de personnes absentes:
  • Une personne éprouve le besoin de parler de sa relation avec quelqu’un d’autre. C’est son côté de la relation qui est décrit ce qui légitime mon écoute. La nature de mon écoute est alors un soutien inconditionnel à celui qui parle dans les difficultés qu’il éprouve, mais totalement déconnecté d’une prise de position objective, je ne fais pas de lien avec la personne absente, car je sais que sa réalité peut être très différente.
  • Une personne éprouve une difficulté avec une autre personne et veut m’en parler pour trouver une solution. Nous pouvons examiner les options qui s’offrent à la personne concernée, rechercher des solutions de son point de vue, ou encore organiser une rencontre dans un cadre qui facilite la communication.
  • Une personne veut me parler des soucis d’une autre personnes concernant sa relation avec moi, cette autre personne n’osant pas elle-même venir présenter sa difficulté. Parfois, ce tiers est mandaté pour me parler, ou il se sent mandaté par la personne, mais ce n’est pas toujours le cas. Dans ce cas, il n’y a rien à faire, car la « transmission de message » rend la communication floue à plusieurs titres. Tout d’abord le message est déformé, comme l’est un texte qui aurait subi une traduction, la chance que je comprenne est réduite. Ensuite, la personne qui veut transmettre le message et le messager ont tous les deux leurs approches de la vie, leur répondre en une seule voix nécessiterait de parler deux langages en même temps, or, seul Dieu peut prononcer d’une voix unique « chamor » et « zaHor ». Enfin, je ne peux pas obtenir d’éclaircissements, ni voir ou est le réel besoin, ni trouver de solution créative pour résoudre le problème. Cela revient donc juste à me dire  » quelqu’un souffre et pense que vous, Rabbin, en êtes responsable sans pour autant donner les moyens de le soigner ». L’alternative est d’encourager la personne à prendre rendez-vous avec moi. Ainsi il sera possible de rechercher la nature exacte de la difficulté.
Le pire est bien sûr un  » Plusieurs personnes m’ont dit qu’elles pensent que vous êtes ceci ou cela, mais je ne peux pas vous dire qui, par soucis de discrétion ». Ce type d’approche est bien sûr le summum car il n’est pas possible de maîtriser comment d’autres nous perçoivent, la même action peut être perçue de façon très variable, et la seule façon de ne déplaire à personne en rien est de disparaître.
Le meilleur est quelque chose comme  » J’apprécie beaucoup ce que vous faites et pour continuer à me sentir totalement à l’aise j’ai besoin de clarifier un point que je ne comprends pas, c’est une difficulté pour moi et peut-être pour vous aussi, avez-vous un moment pour en parler maintenant, souhaites-tu que nous prenions rendez-vous?  » Ceci peut être suivi d’une discussion concernant ce que provoque telle ou telle réalité synagogale ou personnelle et les façons d’y remédier. Une telle discussion amène, lorsque chacun assume sa subjectivité, un rapprochement et une plus grande sécurité dans la relation.
Bien sûr, dans le cas contraire, d’une personne qui n’apprécierait pas son interlocuteur, qui penserait avoir tout compris, qui ne souhaite pas trouver de temps calme et approprié pour obtenir la pleine attention de son interlocuteur, ou qui considère que son point de vue est le seul valable, toute discussion s’inscrirait dans un rapport de force instrumentalisant totalement la relation.
En trouvant le courage de s’exprimer en paix et dans la confiance, on renforce sa confiance en soi et en autrui et on expérimente la possibilité de solutions appropriées qui respectent tous les interlocuteurs.
Qu’il en soit ainsi, Amen!

En fait, Dieu n’est pas intégriste ! – Talmud et Humanisme demain au café des Psaumes

Certaines pratiques semblent évidentes, alors qu’elles ont pu être controversées par le passé, ou qu’elles peuvent être remises en causes par d’autres pratiques de même importance. Suivre notre intuition ne suffit pas toujours à connaître ce que dit la loi juive, et choisir l’opinion la plus « dure » encore moins… Notre texte de demain nous introduira à l’importante notion de Mara déatra, pour conclure notre sicle d’étude de cette année en beauté…

Téléchargez ici le texte d’étude: talmud formet doc talmud format PDF

Chabbat 130a

On enseigne rabbi Eliezer dit si on n’a pas amené d’outil la veille du chabbat on l’amène le chabat ouvertement et s’il y a du danger on le cache sur la foi de témoins et encore a dit Rabbi Eliezer on coupe du bois pour allumer le poêle pour faire du fer d’une façon générale Rabbi Akiva a dit tout travail qu’il est possible de faire à partir de la veille du chabbat ne repousse pas le chabat et qu’il n’est pas possible de faire à partir de la veille du chabbat repousse le chabbat

 

Et encore a dit Rabbi Eliezer les sages ont enseigné dans le lieu de Rabbi Eliezer on coupait du bois pour faire le poêle pour faire du fer le chabbat dans le lieu de Rabbi Yossi haglili on mangeait de la viande de poulet dans du lait Lévi est allé à la maison de Yossef Richba on lui a amené de la tête de paon dans du lait il n’a pas mangé quand il est allé voir Rabbi il lui a dit pourquoi tu ne l’as pas excommunié il lui a dit c’était le lieu de Rabbi Yéhouda ben Betera et j’ai dit peut-être il l’a commenté comme Rabbi Yossi haglili comme a enseigné rabbi Yossi haglili il est dit ne mange aucun cadavre et il est dit ne fais pas cuire le chevreau dans le lait de sa mère, ce qui est interdit en tant que cadavre est interdit pour la viande et le lait le poulet qui est interdit en tant que cadavre sera interdit pour la viande et le lait c’est pour t’enseigner dans le  lait de sa mère il est sorti le poulet qui n’a pas de lait de mère il a dit Rabbi ItsHak il y avait une autre ville en Israël qui faisaient comme Rabbi Eliezer et qui mourraient en leur temps et non seulement mais une fois le méchant Royaume a pris un décret sur Israël a propos de la circoncision et sur cette ville il ne l’ont pas décrété.

מתני׳ רבי אליעזר אומר אם לא הביא כלי מערב שבת מביאו בשבת מגולה ובסכנה מכסהו על פי עדים ועוד אמר רבי אליעזר כורתים עצים לעשות פחמין לעשות (כלי) ברזל כלל אמר רבי עקיבא כל מלאכה שאפשר לעשותה מערב שבת אינה דוחה את השבת (ומילה) שאי אפשר לעשותה מערב שבת דוחה את השבת:

ועוד אמר רבי אליעזר: תנו רבנן במקומו של רבי אליעזר היו כורתין עצים לעשות פחמין לעשות ברזל בשבת במקומו של רבי יוסי הגלילי היו אוכלין בשר עוף בחלב לוי איקלע לבי יוסף רישבא קריבו ליה רישא דטווסא בחלבא לא אכל כי אתא לקמיה דרבי אמר ליה אמאי לא תשמתינהו אמר ליה אתריה דרבי יהודה בן בתירה הוה ואמינא דילמא דרש להו כרבי יוסי הגלילי דתנן רבי יוסי הגלילי אומר נאמר לא תאכלו כל נבלה ונאמר לא תבשל גדי בחלב אמו את שאסור משום נבלה אסור לבשל בחלב עוף שאסור משום נבלה יכול יהא אסור לבשל בחלב תלמוד לומר בחלב אמו יצא עוף שאין לו חלב אם אמר רבי יצחק עיר אחת היתה בארץ ישראל שהיו עושין כרבי אליעזר והיו מתים בזמנן ולא עוד אלא שפעם אחת גזרה מלכות הרשעה גזרה על ישראל על המילה ועל אותה העיר לא גזרה:

 

Kadich et transmission

La synagogue nous accueille dans les moments de joie comme dans les moments difficiles. Le Rabbin est présent pour accompagner la famille pendant le temps du deuil, à l’enterrement, pendant la Chiva (les sept jours du deuil), et à la synagogue. Là, les endeuillés peuvent prononcer le Kadich, et la communauté leur répondre. Pour en savoir plus, vous pouvez suivre ce lien.

Au cours de la Chiva à la synagogue, nous étudions également des textes. L’un d’entre eux est le texte suivant, qui raconte la légende de Rabbi Akiva et du Kadich.

Le Kadich est souvent considérée aujourd’hui comme la prière des endeuillés. Il ne figure pourtant pas tant que tel dans les deux Talmud ni dans le Michné Torah de Maïmonide, il apparait d’abord comme une pratique réservée au cimetière avant d’investir également la synagogue. En Yiddish, on pourrait résumer le sens de la récitation du Kadish par les mots « mir zaynen do ». Voici l’histoire qui a inspiré la récitation du Kadich par les endeuillés, qui se trouve dans différentes traditions dans la littérature rabbinique depuis le VIIIe siècle.  Elle nous parle de l’espoir jamais caduc de donner un sens à nos vies, à travers ce que nous avons pu transmettre à nos enfants.

Sidour tefila larokéaH, Rabbi Elazar de Worms, 12e et 13e siècles ([קז] ויתן לך עמ’ תרב  (ou midrach TanHouma 9es)

 

« Et l’orphelin dit le Kadich, Ytgadal, Yéhé chémé, YtbaraH, Yéhé chélama rabba, et Ossé chalom bimromav jusqu’à Véimérou amen. Pourquoi l’orphelin dit le Kadich ? à cause d’une histoire qui s’est passée. C’est l’histoire de Rabbi Akiva ( erets israel 1-2e s) qui se promenait dans un cimetière et a heurté un homme qui était nu et noir comme du charbon et portait sur sa tête l’équivalent de dix charges et il courait comme un cheval. Rabbi Akiva   le força à s’arrêter et lui dit : Pourquoi fais-tu un travail aussi difficile, si tu es un esclave et que ton maître te fait cela je vais te racheter de sa main et si tu es pauvres je vais t’enrichir. Il lui dit « S’il te plait, ne me retarde pas de peur que ceux qui sont mes référents ne se mettent en colère contre moi ». Il lui dit : « De quoi s’agit-il et qu’as-tu fait ? » Il lui dit : « L’homme que tu vois est mort et chaque jour on m’envoie couper du bois et on me brûle avec. » Il lui dit : « Mon fils, quel était ton métier dans le monde dont tu viens ? » Il lui dit : « J’étais collecteur des impôts et je faisais partie des chefs du peuple et je faisais des sourires aux riches et je tuais les pauvres. » Il lui dit : « Tu n’as rien entendu de tes supérieurs concernant un remède ? » Il lui dit : « S’il te plait, ne me retarde pas de peur que les responsables du malheur ne se mettent en colère contre moi, car ce pauvre homme ne peut-être corrigé, mais j’ai entendu de leur part une chose qui ne saurait pas être, que si ce pauvre avait un fils qui se tenait devant une assemblée et disait « baréHou et adonaï hamévoraH » et qu’on répondait après lui « barouH adonaï hamévoraH » ou qu’il diste « Ytgadal » et qu’on réponde après lui « yéhé chémé rabba mévaraH », immédiatement on délivrerai ce pauvre homme de son malheur et cet homme n’a pas eu de fils dans ce monde il a quitté sa femme enceinte et ne sait pas si elle a donné naissance à un garçon, qui lui a enseigné la torah car ce pauvre homme n’a pas une personne qui l’aime dans le monde. » A ce moment, Rabbi Akiva a pris l’engagement d’aller chercher si il avait eu un fils pour lui enseigner la Torah et le placer devant le public. Il lui dit « quel est ton nom », il lui dit « Akiva », et le nom de ta femme ? Il lui dit « Chochneva », et le nom de ta ville ? Il lui dit « Davké » immédiatement Rabbi Akiva s’est donne une grande peine et est allé demandre à son sujet et quand il arriva à ce même endroit il a demandé à son sujet et ils lui ont dit « que soient effacés les os de ce méchant », il a demandé à propos de sa femme, ils lui ont dit « que son nom et son souvenir soient effacés du monde », il a demandé à propos d’un fils, ils lui ont dit « et fait il n’est même pas circoncis, même le commandement de la Brit Mila ils ne s’en sont pas occupés pour lui », immédiatement Rabbi Akiba l’a pris et l’a circoncis et l’a installé face à lui et il n’a pas voulu accepter la Torah jusqu’à ce qu’il fasse pour lui quarante jours de jeûne, alors est sortie une voix et elle a dit à Rabbin Akiva : « Va et enseigne lui », il est allé et lui a enseigné la Torah et la lecture du Chéma et les 18 bénédictions et le birkat hamazon et il l’a installé devant le public et il a dit « baréHou et adonaï hamévoraH » et le public a répondu « barouH adonaï hamévoraH », Ytgadal, Yéhé chémé rabba, à cet instant ils ont délivré le mort de son malheur, immédiatement Rabbi Akiva a fait un rêve et a dit «  Que ce soit une volonté pour le Saint, béni soit-il, que ta conscience repose au jardin d’Eden car tu m’as sauvé de la justice de la guéhène » immédiatement Rabbi Akiva a dit «  Que ton nom Eternel soit éternellement, ton souvenir de génération en génération. Et c’est également ce que j’ai trouvé dans le tana de Eliahou rabba : «  le mineur qui dit Ytgadal sauve son père de la misère »

והיתום אומר קדיש, יתגדל, יהא שמיה, יתברך, יהא שלמא רבא, ועושה שלום במרומיו עד ואמרו אמן. למה היתום אומר קדיש משום מעשה שהיה: מעשה בר’ עקיבא שהיה מהלך בבית הקברות ופגע באדם אחד שהיה ערום ושחור כפיחם והיה טוען על ראשו כסבור עשרה טעונין, והיה רץ בהם כסוס שהוא רץ, גזר עליו ר »ע והעמידו, ואמר לאותו האיש למה אתה עושה עבודה קשה כזאת, אם עבד אתה ואדוניך עושה לך כך אני אפדה אותך מידו, ואם עני אתה אני מעשיר אותך, אמר לו בבקשה ממך אל תעכבני שמא ירגזו עלי אותם הממונים עלי, אמר לו מה זו ומה מעשיך, אמר לו אותו האיש מת הוא ובכל (עמ’ תרג) יום ויום שולחים אותי לחטוב בעצים ושורפין אותי בהם, אמר לו בני מה היה מלאכתך בעולם שבאת הימנו, אמר לו גבאי המס הייתי והייתי מראשי העם ונושא פנים לעשירים והורג עניים, אמר’ לו כלום שמעת מן הממונים עליך אם יש לך תקנה, אמר לו בבקשה ממך אל תעכבני שמא ירגזו עלי בעלי פורענות שאותו האיש אין לו תקנה, אלא שמעתי מהם דבר שאינו יכול להיות, שאילמלא היה לעני זה בן שהוא עומד בקהל ואומר ברכו את ה’ המבורך ועונין אחריו ברוך ה’ המבורך, או יאמר יתגדל ועונין אחריו יהא שמיה מברך, מיד מתירין אותו האיש מן הפורענות, ואותו האיש לא הניח בן בעולם, ועזב אשתו מעוברת ואינו יודע אם תלד זכר מי מלמדו תורה שאין לאותו האיש אהוב בעולם. באותו שעה קבל עליו ר’ עקיבא לילך ולחפש אם הוליד בן כדי שילמדנו תורה ויעמידו לפני הצבור, אמר לו מה שמך אמר לו עקיבא, ושום אינתתך אמר לו שושניבא, ושום קרתך אמר לו דוקיא, מיד נצטער ר’ עקיבא צער גדול והלך ושאל עליו, כיון שבא לאותו מקום שאל עליו, אמרו לו ישתחקו עצמותיו של אותו רשע, שאל על אשתו אמרו לו ימחה שמה וזכרה מן העולם, שאל על בן, אמרו לו הרי הוא ערל אפי’ מצות מילה לא עסקו בו, מיד נטלו ר’ עקיבא ומלו והושיבו לפניו, ולא היה מקבל תורה עד שישב עליו מ’ יום בתענית, ויצאה בת קול ואמרה לו ר’ עקיבא לך ולמד לו, הלך ולמדו תורה וקרית שמע וי »ח ברכות וברכת המזון, והעמידו לפני הקהל ואמר ברכו את ה’ המבורך וענו הקהל ברוך ה’ המבורך, יתגדל, יהא שמיה רבא, באותה שעה מיד התירו המת מן הפורענות, מיד בא לר’ עקיבא בחלום ואמר יהי רצון מלפני הקדוש ברוך הוא שתנוח דעתך בגן עדן שהצלת אותי מדינה של גיהנם, מיד פתח ר’ עקיבא ואמר יהי שמך ה’ לעולם ה’ זכרך לדור ודור. וכן מצאתי בתנא דבי אליהו רבא קטן האומר יתגדל מציל אביו מן הפורענות ».